Un gentleman

Quand je ne sais plus trop quoi écrire, quand par exemple je me trouve en panne d’inspiration à la terrasse de la Contrescarpe, juste en face de celle de Delmas — toujours fermée, celle-là, mais affichant une promesse de réouverture pour une date dépassée depuis plus d’un mois —, je lève les yeux de mon écran, (plus exactement de mon clavier, car je ne sais pas taper sans regarder les touches), je deviens pour un instant attentif à ce qui m’entoure et je réalise que la sono diffuse doucement cette chanson dans laquelle Jacques Dutronc affirmait qu’Arsène Lupin était le roi des voleurs pour ajouter « oui, mais c’est un gentleman« . Vous vous souvenez ?

Je n’ai rien de particulier à dire sur Arsène Lupin, sinon que le personnage  avait été très bien interprété par Robert Lamoureux dans deux ou trois films consacrés au gentleman-cambrioleur. Mais j’ai peut-être quelque chose à dire sur le « gentleman » tout court, en particulier parce que, ce matin, j’ai entendu Philippe Meyer attribuer à la sagesse populaire le dicton suivant :
« Un gentleman, c’est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui s’en abstient.« ,
alors que nous devons cette définitive définition à Pierre Desproges.
En voilà un sujet de recherche : qu’est-ce qu’un gentleman ? Quelques minutes sur Google m’ont aussitôt renseigné.

Le Littré de 1880 nous dit que c’est un
 » titre que prend en Angleterre tout individu bien élevé« .

Wikipedia nous affirme que le gentleman
« se distingue notamment par son calme et son stoïcisme face aux maux qu’il ne peut éviter, ses bonnes manières et sa courtoisie envers tous ceux qu’il côtoie« .

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales pontifie en déclarant que c’est un
« Homme de parfaite éducation, qui fait preuve de réserve et de distinction dans ses manières ». 

Pour Auguste Nonyme,
« Un gentleman est un monsieur qui fait des choses qu’aucun gentleman ne devrait faire, mais qui les fait de la manière dont seul un gentleman pourrait les faire. »

Tandis que pour Michel Audiard,
“Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.« 

Et pour Oscar Wilde,
“Un gentleman est quelqu’un qui ne blesse jamais les sentiments d’autrui sans le faire exprès.

Mais Marcel Achard précise que
“Le véritable gentleman est celui qui appelle toujours un chat un chat. Même lorsqu’il trébuche dessus et qu’il tombe.”

David Niven entre dans les détails en disant que :
« Un gentleman est un monsieur qui , lorsqu’il rencontre une femme entre deux âges, opte pour le moins vraisemblable. »

Alors qu’Alphonse Allais apporte une dernière touche :
“Un gentleman est un monsieur qui se sert d’une pince à sucre, même lorsqu’il est seul.”

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4 réflexions au sujet de « Un gentleman »

  1. La première définition n’est pas celle d’un gentleman car elle est cruelle pour la cornemuse qui est un instrument que j’adore. C’est comme la trompe de chasse : ça joue faux, et il faut donc un talent certain pour en tirer des sons agréables. Tout dépend bien sûr de ce que l’on joue.
    Pour une fois, Desproges ne fait pas preuve de bon goût. Mais je ne lui en veux pas, la preuve je lui dédie le Lacrimosa du Requiem en ré mineur de Mozart. (D’ailleurs presque tous les requiem sont en ré mineur, la note de la mort).

    https://www.youtube.com/watch?v=G-kJVmEWWV8

  2. J’avais également lu qu’un gentleman qui entre par mégarde dans une salle de bain où se trouve une femme, ferme la porte en disant: « excuse me sir »

  3. Erreur dans mon message précédent, le Gentleman dans Officier et Gentleman n’est pas Tom Cruise mais Richard Gere. Dont acte! Un gentleman reconnait ses erreurs, avec sa droite si nécessaire!

  4. C’est tout moi! Il y a eu aussi de nombreux films avec « gentleman » en titre incarné par un acteur: Le Gentleman d’Epsom (Jean Gabin), Officier et Gentleman (Tom Cruise), etc. Mon préféré bien sûr est Gentleman Jim, l’histoire d’un boxeur incarné par Errol Flynn. Imbattable celui-là.

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