Archives par mot-clé : Philippe

Rendez-vous à cinq heures à la plage (2)

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Conversation sur le sable (2)

Saint Brévin l’Océan, 12 aout 1948

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo (Marcel) :
—    Dis, Roger, tu m’la prêtes, ta pelle. J’ai paumé la mienne.

Enfant au deuxième plan (Machin) :
—    C’est deux billes et un roudoudou du quart d’heure, mec !

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo (Marcel) :
—    Ta gueule, Machin. C’est à Roger que j’cause. Alors, Roger, tu m’la prêtes ? Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la plage (2) →

Rendez-vous à cinq heures sur la plage (1)

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Conversation sur le sable (1)

Bon ! L’été est fini… C’est pas trop tôt ! Finies les longues marches vers la plage dans le sable brulant, encombrées par des seaux, des pelles, des parasols et des sacs en plastique, finies les baignades dans une eau à 17°, finis les sandwiches au sable et les coups de soleil au second degré, finies les peaux qui pèlent et le sable dans le lit… finis, finis, finis !
Mais pour ne pas oublier complètement tout ça, voici en seconde diffusion, tous les deux jours, les 7 conversations sur le sable, publiées une première fois il y a un peu plus de 3 ans.

Si vous aussi, vous avez des souvenirs de vacances, ne vous gênez pas.

Saint Brévin l’Océan, 12 aout 1948

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
—    Alors les enfants, on fait un château de sable ?

Enfant au deuxième plan :
—    Parce que ce trou, là, ça ressemble à un château, peut-être ? Connard !

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
—    Bon, ben, un canal alors ?

Enfant au premier plan :
—    Un canal ! Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures sur la plage (1) →

Sassi Manoon et les Texas Rangers

temps de lecture : 9 minutes 

Serena Foster était née en 1888 dans la bonne société New-yorkaise. Après vingt ans d’une vie de luxe et de volupté, de plaisirs et de vanités, elle décida d’entrer dans les ordres. Elle avait alors 38 ans. Comme c’est l’usage, elle changea son prénom et choisit celui de Madeline en référence à ce qui la rapprochait, croyait-elle, de Sainte Marie-Madeleine, à savoir le péché et la rédemption.  C’est ainsi qu’elle devint Sister Madeline. Une fois ses vœux prononcés, et après une courte formation d’infirmière sage-femme, Sister Madeline fut envoyé en Louisiane, à Chattawbannack, pour y diriger le petit dispensaire-orphelinat qu’un magnat du pétrole y avait fondé pour racheter son âme au diable et réduire ses impôts. L’ile de Chattawbannack est située sur la Sabine River qui marque la frontière entre Texas et Louisiane. C’est l’endroit le plus Continuer la lecture de Sassi Manoon et les Texas Rangers →

Sassi Manoon et le What’s Next

temps de lecture : 9 minutes

Depuis le porche de sa maison, Sassi Manoon observait le petit yacht qui se dirigeait droit vers l’appontement. Il naviguait plein Est, au moteur, lentement, ses voiles affalées sur le pont. Il semblait un peu trop bas sur l’eau et malgré l’absence totale de vent, il gitait fortement sur bâbord. Dans un quart d’heure, il serait au ponton. Sassi Manoon descendit l’escalier creusé dans les rochers pour l’accueillir.

Quand Sassi Manoon était arrivée à Palmetto Point vingt ans auparavant, personne ne savait d’où elle venait. A l’époque, elle était encore une belle femme d’une quarantaine d’années. Avec le peu d’argent qu’elle avait apporté avec elle, elle avait fait construire sa maison et son appontement par les hommes de Codrington, l’unique village de l’ile de Barbuda. Ensuite, elle avait aménagé elle-même une grande salle qu’elle appelait le salon et qui voulait faire office de salon de thé-bar-restaurant-cuisine-magasin de souvenirs et de petit accastillage. Avec cela, elle espérait attirer la clientèle aisée des plaisanciers qui naviguaient en nombre dans la région. Mais la clientèle aisée n’était jamais venue. Elle préférait la marina sûre et confortable d’English Harbour à Antigua. C’est Continuer la lecture de Sassi Manoon et le What’s Next →

La Règle du jeu – Critique aisée n°235 (intégral)

temps de lecture : 20 minutes

Et pour ceux qui ont vingt minutes à perdre ou qui préfère lire tout d’un coup, voici la version intégrale, in extenso, de la totalité du texte en son entièreté et sans coupure.

Critique aisée n°234

La Règle du jeu
Jean Renoir – 1939
Marcel Dalio, Nora Grégor, Jean Renoir, Roland Toutain, Paulette Dubost, Julien Carette, Gaston Modot…

La première fois
La première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était au Champollion. Pas à l’Actua-Champo, non, dans la grande salle, au Champo.
La grande salle du Champollion ! Cent places ? Cent cinquante ? Légèrement en pente, elle était si petite que, pour pouvoir projeter sur un écran de taille acceptable, le propriétaire avait fait installer un système très particulier : par le truchement d’un périscope, le film était projeté sur le mur du fond de la salle où un miroir renvoyait les images sur l’écran. L’Actua-Champo, dont la salle était encore plus petite, ne bénéficiait pas, je crois, de ce système ; c’est dire la taille de l’écran.
Mais la première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était bien au Champollion, dans la grande salle.
Je devais avoir 17, 18, 19 ans tout au plus. C’était l’été, les vacances… le mois d’août plus précisément. Il faisait chaud, sûrement. J’étais seul. À ce moment-là, je n’avais pas de petite amie, ou alors elle n’était pas là, je ne sais plus. Il devait être Continuer la lecture de La Règle du jeu – Critique aisée n°235 (intégral) →

La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (3/3)

(…) ils ont tous leurs défauts, leurs faiblesses, leurs snobismes, mais aucun n’est traité avec mépris ni méchanceté, ni même avec condescendance, car comme Octave dit à Jurieux : « Tu vois, mon vieux, dans la vie, le problème, c’est que tout le monde a ses raisons ». Autrement dit, il ne faut pas juger les gens car ils ont tous leurs raisons… Tolérance, humanisme, c’est toujours le point de vue de Renoir.

C’est à cause des acteurs !
Ah oui ! Les acteurs !
D’abord Marcel Dalio, à contre-emploi, habitué aux rôles de juif ou de personnage trouble, se voit ici confier celui d’un aristocrate, léger, faible mais foncièrement généreux. il trouve ici peut-être son meilleur rôle au cinéma. La scène muette où, ravi aux anges comme seul un enfant peut l’être,  il présente à ses amis l’orgue de barbarie qu’il vient d’acquérir est un monument d’émotion.
Ensuite, Jean Renoir lui-même. Il est absolument Continuer la lecture de La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (3/3) →

Rendez-vous à cinq heures autour d’une coupe (9)

temps de lecture : 3 minutes

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Presque tout sur le champagne (9)

Et pour clore cette somptueuse série sur le champagne, laissez-moi vous redonner cet extrait de L’Atrabilaire, la célèbre pièce de Jean-Baptiste Peuquelin, dit Meulière.

ACTE II – Scène I 

Philinte entre à grands pas, portant un plateau sur lequel se trouvent une bouteille et deux coupes. Alceste le suit en protestant.

Alceste
Mais enfin, mon ami, puisque je n’en veux pas…

Philinte
Apprenez, cher Alceste, qu’avant tout bon repas
Le champagne s’impose : c’est une obligation,
Surtout quand il s’agit de notre réveillon.
Un peu d’effervescence vous disposerait mieux
Envers les Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures autour d’une coupe (9) →

La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (2/3)

temps de lecture : 8 minutes

(…) mais jamais encore je n’avais été et jamais plus je ne serai pris à ce point dans un film, enveloppé, transporté par lui, du début jusqu’à la fin. Tous mes visionnages ultérieurs de La Règle du jeu ont confirmé, et même parfois, grâce à une meilleure connaissance du cinéma, renforcé cette première impression.

Pourquoi ?
Par la suite, j’ai souvent été tenté de faire partager ma passion pour La Règle du jeu à d’autres, parents, amis, tous plus ou moins cinéphiles, mais jamais je n’ai rencontré de véritable âme sœur sur ce sujet. J’obtenais surtout deux types de réactions à mon enthousiasme : d’abord celle que j’appellerai la réaction Proustienne, et ensuite l’autre, la réaction Alternative.
Le nom de la première vient de ce qu’elle ressemble à la position de beaucoup devant qui Continuer la lecture de La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (2/3) →

La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (1/3)

temps de lecture : 8 minutes

Critique aisée n°235

La Règle du jeu
Jean Renoir – 1939
Marcel Dalio, Nora Grégor, Jean Renoir, Roland Toutain, Paulette Dubost, Julien Carette, Gaston Modot…

La première fois
La première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était au Champollion. Pas à l’Actua-Champo, non, dans la grande salle, au Champo.
La grande salle du Champollion ! Cent places ? Cent cinquante ? Légèrement en pente, elle était si petite que, pour pouvoir projeter sur un écran de taille acceptable, le propriétaire avait fait installer un système très particulier : par le truchement d’un périscope, le film était projeté sur le mur du fond de la salle où un miroir renvoyait les images sur l’écran. L’Actua-Champo, dont la salle était encore plus petite, ne bénéficiait pas, je crois, de ce système ; c’est dire la taille de l’écran.
Mais la première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était bien au Champollion, dans la grande salle.
Je devais avoir 17, 18, 19 ans tout au plus. C’était l’été, les vacances… le mois d’août plus précisément. Il faisait chaud, sûrement. J’étais seul. À ce moment-là, je n’avais pas de petite amie, ou alors elle n’était pas là, je ne sais plus. Il devait être 4 heures de l’après-midi et je passais Continuer la lecture de La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (1/3) →