Le poids des mots, le prix des pages

L’autre jour, un commentaire judicieux émis par Jim a suggéré que l’on vérifie le prix à la page de mes œuvres. Cette suggestion, très vite applaudie et étendue par Rodrigo Tortilla, m’amène à vous présenter le tableau suivant qui répond, je le pense, aux exigences légitimes de mes clients ainsi qu’à l’air du temps : aujourd’hui, on n’achète plus n’importe quoi à n’importe quel prix, mais on vérifie soigneusement les prix à l’unité, quelle qu’elle soit.

A l’examen du tableau, on peut constater que mes livres demeurent dans la fourchette très raisonnable de 25 à 44 €/kg et de 3 à 5 centimes la page, des prix tout à fait concurrentiels à ceux de Flaubert pour Madame Bovary (21,6 €/kg, 4 centimes la page).

Par contre, le même tableau révèle les prix pratiqués par Joel Dicker pour sa dernière livraison : (48,1 €/kg, 6 centimes la page). Des prix scandaleusement élevés pour une qualité très discutable.

Les œuvres complètes
(pour le moment)

Blind dinner
Un « Blind dinner », c’est un dîner un peu particulier dans lequel les invités ne se connaissent pas. Dans les beaux quartiers, c’est très à la mode. Renée, la maitresse de maison, trouve cela très chic et parfois follement drôle.  Mais ce soir là, quand on a commencé à parler d’un mystérieux virus venant de Chine, le diner a vite tourné au vinaigre.

LA MITRO et autres drôles d’histoires
C’est un recueil de nouvelles qui porte le titre de la première d’entre elles. Assez inspirée par Marcel Pagnol, il faut la lire avec l’accent. Les autres nouvelles revisitent aussi bien l’assassinat de Jules César que les jeux télévisés, les petits meurtres sans importance, l’effet papillon ou la manière d’accéder auParadis.

 

Histoire de Dashiell Stiller
Paris 1935. Dashiell, jeune touriste Américain, prend une photographie de la terrasse d’un café du Boulevard St-Michel, le Cujas. Treize années plus tard, il est de retour à Paris pour rencontrer les huit personnages qui se trouvaient sur la photo. Il les fait parler sur leur vie, sur la façon dont ils ont vécu cette période troublée de la guerre, l’Occupation, la Résistance, la Collaboration, les Camps, la Libération… Mais pourquoi fait-il cela ? Pour écrire un roman ? Pour retrouver quelqu’un ? Pour expier un crime ? Pour retrouver sa propre histoire, l’histoire de Dashiell Stiller ?

Bonjour, Philippines ! et autres rencontres.
Petit livre sans importance, recueil de récits de rencontres et d’aventures, graves ou anodines, que j’ai vécues un peu partout à travers le monde, à Manille et à Cagayan de Oro, à Téhéran et à Athènes, à Ouagadougou et Bobo-Diouasso, à Douala et à Bamako, au Brésil et en Ukraine, à Sumatra et dans la Vallée de la Mort. La plupart du temps, leur narration est véridique, mais parfois, j’avoue que je me suis laissé aller à les romancer un peu. Après tout, je ne serai pas le premier.

Histoire de Noël et autres contes cruels
Ce petit bouquin n’est pas destiné à être mis entre toutes les mains. En effet, et contrairement à ce que pourrait laisser croire une interprétation trop rapide de son titre, il ne s’agit pas du tout, mais alors pas du tout, d’un recueil de belles histoires de Noël, dégoulinantes de bonté, de morale et de confiture.
Connaissez-vous la légende de la Mort à Samarcande ? Non ? C’est un beau et terrible poème persan du XIIème siècle dans lequel un Vizir qui vient de croiser la Mort dans une rue de Bagdad croit lui échapper en s’enfuyant à Samarcande alors que c’est justement là que, sans le savoir, il a rendez-vous ce soir avec elle. Eh bien, pour la plupart, les nouvelles qui composent Histoire de Noël s’inspirent de cette fatalité ironique : c’est en croyant fuir son destin que l’homme s’y précipite.

Les disparus de la rue de Rennes
C’est la panique à la Mairie de Paris : alors qu’il procédait à un contrôle de routine, Roger Ratinet, agent municipal affecté à la vérification de la conformité des plaques de rue à la parité homme/femme a découvert que toute une section de la rue de Rennes avait disparu. Eh oui ! Disparu ! Comme ça, en plein Paris, sans qu’on puisse savoir ni quand, ni pourquoi, ni comment. Trois cents mètres de rue, une quarantaine d’immeubles ! Rien que ça ! Introuvables ! Ça fait désordre, non ? Bien sûr, il a fallu en informer Madame Hidalgo. « Comment ! Comment ! a explosé la Maire en furie. Plus de trois cents mètres de rue disparaissent en plein milieu de Saint Germain des Prés et personne n’est fichu de me dire où ils sont passés ! »
L’affaire est encore secrète, mais le scandale couve et, bientôt, la presse s’en mêle, et aussi Cottard, le chef de bureau jaloux de Roger Ratinet, et puis Yvonne, l’épouse de Roger Ratinet. Comme d’habitude, le Dir.Cab de la Maire, Hubert Lubherlu est dépassé.
Heureusement, Anne Hidalgo est solide ; en matière de scandale, elle en a vu d’autres. Mais survivra-t-elle à celui-ci ? Rien n’est moins sûr.

Les trois premières fois et autres nouvelles optimistes
Un soir dans un port, trois hommes attendent le départ de leur bateau. Pour passer le temps, ils racontent chacun une « première fois ». Un autre jour, un autre homme explique comment il faut se tenir dans la rue quand on porte un bouquet de fleurs. Un autre soir, un incident à la frontière syrienne va-t-il transformer en drame un beau week-end de tourisme. En fin d’après-midi, un homme écrit à côté de son chien qui dort. Un beau matin, un groupe d’enfants qui se rend au jardin du Luxembourg passe devant la terrasse d’un café ; des clients attablés les regardent passer ; leurs points de vue diffèrent. La peur de l’avion, ça se soigne.
Quatorze nouvelles, drôles ou émouvantes, quatorze textes ironiques ou sensibles, quatorze façons, réalistes ou poétiques, d’être optimiste.

Ces ouvrages sont disponibles sur Amazon.fr en livre broché ou sous format Kindle. Pour les obtenir, il vous suffit de cliquer sur la photo de la couverture correspondante et de suivre la procédure habituelle. 

6 réflexions sur « Le poids des mots, le prix des pages »

  1. Personne ici n’a jugé la littérature au poids, personne n’a dit qu’Autant en emporte le vent était meilleur que Bonjour tristesse, comme personne n’a dit qu’une pastèque était meilleure qu’une fraise des bois. Il s’est précisément et seulement agi de comparer les prix des romans au kilogramme, de s’assurer que le client en avait pour son argent et, bien entendu, de combattre l’inflation. Ce n’est pas d’un gérontologue dont on a besoin, mais d’un économiste.

  2. Comment en est-on arrivés à évaluer la littérature au poids. On devrait demander l’avis d’un gérontologue.

  3. Proust, Flaubert, Balzac, Maupassant…
    Au fait, qui a dit que, Proust, Flaubert, Balzac, Maupassant…, Coutheillas apportait un peu de tout ça, avec en plus une pincée de Marcel Aymé et une touche de Raymond Chandler ?
    Aux dernières nouvelles, il paraitrait qu’il travaille actuellement à ajouter du Sagan dans son Vialatte.

  4. Je viens d’en acquérir quatre d’un coup, doublant ma collection. Il s’agit de proposer à mes enfants et petits-enfants, lorsqu’ils viendront l’été, une lecture un peu plus édifiante que celle de Proust ou de Flaubert, Balzac, Maupassant, etc., qui n’ont jamais rien apporté à personne.

  5. D’un stricte point de vue micro-économique, ce tableau nous livre des informations chiffrées très intéressantes dont on pourraient tirer de multiples conclusions tenant compte de principes tels que l’utilité du produit pour le consommateur, sa qualité intrinsèque, sa rareté, son prix évidemment, son image de marque, l’image réelle ou aspirée du consommateur, la nature et l’image de son circuit de distribution, toutes ces considérations à la fois factuelles ou émotionnelles se combinant pour justifier en dernier ressort l’acte d’achat et la satisfaction du consommateur. Je n’entrerais pas dans une longue démonstration prétentieuse qui risquerait de blaser les lecteurs du JDC et je me bornerais à l’évocation d’un syllogisme célèbre défiant les lois de l’économie:
    « tout ce qui est rare est cher,
    un cheval bon marché est rare
    donc un cheval bon marché est cher ».
    PS: je ne suis pas un influenceur (ie un perturbateur des mécanismes économiques traditionnels). À vous de vous faire une opinion et d’acheter ou pas un livre de Philippe.

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