Critique aisée 171
Roubaix, une lumière
Arnaud Desplechin – 2019
Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier, Antoine Reinartz
Pour une fois, je ne ferai aucun détour préalable, je ne prendrai aucune précaution oratoire, je ne vous conterai pas d’anecdote historique ou personnelle, je ne citerai aucune pédante référence à la carrière du réalisateur, à ses sources ou à ses obsessions personnelles, je ne ferai aucune allusion ironique à la critique de Télérama. Je vais simplement et brièvement vous dire que, ce film, vous pouvez le voir. Je vous y encourage, même.
C’est bien fait, les images sont belles, la musique est symphonique mais discrète, le récit est pathétique et policier et les deux parties du film, profondément différentes l’une de l’autre, sont également passionnantes.
Vous y trouverez principalement trois acteurs :
Roschdy Zem, enfin révélé dans un premier rôle,
Léa Seydoux, excellente,
Sara Forestier, transformée, enlaidie, incroyable !
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Étonnant, non ?

Quand on écrit aujourd’hui, même si l’on n’est lu que par quelques dizaines de personnes, il faut faire très attention aux mots que l’on emploie, aux plaisanteries que l’on fait, aux anecdotes que l’on raconte, aux thèmes que l’on aborde. Sinon, le flair surdéveloppé des beagles du service de détection du politiquement incorrect a tôt fait de vous signaler, pas encore aux autorités, mais à l’attention des zélotes de la correctitude.
Il était une fois à Hollywood
Il faut avouer que j’ai bien failli abandonner. J’ai tellement patiné dans la gadoue froide et visqueuse des vingt premières pages, je me suis tellement senti mal à l’aise à entrer dans ce village en ruine sous cette pluie désespérante, j’ai tellement été rebuté par les premières rencontres avec ses habitants que j’ai bien failli abandonner et ranger le bouquin avec son billet de train composté coincé entre les pages vingt et vingt et un — car on ne sait jamais…
Le thème est le suivant : un vaisseau spatial venu d’ailleurs se pose dans la région de Barcelone. À bord, deux aliens, le commandant et son adjoint, Gurb. Il est important de savoir que ces deux-là sont des êtres incorporels. Bon. Gurb est envoyé en reconnaissance par son chef qui, après consultation du Catalogue Astral Indicatif des Formes Terrestres Assimilables, choisit pour lui la forme de Madonna. Au bout de quelques heures, Gurb n’est pas
Nevada