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La règle du jeu
Pour moi, le meilleur film de tous les temps (pour la partie occidentale de l’hémisphère nord en tout cas. Au point que je n’ai jamais osé écrire une critique de ce chef d’oeuvre. La scène proposée n’est qu’un extrait d’une longue scène délirante où le génie de la réalisation de Renoir est à la manoeuvre.
Dans cette scène, deux drames se développent au cours de cette soirée au château, au milieu des invités et des domestiques. D’un côté, le garde-chasse poursuit l’ex-braconnier (Carette) devenu domestique dont il est persuadé qu’il est l’amant de sa femme (Dubost). De l’autre, par dépit, la marquise, épouse fidèle du maitre des lieux, se jette dans les bras d’un aristocrate sans consistance. L’aviateur Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (6)

« Ne me secouez pas, je suis plein de larmes », disait Henri Calet, le délicat poète écrivain parisien anarchiste libertaire, et la métaphore, à peine esquissée, était belle, évidente, humaine. Pourtant Calet n’était pas un pleurnicheur. C’était juste un homme sensible qui avait beaucoup vécu.
L’invraisemblable succès de ce tout petit opuscule, tiré à quatre millions d’exemplaires, manifeste indigent, enfonceur de portes ouvertes, farci de bons sentiments à deux roupies et d’aphorismes gratuits, est bien le signe que dès 2010, l’année de sa parution, nous étions entrés dans une nouvelle ère, celle des geignards hypersensibles, dont la susceptibilité scrupuleuse, sans cesse aux aguets 