Archives de catégorie : Citations & Morceaux choisis

Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (6)

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 La règle du jeu

Pour moi, le meilleur film de tous les temps (pour la partie occidentale de l’hémisphère nord en tout cas. Au point que je n’ai jamais osé écrire une critique de ce chef d’oeuvre. La scène proposée n’est qu’un extrait d’une longue scène délirante où le génie de la réalisation de Renoir est à la manoeuvre. 

Dans cette scène, deux drames se développent au cours de cette soirée au château, au milieu des invités et des domestiques. D’un côté, le garde-chasse poursuit l’ex-braconnier (Carette) devenu domestique dont il est persuadé qu’il est l’amant de sa femme (Dubost). De l’autre, par dépit, la marquise, épouse fidèle du maitre des lieux, se jette dans les bras d’un aristocrate sans consistance. L’aviateur Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (6)

La mort de Bergotte (2)

Morceau choisi 

La vie éternelle

Cet extrait fait suite à celui qui a été publié ici avant hier (La mort de Bergotte – Le petit pan de mur jaune).
Les obligations que l’homme (et en particulier l’artiste) se crée au cours de sa vie ont-elles un sens puisqu’un jour, il sera « mort à jamais ». « Mort à jamais ? Qui peut le dire ? » nous demande Proust qui connait la réponse. Mais ici, il n’est pas question de foi ni de religion.

Il était mort. Mort à jamais ? Qui peut le dire ? Certes, les expériences spirites, pas plus que les dogmes religieux, n’apportent la preuve que l’âme subsiste. Ce qu’on peut dire, c’est que tout se passe dans notre vie comme si nous y entrions avec le faix d’obligations contractées dans une vie antérieure ; il n’y a aucune raison, dans nos conditions de vie sur cette terre, pour que nous nous croyions obligés à faire le bien, à être délicats, même à être polis, ni pour l’artiste athée à ce qu’il se croie obligé de recommencer vingt fois un morceau dont l’admiration qu’il excitera importera peu à son corps mangé par les vers, comme le pan de mur jaune que peignit avec tant de science et l’admiration qu’il excitera importera peu à Continuer la lecture de La mort de Bergotte (2)

Rendez-vous à cinq heures : Do you know what it means to miss New-Orleans ?

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DO YOU KNOW WHAT IT MEANS TO MISS NEW ORLEANS
Billie Holiday

Et maintenant : Billie Holiday, accompagnée par Louis Armstrong, Zutty Singleton, Barney Bigard, Kid Ory, Bud Scott en 1946 pour un film, « New Orleans », sorti en 1947. La jolie blonde émue, c’est Dorothy Patrick. Ne cherchez pas, elle n’a pas laissé de traces.

https://www.youtube.com/watch?v=m4jU8IQK5b0

 

La mort de Bergotte (1)

Morceau choisi

Le petit pan de mur jaune

Bergotte est l’écrivain célèbre que Proust a créé pour la Recherche du temps perdu. Dans ce passage, sentant sa mort venir, Bergotte remet en cause toute son oeuvre : « C’est ainsi que j’aurais dû écrire… »

(…) Il mourut dans les circonstances suivantes : une crise d’urémie assez légère était cause qu’on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu’il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint, Continuer la lecture de La mort de Bergotte (1)

Rendez-vous à cinq heures : Just a gigolo

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JUST A GIGOLO
Louis Prima

Enregistré en 1956 par Capitol Records, j’ai tellement placé ce disque sur mon phono que je me rappelle même le nom de la chanteuse : Keely Smith.

Poussez un peu les meubles du salon et esquissez trois pas de be-bop ou de 3-3-2, ou même du rock, si vous ne savez pas danser. De toute façon, Just a gigolo, à l’origine, c’était un tango.

 

 

Ne me secouez pas…

Morceau choisi

 « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes », disait Henri Calet, le délicat poète écrivain parisien anarchiste libertaire, et la métaphore, à peine esquissée, était belle, évidente, humaine. Pourtant Calet n’était pas un pleurnicheur. C’était juste un homme sensible qui avait beaucoup vécu.
Mais aujourd’hui, c’est différent. A l’âge de 93 ans, cet homme honorable que fût sans doute Stephan Hessel eut l’idée d’écrire « Indignez-vous ! ». L’invraisemblable succès de ce tout petit opuscule, tiré à quatre millions d’exemplaires, manifeste indigent, enfonceur de portes ouvertes, farci de bons sentiments à deux roupies et d’aphorismes gratuits, est bien le signe que dès 2010, l’année de sa parution, nous étions entrés dans une nouvelle ère, celle des geignards hypersensibles, dont la susceptibilité scrupuleuse, sans cesse aux aguets Continuer la lecture de Ne me secouez pas…

La fin du Temps

L’écriture n’est pas une  chose facile.
Elle n’était pas facile pour Gustave Flaubert. J’ai donné ici il y a longtemps un exemple des multiples écritures, corrections, ratures et réécritures du grand Gustave en reproduisant les versions successives d’un court passage de Madame Bovary. (voir l’article  ‘Flaubert au travail’)
Elle n’était pas facile non plus pour le petit Marcel. La preuve, voici la dernière page du manuscrit du Temps Retrouvé, dernier volume de l’énorme roman À la Recherche du Temps Perdu.

et voici le texte qui correspond à cette page : Continuer la lecture de La fin du Temps