Archives de catégorie : Citations & Morceaux choisis

Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (15)

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Drôle de drame
Marcel Carné-1937

Sans aucun doute le film le plus cinglé du cinema français, un chef d’oeuvre d’absurdité dialogué par Prévert, avec Michel Simon, Louis Jouvet, Jean-Louis Barrault, Françoise Rosay, Jean-Pierre Aumont… dans des rôles (dont un double pour Simon) qui leur permettent tout et le reste, le film où Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (15) →

Souvenir de cinéma (14)

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Pain et chocolat

Franco Brusati – 1974
avec Nino Manfredi

Une comédie dont le personnage central, Nino Manfredi, est un italien émigré en Suisse qui cherche sincèrement à s’assimiler. Ce n’est pas toujours le cas dans les comédies italiennes de ces années-là, mais ce film-là reste subtil et délicat, tant dans la satire  des Suisses que dans celle des Italiens.

Pour un court extrait, cliquez sur le titre en rouge ci-dessous :

Pain et chocolat

 

L’écriture en tant qu’objet social

Morceau choisi

 L’autre matin, à La Compagnie du livre, ma librairie favorite, en achetant pour l’offrir Le Voyant d’Étampes, et pour le lire, le dernier Beigbeder, je suis tombé sur un petit opuscule à huit euros cinquante intitulé Le Goût de l’écriture. La quatrième de couverture disait notamment ceci : «… dès lors les écrivains questionnent : à quoi sert d’écrire, d’où vient l’envie, d’où venait le désir ? Voyage au cœur de l’écriture en compagnie de ceux qui la connaissent le mieux et lui doivent d’exister : Denis Diderot, Nicolas Boileau, Gustave Flaubert,…».
C’était tentant, non ? Et puis, huit euros cinquante…
Je l’ai donc acheté, rapporté chez moi et, confortablement allongé sur le canapé du salon, l’ai entamé aussitôt le déjeuner fini. Le petit livre s’ouvrait sur un extrait du Degré zéro de l’écriture. Roland Barthes y disait ceci :

« On sait que la langue est un corps de prescriptions et d’habitudes, commun à tous les écrivains d’une époque. Cela veut dire que la langue est comme une Nature qui passe entièrement à travers la parole de l’écrivain, sans pour autant lui donner aucune forme, sans même la nourrir : elle est comme un cercle abstrait de vérités, hors duquel seulement commence à se déposer la densité d’un verbe solitaire. Elle enferme toute la création littéraire à peu près comme le ciel, le sol et leur jonction dessine pour l’homme un habitat familier. Elle est bien moins une Continuer la lecture de L’écriture en tant qu’objet social →

Questionnaire de Proust

Il est de bon ton de savoir, et surtout de faire savoir, que le « Questionnaire de Proust » n’est pas de Proust, mais que c’est un questionnaire auquel il a répondu. Plusieurs fois.
Voilà ! C’est fait !
Et maintenant, les questions :

1. Le principal trait de mon caractère ?
2. La qualité que je préfère chez un homme ?
3. La qualité que je préfère chez une femme ?
4. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?
5. Mon principal défaut ?
6. Mon occupation préférée ?
7. Mon rêve de bonheur ?
8. Quel serait mon plus grand malheur ?
9. Ce que je voudrais être ?
10. Le pays où je désirerais vivre ?
11. La couleur que Continuer la lecture de Questionnaire de Proust →

Souvenir de cinéma (13)

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La Grande Vadrouille

Gérard Oury – 1966
Bourvil, de Funès

Une grosse comédie, à la limite de la farce, extrêmement drôle, sans vulgarité, une grande comédie, avec un Louis de Funès qui enfonce tout sur son passage, particulièrement dans cette scène « du chef d’orchestre »

Cliquez sur le titre en rouge pour voir un formidable extrait de 4 minutes de de Funès. Ça vous fera du bien.

La Grande Vadrouille 

 

Le bistrot parisien

Morceau choisi

240-Bistrot, angle Gaité-Edgar Quinet(…) en bon normalien, je faisais des théories. Après des années d’observation, j’en étais venu à la conclusion que le bistrot parisien, l’institution bistrotière parisienne façonnaient le caractère de ceux qui la servaient. Ces lieux immuables déterminaient un type spécifique de grossièreté, de mauvaise grâce et de méfiance atavique. Longtemps, on avait cru que ces traits étaient propres au caractère de l’Auvergnat, le fameux bougnat qui avait régné derrière les zincs. Puis on les avait retrouvés, intacts, chez le Kabyle qui avait pris progressivement sa suite, au moins dans l’Est parisien, à partir des années 1950. Dans les années 2010, les Chinois s’était imposés comme les nouveaux maîtres du jeu, rachetant les fonds de commerce à tour de bras. Les acteurs changeaient mais l’attitude était toujours la même : incompréhensiblement défensive. Passe encore les habitués. Ils ont été, lentement, apprivoisés ; ils font partie des meubles. Le nouveau client, voilà l’ennemi. Il va faire des complications, il va demander à payer avec la carte bancaire, ou bien même il va demander quelque chose que l’on a pas.

Le Voyant d’Étampes (Abel Quentin)

 

Le T.G.I. de Paris

Morceau choisi
Une luminosité aveuglante se réverbérait sur les parois du tribunal de grande instance. Il n’avait jamais trouvé aucun mérite esthétique particulier à cette juxtaposition déstructurée de gigantesques parallélépipèdes de verre et d’acier, qui dominait un paysage boueux et morne. De toute façon le but poursuivi par les concepteurs n’était pas la beauté, ni même vraiment l’agrément, mais plutôt l’étalage d’un certain savoir-faire technique – comme s’il s’agissait, avant tout, d’en mettre plein la vue à d’éventuels extraterrestres.

Anéantir – Michel Houellebecq Continuer la lecture de Le T.G.I. de Paris →