—…
—…mais dans le même temps, ou disons immédiatement après, je me dis que ce n’est pas moi qui pense cela mais celui que j’observe. Vous voyez l’abîme ? Je pense qu’il pense que je pense qu’il pense… Et puis, je retombe dans le scepticisme précédent, et ainsi de suite… C’est très inconfortable, vous savez !
—Effectivement, ça doit être pénible. Je suis vraiment désolé pour vous, sincèrement, et je vous présente mes excuses.
—Pourquoi ? Vous n’y êtes pour rien !
—Ne croyez pas cela. Non, on ne m’avait rien dit, j’ignorais tout ça. Je suis vraiment navré. Mais je vais tout arranger. C’est l’affaire d’un instant. Laissez-moi passer quelques coups de fil…
SCENE IV
—Mais qu’est-ce que vous racontez, nom de Dieu ? Des coups de fil ! À qui ? Où ?
—Mais, à mon bureau, là-haut, bien sûr !
—Votre bureau ? Là-haut ? Qu’est-ce que vous voulez dire, là-haut ?
—Eh bien chez moi, enfin ! Là-haut ! Ah ! Vous ne saviez pas ? Bon, il va bien falloir que je vous explique. Alors voilà : au début, j’ai craint que vous ne soyez atteint de solipsisme, mais j’avais tort. C’est très étonnant, mais j’avais tort. À présent, j’ai tous les éléments pour diagnostiquer un véritable syndrome de dépersonnalisation. Mon vieux, vous souffrez de dépersonnalisation. C’est une déplorable erreur de mes services dont je suis confus et, encore une fois, je vous présente toutes mes excuses. Ah ! Heureusement que je vous ai rencontré tout à l’heure. Tout va s’arranger, vous aller voir. Ne bougez pas, je reviens avec le nécessaire.
— Quoi, le nécessaire ? Quel nécessaire ?
—Ce sera pratiquement sans douleur, rassurez-vous
—Comment ça, pratiquement sans douleur ? Comment ça, pratiquement sans Continuer la lecture de Au Bar des Syndromes – Quatrième scène →