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CHAPITRE 1 CHAPITRE 2 CHAPITRE 3 CHAPITRE 4 CHAPITRE 5 CHAPITRE 6 CHAPITRE 7 CHAPITRE 8 CHAPITRE 9 CHAPITRE 10
Résumé : Malgré les deux enquêtes simultanées, l’une menée par Mlle Éméchant journaliste en herbe, et l’autre par Mme Ratinet, ménagère perspicace, le mystère des disparus de la Rue de Rennes est toujours entier. Mais ça ne va pas durer.
11-La découverte du poteau rose
Où l’on verra comment une dispute impériale sauva l’Académie Française
« (…) et c’est en 1853 que le Baron Haussmann, préfet de la Seine, décida du percement d’une nouvelle artère entre l’embarcadère de la barrière du Maine et la Seine. Cette opération s’inscrivait bien entendu dans le cadre des grands travaux de transformation de Paris que le Baron avait entrepris dès 1852 sous l’égide de Napoléon III.
Jusqu’en 1848, l’embarcadère de la barrière du Maine avait accueilli les voyageurs de la Compagnie de Chemin de Fer Paris-Sèvres-Meudon-Versailles. Mais à partir de la création de la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest, en 1851, le trafic devait y devenir très important, particulièrement entre Rennes et la capitale. Une nouvelle gare avait donc été construite et mise en service dès 1852. Il fallait lui assurer un large débouché vers le centre de Paris. Le tracé de cette nouvelle rue, la rue de Rennes, fût conçu dans ce but. Partant de l’entrée principale du nouveau bâtiment, la rue de Rennes devait passer juste devant l’église St-Germain des Prés, pour aboutir sur le Quai Conti près de l’extrémité sud de la passerelle des Arts qui venait d’être élargie. Une première tranche de travaux fut menée tambour battant en moins de deux ans entre la Gare de Rennes et le Boulevard d’Enfer. La deuxième tranche, entre le Boulevard d’Enfer et le Boulevard St-Germain, prit du retard et ne fut achevée qu’en 1866. La troisième tranche qui devait prolonger la rue de Rennes jusqu’à la Seine ne fut jamais réalisée. En effet, lors des travaux préparatoires, on s’aperçut d’une erreur de 1,3 degrés Continuer la lecture de L’interminable et lamentable histoire des disparus de la rue de Rennes (11)
Tout d’un coup, trois autres furent frappés à l’huis, qui couvrirent le hurlement du vent dans les interstices de la lourde porte de chêne aspée de fer. Nullement effrayée malgré son jeune âge, l’heure tardive, l’absence de sa famille et le fait qu’on soit un mercredi, Yvonne prononça le mot qui allait décider de sa personnalité future.
Mais, élevé dans la plus pure tradition républicaine, laïque, gratuite et obligatoire, il n’avait jamais entendu parler de l’Évangile selon Matthieu qui dit : « Malheur à celui par qui le scandale arrive !« . Or, c’était bien par lui qu’il était arrivé, le scandale. Aussi, quand il apprit de la secrétaire du deuxième adjoint au Chef de Cabinet que tous les exemplaires
Oui, mais voilà. Elle avait compté sans la rancune de Cottard. Il en avait gros sur le cœur, le Cottard. Non seulement il avait réalisé que lorsque ses collègues prononçaient son patronyme en dehors de sa présence, ils le faisaient toujours précéder de « ce con de« , mais encore, la façon dont il avait été mis à l’écart de l’affaire de la rue de Rennes l’avait mortifié. Il avait donc décidé de se venger et c’est pour cela qu’il avait déposé nuitamment et anonymement une copie du rapport Ratinet dans la boîte du journal L’OBS réservée aux lettres anonymes. Il y avait joint une petite note, anonyme également. Écrite à la main pour faire simple, en lettres capitales — plus faciles à déguiser — et bourrée de fautes d’orthographe pour brouiller les pistes, elle présentait ainsi la chose :
A peine une semaine plus tard, muni de l’avis d’Yvonne et de son parapluie, Ratinet se rendit à nouveau sur place, autrement dit, Place Saint-Germain des Prés. Il traversa le boulevard et se retrouva bientôt devant la vitrine de chez Emporio Armani. L’immeuble faisait l’angle du Boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes. Il portait le numéro 48. Il le photographia. De l’autre côté de la rue de Rennes