Note de l’éditeur : L’auteur nous prie de préciser que lorsqu’il a écrit la fin de ce sixième chapitre, il était loin de penser qu’elle serait publiée soixante-seize ans exactement après les évènements relatés. C’est un hasard, mais si ce hasard était pris pour un hommage à ceux qui y ont vraiment participé, ce serait bien aussi.
(…) Nous avons dévalé la pente en courant, en trébuchant, en criant pour rejoindre les américains qui commençaient déjà à s’installer. Ils ont d’ailleurs bien failli nous tirer dessus. Nous nous sommes embrassés, nous avons pleuré, nous avons crié, nous avons dansé et chanté avec eux. J’en avais oublié Antoine. Pourtant, lui aussi, il devait se trouver quelque part, sur cette plage ou sur une autre, du côté de Fréjus ou de Cavalaire. Mais, à cet instant, je ne pensais déjà plus à lui.
Chapitre 6 — Antoine de Colmont
Dixième partie
…
Ensuite ? Eh bien, ensuite, les soldats et les FFI ont progressé vers l’intérieur des terres pour libérer l’arrière-pays. Un peu plus tard, ils ont attaqué Toulon et Marseille. Beaucoup plus tard, ils sont remontés vers le Nord jusqu’en Alsace, pour entrer enfin en Allemagne. Mais mon rôle à moi était terminé. Trois jours après le débarquement, un camion américain m’a emmenée jusqu’à Trets et je suis rentrée à Vauvenargues à pied.
Mario venait d’arriver au château. Il avait fait le coup de feu avec le Comte du coté de Cavalaire. Monsieur de Colmont avait été blessé ; il était soigné au Muy dans un hôpital américain de campagne. Mario nous assurait Continuer la lecture de Le Cujas (27)