Pour lire la première partie de cette histoire, c’est
Le voyage du petit Christian à Rome
Deuxième partie
Nos fiancées
Nos quatre copines préférées, c’est Michèle, Claudine, Anne G et Anne M et y en a qui disent que c’est nos fiancées.
Michèle, c’est une brunette qui porte une drôle de coiffe compliquée sur la tête, des antiquités dans les bras tous les dimanche-matins et des verres de contact qui tombent sans arrêt ; en plus elle a une hyperthyroïdie auto-car-immune dissociée de type IIb, la plus rare, celle qui donne toujours chaud, toujours soif et toujours envie de bouger. Mais c’est vrai qu’elle a fait de drôles de progrès et que maintenant elle a beaucoup moins envie de bouger qu’avant mais faut dire aussi que Francis il a décidé de l’attacher de 8 heures du matin à 8 heures du soir comme ça il n’est plus obligé de courir après elle aux brocantes des quatre coins de l’Europe. Et puis en plus, si jamais elle s’échappait quand même, Francis il a un fusil à pompe.. Michèle, malgré tout ça, elle n’est pas rancunière et elle est follement amoureuse de Francis, un autocariste batave et germanophobe qui se shoote à la poupée bretonne et comme elle est plutôt gaie, dans sa province natale, on l’appelle Madame BOVA-RIT.
Il y a aussi Claudine qui est une amie d’enfance de Richard à tel point qu’on dirait qu’ils étaient mariés avant de naître.
On voit bien que Claudine, elle se sent déjà Continuer la lecture de Le voyage du petit Christian à Rome – 2ème partie

Quand le temps est beau, vers le milieu de la matinée et pour une bonne partie de la journée, le trottoir des numéros impairs de la rue Soufflot passe à l’ombre. Les étudiants, les touristes, les habitants du Quartier Latin et les employés de mairie y vont et y viennent en liberté. Ils montent vers le Panthéon ou descendent vers le Luxembourg, se croisant bien à leur aise grâce à la généreuse largeur de l’espace qui leur est réservé. Pourtant, à peu près à mi-chemin entre la place Edmond Rostand et le monument dédié Aux Grands Hommes par la Patrie Reconnaissante, on trouve le magasin de A.Pedone Éditeurs. Cette librairie aux profondeurs boisées insoupçonnables mériterait sans doute que quelqu’un lui consacre un jour tout un article mais, pour aujourd’hui, tout ce qu’il faut en savoir c’est
J’y suis retourné, au Comptoir du Panthéon1. Ce doit être mon côté aventurier. Eh bien, elle était là, ma serveuse2, égale à elle-même3 Elle ne semblait pas se souvenir de notre dernière rencontre. Ou alors, elle ne m’a pas reconnu. Ou elle a fait semblant. Elle m’a servi mon café, sans un mot ni un sourire, bien sûr, mais dans des temps raisonnables. Alors, pour cette fois, je l’ai laissée vivre.

Je n’aime pas beaucoup le café brasserie qui porte ce nom de Maison Marie depuis deux ou trois ans à l’angle aigu des rues Saint-Jacques et Gay-Lussac. Pendant plus d’un siècle, sous cette même enseigne et à cet emplacement on trouvait un primeur, c’est-à-dire un commerce de fruits et de légumes. Les couleurs de ses bacs, rouge, vert, orange, brun égayaient un peu ce triste trottoir qui fait face au triste Institut Océanographique. Bon, mais voilà, le petit commerce de centre-ville se meure, notamment parce que vous n’y allez plus, et quand il ne s’appelle pas Monop’ ou Carrefour-Market, il a du mal à résister aux offres inespérées des nouveaux bougnats de Paris.