Archives de catégorie : Récit

Le voyage du petit Christian à Rome – 2ème partie

Pour lire la première partie de cette histoire, c’est

ICI

Le voyage du petit Christian à Rome

Deuxième partie

Nos fiancées

Nos quatre copines préférées, c’est Michèle, Claudine, Anne G et Anne M et y en a qui disent que c’est nos fiancées.

Michèle, c’est une brunette qui porte une drôle de coiffe compliquée sur la tête, des antiquités dans les bras tous les dimanche-matins et des verres de contact qui tombent sans arrêt ; en plus elle  a une hyperthyroïdie auto-car-immune dissociée de type IIb, la plus rare, celle qui donne toujours chaud, toujours soif et toujours envie de bouger. Mais c’est vrai qu’elle a fait de drôles de progrès et que maintenant elle a beaucoup moins envie de bouger qu’avant mais faut dire aussi que Francis il a décidé de l’attacher de 8 heures du matin à 8 heures du soir comme ça il n’est plus obligé de courir après elle aux brocantes des quatre coins de l’Europe. Et puis en plus, si jamais elle s’échappait quand même, Francis il a un fusil à pompe.. Michèle, malgré tout ça, elle n’est pas rancunière et elle est follement amoureuse de Francis, un autocariste batave et germanophobe qui se shoote à la poupée bretonne et comme elle est plutôt gaie, dans sa province natale, on l’appelle Madame BOVA-RIT.

Il y a aussi Claudine qui est une amie d’enfance de Richard à tel point qu’on dirait qu’ils étaient mariés avant de naître. On voit bien que Claudine, elle se sent déjà Continuer la lecture de Le voyage du petit Christian à Rome – 2ème partie →

Le voyage du petit Christian à Rome – 1ère partie

Attention, ne vous y trompez pas ! Ce que vous allez lire et regarder dans quelques instants est un pastiche. Veuillez bien noter que les textes ne sont pas de Goscinny et les illustrations, pas de Sempé. Vous aurez peut-être du mal à y croire, mais c’est vrai : c’est un pastiche. Voici l’une de ces épopées dans lesquelles Lorenzo dell’Acqua raconte ses voyages entre copains.

Aujourd’hui, c’est le premier épisode avec la présentation de quelques personnages. Les épisodes suivants paraitront les 1er septembre, 6 septembre et 11 septembre.

Soyez attentifs, ça commence comme ça :

 

Le voyage du petit Christian à Rome

Mallé-Gossini

                                  

                                                           à Livia,
                                                           notre guide et amie
                                                           patiente et passionnante

Première partie

Mes copains

Pendant les vacances, avec mes copains, on fait des voyages extraordinaires ! Mes copains, ils sont terribles : il y a Richard, Francis, Christian et Laurent.

Richard, encore appelé Bouli mec, c’est le premier de la classe et le chouchou de la maîtresse qu’on a surnommée Sainte Livia parce que, quand elle nous voit boire tout le Frascati, elle n’arrête pas de dire « Mon Dieu, mon Dieu ». Richard, il est drôlement agaçant parce qu’il est toujours premier en histoire et en préhistoire, en égyptologie et en gastronomie quantitative, en psychanalyse et en acrobatie, en podologie photographique, en 5 ème symphonie, en alsacien et en petit nègre, mais il est bon dernier en gymnastique parce qu’il dit qu’il a une terrible sciatique qu’il a ramenée d’Indochine comme un ami de son père. Nous, on ne connait ni l’Indochine ni la Sciatique mais il paraît que c’est deux petits pays qui se touchent et c’est Christian qui a vu ça sur la mappemonde de sa fiancée (qui en a deux grosses de mappemonde en fait).

Richard, il dit tout le temps qu’il est Continuer la lecture de Le voyage du petit Christian à Rome – 1ère partie →

La nasse

Quand le temps est beau, vers le milieu de la matinée et pour une bonne partie de la journée, le trottoir des numéros impairs de la rue Soufflot passe à l’ombre. Les étudiants, les touristes, les habitants du Quartier Latin et les employés de mairie y vont et y viennent en liberté. Ils montent vers le Panthéon ou descendent vers le Luxembourg, se croisant bien à leur aise grâce à la généreuse largeur de l’espace qui leur est réservé. Pourtant, à peu près à mi-chemin entre la place Edmond Rostand et le monument dédié Aux Grands Hommes par la Patrie Reconnaissante, on trouve le magasin de A.Pedone Éditeurs. Cette librairie aux profondeurs boisées insoupçonnables mériterait sans doute que quelqu’un lui consacre un jour tout un article mais, pour aujourd’hui, tout ce qu’il faut en savoir c’est Continuer la lecture de La nasse →

Retour au Comptoir

J’y suis retourné, au Comptoir du Panthéon1. Ce doit être mon côté aventurier. Eh bien, elle était là, ma serveuse2, égale à elle-même3 Elle ne semblait pas se souvenir de notre dernière rencontre. Ou alors, elle ne m’a pas reconnu. Ou elle a fait semblant. Elle m’a servi mon café, sans un mot ni un sourire, bien sûr, mais dans des temps raisonnables. Alors, pour cette fois, je l’ai laissée vivre.

Note 1 – Si vous voulez savoir de quoi je parle, cliquez là-dessus
Note 2 – Melissa
Note 3 – Visage sévère et pâle, silhouette mince et nerveuse, cheveux bruns rassemblés dans un chignon incertain, débardeur gris foncé, jeans slim taille basse noirs symétriquement déchirés aux genoux, rangers de cuir noir,

Qui était donc ce type ? (Couleur Café n°29)

LE JOURNAL DES COUTHEILLAS – NUMERO 2082

Couleur Café n°29

Qui était donc ce type ?

Café Hugo
22 Place des Vosges

C’est un quartier où je ne viens presque jamais, un café où je n’étais jamais venu. Voyons voir.
Les vieilles tables en bois sont marquées de coups et de brulures d’autrefois et les larges banquettes en moleskine marron sont craquelées comme je les aime. La serveuse, aimable, est en bon état. Installé contre le mur du fond, je tourne le dos à un grand miroir encadré de mosaïques aux motifs géométriques rouges, jaunes et argent. Devant moi, au premier plan, deux tables vides, puis la terrasse, puis, au-delà de la chaussée, les grilles du jardin et enfin les arbres de la place des Vosges, encore dénudés. Le mur qui sépare la salle de la terrasse est percé des mêmes arcades que celui qui sépare la terrasse de la chaussée. Les deux sont faits des mêmes pierres jaunes griffées, jointées à sec. Un passage par Wikipédia m’apprend que le Café Hugo occupe le rez-de-chaussée de l’Hôtel Laffemas (XVIIème siècle) et que la maison qui fut celle du grand Victor est à deux pas.
J’ai rendez-vous tout près d’ici dans un peu plus d’une heure. J’ai le temps de prendre un autre café et d’observer.

A ma gauche, près de l’arcade, un couple est installé. L’homme me fait face. Posées à plat sur la table, ses deux mains recouvrent la main droite de la Continuer la lecture de Qui était donc ce type ? (Couleur Café n°29) →

Les pastiches de Lorenzo – 3

C’est le troisième pastiche de Lorenzo dell’Acqua que je publie ici. Vous avez déjà eu droit à Philippe Delerm et à Michel Houellebecq. Si vous les avez ratés, vous pouvez toujours cliquer sur les liens qui suivent.

https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=14280

https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=14301

Je vous laisse deviner qui est pastiché aujourd’hui. Ce n’est pas difficile, on s’y croirait.

 

Ernest Mallemingway

 Le soleil se lève aussi … à Evora.

Chapitre I : L’art culinaire au Portugal à la fin du XX ème siècle

Lisbonne, mardi 22h50.

 « Il fait une chaleur pas croyable dans ce bled » s’exclama Chris en cherchant désespérément une terrasse de café à cette heure tardive. « La tiédeur méditerranéenne donne soif » en conclut astucieusement ce bon vieux Richy. Ce qui ne l’empêcha pas, lui, de partir à la recherche de son imperméable égaré à Paris dans un bus surchauffé alors qu’il était strictement à jeun d’après des témoignages dignes de foi. Par contre, personne ne savait vraiment combien il avait éclusé de canettes de Champagne offertes gratis dans l’avion ! « Pourvu que le vin soit compris dans le prix de la Pension Fernanda » questionna avec une certaine inquiétude ce gamin de JFK (Jeune Francis Kermanac’h)

Lisbonne, mardi 23h42.

« Eh, les gars, venez voir; j’ai trouvé un véritable trésor dans le frigo ! Trois bouteilles de vinho verde glacé abandonnées là comme par enchantement ». Ce dur à cuire de Chris commençait à revivre. « Faudra essayer le rouge aussi » insista Laury qui avait exploré tous les placards. « Le Champagne, malheureusement; il est naze » annonça avec Continuer la lecture de Les pastiches de Lorenzo – 3 →

Sur le boulevard Arago – Post it n°26

Il fait bon dans le sous-bois du Boulevard Arago et ce n’est que par endroits que le soleil parvient à traverser le nuage de feuilles que les marronniers déroulent jusqu’à la clairière de la place Denfert-Rochereau. Le rempart de la maison d’arrêt et le mur des Sœurs de Saint Joseph encadrent la chaussée déserte qui monte silencieusement entre deux trottoirs ombragés vers le point de fuite où veille encore le grand lion de Belfort.
En cette fin de matinée de printemps, pas un souffle de vent ne fait bruisser les branches, pas une auto ne ronronne, pas une moto ne rugit, pas un vieillard ne tousse, pas un enfant ne crie. Les avions sont trop haut pour exister et les cloches ne sonneront pas avant midi. Même les stupides pigeons se sont tus. Nous non plus, nous ne disons rien. On entend juste le bruit de nos pas. C’est dimanche. Passé la rue Continuer la lecture de Sur le boulevard Arago – Post it n°26 →

La Maison Marie

Couleur café n°28

Maison Marie
222 rue Saint-Jacques 75005 Paris
Samedi 2 février

Je n’aime pas beaucoup le café brasserie qui porte ce nom de Maison Marie depuis deux ou trois ans à l’angle aigu des rues Saint-Jacques et Gay-Lussac. Pendant plus d’un siècle, sous cette même enseigne et à cet emplacement on trouvait un primeur, c’est-à-dire un commerce de fruits et de légumes. Les couleurs de ses bacs, rouge, vert, orange, brun égayaient un peu ce triste trottoir qui fait face au triste Institut Océanographique. Bon, mais voilà, le petit commerce de centre-ville se meure, notamment parce que vous n’y allez plus, et quand il ne s’appelle pas Monop’ ou Carrefour-Market, il a du mal à résister aux offres inespérées des nouveaux bougnats de Paris.

Je n’aime pas beaucoup ce café, mais Continuer la lecture de La Maison Marie →

Une veille histoire de l’Ouest

Il y a très longtemps, pour la faire rire, mais aussi pour établir sa place dans le couple de manière définitive, il lui avait raconté cette vieille blague western :

« Deux chevaux traversent la prairie. Sur le premier, il y a un cow-boy endimanché. Sur le second, montée en amazone et en robe de mariée,  il y a la jeune femme qu’il vient d’épouser et qu’il ramène au ranch. Au bout d’une heure, son cheval  bute sur une pierre. Le cow-boy compte calmement:
— Un…

Un quart d’heure plus tard, son cheval fait un écart devant l’ombre d’un cactus. Le cow-boy compte calmement :
—Deux…

Dix minutes plus tard, le même cheval se cabre devant un serpent à sonnettes qui traverse la piste. Le cow-boy compte calmement :
—Trois…

Il descend de sa selle, sort son colt 45 et abat son cheval d’une balle dans la tête. Alors, la jeune femme dit :
—Mais mon chéri, pourquoi as-tu tué ce pauvre cheval ? Tu n’aurais pas dû faire ça !

Alors le cow-boy compte calmement :
—Un…

Beaucoup, beaucoup d’années ont passé et, l’autre jour, alors qu’ils marchaient côte à côte dans la ville, il a trébuché contre un trottoir et il est tombé.  Oh, il ne s’est pas fait mal, mais il l’a entendue qui comptait calmement :
— Un…

Les missions de Lorenzo (3)

Musée Picasso
par Lorenzo dell’Acqua

Ce jour-là, j’ai fait 1290 photos. Seul le numérique le permet. Qu’aurais-je fait hier ? Deux ou trois pellicules argentiques et à quel prix ! Je suis parti tôt avec Anne. Une facture du BHV donnait droit à un coupe-file pour le musée Picasso où j’avais décidé d’aller ce matin-là. J’en profiterai pour acheter deux vitres de cadre 50×50. Et c’est tout. Pas de chance, la proposition de billet coupe-file se terminait fin octobre ! Je suis donc venu pour rien. Comme il y a une justice immanente, je ne ferai aucune queue à l’entrée du musée Picasso. Curieuse impression. On nous prévient que c’est l’exposition d’un génie (ce que l’on savait) mais il n’y a rien de nouveau. J’ai même l’impression que ce n’est Continuer la lecture de Les missions de Lorenzo (3) →