RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (7)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (7)

21/05/20

Au fil des mots (1)

Ayant dû il y a quelques temps rédiger un discours, je me suis aperçu que, consciemment mais sans que cela fût délibéré, j’avais pour l’essentiel utilisé au fil des pages les mots des autres.

J’avais ainsi, sans les rémunérer en aucune façon, appelé à mon service quelques nègres dénommés Jeanne Moreau, Honoré de Balzac, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, la mythologie romaine, René Descartes, Racine, Philippe Bouvard, la loi scoute, Gilbert Bécaud, Paul Verlaine, Jean de La Fontaine, Henri Matisse, Fiodor Dostoïevski, Victor Hugo, Goliarda Sapienza, Ovide et Barbara !

De même que certains, dont je suis, ont toujours en tête trois petites notes de musique qui trottent en ritournelle, ce qui a été écrit par d’autres sert à alimenter nos pensées, voire à les provoquer, sans même que nous ayons à les appeler à la rescousse : elles s’imposent à notre univers, parfois importunes, souvent bienvenues.

Depuis quelques temps, ma mémoire déclinant et pour peu que j’aie sous la main au bon moment le carnet et le crayon nécessaires, j’ai consigné dans le courant de mes lectures quelques phrases qui avaient particulièrement interpellé mon esprit.

Je me propose, si le maître de céans et ses invités y trouvent quelqu’intérêt, de vous en livrer quelques-unes de temps en temps pour alimenter nos conversations de cinq heures.

Et pour débuter par une transition avec la citation faite par Philippe de la correspondance entre Camus et Casarès, cette jolie phrase de cette dernière que j’y ai trouvée (parmi tant d’autres) :

« Oublie-moi assez pour vivre un peu heureux – pense à moi assez pour être heureux tout à fait. »

Bruno

3 réflexions au sujet de « RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (7) »

  1. Malheureusement, quand on est corse, on sait voir aussi ce qui est laid. Comment apprécier le beau sans point de comparaison ?
    Tu aurais pu dire que l’amitié est un prisme déformant qui fait voir beau ce qui ne l’est pas. Mais tu serais encore dans l’erreur. L’amitié est lucidité. Car sinon, comment choisir ses amis ?
    Ne sois pas modeste. La modestie est ce qui reste à ceux qui n’ont rien d’autre.

  2. Ce qui est formidable avec les amis corses, et c’est la beauté de leur ile qui les y prédestine, c’est leur totale absence d’objectIvité. Ils ne sont capables de voir que ce qu’ils pensent beau.

  3. Moi qui ai eu l’honneur et la chance d’assister à ce discours, je peux témoigner que c’était un fabuleux discours. Il m’est arrivé d’en écrire quelques uns, en fait beaucoup même, et le discours de Bruno était un chef d’oeuvre, un modèle du genre.
    Sa modestie lui fait dire qu’il a emprunté quelques mots aux auteurs qu’il cite dans son post d’aujourd’hui, mais les siens propres étaient merveilleux. Le cuistre que je suis a particulièrement apprécié la référence à une analepse. Devant les mines perplexes voire perdues de l’assistance, Bruno, charitable, eut ce mot d’explication :  » un flashback en bon français ».
    Bruno, tu n’as pas besoin de mots d’emprunt. Les tiens suffisent.

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