Les chiens sont pour l’ordinaire de deux teintes opposées, l’une claire et l’autre rembrunie, afin que quelque part qu’ils soient dans la maison, ils puissent être aperçus sur les meubles avec la couleur desquels on les confondrait.
Bernardin de Saint-Pierre – Harmonies de la nature – 1814
Après avoir lu le commentaire très documenté de René-Jean jusqu’à la dernière ligne, je suis comme The Blue Dog du peintre américain George Rodrigue qui a multiplié par centaines le portrait du Blue Dog, seul ou dans différents décors, toujours ahuri. Allez-voir The Blue Dog sur internet, c’est extra! Interviewé, Rodrigue avait dit « This perplexed dog is looking for answers! » Moi aussi!
Et à propos de Paul Ricoeur souvent cité par René-Jean, on dit ici qu’il a beaucoup influencé son élève Emmanuel Macron. Idéologie et utopie?
J’ai une question: qui, de Dieu, de la Nature ou de l’Homme, a fait que le Yorkshire-terrier soit si parfaitement adapté aux bras de Jean-Paul Belmondo? J’imagine que Philippe, Bernardiste et Darwiniste, écartera probablement la main de Dieu et verra plutôt celle de la nature. Paddy, agronome et humaniste, verra celle de l’homme qui, pense-t-il probablement, a toujours égoïstement voulu dominer la nature pour la conformer à ses besoins. Mais, si l’Homme est lui-même pour d’aucuns une créature de Dieu, et pour d’autres une créature darwinienne de la nature, à partir d’un singe, il doit pouvoir être avancé que tout ce qu’il crée lui-même est donc une émanation de Dieu ou de la nature, les chiens par exemple. Voilà qui satisfera tout le monde selon ses convictions philosophiques. En tout cas, moi, Jim, je pense que Dieu créa la Femme, l’Homme n’en eut jamais été capable car c’eut été bien plus difficile que créer un chien de race conforme à ses désirs.
De plus, les chiens sont génétiquement programmés pour perdre leurs poils clairs sur les sols ou canapés sombres, et inversement.
C’est bien de l’esprit humaniste et optimiste de Paddy que d’attribuer à l’homme d’avoir, au cours des siècles, sélectionné ses chiens afin qu’ils ne se confondent avec les meubles, à l’inverse du caméléon qui a mis des millénaires à s’adapter aux couleurs du temps et de son environnement.
Mais je crois qu’en attribuant à l’homme ce mérite en même temps que ce ridicule, Paddy se montre trop généreux avec cette créature chétive que nous sommes.
En fait, je crois me souvenir que, dans l’esprit du saint Bernardin, le mérite de cet astucieux choix de couleurs pour le plus fidèle ami de l’homme appartenait sinon à Dieu, mais en tout cas à la Nature.
Il pensait ainsi que tout dans la nature était fait pour le bien-être de l’homme, par exemple que si l’écorce du melon était striée par des sortes de méridiens, c’était pour qu’on puisse aisément le découper pour le manger en famille.
Certains vont claironnant que Bernardin a également affirmé que si les éléphants sont gris, c’est pour éviter que l’homme les confonde avec les fraises des bois, mais, personnellement, j’en doute.
Pour compléter les propos de Paddy, j’ajouterai que l’immense perspicacité de l’homme pour que le pelage de son chien ou la robe de sa vache ne soient pas confondus avec le décor de son salon, ou bien pour que son treillis de combat se confonde avec l’environnement dans le but de confondre l’ennemi d’en face, eh bien cette fantastique perspicacité de l’homme est tout simplement confondante.
Bernardin de Saint-Pierre (belle statue de lui au Jardin des Plantes de Paris) pose là, très sérieusement, sans rigoler (c’était pas son genre, c’était un Ingénieur des Ponts et Chaussée), le problème du développement par l’homme de l’harmonie du chien avec son environnement entrepris depuis la plus haute antiquité et son ancêtre le loup (tiens! un zeugme). Et ça a marché en effet. D’ailleurs, l’homme, dans ses prouesses génétiques, ne s’est pas limité au chien. Il a fait de même avec la vache à partir de l’aurochs, car il ne vous aura pas échappé que la vache Francaise-frisonne-pis-noire, noire et blanche, comme le chien Dalmatien, tranche beaucoup mieux dans un salon par rapport aux meubles que sa consœur Limousine dont la robe est comparable à celle du chien Golden-retriever. Le seul problème que j’y vois aujourd’hui à ces développement génétiques c’est qu’ils prennent du temps. C’est pourquoi je préconise, si on est pressé, d’adapter plutôt son mobilier au chien de prédilection que l’on se procurera à la SPA. Un coup de pinceau, et voilà! Si on est allergique à la peinture ou trop fainéant, on peut aussi se procurer dans le commerce un survêtement pour chien (ou pour vache) adapté au mobilier, à l’instar de ce que font les chiens de guerre dans le choix de leurs treillis de campagne. Mais si vous souhaitez vous rendre à l’Opéra Garnier avec votre chien sachant que cet édifice magnifique est construit en pierre de taille dite de comblanchien, là, je n sais plus quoi vous dire. Ciao!