Archives de catégorie : Critiques

NOUVELLES DU FRONT (19) – 31/08/2020

LA BÊTISE AU FRONT DE TAUREAU

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme bêtise,
La Bêtise au front de taureau.

 

Il y a pire que le masque
Lundi 31 août

Le masque, c’est vrai, c’est pénible. D’abord, ça fiche de la buée plein les lunettes. Ensuite, ça gène un peu la respiration. Et puis, ça fait que souvent, nous respirons un air tiède au lieu de l’air frais auquel nous aspirons tous. Et puis, parfois, ça nous fait réaliser qu’on n’a pas toujours une aussi bonne haleine qu’on le croyait. Et puis aussi, ça empêche de voir le sourire de la jolie boulangère qui vous rend la monnaie ou de l’aimable inconnu qui vous tient la porte. Il est possible également que ça gêne sacrément la reconnaissance faciale et que, quand on y pense, c’est peut-être bien pour ça que Continuer la lecture de NOUVELLES DU FRONT (19) – 31/08/2020

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (49)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (49)

31/07/2020

Guy nous conseille de regarder ce film
Démesuré comme son acteur principal
À voir absolument

FITZCARRALDO

1982

Un chef d’œuvre cinématographique, de Werner Herzog.

Je ne vous apprendrai rien de l’épopée d’un entrepreneur givré (normal pour un fabricant de glace), Fitzcarraldo, rôle tenu par Klaus Kinsky (Dieu ait son âme, mais j’en doute), en Amazonie profonde, vers les années 1900 :
Passionné par le théâtre et le Bel Canto, Fitzcarraldo veut construire une réplique du Teatro Amazonas de Manaus, mais à Iquitos, capitale de l’Amazonie péruvienne, où il pourra ensuite faire venir son idole Caruso.
Pour cela, il faut des sous, beaucoup de sous, et ce n’est pas Continuer la lecture de RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (49)

¿ TAVUSSA ? (70) Contre les finisseurs de phrases

Ça ne vous énerve pas, vous, les gens qui finissent vos phrases avant que vous n’ayez pu le faire ?
Moi, oui.
On ne sait pas ce qui est le plus énervant : quand ils les terminent comme vous l’auriez fait vous-même ou quand, se trompant sur votre intention, ils vous font dire n’importe quoi.

Dans le premier cas, votre frustration est grande : « Suis-je donc si prévisible, vous dites-vous, si peu original que ce casse-pieds me vole la vedette ? »

Dans le second, c’est l’agacement qui prend le dessus : « Mais à quelle vitesse faut-il donc que je parle pour que cet importun, profitant Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (70) Contre les finisseurs de phrases

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (18)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (18)

01/06/20

NDLR : Le JdC va très bientôt (en fait, demain) se trouver en manque de matière pour tenir son rendez-vous de 5 heures. Si vous avez des idées à revendre, des textes à soumettre, des colères à exprimer, des enthousiasmes à partager, c’est le moment de les envoyer. Bon, mais pour aujourd’hui, il y a encore ça : 

Les Critiques Aisées, c’est bien, mais c’est un peu long à faire. À lire aussi.
Alors, dès que j’aurai lu un truc intéressant, et si je n’ai pas le temps d’en faire une véritable critique, j’en ferai une note, pas un compte rendu, mais plutôt une impression de lecture.

Jeunesse
Joseph Conrad – 1902

Autour d’une table couverte de bouteilles et de verres, cinq hommes se racontent des histoires de mer. C’est le tour de Marlow qui fait le récit de son premier embarquement sur un voilier en tant que lieutenant.

Les faux départs de Londres pour Bangkok, les avaries, les tempêtes, le feu à bord, la découverte de l’Orient : soixante pages, une heure et demi de lecture. Quatre-vingt-dix minutes d’aventure en mer, d’enthousiasme juvénile et d’écriture claire.

On n’est vraiment loin des formules toutes faites et du délayage de John Grisham dont je parlais l’autre jour. Dans ces soixante pages, pas un cliché. La description du feu couvant à bord pendant des jours puis de son éruption sur le pont est aussi saisissante que celle de l’arrivée à bon port est émouvante.

Embarquez, lisez Jeunesse, lisez Conrad, tout Conrad.

 

Mon oncle d’Amérique – Critique aisée n°205

Critique aisée n°205

Mon oncle d’Amérique
Alain Resnais – 1980
Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre

L’autre jour, sur Netflix et mon canapé, j’ai vu Mon oncle d’Amérique.

Mon oncle d’Amérique, c’est un film d’Alain Resnais de 1980. Très gros succès commercial à l’époque, célébré comme un chef d’œuvre encore aujourd’hui (par Les Inrocks, notamment), Dans les rôles principaux : Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, Pierre Arditti, Marie Dubois.

Mon oncle d’Amérique est un film didactique, choral, expérimental et ennuyeux.

Quand je suis allé sur Wikipédia pour chercher l’année de sortie, je l’ai vérifiée deux fois avant de l’accepter : 1980 ! Je lui aurais donné 15 ans de plus. Quand on dit de quelqu’un qu’on lui donnerait 15 ans de plus, cela veut dire qu’il vieillit mal. Mais ce n’est pas le cas de Mon oncle… : Mon oncle d’Amérique n’a pas mal vieilli, il était vieux au départ.

Sur un prétexte scientifique souligné par Continuer la lecture de Mon oncle d’Amérique – Critique aisée n°205

Les acteurs – Critique aisée n°204

Critique aisée n°204

Les acteurs
Bertrand Blier – 2000

Bon.
Je n’ai pas vraiment le temps de faire une de ces Critiques Aisées dont vous avez l’habitude, mais je tiens à vous dire un mot sur un film de l’année 2000 que j’ai revu sur NETFLIX le 17 mai dans la nuit, la veille de l’annonce de la mort de Michel Piccoli.

Michel Piccoli fut un grand acteur. Il a eu une très belle carrière, a tourné avec tous les bons réalisateurs, avec tous les bons  acteurs et actrices, en particulier, inoubliable avec la non oubliée Romy Schneider, et il est mort à 94 ans. Belle vie ! Bravo l’artiste ! Je n’ai pas aimé tout ce qu’il a fait, il en a fait tellement, mais resteront pour moi bien sûr les films qu’il a tourné avec Claude Sautet, un « Milou en Mai » très surprenant, un sympathique « Beaumarchais l’Insolent » et un incroyable « Les Acteurs » de Bertrand Blier.

C’est ce film dont je voulais vous parler, celui que je regardais pendant que Piccoli s’éteignait. Il est disponible sur NETFLIX et vous pouvez le revoir à loisir, le re-revoir, le découper en petits morceaux, l’examiner en détail. Le problème avec « Les Acteurs », c’est qu’il est impossible de le raconter. C’est l’univers loufoque, absurde, fantastique, ironique et drôle de Bertrand Blier, un Buffet Froid sans Continuer la lecture de Les acteurs – Critique aisée n°204

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

25/05/20

La Sentence 

Le Masque et la Plume… Vous connaissez certainement mon attachement à cette émission créée en 1955 et que j’ai écoutée quasiment sans interruption depuis. Accusée récemment de misogynie par les ayatollahs de la correctitude que sont Mediapart et Télérama, ça m’ennuie d’ajouter une pierre dans le jardin du Masque, mais quand même, je vais le faire.

Dans son émission confinée du 26 avril et consacrée à la littérature, le Masque s’est intéressé à la dernière livraison de John Grisham. Les commentaires ont été unanimes. Dans l’ordre :

Arnaud Viviant : du lourd, du précis, pas un mot de trop, passionnant, du très grand Grisham…

Olivia de Lamberterie : grandiose, j’ai adoré, très forte Continuer la lecture de RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

Le Garçon perdu – Critique aisée n° 203

Critique aisée n° 203

Le Garçon perdu
Thomas Wolfe
Éditions du Chemin de Fer

C’est un livre d’à peine 100 pages, un petit bouquin dans un petit format, joliment cartonné avec un rabat de quatrième de couverture qui peut faire marque-page. Son titre, c’est « Le Garçon perdu » et c’est de Thomas Wolfe.

Quand elle me l’a offert, cette amie m’a dit : « Tu connais Thomas Wolfe ? » Comme on pouvait s’y attendre, j’ai aussitôt confondu avec Tom Wolfe, et j’ai répondu : « Bien sûr ! Ah ! Le Bucher des Vanités ! » « Ben oui, mais non, ce n’est pas ça, c’est Thomas Wolfe, m’a-t-elle répondu. C’est gribouillé partout de dessins d’enfants et il parait que c’est drôle. Du moins, c’est ce que m’en a dit la libraire. »
Je l’ai remerciée comme il se doit et le lendemain, j’ai interrompu Continuer la lecture de Le Garçon perdu – Critique aisée n° 203

Les Particules élémentaires – Critique aisée n°202

Critique aisée n°202 18 avril

Les Particules élémentaires
Michel Houellebecque – 1998
Collection J’AI LU – 317 pages – 42,65 Francs

Avertissement : ceci n’est pas une Critique Aisée habituelle. Ce n’est pas parce que l’écrivain est d’importance : j’en ai traité d’autres. Ce n’est pas que le livre m’ait emporté spécialement : au moment où j’écris ces lignes je ne l’ai pas encore terminé. C’est moins une critique qu’un commentaire, une généralisation de l’analyse d’un morceau choisi à l’ensemble de l’œuvre, une tentative de décryptage de certaines techniques de Michel Houellebecq. Quand j’ai commencé ce papier, c’était pour le placer dans le Journal de Campagne. Mais il a pris trop d’importance pour ma rubrique champêtre. Alors, le voici déguisé en Critique Aisée n°202.

Il y a quelques jours, j’avais pris la décision d’abandonner, probablement définitivement, le Voyage au bout de la nuit au moment où, de son côté, Bardamu abandonnait son cabinet médical (voir à ce propos le numéro 24 de ce Journal de Campagne). Ceci fait, j’ai réalisé que je risquais de devenir, probablement définitivement, l’esclave docile des séries US. Alors, tel un Cicéron1 tristounet exilé en Thessalie2, j’ai regardé la bibliothèque qui fait face au bureau de ma Thébaïde3 de l’Aisne. Mon œil blasé, qui n’attendait pas grand-chose d’un examen par trop nonchalant, aperçut quand même, écrasé entre Continuer la lecture de Les Particules élémentaires – Critique aisée n°202

Ecouter Oscar Peterson (Critique aisée 46)

Suite à un cafouillage dont je me refuse à reconnaitre la responsabilité, il y a eu erreur hier soir avec la publication anticipée d’un journal de campagne qui s’est révélé anti-daté. Il y a maintenant un retard inadmissible, parce qu’inexplicable, à la parution de l’article de ce matin . Bon, ce n’est qu’une rediffusion, mais quand même ! Une enquête est en cours. 

 

Quand on n’est pas au Newport Jazz Festival, Oscar Peterson, ça s’écoute chez soi, seul, debout, les mains dans les poches, face aux deux enceintes de votre chaine stéréo.

Il faut garder cette pose pendant les cinq minutes et dix secondes que dure le morceau.

Les seuls mouvements autorisés sont une légère crispation de l’une de vos deux jambes et un hochement de tête à peine marqué. Ces deux ébauches Continuer la lecture de Ecouter Oscar Peterson (Critique aisée 46)