Archives de catégorie : Citations & Morceaux choisis

La vie secrète des bananes (2/3)

Texte : anonyme
Illustrations : Lili

De Santiago du Chili :
La rédaction du JdC demeure sans nouvelle de Santiago du Chili. Elle est donc dans l’impossibilité d’indiquer à ses lecteurs quelle y sera la pharmacie de garde dimanche prochain. Elle leur présente ses excuses et, à titre de compensation, elle leur fait savoir que c’est la pharmacie Dehandschoewercker qui sera de garde dimanche prochain à Bergen-Op-Zoom.

Lu ou entendu

Je l’ai croisé, mais de loin et de dos, c’est pour ça que je ne l’ai pas reconnu !

Il n’est pas parti juste pour partir, sinon il serait resté.

Il sortait à reculons pour faire semblant d’entrer.

La ceinture de sécurité me coupa le souffle en s’enfonçant profondément dans ma nuque.

Fait du bruit en mangeant sa soupe avec le pied de sa table.

A été surpris en ville avec son lit pas fait.

¿ TAVUSSA ? (57) : Correctitude ou correction, il va falloir choisir

Quand on écrit aujourd’hui, même si l’on n’est lu que par quelques dizaines de personnes, il faut faire très attention aux mots que l’on emploie, aux plaisanteries que l’on fait, aux anecdotes que l’on raconte, aux thèmes que l’on aborde. Sinon, le flair surdéveloppé des beagles du service de détection du politiquement incorrect a tôt fait de vous signaler, pas encore aux autorités, mais à l’attention des zélotes de la correctitude.

J’ai pu constater la précision des instruments de contrôle de la conformité à la néo-pruderie ambiante lors de la publication sur un forum d’écriture de cet article « Qui était donc ce type ? » que j’avais déjà publié ici-même. Si ça ne vous rappelle rien, vous pouvez le  relire en cliquant sur son titre ci-dessus. Mais si vous vous en souvenez, vous vous souviendrez aussi que, dans des phrases voisines, j’avais écrit en substance que Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (57) : Correctitude ou correction, il va falloir choisir

De la tranquillité de l’âme

Morceau choisi
Extrait des Dialogues de Sénèque
«  De la tranquillité de l’âme « 

SÉNÈQUE :
…Aussi faut-il nous appliquer à ne pas trouver haïssables, mais risibles, les vices des humains, et à imiter Démocrite plutôt qu’Héraclite : celui-ci ne pouvait paraître en public sans pleurer, l’autre sans rire ; l’un ne voyait que misère dans toutes les actions des hommes, l’autre que sottise. Prenons donc toutes choses légèrement et supportons-les avec bonne humeur : il est bien plus conforme à la  Continuer la lecture de De la tranquillité de l’âme

Sans nouvelles de Gurb – Critique aisée n°165

Journal des Coutheillas, numéro 2075 !
Vous êtes sûr ?
Certain ! 

Critique aisée n°165

Sans nouvelles de Gurb.
Eduardo Mendoza -1990
Roman traduit de l’espagnol par François Maspero
125 pages- 6,50 €
Disponible à la FNAC avec 5% de réduction en cas de retrait en magasin !

Eduardo Mendoza est un écrivain espagnol. Né en 1943, il est, m’as-t-on dit (en fait, on c’est Wikipédia, le viatique de l’homme cultivé), considéré comme l’écrivain le plus représentatif de sa génération. Il a remporté le prix Cervantès en 2016.

Je suis tombé par hasard sur cet étrange petit bouquin en cherchant à retrouver dans ma bibliothèque le seul roman vraiment comique de Marcel Proust, « Mon narrateur chez les riches« , qui m’avait fait tant rire quand j’étais rempailleur de chaises au Moyen Tibesti.

Le thème est le suivant : un vaisseau spatial venu d’ailleurs se pose dans la région de Barcelone. À bord, deux aliens, le commandant et son adjoint, Gurb. Il est important de savoir que ces deux-là sont des êtres incorporels. Bon. Gurb est envoyé en reconnaissance par son chef qui, après consultation du Catalogue Astral Indicatif des Formes Terrestres Assimilables, choisit pour lui la forme de Madonna. Au bout de quelques heures, Gurb n’est pas Continuer la lecture de Sans nouvelles de Gurb – Critique aisée n°165

Réseaux sociaux

Morceau choisi

 Voici les premières lignes de la préface de Bret Easton Ellis pour son dernier livre, « WHITE ». J’aurais pu les écrire.

Quelque part au cours de ces dernières années — et je ne peux pas définir quand exactement — une irritation vague, mais presque insurmontable, irrationnelle, a commencé à me démanger, peut-être une douzaine de fois par jour. Cette irritation concernait des choses apparemment mineures, vraiment, bien en dehors de mon domaine de référence, au point que j’étais surpris par le fait d’avoir à respirer à fond pour anéantir cette frustration et ce dégout entièrement provoqués par la stupidité des gens : adultes, connaissances et inconnus sur les réseaux sociaux qui toujours présentaient leurs opinions et leur jugements inconsidérés, leurs préoccupations insensées, avec la certitude inébranlable d’avoir raison. Une attitude toxique semblait émaner de chaque post ou commentaire, ou tweet, qu’elle ait été réellement présente ou pas. (…)

WHITE- Bret Easton Ellis – 2019 – Robert Laffont – 290 pages – 21,50€

JdC : n°2071