
Courtesy Lorenzo dell’Aqua

Courtesy Lorenzo dell’Aqua
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
Institut Imagine, 24 boulevard du Montparnasse, site de l’hôpital Necker-Enfants malades.
Ca fait maintenant une vingtaine de minutes que je rode auprès du bâtiment en cherchant à m’approcher de l’une de ses façades. La construction qui m’intrigue occupe une bonne longueur du côté pair du Boulevard du Montparnasse mais ne présente aucune entrée ni ouverture de ce côté. De plus, une grille empêche d’approcher la façade. Ça m’ennuie parce que j’ai repéré sur cet immeuble une chose étrange que je voudrais bien vérifier.
Cet immeuble imposant a été achevé il y a quelques mois. La longue et haute façade –peut-être huit étages- est entièrement constituée de panneaux de verre. Certains sont gris et opaques et d’autres transparents. Sans doute pour égayer ce lugubre damier, la façade ne s’inscrit pas dans un seul plan, mais dans quatre plans d’inclinaisons différentes. Au milieu de ce quartier d’immeubles haussmannien et de constructions parisiennes plus anciennes, c’est du plus bel effet. Bon, mais des immeubles officiels lourdingues avec du verre en façade pour seule originalité, on commence à en avoir l’habitude.

Je n’ai donc fait que Continuer la lecture de Imagine
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
3 aout (1940)
Je me fous de tout. Je n’ai plus de courage. De plus en plus impatient, j’attends ma mère avec les papiers nécessaires pour ma sortie du camp.
Nous devenons un peu fous. Nous interprétons tout de travers. Mes nerfs sont tendus comme une corde prête à se rompre.
J’écoute le haut-parleur qui m’appelera peut-être tout à l’heure…
Deux femmes venues d’Andilly en vélo ont accepté d’aller pour nous à Paris. Elles prendront le train, se chargeront de nos courses. Prunet, Mas, Dumousseau, Poirier et moi nous leur confions nos espoirs. Petites lettres…Elles reviendront apporter leur réponse ici dans deux ou trois jours.
Ce soir, les Ponts et Chaussées partent à leur tour, avec des faux papiers fournis par Continuer la lecture de Journal de prisonnier, dernière édition
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
« Jacques Perret était un homme contre, un homme du refus. Rien de ce qui était français ne lui était étranger. Folliculaire de la réaction, écrivain du transcourant « plume Sergent-Major », styliste hors-pair qui buvait avec soin afin d’éviter tout faux-pli dans le jugement, il eut la faiblesse de ne jamais dire non à l’aventure et au voyage. Il tenait la littérature pour un art d’agrément qui aurait pris tournure de gagne-pain. Il aimait Aymé et aussi Bloy, Blondin, Conrad, Dos Passos; il en tenait pour le duc d’Anjou et la dimension sacrificielle de la messe selon saint Pie V. J’avais été à sa rencontre à la Continuer la lecture de Le caporal épinglé
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
Voici maintenant nos prévisions pour la semaine prochaine ou presque.
Pour la région de Romorantin, le temps sera identique à ce qu’il a été le 22 février 1952 sur une zone située au nord d’une ligne allant de Dunkerque à Tamanrasset.
Pour ce qui est du reste du territoire, on notera un fort risque de calme plat, sauf pour la Corse et la Bretagne-Est qui ont obtenu une dérogation. Les températures pourraient rester de saison, ça et là, ou bien ailleurs, mais c’est pas sûr.
Compte tenu de la forte probabilité de chutes locales de popularité et d’élévations brutales à des grades supérieurs, six départements et deux arrondissements de Paris ont été mis en examen. Les départements concernés sont la Corrèze inférieure, la Corrèze maritime, et la Corrèze. Les trois autres Continuer la lecture de Le temps, demain…
A titre exceptionnel, nous interrompons ce demi-silence estival pour annoncer que le 23 juillet dernier, 1 (un) exemplaire de Les Trois Premières Fois et autres nouvelles optimistes a été vendu sur Amazon.
L’état des ventes des oeuvres de Coutheillas s’établit donc comme suit :

C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
Gore Vidal, à qui l’on demandait ce qui se serait passé si c’était Khrouchtchev et non Kennedy qui avait été assassiné en 1963, répondit:
« Avec l’Histoire, on n’est jamais sûr de rien, mais je crois que je peux dire sans risque qu’Aristote Onassis n’aurait pas épousé Madame Khrouchtchev »
Gore Vidal (1925-2012), romancier, auteur dramatique et acteur américain
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
Ça y est ! Il est mort. Depuis le temps qu’il s’y attendait, depuis le temps qu’il se le disait, ça devait bien finir (mal finir ?) comme ça ! « À force de dire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver ! » disait l’Edward Molyneux de Drôle de Drame. Eh bien, ça a fini par arriver : il est mort. Mais est-ce que c’est une chose horrible ? Trop tôt pour le dire.
Comment c’est arrivé ? Il n’en sait rien, il dormait.
D’abord, est-il vraiment mort ? Et puis, comment sait-il qu’il est mort ?
Eh bien, d’abord, ce matin, il ne ressent ni cet énorme besoin de café ni cette légère douleur à la hanche droite, ni aucune autre de ces minuscules sensations qui, d’habitude, ouvrent la journée. Ensuite, tout est noir, ou plutôt marron foncé avec par-ci, par-là des nuances de jaune, de la couleur de l’intérieur des paupières fermées quand la lumière est allumée. Enfin, il est immobile, incapable d’un geste, mais en même temps sans aucun désir de bouger. Il est mort.
Peut-être n’est-il que fatigué?
Pas au point de ne pouvoir ouvrir les yeux, quand même !
Non, il est mort, c’est sûr.
Il est mort, mais il entend. Oh, pas grand-chose, mais il entend. D’abord un souffle dont le volume enfle puis diminue à chaque seconde pour enfler à nouveau la seconde d’après, une sorte de Continuer la lecture de Il est mort !
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
« Voyez le pouvoir d’un mot! Celui qui veut convaincre ne devrait pas mettre sa confiance dans l’argument valable mais dans le mot juste, le pouvoir du SON a toujours été plus grand que celui du sens. Cela n’est pas péjoratif dans mon esprit. Il est préférable que l’humanité soit plus impressionnable que réfléchie. Rien d’humainement grand – j’entends par là affectant toute une foule d’existences- n’a été le fruit de la réflexion. En revanche, on ne peut manquer de constater le pouvoir de simples mots; des mots tels que Gloire, par exemple, ou Pitié. Je n’en citerai pas d’autres. Il ne serait pas difficile d’en trouver. Clamés avec persévérance, avec ardeur, avec conviction, ces deux-là, par leur seule sonorité, ont ébranlé des nations entières et labouré le sol sec et dur sur lequel repose tout notre ordre social. Il y a aussi le mot Vertu, si vous voulez!…
Bien sûr, il faut veiller à l’intonation. L’intonation juste. C’est très important. Le poumon puissant, les cordes vocales tonnantes ou tendres. Ne venez pas me parler de votre principe d’Archimède. C’était un être sans esprit, à l’imagination mathématique. Les mathématiques ont tout mon respect, mais je n’ai nul besoin des machines. Donnez-moi le mot juste, et je soulèverai des montagnes.«
Joseph Conrad. Souvenirs personnels.1912 Continuer la lecture de Conrad et le mot juste
C’est le programme minimum de l’été.
Alors, on rediffuse :
Il serait peut-être exagéré de vous dire que je suis un pur esprit, mais ce qui est certain, c’est que je ne suis pas un manuel. En général, mes confrontations avec la matière ne se terminent pas à mon avantage et laissent un désordre souvent remarquable dans l’espace environnant. Encore heureux quand il n’y a pas de blessé.
Il serait certainement inexact de vous dire que je méprise l’exécution des tâches matérielles, mais j’avoue que je les évite, et quand je suis contraint d’en accomplir une, je n’y prête pas vraiment attention, je l’oublie instantanément et serais bien incapable de vous la raconter.
Pourtant, puisque c’est votre question, il en est une que je pourrais vous décrire assez précisément pour l’avoir accomplie un nombre considérable de fois. C’est celle qui consiste à allumer un feu.
Avant de me lancer dans cette vaste fresque, j’ai hésité entre deux modèles : le premier était celui de la courte nouvelle de Jack London, « Construire un Feu« , qui, dans un style à la fois sobre, humoristique et tragique, expose la nécessité vitale pour le héros d’arriver à allumer un feu. Le deuxième était « L’oncle Podger accroche un tableau« , chapitre délirant du roman d’humour britannique et désuet de Jerome K.Jerome « Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien)« .
Si vous avez lus ces deux courts chefs d’œuvre, vous pourrez juger par vous-même de quel côté je suis tombé. Si vous ne les avez pas lus, tant pis pour vous.
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Quand nous arrivons de Paris dans notre maison de campagne, quand nous avons Continuer la lecture de Allumer le feu