Puisque, cette année, vous serez privés de sports d’hiver, voici un petit texte évocateur de moments privilégiés. Ça fait mal, hein ?
Perdu dans un creux de neige, isolé de tout, le départ du téléski des Merles attend au soleil. Ce n’est pas une remontée fréquentée, une qui mènerait à une piste noire, avec un restaurant d’altitude chic et cher au sommet. C’est tout juste un téléski de liaison. D’ailleurs, quand on arrive en haut du mur qui le domine, il n’y a jamais personne. On entend à peine le bruit feutré du diesel qui, à cette altitude, s’essouffle un peu par manque d’oxygène. On ne voit que la dentelle métallique du premier pylône, émergeant du blanc absolu, avec au sommet cette roue qui semble tourner pour rien. Tout le reste est immobile. La neige est sans tache, le bleu profond, le silence presque absolu. On a l’impression que c’est l’heure de la sieste. Aux petits nuages de fumée grise qui en émanent et qui flottent un instant dans l’air pur immobile, on devine que la masse sombre qui est Continuer la lecture de Post it n°11 – Le téléski des Merles
Il était à peine minuit, ce samedi soir au To Doxeio. Il faisait de plus en plus chaud dans le cabaret où les bouzoukis jouaient depuis plus d’une heure. Quatre hommes dansaient au milieu des tables en se tenant par les épaules et en regardant le sol. Petit à petit, le rythme se fit plus rapide et la musique plus forte. Quelques femmes rejoignirent les danseurs sur la piste. Une première assiette vint se briser sur le sol au milieu d’eux. Ce fut le signal et tout le monde se mit à projeter violemment à terre tout ce qui pouvait se casser : plats, carafes, assiettes, verres. La salle était maintenant remplie de cris, de fumées, de chants, d’éclats de faïence, de lourde musique, de rires, et de vapeurs de vin renversé. Au milieu de cette folie, un vieux serveur passait entre les danseurs et balayait les débris, calmement, comme