Tous les articles par Philippe

Ma nuit au Blue Lagoon

C'est le programme minimum de l'été. 

Alors, on rediffuse :

Ça doit faire maintenant plus de cent kilomètres que je suis recroquevillé comme ça à l’arrière de ce gros Toyota qui me ramène vers Iligan. J’ai froid et je commence à avoir mal à la tête. J’ai beau me couvrir le visage avec la chemise en carton de mon dossier, je n’arrive pas à me protéger du souffle glacé de l’air conditionné. Chaque cahot de la piste m’enfonce la barre centrale du siège dans les reins et me cogne le crâne contre l’accoudoir. J’ai chaud, je dois avoir quarante.

Une pluie tropicale s’abat d’un coup sur la route. Bruit énorme sur la carrosserie. Quel pays ! Mais qu’est-ce que je fiche ici ? Je suis fatigué, épuisé, excédé. De temps en temps, je me redresse sur la banquette pour regarder vers l’avant. J’espère y voir les premières lumières d’Iligan. Mais, dans les phares, il n’y a rien d’autre que le déluge et les cocotiers penchés sur la piste. J’ai chaud. Le sang bat dans mes oreilles.

Le 4×4 s’arrête brutalement dans une lumière verte. Qu’est-ce qui se passe ? Un accident? Pourquoi est-ce qu’on avance plus ? Bon sang, je n’en peux plus ! Mais le chauffeur descend de la voiture et vient m’ouvrir la portière. Il dégouline de pluie. Il me sourit.

-Hi Jo !

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Les chiens de guerre

C’est le programme minimum de l’été.

Alors, on rediffuse : 

Mars 44 avant JC.     César vient d’être assassiné.    Antoine, ami de César, est seul dans le théâtre de Pompée. Il contemple le corps de César et annonce la guerre civile.

…La malédiction va fondre sur la tête des hommes ; les fureurs intestines, la terrible guerre civile vont envahir toutes les parties de l’Italie. Le sang, la destruction seront des choses si communes, et les objets effroyables deviendront si familiers, que les mères ne feront plus que sourire à la vue de leurs enfants déchirés des mains de la guerre. Toute pitié sera étouffée par l’habitude des actions atroces ; et conduisant avec elle Até, sortie brûlante de l’enfer, l’ombre de César promènera sa vengeance, criant d’une voix puissante dans l’intérieur de nos frontières : Carnage ! Et alors seront lâchés les chiens de la guerre, jusqu’à ce qu’enfin l’odeur de cette action exécrable s’élève au-dessus de la terre avec les exhalaisons des cadavres pourris, gémissant après la sépulture.
Shakespeare (Jules César)

Jeu cinéphile

Pour vous désennuyer de la plage caniculaire et surpeuplée ou du golf miniature et anachronique, je vous propose ce petit jeu anodin et cinéphile :  deviner de quel film sont tirés les dialogues ou répliques reproduits ci dessous. 

Si vous ne trouvez pas, ou si vous voulez vérifier, ou si vous n’avez rien de mieux à faire, vous pourrez aller voir les réponses dans le commentaire publié ci-dessous sous la signature de Rodrigo Tortilla

1 — We’ll always have Paris…

2— À force de dire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver  Continuer la lecture de Jeu cinéphile →

Mythe et allégorie

C’est le programme minimum de l’été.

Alors, on rediffuse : 

Chacun sait ce que c’est qu’un mythe. Selon Wikipedia, Pic de la Mirandole virtuel, un mythe c’est …

… une construction imaginaire qui se veut explicative de phénomènes cosmiques ou sociaux et surtout fondatrice d’une pratique sociale en fonction des valeurs fondamentales d’une communauté à la recherche de sa cohésion.

Quand on prononce le mot « mythe » devant vous, vous sortez aussitôt votre Antigone, votre rocher de Sisyphe ou votre boite de Pandore. Et si par malheur un malappris vous somme de donner la signification du mythe, la plupart du temps, vous vous lancez dans une explication vaseuse et embarrassée comme quoi c’est la représentation de la révolte de la jeunesse contre l’autorité, l’illustration de la stupidité de l’existence ou l’avertissement du danger qu’il y a braver les interdits des dieux. Vous auriez pu dire tout aussi bien que Sisyphe symbolise la vanité des ambitions humaines, qu’Antigone est l’incarnation du devoir quoi qu’il en coute, et la Boite de Pandore, l’illustration du dicton selon lequel « ce que l’on ne se sait pas ne peut pas vous faire de mal ».
Vous auriez pu dire encore bien d’autres choses en somme, et avec un peu Continuer la lecture de Mythe et allégorie →

Je

C’est le programme minimum de l’été.

Alors, on rediffuse : 

Avertissement
Le titre que vous venez de lire, « Je », annonce un article auto satisfait, égocentrique, suffisant et pas nécessaire. De plus, il ne va probablement pas vous intéresser. Pourtant, je vais quand même vous dire ce que je n’aime pas, enfin pas tout, mais une partie. Si, ensuite, vous acceptez d’aller un peu plus loin dans votre lecture, je vous dirai aussi quelques unes des choses que j’aime.
Maintenant, vous êtes avertis.

Second avertissement

Ce texte a été publié pour la première fois le 31/08/2014. Vous pensez bien qu’en 11 ans, la liste des choses et des gens que je n’aime pas s’est allongée sensiblement, mais pour cette rediffusion, j’ai préféré la version première, juste pour montrer combien mes désamours étaient futiles à l’époque quand on les compare à mes détestations  d’aujourd’hui.

Donc, il y a 11 ans, je n’aimais pas :
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