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Carnet d’écriture (28) – Mon Antigone

Homéotéleute et Polyptote

Je relis cette tragédie antique en quatre ou cinq actes, Homéotéleute et Polyptote, que j’ai écrite il y a sept ans et que j’avais dédiée sans vergogne à Sophocle, Eschyle et Giraudoux, et je me demande par quelle aberration, quelle amnésie passagère ou quelle confusion mentale j’ai pu, dans ma dédicace, oublier Anouilh ? Car c’est justement de l’Antigone de Jean Anouilh que vient mon Homéotéleute et Polyptote. Comment Antigone, l’une des plus belles pièces du théâtre français du XXème siècle, Antigone qui a bouleversé deux ou trois générations d’adolescents, et qui aurait bouleversé les suivantes si seulement elles avaient su lire, comment Antigone a-t-elle pu donner naissance à une farce aussi vaine et grossière qu’Homéotéleute ? Certains diront : « C’est simple, l’Homéotéleute de Coutheillas est une parodie, non pas précisément de l’Antigone d’Anouilh mais de la Tragédie Grecque en général telle qu’elle a été écrite pendant ce prodigieux cinquième siècle avant J-C et jouée ensuite pendant tous les siècles qui ont suivi. Coutheillas en a écrit une parodie, c’est courant, ce n’est pas très difficile et parfois, c’est drôle. » Dans un essai, citer ce que diront « certains » a souvent pour objet de leur apporter la contradiction en démontrant avantageusement la stupidité de leur propos. Ce n’est pas le cas ici. C’est évident, Homéotéleute est Continuer la lecture de Carnet d’écriture (28) – Mon Antigone →

Drame ou Tragédie ?

Antigone
Tirée de la tragédie de Sophocle (5ème siècle avant J.C.), Antigone est peut-être la plus belle pièce de Jean Anouilh, probablement la plus connue.
Antigone, fille d’Œdipe, veut enterrer son frère Polynice, tué par son autre frère Etéocle. Mais Créon, oncle d’Antigone et roi de Thèbes, a interdit sous peine de mort qu’on enterre Polynice, considéré comme traitre à Thèbes. Le devoir de sœur d’Antigone s’oppose au devoir de roi de Créon. Antigone va enterrer son frère malgré l’interdiction du roi, et le roi va faire exécuter Antigone malgré l’amour de Créon pour sa nièce. Tout le monde est juste, tout le monde est droit, il n’y a pas de méchant, mais chacun va au bout de son devoir ou de son destin et tout le monde va mourir.
C’est cela une tragédie et, si ça vous rappelle Homéotéleute et Polyptote, c’est voulu (et si vous voulez relire cette incroyable tragédie cliquez ci-dessus sur son titre).
Par la voix du Chœur qui commente l’action tout au long de la pièce, Anouilh fait part de sa définition de la tragédie par opposition à celle du drame. Ecoutez :

Le Chœur
Et voilà. Maintenant, le ressort est bandé. Cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul. C’est cela qui est commode dans la tragédie. On donne Continuer la lecture de Drame ou Tragédie ? →

La tragédie d’Antigone

Le tragique originel consiste dans ceci qu’au sein de telles collisions, les deux partis opposés considérés en eux-mêmes sont tous deux légitimes bien que, d’un autre coté cependant, ils ne soient pas en état d’appréhender le contenu positif de leur but et de leur caractère particulier autrement que comme une agression ou une négation du point de vue adverse qui est pourtant tout aussi légitime que le leur, de sorte que, malgré leur moralité ou plutôt à cause d’elle, ils en viennent à tomber dans la faute.

Hegel