Homéotéleute et Polyptote
Je relis cette tragédie antique en quatre ou cinq actes, Homéotéleute et Polyptote, que j’ai écrite il y a sept ans et que j’avais dédiée sans vergogne à Sophocle, Eschyle et Giraudoux, et je me demande par quelle aberration, quelle amnésie passagère ou quelle confusion mentale j’ai pu, dans ma dédicace, oublier Anouilh ? Car c’est justement de l’Antigone de Jean Anouilh que vient mon Homéotéleute et Polyptote. Comment Antigone, l’une des plus belles pièces du théâtre français du XXème siècle, Antigone qui a bouleversé deux ou trois générations d’adolescents, et qui aurait bouleversé les suivantes si seulement elles avaient su lire, comment Antigone a-t-elle pu donner naissance à une farce aussi vaine et grossière qu’Homéotéleute ? Certains diront : « C’est simple, l’Homéotéleute de Coutheillas est une parodie, non pas précisément de l’Antigone d’Anouilh mais de la Tragédie Grecque en général telle qu’elle a été écrite pendant ce prodigieux cinquième siècle avant J-C et jouée ensuite pendant tous les siècles qui ont suivi. Coutheillas en a écrit une parodie, c’est courant, ce n’est pas très difficile et parfois, c’est drôle. » Dans un essai, citer ce que diront « certains » a souvent pour objet de leur apporter la contradiction en démontrant avantageusement la stupidité de leur propos. Ce n’est pas le cas ici. C’est évident, Homéotéleute est une parodie de la Tragédie Grecque. Mais si je dis qu’Homéotéleute a pour maman la fille d’Œdipe, c’est parce que c’est elle, l’Antigone d’Anouilh, qui m’a fait découvrir la Tragédie Grecque, puis la mythologie grecque, puis tout ce qui s’en est inspiré par la suite comme contes, romans, poèmes, tragédies, comédies, pastiches et parodies. Tout ça à partir d’une petite jeune fille de seize ou dix-sept ans qui dit s’obstine à dire non.
Dans la Tragédie Grecque, il y a la forme et le fond(…)
A SUIVRE…