Ne jamais dire fontaine

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FONTAINE DE JOUVENCE

La fontaine Carpeaux…
C’est ici que je veux mourir,
Sur un banc raide et vert, le dos au soleil, les pieds à l’ombre,
Entre le bruit de l’eau et celui de l’autobus 38.
Il sera presque midi, il fera frais, il fera beau,
De petites bourrasques apporteront des poussières de conversation.
J’aurai les yeux fixés sur le corps vert de l’Europe.
Ce sera l’heure où seuls le sein droit et l’arrondi de la hanche seront éclairés par le soleil.
Trois étrangers passeront lentement, regardant les corps luisants des hippocampes.
Ce sera l’heure où les enfants de la rue d’Assas traversent le square en traînant des pieds pour faire lever la poussière.
Le plus brave, monté sur la margelle, fera l’avion qui décolle en écartant les bras.
Je m’allongerai sur le banc raide et vert et fermerai les yeux.

2 réflexions sur « Ne jamais dire fontaine »

  1. J’ai écrit ce petit texte il y a déjà longtemps, peut-être une dizaine d’années, un jour de calme mélancolie, de douce sérénité. Et puis je l’ai oublié. La semaine dernière, passant par ce square dit « des Grands explorateurs « , l’occasion était trop belle de faire une courte vidéo de cette fontaine Carpeaux que je préfère à toute autre à Paris, même à celle de la place Saint Sulpice. J’ai braqué mon iPhone et j’ai attendu que passent des sportifs et qu’ils dégagent mon champ. C’est alors que ces deux enfants y sont entrés, merveille de spontanéité, la petite fille, curieuse, suivant le petit garçon, aventureux. Et c’est quand il a grimpé sur la margelle que je me suis dit qu’il allait faire l’avion. Mon texte m’est revenu et je me suis dit que ça allait être le moment. Mais non, pas cette fois-ci, car la maman est arrivée, s’opposant au décollage.
    Sauvé !

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