Par Lorenzo dell’Acqua
« Le 51 ème pastiche de Lorenzo, ça s’arrose »
Il s’agit de la même scène mais vécue par Lorenzo, l’artiste et le poète si cher à NRCB.
Longtemps je me suis levé de bonne heure et ça continue et c’est très pénible à mon âge parce que ça augmente la durée de mes journées que je dois occuper avec des activités le moins futiles possible ce qui n’est pas chose facile même pour un génie multicarte comme ma tendre maman m’appelait quand j’étais encore ce charmant bambin de cinq kilos à la naissance qui en pesa d’autant plus par la suite selon une courbe asymptomatique établie jadis par un célèbre pédiatre tombé dans l’oubli ce qui n’était pas sans poser de graves soucis vestimentaires à ma génitrice dans les robes de laquelle je séjournais la plupart du temps perdu.
C’est pas mal mais c’est un peu court, jeune homme ….
Longtemps je me suis levé de bonheur quand j’étais enfant, émerveillé par la nouvelle journée qui s’ouvrait sur les bras affectueux de ma mère et sur les rayons d’un soleil éclatant faisant miroiter l’onde pure de la mer dans cette charmante maison de famille qu’un jour, hélas, pour des raisons qu’il serait fastidieux de détailler, nous fûmes contraints de quitter avec toute la tristesse, les regrets et les remords de ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour que cette issue fatale soit épargnée à ma maman, mon papa, mon petit frère, ma tante Tata, mon oncle Pamond, mes deux cousins germains, mes enfants, ceux de mes cousins, tous nos amis de passage qui en profitaient bien au moment de la saison chaude certes limitée en durée sur la côte atlantique, et aussi à l’adolescent passionné de courses de voitures miniatures que je poussais d’une pichenette de l’index sur le petit mur de la plage, une construction en béton à hauteur de la ceinture ce qui lui conférait une fonction idéale d’autodrome pour les bolides que notre ami Jean-Louis repeignait pendant le mois de juillet aux mêmes couleurs rutilantes que ceux des 24 heures du Mans ayant eu lieu en juin de la même année, et plus tard à l’adulte responsable que d’aucuns ont bien connu dans l’exercice de sa profession enviée de tous que les contraintes morales et les conséquences judiciaires rendaient non seulement difficile mais aussi stressante car le pauvre médecin était toujours seul à devoir prendre les décisions irrémédiables qui concernaient la santé d’autrui vis à vis duquel et de laquelle il eut toujours le plus profond respect allant même jusqu’à s’excuser auprès de leurs familles quand il ne parvenait pas à la et le sauver des griffes de tous ces maux ayant envahi à partir des années deux mille le quotidien de la majorité des habitants de notre beau pays au passé si glorieux et si méritant qui ne leur laissait plus aujourd’hui en héritage que le goût amer du temps perdu.
C’est mieux, mais c’est un peu lourd …
Longtemps je me suis lavé de bonne heure même quand, jeune adolescent qui avait bien du mal à émerger de ses nuits délicieuses emplies d’exploits amoureux plus extraordinaires les uns que les autres, je devais en toute hâte me livrer à des ablutions rigoureuses bien que superficielles avant de me rendre par des petits matins glaciaux à travers les ruelles sombres et désertes d’un quartier populaire de Paris où je demeurais avec mon père, ma mère, la gouvernante, la cuisinière, le majordome, le chauffeur et mon petit frère, dans un misérable cinq cents mètres carré dont les fenêtres à meneaux donnaient sur le cimetière du Montparnasse où j’espérais pouvoir reposer un jour mais le plus tard possible pour ne pas faire de la peine à celle qui me câlinait comme son gros chien-chien (c’est ainsi qu’elle avait surnommé son aîné ce qui n’est pas sans rapport avec ma détestation définitive de la race canine, mais c’est une autre histoire que je narrerai plus tard si NRCB m’y autorise, ce qui n’est pas gagné) dès que je rentrais chez nous à la nuit tombante et à pied pour économiser les tickets de bus après mes dures journées de labeur et de son argent dans un lycée élitiste où j’eus l’honneur de côtoyer NRCB sans le savoir et où je fis l’apprentissage de ma vie future au cours de laquelle il ne devait jamais y avoir de temps perdu.
C’est plus léger, mais c’est pas à moi de juger
Après cette brève introduction dont je laisse le choix au libre arbitre de NRCB, venons-en aux faits : pourquoi le photographe Lorenzo avait-il rendez-vous avec l’inspecteur Bruno Body sur la Place de la Contrescarpe en ce matin de décembre peu après son réveil qui lui rappelait des souvenirs mitigés sur ses jeunes années ? C’est ce que vous apprendrez en lisant (peut-être) le chapitre 4 à paraître prochainement dans les pages du JdC si NRCB ne s’y oppose pas.