Archives par mot-clé : Lorenzo

Ecrire ? Oui, mais quoi ?

On peut très bien vivre de sa plume ; ça dépend où on la met
Joséphine Baker

Si vous n’avez pas mal quelque part, inutile d’écrire
Paul Morand

L’Histoire est une suite de mensonges sur lesquels les hommes se sont mis d’accord
Napoléon

Si les gens heureux, comme on le prétend, n’ont pas d’histoire, ils feraient mieux de ne pas nous la raconter
Paul-Jean Toulet

(aphorismes extraits de la collection personnelle de Lorenzo dell’Acqua)

 

Les missions de Lorenzo (4)

Mardi 7 janvier : 11 km.

Ça avait pourtant bien commencé …

Sous un ciel couvert, je pars sans grande conviction voir dans la Chapelle de la Salpêtrière l’exposition de sculptures de Daniel Hourdé, ce gentil monsieur qui nous avait invités à dîner chez lui dans une véritable caverne d’Ali Baba. Pas de chance. L’exposition doit être terminée depuis longtemps mais la chapelle est superbe et je crois bien que je ne la connaissais pas. J’ai le vague souvenir pourtant d’y être venu voir une exposition mais de quoi et de qui ? Elle m’avait semblé petite ce qui n’est pas le cas. Vide comme aujourd’hui, elle est impressionnante. Il est interdit de photographier à l’intérieur.

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Young Gotlib

Mes révélations
par Lorenzo dell’Acqua

 Mon père a passé sa vie à lire, du matin au soir et aussi la nuit, en écoutant de la musique classique. Il a acquis une culture, des connaissances, des richesses considérables dont il ne nous a jamais parlé. Il nous est devenu insupportable au fil du temps de ne pas en bénéficier, nous ses enfants alors qu’il en faisait profiter de nombreux visiteurs. Il était très apprécié par eux et leur donnait même des conseils professionnels fort prisés. Certains affirment avoir beaucoup appris en sa compagnie comme Lyonel. Mais à nous, il ne transmit rien et il ne parla jamais de ses lectures, de ses goûts, de son passé. Et c’est aujourd’hui ce qui nous manque le plus … Qui était l’enfant Jean Mallet né dans la France rurale au début du XX ème siècle ?

Il a donc fallu nous faire notre culture, sans conseil, ni aide, ni encouragement. Et moi, j’ai dû la grappiller à droite et à gauche au gré de mes lectures imposées et de mes découvertes solitaires.

Je me souviens que mon amour de la littérature manqua de précocité et de spontanéité : mes débuts furent même laborieux … Les compositions de français à l’école ne me réussissaient pas et je n’avais pas envie de lire à la maison. Dans un premier temps, par chance, je bénéficiai de l’émergence de la bande dessinée qui au début des années soixante, grâce à Tintin et Pilote, envahit ma vie. Et bien avant que je ne découvre mes auteurs favoris, je tombais sous le charme de Gotlib, de Goscinny et d’Hergé.

Tintin m’a fait aimer l’Histoire et donné le goût des voyages, le Petit Nicolas m’a rappelé le monde naïf et sincère de l’enfance, la Rubrique à Brac était l’univers drôle, poétique et sérieux où je voulais vivre. J’avais religieusement conservée cette bande dessinée de Gotlib que je retrouve aujourd’hui sans l’avoir jamais oubliée. Tout y est : la poésie de l’enfance et le temps qui passe ;  rien à ajouter. C’est Alain-Fournier avec le sourire.

« Les adultes demeurent toujours des enfants, ce ne sont que leurs jouets qui changent »
Lorenzo dell’Acqua

Bientôt publié
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