5 réflexions sur « Folies Bergère 1880 »

  1. Bravo, Rebecca. Merveilleuse confiance d’une femme envers son héros de mari! Merveilleuse histoire! Merci.

  2. Si la composition pêche en effet un peu, notamment avec ce reflet déplacé, il s’en dégage néanmoins une grande force, grâce au regard mélancolique de la serveuse.
    J’ai une savoureuse anecdote au sujet des Folies:
    Le père de mon ex-mari, juif traditionaliste (un peu moins sévère que les orthodoxes, mais guère), avait fait le débarquement en ’44 et participé à la,libération de Paris. Il avait tenu un journal pour, à son retour, montrer à sa famille ce qui s’était passé pendant la guerre. A son retour, il l’avait fait lire à son épouse.
    Lors d’une visite dans Paris, ma belle-mère avait demandé à voir tous les lieux cités par son mari (entre temps décédé). A la fin de la journée, elle me dit: « Il n’en reste plus qu’un: les Folies Bergère, un genre de cabaret où mon mari passait ses soirées avec ses camarades. Allons y prendre un verre ».
    Je tentai de lui expliquer que ce n’est pas ouvert l’après-midi juste pour un verre en terrasse, que c’est un établissement d’un genre qui ne lui conviendrait pas etc. Je cherchai à tourner autour du pot, sans dévoiler le type de spectacle donné. Elle insistait tant que finalement, passant devant un kiosque à journaux qui vendait des cartes postales, j’en trouvai une des Folies, avec une rangée de filles aux seins nus, et lui dit « Esther, les Folies, c’est ça! »
    Elle a eu un regard horrifié et a eu un mot sublime. Pas une seconde elle n’a douté de son mari. Sotto voce, elle dit: « Eh bien, ça a beaucoup changé depuis la guerre! »

  3. Merci Paddy pour le singulier de Bergère. J’aurais dû le savoir car pendant deux ans, mon bureau était à deux pas des Folies, fermées à cette époque. Correction faite.

  4. Ce tableau d’un bar aux Folies Bergère en 1880 est magnifique. L’expression de la barmaid est tout un roman à elle seule. Mais sa composition est perturbante, ou plutôt, son organisation dans l’espace est difficile à appréhender.
    En vision directe par l’oeil du peintre :
    Au premier plan, une table de marbre portant diverses bouteilles à gauche et à droite et une corbeille de fruits en cristal
    Au deuxième plan, au centre et de face, la barmaid , les mains appuyées sur la table de marbre.
    En reflet dans un grand miroir dont on aperçoit le cadre qui doit se trouver juste derrioère la barmaid :
    Au troisième plan, à gauche, le reflet de la partie gauche de la table avec ses bouteilles.
    Au troisième plan, à droite, le reflet du dos de la barmaid et celui du visage et du haut du corps d’un homme à moustache et barbichette qui fait face à la barmaid.
    Au quatrième plan, plus lointain, le reflet du garde corps ou balcon d’une sorte de galerie dans laquelle se trouvent un grand nombre d’hommes et de femmes, debout ou accoudés au balcon.
    On imagine que ce balcon a une forme de fer à cheval, comme c’est souvent le cas dans les théâtres, et que le spectacle se passe au niveau inférieur (l’orchestre ?) dans le creux de ce fer à cheval. Pourtant l’autre partie du balcon, celle qui doit passer juste derrière le moustachu n’est pas représentée. Bizarre !
    Bizarre également la position du reflet de la barmaid, trop à droite.
    On me dira bien sûr que ce qui est important, c’est l’animation de la salle, les tenues des spectateurs, les bouteilles de champagne et de bière et surtout le regard résigné ou fatigué de la barmaid, éléments à partir desquels on peut tout imaginer.
    Mais quand même, c’est bizarre.

  5. Les Folies Bergère, même représentées par Édouard Manet, ne portaient pas de S à Bergère tout simplement parce que ces Folies se trouvaient rue Bergère (un inconnu dont je ne connaît pas l’origine, sûrement un singulier personage).

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