Voyage au bout de la nuit américaine
Drôle de réveil ce matin.
Une victoire annoncée, de justesse mais certaine, qui se transforme en une défaite cuisante et incontestable…
Malgré les magnifiques discours de Barack, Michelle, Bill…
Malgré la mobilisation de Broadway, d’Hollywood et de la plus grande partie de la presse…
Malgré la vulgarité, le mépris, l’ignorance, l’agressivité, les incohérences, les mensonges du candidat vainqueur…
Malgré les sondages, malgré les vœux de la plupart des autres pays…
Malgré, malgré, malgré…
Tout ça doit bien vouloir dire quelque chose. Mais quoi ?
Montée mondiale du populisme ? Sans doute, mais c’est plus compliqué que ça, comme disent les gens qui veulent faire les malins.
Nous aurons dans les heures qui viennent trente six mille analyses savantes qui nous expliqueront pourquoi il était prévisible que personne n’ait rien prévu.
A ces analyses, je n’ajouterai pas la mienne, du moins pas tout de suite.
Ce matin, je dirai seulement que j’espère que les USA n’entrent pas dans une nuit américaine de quatre années.
J’ajouterai que, après cette élection triomphale d’un candidat que nous prenions pour un clown, après le vote du Brexit mené par un autre clown, nous pour qui les élections approchent, nous devons nous méfier des sondages, et ne rien décider en fonction de ces âneries scientifiques.
Je termine en souhaitant bon courage et bonne chance à mes amis américains.
Résultat de l’inculture et désespoir …???
Je crois te l’avoir dit déjà au moins une fois : je ne comprends pas qu’avec une telle plume, un tel engagement intellectuel et un tel lyrisme dans le désir de convaincre, pour pouvoir tout à ton aise vilipender les laquais du capitalisme mondialisateur, les ventriloques de Dieu et autres marionnettes fantoches de la soi-disant civilisation colonialiste occidentale, pour pouvoir librement secouer la table ou la faire rase avant d’y dresser un meilleur couvert, tu n’aies pas encore créé ton propre journal.
Ceci dit, et même s’il faut y trouver parfois quelques adjectifs désagréables, tes critiques à l’humilité proclamée restent ici les bienvenues.
Nos échanges m’auront appris au moins deux choses :
-qu’ils sont totalement impuissants à modifier ou même seulement influencer les positions politiques ou morales acquises
-qu’il est toujours midi quelque part, que chacun le voit à sa porte et que c’est une question de fuseau horaire. (Pour être exact, ça, je le savais déjà)
Bon! Comme d’habitude, nous ne percevons pas du tout les mêmes choses de la même façon et nos explications divergent pour ne pas dire s’entrecroisent et s’opposent radicalement!
Mes propos n’étaient pas personnels pour une fois! Quand je m’adresse à toi, je le dis! Quand je parle des Français en général, je fais un amalgame qui ne t’exclue pas mais admet d’amples différences au sein de cette population.
Je me souviens qu’au tout début de ta vingtaine tu as fait un tour assez ample des USA en voiture achetée et revendue sur place! Je parlais donc des Français en général, ceux qui aiment bien les États-Unis et ne parlent (dans le monde des universitaires) que du MIT, Harvard, Yale, Berkeley, Stanford… et c’est à peu près tout, Columbia de New York City est parfois évoquée mais c’est à peu près tout.
Les « tours operators » pour touristes français prévoient New York, parfois Miami mais surtout la Californie avec Hollywood à Los Angeles, et San Francisco… quelques détours par le Grand Canyon et Las Vegas! C’est à peu près tout!
Puisque tu me demandes d’énoncer les endroits où j’ai vécu dans l’Amérique profonde, évidemment je pense à mes deux années à Iowa-City, ville universitaire perdue dans les champs de maïs et les élevages de porcs. L’iowa est un état clef sur le plan politique interne puisque toutes les campagnes présidentielles y débutent et les orientent quelque peu.
Ayant appartenu à l’International Communication Association et à l’International Mass Communication Research (qui sont majoritairement américaines) leurs congrès se sont déroulés en de nombreuses grandes villes américaines: Philadelphie, Washington DC, Chicago, San Francisco, San Diego mais aussi Seattle, East Lansing, Michigan (où je suis souvent allé consulter des ouvrages et des collègues) Duke University en Caroline du Nord. Evidemment les Universités de Floride du Sud à Miami.
J’ai aussi de la ‘belle famille’ en Floride, dans le Nord Dakota, à Détroit (Michigan)… J’ai fréquemment visité Thayer qui déménage souvent. Il est en Caroline du Nord en ce moment (Charlotte) mais il est passé par le Vermont et d,autres États de la Nouvelle Angleterre.
Je vais souvent à Burlington et Boston où j’ai rencontré Robert Reich (avant qu’il devienne secrétaire d’État au travail du Président Clinton) et des stations balnéaires autour du Cape Cod. Sur le plan politique j,ai assisté à des rallies d’Howard Dean et de Bernie Sanders dans le Vermont… enfin je pourrais écrire des tartines sur mes contacts dans ce pays où mes articles ont été publiés dans des revues ‘scientifiques.’
IL est évident que depuis mon quart de siècle français j’ai vécu un demi siècle et je ne me suis pas contenté du Canada où j’ai fait des recherches de Saint-Jean Terre Neuve à l’Ile de Vancouver en Colombie Britannique… Dans ce demi siècle, j’ai travaillé pour des universités canadiennes et américaines… j’ai dû souvent mettre en question le contenu de ma Carte Écran Radar pour survivre décemment!
Même s’il est difficile de ne pas me réduire à mes débuts français… j’ai fait des choses et vue d’autres paysages depuis 1967.
C’est tout simplement effrayant de se dire qu’il y a dans ce pays suffisamment de gens mal informés et peu regardants pour arriver à mettre au pouvoir un raciste xénophobe misogyne anti-gay protectionniste pourri de fric aux 3500 procès!
Personnellement, je n’ai pas seulement peur de l’avenir incertain qui nous est réservé; j’ai honte de mon pays.
Par le passé, j’ai eu ma dose de pays étrangers, et j’en ai parlé dans mes petites histoires déjà publiées ici. Cependant, tous ces voyages n’ont pas révélé en moi de vocation d’explorateur, encore moins d’ethnologue, de missionnaire, d’anthropologue, de sociologue ou de psychologue. Je ne suis donc pas certain de faire partie des Français qui voudrait mieux connaître les Etats Unis. Je suis plutôt casanier, je n’ai pas la vie devant moi et je me contente d’aller là où je me sens bien. Paris, New-York, Rome, San Francisco… Je réserve la visite d’Anaheim, de Huma et la banlieue de Detroit pour une autre vie.
Merci quand même pour la leçon. Je tacherai de m’en souvenir pour la prochaine fois. Pourrais-tu me donner quelques idées sur des sentiers non battus que tu aurais parcourus aux USA ?
Que tu mettes dans le même panier les clowns de droite et de gauche, c’est ton droit. Que je fasse la distinction entre la gauche et l’extrême gauche ou entre la droite et l’extrême droite, c’est le mien. Et quand je parle du clown qui vient d’être élu, je te rappelle que toutes ses déclarations populistes le classent à l’extrême droite. Et celui-là se moque bien de « l’iniquité scandaleuse et croissante … ».
Mais en faire l’amalgame avec les clowns terroristes en affirmant qu’ils auraient tous le même diagnostic est une erreur, peut-être due à l’éloignement. Les études menées de ce côté-ci où les bombes explosent montrent qu’il s’agit bien plus souvent d’idéalistes ou d’anarchistes que de victimes de la société inégalitaire (ou inéquitable ?)
Le diagnostic sur lequel se fondent les ‘clowns’ de gauche et de droite comme ceux des terroristes islamiques sont pratiquement les mêmes partout: ‘inéquité’ (le mot n’existe même pas d’où l’impossibilité de voir le problème) scandaleuse et croissante dans la répartition des retombées positives et négatives de la globalisation. Elle engendre, au sein de la grande majorité de la population mondiale, une sensation d’inutilité aussi absolue qu’insoutenable!
P. S. Si les Français, dans leurs pérégrinations outre Atlantique, voulaient mieux connaître les États-Unis, il serait bon qu’ils sortent un peu des sentiers battus: Boston, New York, Los Angeles, San Francisco! Mais, hélas, lorsqu’on voyage, on a d’yeux que pour ce que l’on a déjà derrière la tête!