{"id":9525,"date":"2017-11-17T08:47:42","date_gmt":"2017-11-17T06:47:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9525"},"modified":"2020-12-05T08:26:45","modified_gmt":"2020-12-05T07:26:45","slug":"les-nouvelles-aventures-de-william-shakespeare-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9525","title":{"rendered":"Les nouvelles aventures de William Shakespeare (8)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-9575\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/220px-Shakespeare_Droeshout_1623-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/220px-Shakespeare_Droeshout_1623-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/220px-Shakespeare_Droeshout_1623.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/>La date exacte de la rencontre entre Walrus Carpenter et William Shakespeare reste impr\u00e9cise. Selon le professeur Adderley Sleepsmouth, elle se situe \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1599, probablement entre la Toussaint et la Saint-Damase. Ce dont ce bon vieil Adderley est certain, c&rsquo;est que c&rsquo;\u00e9tait un mercredi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette \u00e9poque, Shakespeare \u00e9tait en panne d&rsquo;inspiration. Deux ans auparavant, il avait \u00e9crit dans la foul\u00e9e <em>Richard II<\/em> et <em>Richard III<\/em>. L&rsquo;histoire d&rsquo;Angleterre ne lui fournissant plus de Richard, il d\u00e9cida d&rsquo;entreprendre une nouvelle saga sur les Henri. En moins de soixante-douze semaines, il \u00e9crivit et produisit sur sc\u00e8ne <em>Henri IV, Henri V<\/em> et <em>Henri VI<\/em>. Mais les Henri commen\u00e7aient \u00e0 lasser le public et l&rsquo;audience de la s\u00e9rie diminuait d&rsquo;un \u00e9pisode \u00e0 l&rsquo;autre. Et puis William lui-m\u00eame en avait assez de ces h\u00e9ros r\u00e9currents : apr\u00e8s Henri VI viendrait forc\u00e9ment Henri VII, puis Henri VIII et pourquoi pas Henri IX pendant qu&rsquo;on y \u00e9tait ? Il se r\u00e9solut donc \u00e0 abandonner les Henri. Et c&rsquo;est pour cette raison que, depuis au moins une semaine et demie, il n&rsquo;avait rien \u00e9crit de valable, si ce n&rsquo;est deux alexandrins \u2014et en fran\u00e7ais s&rsquo;il vous plait \u2014 dont on sait ce qu&rsquo;il advint (<em>voir<\/em> l<a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9051\">es Nouvelles Aventures de W.S. n\u00b04<\/a>). Bref, William n&rsquo;\u00e9crivait plus. Le Cygne de Stratford-Upon-Avon rongeait sa plume de d\u00e9sespoir et ne buvait pratiquement plus que du th\u00e9 ti\u00e8de \u00e0 peine infus\u00e9. Il ne se nourrissait que de fameuses grouses aux petits pois et ce n&rsquo;\u00e9tait que d&rsquo;une main molle qu&rsquo;il continuait \u00e0 lutiner Emma (<em>Emma Gussip \u2013 1561-1643<\/em>), la servante de l&rsquo;auberge du Cygne et de la Chemin\u00e9e (voir la note n\u00b01 des <a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9044\">N.A.W.S. n\u00b02<\/a>). Bref, il d\u00e9p\u00e9rissait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Walrus Carpenter, lui, \u00e9tait en pleine forme. Tout lui r\u00e9ussissait. Sa jeune \u00e9pouse <!--more-->\u00e9tait enceinte pour la neuvi\u00e8me fois, ses quatre enfants \u00e9taient mignons tout plein et son commerce de ceintures de flanelle \u00e9tait florissant. Il envisageait m\u00eame de cr\u00e9er un deuxi\u00e8me magasin sur la rive gauche de la Tamise, car il \u00e9tait persuad\u00e9 que cette partie de la ville \u00e9tait l&rsquo;avenir de Londres et de la ceinture de flanelle. Et donc, en cette fin d&rsquo;ann\u00e9e 1599, apr\u00e8s avoir sillonn\u00e9 toute la matin\u00e9e les rues de ce c\u00f4t\u00e9 du fleuve \u00e0 la recherche d&rsquo;un fonds de commerce \u00e0 vendre, Walrus Carpenter entra \u00e0 l&rsquo;auberge du Cygne et de la Chemin\u00e9e pour se restaurer et se reposer un peu. Il fut accueilli par l&rsquo;aubergiste, Audrey \u00ab\u00a0Baldie\u00a0\u00bb Fitzgarlic, (voir la note n\u00b01 des <a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9044\">N.A.W.S. n\u00b02<\/a>) qui, faute de table libre, le pla\u00e7a \u00e0 celle que Shakespeare occupait sans discontinuer depuis trois jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, Carpenter ignorait qu&rsquo;on l&rsquo;installait devant celui qui allait devenir le plus grand auteur dramatique de tous les temps, d\u00e9j\u00e0 signataire de huit trag\u00e9dies, trois com\u00e9dies et d&rsquo;un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de sonnets. De la m\u00eame mani\u00e8re, Shakespeare ne savait pas que le bonhomme rutilant qui s&rsquo;asseyait en face de lui s&rsquo;appelait Walrus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dialogue qui suit a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 par Emma Gussip (\u00ab\u00a0<em>From the mop to the top and how I did it\u00a0\u00bb-1638<\/em> ) qui, tout en essuyant la table voisine pendant une heure et quart, ne perdit pas un mot de l&rsquo;\u00e9change entre les deux hommes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">WALRUS CARPENTER : Bonjour, \u00e7a ne vous ennuie pas que je partage votre table ?<br \/>\nWILLIAM SHAKESPEARE\u00a0:\u00a0 \u00a0\u2026<br \/>\nWC : Fait beau, non ?<br \/>\nWS :\u00a0 \u00a0\u2026<br \/>\nWC : Je m&rsquo;appelle Walrus Carpenter, je suis commer\u00e7ant et je me porte bien.<br \/>\nWS :\u00a0 \u00a0\u2026<br \/>\nWC : Puis-je vous demander pourquoi vous grignotez cette plume d&rsquo;oie, alors que vous n&rsquo;avez m\u00eame pas fini votre fameuse grouse aux petit pois ?<br \/>\nWS :\u00a0 \u00a0\u2026<br \/>\nWC : Et puis, vous allez vous esquinter la sant\u00e9 \u00e0 m\u00e2cher cette feuille de papier couverte de ratures<br \/>\nWS : Sois attentif \u00e0 ma pri\u00e8re, \u00d4 marchand, et demeure muet comme la carpe de V\u00e9rone et discret comme l&rsquo;\u00e9cureuil de Lancaster.<br \/>\nWC : Moi, ce que j&rsquo;en dit, hein, c&rsquo;est pour vous. Dites-moi, vous n&rsquo;avez pas mal au dos ? Non, parce qu&rsquo;on dirait que vous avez mal au dos. Parce que si vous avez mal au dos, rien ne vaut une bonne ceinture de flanelle, et justement\u2026<br \/>\nWS : Du diable, Shylock de banlieue ! Laisse mon esprit paresseux retrouver le chemin escarp\u00e9 du lit de Melpom\u00e8ne. N&rsquo;aurais-tu point compris ma requ\u00eate premi\u00e8re ? Ta m\u00e8re serait-elle donc d&rsquo;Ecosse, pour ne t&rsquo;avoir donn\u00e9, dans son avarice h\u00e9r\u00e9ditaire et nationale, que si peu de cerveau ? Ou, tel l&rsquo;illustre Grec qui chanta le malheur de la grande cit\u00e9 de Troade, tes yeux ne verraient-ils ni la lumi\u00e8re d&rsquo;Helios ni l&rsquo;\u00e9vidence de ma r\u00e9flexion ?<br \/>\nWC : Oh, mais, pas la peine de r\u00e9fl\u00e9chir ! Il vous en faut une, de ceinture ! Absolument ! Et justement, il se trouve que\u2026<br \/>\nWS : Ah, voici mon poignard qui s&rsquo;agite ! Il demande \u00e0 changer de fourreau ! Ton ventre de moine de Venise sera-t-il celui-l\u00e0 ?<br \/>\nWC : Bon, bon, ce n&rsquo;est pas la peine de s&rsquo;\u00e9nerver. Je ne dis plus rien !<br \/>\nWS : Enfin ! Voici l&rsquo;hiver de mon m\u00e9contentement<br \/>\nWC : Pardon ?<br \/>\nWS : Je dis : voici l&rsquo;hiver de mon m\u00e9contentement.<br \/>\nWC : \u2026?<br \/>\nWS : Quoi ? L&rsquo;hiver de mon m\u00e9contentement \u2026 c&rsquo;est clair, non ?<br \/>\nWC : \u2026<br \/>\nWS : L&rsquo;hiver\u2026 la fin. Mon m\u00e9contentement\u2026 l&rsquo;ennui caus\u00e9 par votre conversation. L&rsquo;hiver de mon m\u00e9contentement\u2026la fin de vos ennuyeuses interventions, le retour au calme et \u00e0 la r\u00e9flexion. Enfin c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, non ?<br \/>\nWC : Quand m\u00eame, vous parlez d&rsquo;une dr\u00f4le de fa\u00e7on. Qu&rsquo;est-ce que vous faites dans la vie ?<br \/>\nWS : Je fais vivre des rois, des reines, des idiots, des courtisans, des princes, des jeunes filles, des \u00e9pouses, des malins, des bouffons, des veuves, des vieillards, des soldats, des serviteurs, des g\u00e9n\u00e9raux, des amants, des fous, des philosophes, des hommes, des femmes, des sorci\u00e8res, des f\u00e9es aussi parfois\u2026<br \/>\nWC : Vous faites vivre tout \u00e7a ? Mais comment ?<br \/>\nWS : J&rsquo;expose leur \u00e2me, je montre leurs passions, leurs d\u00e9sirs, l&rsquo;envie, la peur, la grandeur, la vanit\u00e9, l&rsquo;orgueil, l&rsquo;amour, la jalousie, l&rsquo;amiti\u00e9, la faiblesse, la trahison, la vengeance, la mort\u2026<br \/>\nWC : D&rsquo;accord, mais comment ?<br \/>\nWS : Par des mots : j&rsquo;\u00e9cris.<br \/>\nWC : Vous \u00e9crivez ?<br \/>\nWS : Des trag\u00e9dies, des com\u00e9dies, des fantaisies, des sonnets puisqu&rsquo;il faut tout vous dire.<br \/>\nWC : Et \u00e7a paie ?<br \/>\nWS : Pas plus que je ne voudrais, mais pas moins qu\u2019il ne faut<br \/>\nWC : Seulement ? Parce que, dans la ceinture de flanelle \u2026Bon, mais \u00e0 part \u00e7a, vous avez un vrai m\u00e9tier ?<br \/>\nWS : Ah ! Je le sens, voil\u00e0 mon poignard qui s&rsquo;agite \u00e0 nouveau ! Il tremble dans son \u00e9tui, le bougre ! Il brule de voir le jour. Le laisserai-je sortir couper quelque oreille ?<br \/>\nWC : Bon, bon, pas la peine de s&rsquo;\u00e9nerver. Faut dire ! Boire du th\u00e9 clair \u00e0 cette heure ! Pas \u00e9tonnant que vous soyez de mauvaise humeur. Allez ami, buvons ensemble, c&rsquo;est moi qui r\u00e9gale ! Toi, la servante, apporte-nous un pichet de vin d&rsquo;Anjou, du meilleur !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La post\u00e9rit\u00e9 a perdu quelques instants du dialogue, le temps pour Emma Gussip d&rsquo;aller tirer le vin dans l&rsquo;arri\u00e8re-boutique. Quand elle pose le pichet sur la table, c&rsquo;est Shakespeare qui parle :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">WS : \u2026une semaine, et m\u00eame plus, que je n&rsquo;ai rien \u00e9crit. \u00c7a ne m&rsquo;\u00e9tait jamais arriv\u00e9. C&rsquo;est la catastrophe, je suis fichu, fini, foutu\u2026<br \/>\nWC : Mais non, mais non !<br \/>\nWS : \u00c7a vous va bien de dire \u00e7a, \u00e0 vous, le marchand de flanelle ! Vous croyez que c&rsquo;est facile d&rsquo;\u00e9crire Romeo et Juliette, Richard III ou je ne sais quoi ? Mais c&rsquo;est de la sueur, Monsieur, c&rsquo;est des larmes, c&rsquo;est du sang, et pas mal de bi\u00e8re aussi ! Mais surtout, c&rsquo;est de l&rsquo;inspiration, des id\u00e9es ! Et \u00e7a, des id\u00e9es, je n&rsquo;en ai plus. Fini, je vous dis, je suis fini. Dommage, j&rsquo;aurais pu faire une belle carri\u00e8re\u2026<br \/>\nWC : Mais non, faut pas dire \u00e7a ! Vous allez vous faire du mal ! Des id\u00e9es ? Mais je vais vous en trouver moi, des id\u00e9es !<br \/>\nWS : Vraiment ?<br \/>\nWC : Mais bien s\u00fbr ! Tenez, tout \u00e0 l&rsquo;heure vous m&rsquo;avez dit que vous \u00e9tiez assez fort pour les s\u00e9ries : Henri IV, V, VI et cetera&#8230; Eh bien, au lieu changer de roi \u00e0 chaque \u00e9pisode, choisissez en un et gardez-le ! Faites-lui vivre de nouvelles aventures ! Je ne sais pas, moi : Richard III en Espagne, Richard III contre Hercule, Richard III\u2026<br \/>\nWS : Ridicule ! Et totalement exclu de surcroit : je n&rsquo;\u00e9cris de trag\u00e9dies que d&rsquo;apr\u00e8s des histoires vraies. Or, Richard III n&rsquo;est jamais all\u00e9 en Espagne, sans parler du fils d&rsquo;Alcm\u00e8ne\u2026<br \/>\nWC : Qui vous parle de trag\u00e9die ? Faites-en des com\u00e9dies !<br \/>\nWS : Impossible ! Impossible de faire d&rsquo;un roi d&rsquo;Angleterre un comique. Notre Reine n&rsquo;aimerait pas que l&rsquo;on plaisante avec la couronne.<br \/>\nWC : Alors, laissez tomber les rois. Cr\u00e9ez un personnage et lancez-le dans des nouvelles p\u00e9rip\u00e9ties \u00e0 chaque nouvelle pi\u00e8ce. Je le vois assez bien, votre h\u00e9ros : une sorte d&rsquo;espion, un agent de la Couronne\u2026 il d\u00e9nouerait pour elle toutes les intrigues et d\u00e9jouerait tous les complots. Ce serait un bel homme, plut\u00f4t de race saxonne. Il aurait le cheval le plus rapide d&rsquo;Angleterre, des \u00e9p\u00e9es \u00e0 ressort, des pistolets truqu\u00e9s, des manteaux \u00e0 surprises. Il serait toujours impeccablement habill\u00e9, aucune femme ne pourrait lui r\u00e9sister\u2026 Qu&rsquo;est-ce que vous en pensez ?<br \/>\nWS : \u2026<br \/>\nWC : Ou alors, une sorte d&rsquo;homme de loi, ou de police, ou de sciences, ou un m\u00e9lange des trois. On ferait appel \u00e0 lui en cas d&rsquo;assassinat myst\u00e9rieux ou de vol impossible, il r\u00e9soudrait toutes les \u00e9nigmes, d\u00e9masquerait tous les coupables. Je le vois plut\u00f4t petit, gros et moustachu. Il serait plut\u00f4t pr\u00e9tentieux, suffisant, extr\u00eamement aga\u00e7ant. Pour renforcer l&rsquo;effet, vous pourriez le faire belge, ou mieux, fran\u00e7ais. Tr\u00e8s aga\u00e7ant, le Fran\u00e7ais\u2026 Ou alors, il serait plut\u00f4t grand, mince et distingu\u00e9. Tr\u00e8s anglais, quoi ? Il fumerait continuellement la pipe et c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 de petites observations tr\u00e8s pr\u00e9cises qu&rsquo;il parviendrait \u00e0 d\u00e9voiler tous les myst\u00e8res que vous voudriez bien lui soumettre. C&rsquo;est in\u00e9puisable comme sujet, \u00e7a. Vous en auriez pour des ann\u00e9es.<br \/>\nWS : H\u00e9las, marchand sympathique, tu ne connais rien \u00e0 l&rsquo;\u00e2me humaine, et encore moins \u00e0 l&rsquo;\u00e2me anglaise. Jamais les anglais ne pourront s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 ce genre de personnages. Pensez-donc : des espions, des gens d&rsquo;arme comme h\u00e9ros ? Jamais ! Comme personnages secondaires, peut-\u00eatre, et encore ! Mais comme h\u00e9ros, jamais ! C&rsquo;est le p\u00e8re d&rsquo;Hamlet qui te le dis. Les amateurs de th\u00e9\u00e2tre, et pas seulement les anglais, voudront toujours des rois, des ducs, des f\u00e9es. Non, vraiment je te remercie, mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;avenir dans ces aventures. Cependant, O vendeur de flanelle, tu m&rsquo;as donn\u00e9 une id\u00e9e : abandonne les rois, m&rsquo;as-tu recommand\u00e9. Et bien, soit, j&rsquo;abandonne. Plus de roi, plus de duc, de prince ou de seigneur ? D&rsquo;accord ! Mais un empereur ? Je n&rsquo;en ai jamais fait, d&#8217;empereur. \u00c7a pourrait marcher, un empereur. C&rsquo;est dit, n&rsquo;en parlons plus, je vais faire un C\u00e9sar, et ce sera Jules C\u00e9sar, mon Jules.<br \/>\nQuant \u00e0 toi, le mortel par le truchement de qui la Muse m&rsquo;a parl\u00e9 \u00e0 nouveau, toi le bourgeois qui a su me souffler \u00e0 l&rsquo;oreille les haleines parfum\u00e9es de Clio et de Calliope, toi l&rsquo;ignorant \u00e0 qui le monde et surtout l&rsquo;Angleterre devront un nouveau chef d&rsquo;\u0153uvre, que puis-je faire pour te remercier ? Te d\u00e9dier ma prochaine trag\u00e9die, donner ton nom au h\u00e9ros de ma prochaine com\u00e9die, t&rsquo;offrir un abonnement perp\u00e9tuel au th\u00e9\u00e2tre du Globe ?<br \/>\nWC : Non ! M&rsquo;acheter une ceinture de flanelle !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La date exacte de la rencontre entre Walrus Carpenter et William Shakespeare reste impr\u00e9cise. Selon le professeur Adderley Sleepsmouth, elle se situe \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1599, probablement entre la Toussaint et la Saint-Damase. Ce dont ce bon vieil Adderley est certain, c&rsquo;est que c&rsquo;\u00e9tait un mercredi. 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