{"id":9106,"date":"2017-10-01T08:08:10","date_gmt":"2017-10-01T06:08:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9106"},"modified":"2017-10-01T12:03:57","modified_gmt":"2017-10-01T10:03:57","slug":"le-vent-sans-les-voiles-acte-i-scene-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9106","title":{"rendered":"LE VENT SANS LES VOILES"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Avertissement<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"> <em>Ce \u00ab\u00a0Vent sans les voiles\u00a0\u00bb est ma deuxi\u00e8me (et restera probablement ma seconde) exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale. La premi\u00e8re fut cette trag\u00e9die n\u00e9o-grecque dont le titre n&rsquo;est pas rest\u00e9 dans toutes les m\u00e9moires : \u00ab\u00a0Hom\u00e9ot\u00e9leute et Polyptote\u00a0\u00bb. Sans doute bien trop ambitieux et bien trop en avance sur son \u00e9poque, mon Hom\u00e9ot\u00e9leute n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 par un public cramponn\u00e9 \u00e0 ses habitudes culturelles qui le ram\u00e8nent inexorablement aux vaudevilles, com\u00e9dies de boulevard, duos comiques \u00a0et autres \u00e2neries non subventionn\u00e9es.\u00a0<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"> <em>Il veut du th\u00e9\u00e2tre de boulevard, le Public ? Eh bien, je vais lui en donner, moi, du th\u00e9\u00e2tre de boulevard. Voici donc \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\">Le vent sans les voiles<\/span>\u00ab\u00a0, com\u00e9die en cours d&rsquo;\u00e9criture pour un nombre variable de com\u00e9diens en un nombre ind\u00e9termin\u00e9 d&rsquo;actes, de coups de th\u00e9\u00e2tre et de sc\u00e8nes de m\u00e9nage. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Je d\u00e9clare formellement ici que je ne me sens tenu par aucune contrainte relative \u00e0 la logique, la vraisemblance, le respect des bonnes m\u0153urs et de la syntaxe. Je tiens \u00e9galement \u00e0 pr\u00e9ciser que je ne garantis pas que cette \u0153uvre aura une fin, ou m\u00eame qu&rsquo;elle ira au-del\u00e0 de la premi\u00e8re sc\u00e8ne du premier acte.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Vous \u00eates pr\u00e9venu : vous qui entrez ici, quittez tout esprit critique et \u00e9teignez vos smartphones. Merci d&rsquo;avance.<br \/>\nHenri Ratinet<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>\u00a0<\/em>LE VENT SANS LES VOILES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Com\u00e9die en gestation et quelques actes <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>par Henri Ratinet<\/em><\/p>\n<p><em>Liste (provisoire) des personnages<\/em><\/p>\n<p><em>-Henri, auteur dramatique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Acte I &#8211; Sc\u00e8ne I<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Un salon n\u00e9o-bourgeois-boh\u00e8me. C\u00f4t\u00e9 cour, une porte style western donne sur la cuisine. Au centre, une porte \u00e0 deux battants ouvre sur une entr\u00e9e et sans doute sur le reste de l&rsquo;appartement. C\u00f4t\u00e9 jardin, une grande fen\u00eatre. Au beau milieu de la sc\u00e8ne, contre la rampe, faisant face aux coulisses, un bureau des ann\u00e9es 50. Sur le bureau, un MacBook ouvert dont l&rsquo;\u00e9cran est allum\u00e9. Le reste du mobilier, canap\u00e9, table haute, table basse, fauteuil, chaise, biblioth\u00e8que, t\u00e9l\u00e9vision sera de styles divers. Aux murs, un grand plan du m\u00e9tro de New-York dessin\u00e9 au rouge \u00e0 l\u00e8vres, et quelques autres \u0153uvres contemporaines. Quand le rideau s&rsquo;ouvre, c&rsquo;est le petit matin. La sc\u00e8ne est vide. A travers la porte ferm\u00e9e, on entend un homme qui parle fort. Il est en col\u00e8re :<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>HENRI<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Eh bien pars, si tu veux, pars, qu&rsquo;est-ce que tu veux que je te dise ? Fiche le camp, retourne chez ta m\u00e8re, tu lui donneras bien le bonjour de ma part \u00e0 la Madone de Villetaneuse ! Ou mieux, va chez ton\u00a0<!--more-->connard de fr\u00e8re, comme \u00e7a vous serez deux \u00e0 emmerder le monde\u2026<\/p>\n<p><em>On entend une porte qui claque violemment.<\/em><\/p>\n<p>\u2014\u2026non mais sans blague !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Henri entre par la porte centrale : pieds nus, jeans us\u00e9s et T-Shirt NYPD trop grand, quarante ans, voulant en paraitre trente. Henri referme vivement la porte en r\u00e9p\u00e9tant plus doucement :<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Non mais sans blague\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Il h\u00e9site, traverse lentement la sc\u00e8ne, va jusqu&rsquo;au bureau, effleure le clavier de l&rsquo;ordinateur, puis va jusqu&rsquo;au canap\u00e9 o\u00f9 il se laisse tomber face au public en poussant un grand soupir.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Ouf !&#8230; Seul&#8230; Enfin seul ! Il \u00e9tait temps qu&rsquo;elle s&rsquo;en aille, bon sang, j&rsquo;aurais fini par lui taper dessus. Non mais vous vous rendez compte, cette emmerdeuse ! \u00c7a fait combien de temps au juste qu&rsquo;elle m&#8217;emmerde comme \u00e7a ? Et d&rsquo;abord, \u00e7a fait combien de temps qu&rsquo;on est ensemble ? Quatre ans ? Cinq ans ? Je ne sais plus, moi&#8230; \u00a0Voyons, c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;anniversaire de Patrick. Oui, mais quel anniversaire d\u00e9j\u00e0 ? Ah, \u00e7a y est, je sais ! Ses trente-cinq ans ! C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;anniversaire de ses 35 ans. Et comme j&rsquo;ai le m\u00eame \u00e2ge que Patrick, \u00e7a va donc faire cinq ans qu&rsquo;on est ensemble, Sylvie et moi. Et donc, \u00e7a doit bien faire quatre ans qu&rsquo;elle m&#8217;emmerde. Quatre ans\u2026 Non, peut-\u00eatre pas quand m\u00eame, mais \u00e7a doit bien faire trois ans, trois ans et demi\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Henri se l\u00e8ve et va jusqu&rsquo;au bureau. Il effleure \u00e0 nouveau le clavier du MacBook puis se met \u00e0 marcher de long en large.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Non, parce qu&rsquo;au d\u00e9but, avec elle, c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t chouette. Tr\u00e8s chouette m\u00eame. Je me souviens, c&rsquo;\u00e9tait chez Patrick, au Ferret. J&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 depuis la mi-juin pour essayer de finir ma deuxi\u00e8me pi\u00e8ce. Les conditions id\u00e9ales : la maison sous les pins, les pieds dans le sable, le bateau, tout \u00e7a\u2026 Mais je n&rsquo;y arrivais pas. Je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 \u00e9crire. Bloqu\u00e9, quoi ! Et puis il y a eu l&rsquo;anniversaire de Patrick. Grandiose, l&rsquo;anniversaire, comme d&rsquo;habitude. Champagne, homard, disc-jockey, des filles bronz\u00e9es partout, pas trop de mecs. Grandiose, quoi. Et puis elle est entr\u00e9e dans le jardin, entre Bernard et France, encore toute p\u00e2le, toute blanche. Elle arrivait tout juste, toute timide, jolie comme un c\u0153ur, l&rsquo;air fragile. Elle venait de passer son bac\u2026 Non pas son bac, quand m\u00eame. C&rsquo;\u00e9tait le concours d&rsquo;entr\u00e9e aux Beaux-Arts, je crois, ou au Conservatoire, ou un truc comme \u00e7a, je sais plus. Enfin, de toute fa\u00e7on, elle \u00e9tait toute jeune, elle ne connaissait personne. Une proie facile, en somme. L&rsquo;\u00e9t\u00e9, le champagne, l&rsquo;oc\u00e9an, le sable ti\u00e8de&#8230; Tout \u00e7a s&rsquo;est pass\u00e9 tr\u00e8s vite&#8230; mais tr\u00e8s doucement quand m\u00eame, comment dire ? tr\u00e8s naturellement, &#8230; gentiment\u2026 c&rsquo;est \u00e7a\u2026 gentiment\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Il reste songeur quelques secondes<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Mais voil\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait le dernier jour de juillet et je devais partir le lendemain. C&rsquo;\u00e9tait vraiment dommage. Alors j&rsquo;ai fait la b\u00eatise de lui proposer de rentrer \u00e0 Paris avec moi, et cette cloche, elle a accept\u00e9. Je dis cette cloche, mais j&rsquo;\u00e9tais bien content quand m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re nuit \u00e0 Paris, elle l&rsquo;a pass\u00e9e chez moi. Et puis, vous savez ce que c&rsquo;est, de fil en aiguille si j&rsquo;ose dire, elle s&rsquo;est install\u00e9e. Elle est all\u00e9e chercher sa petite valise, et puis, petit \u00e0 petit, elle s&rsquo;est mise \u00e0 ranger l&rsquo;appartement, \u00e0 remplir le frigo, \u00e0 acheter des fleurs, des bougies, des tas de petits trucs comme \u00e7a. Moi, \u00e7a ne me d\u00e9rangeait pas, j&rsquo;\u00e9tais m\u00eame plut\u00f4t content de plus manger du jambon-cornichons tous les jours. Et puis un jour, elle a dit qu&rsquo;il faudrait que j&rsquo;ach\u00e8te une machine \u00e0 laver le linge. L\u00e0, j&rsquo;aurais d\u00fb faire gaffe. Patrick m&rsquo;avait pr\u00e9venu. Il m&rsquo;avait dit : \u00ab\u00a0<em>Tu verras, quand elles commencent \u00e0 vouloir un lave-linge, \u00e7a devient dangereux. Si tu l&rsquo;ach\u00e8tes, t&rsquo;es foutu. La machine \u00e0 laver la vaisselle, \u00e7a va encore, mais le lave-linge, t&rsquo;es foutu.<\/em>\u00a0\u00bb Fais gaffe, mon vieux, qu&rsquo;il disait Patrick, fais gaffe ! Mais j&rsquo;ai pas fait gaffe. C&rsquo;est humain, non ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis, j&rsquo;\u00e9tais bien. On sortait un peu, je travaillais beaucoup, je lui lisais des sc\u00e8nes, elle me disait \u00ab\u00a0<em>j&rsquo;aime, j&rsquo;aime pas\u00a0\u00bb<\/em>. Elle me donnait des petits conseils, \u00ab\u00a0<em>tu devrais \u2026, \u00e7a serait peut-\u00eatre mieux si\u2026\u00a0\u00bb<\/em> Ses id\u00e9es n&rsquo;\u00e9taient pas si mauvaises&#8230; pour une femme, je veux dire. \u00c7a avan\u00e7ait bien. C&rsquo;est m\u00eame elle qui a trouv\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de la chute. Et le titre, aussi, le titre : <em>Traderidera<\/em>. Vous vous rendez compte ? <em>Traderidera<\/em> ! \u00c7a veut rien dire ! Y a qu&rsquo;une femme pour trouver un truc comme \u00e7a. Mais le plus dr\u00f4le, c&rsquo;est que \u00e7a a march\u00e9. Un triomphe ! La pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 le succ\u00e8s de l&rsquo;ann\u00e9e. M\u00eame T\u00e9l\u00e9rama a dit que <em>c&rsquo;\u00e9tait tout \u00e0 fait\u00a0visible<\/em>. Visible ! \u2026 Bande de connards !\u00a0 En tout cas, j&rsquo;\u00e9tais devenu d&rsquo;un coup un auteur \u00e0 succ\u00e8s, et ce n&rsquo;\u00e9tait que ma deuxi\u00e8me pi\u00e8ce. J&rsquo;ai \u00e9crit la troisi\u00e8me dans la foul\u00e9e : \u00ab\u00a0<em>Apr\u00e8s vous<\/em>\u00a0\u00bb Vous vous souvenez d&rsquo;<em>Apr\u00e8s vous <\/em>? \u00c7a a bien march\u00e9. Pas autant que <em>Traderidera<\/em>, mais quand m\u00eame pas mal. Maintenant, j&rsquo;\u00e9tais un auteur confirm\u00e9, un auteur solide avec lequel on \u00e9tait s\u00fbr au moins de passer une bonne soir\u00e9e. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs bien pour \u00e7a que vous \u00eates l\u00e0 ce soir, hein ? Pour voir une bonne vieille pi\u00e8ce d&rsquo;Henri Ratinet, la quatri\u00e8me de ce bon vieil auteur \u00e0 succ\u00e8s, le <em>Vent dans les Voiles<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bon, maintenant, il faut que je vous dise : il y a un probl\u00e8me\u2026 la pi\u00e8ce&#8230;le <em>Vent dans les Voiles<\/em>, eh bien\u2026 elle n&rsquo;est pas finie. Enfin, disons qu&rsquo;il lui manque juste la fin\u2026 enfin disons la fin du troisi\u00e8me acte\u2026 et le milieu aussi\u2026 Bon, mais j&rsquo;ai les deux premiers actes fin pr\u00eats, hein ? Enfin disons, fin pr\u00eats dans ma t\u00eate\u2026 En tout cas, ils sont presque enti\u00e8rement r\u00e9dig\u00e9s, le premier surtout\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ben oui, qu&rsquo;est-ce que vous voulez, j&rsquo;y arrive plus, moi. Je veux dire : je n&rsquo;arrive plus \u00e0 \u00e9crire. Elle est tout le temps-l\u00e0, \u00e0 me tourner autour, \u00e0 me dire qu&rsquo;il faudrait que je m&rsquo;occupe un peu d&rsquo;elle, qu&rsquo;elle voudrait aller au cin\u00e9ma, au restaurant, qu&rsquo;il faudrait qu&rsquo;on parte en vacances, qu&rsquo;on aille voir sa m\u00e8re, et puis son fr\u00e8re aussi, celui qui est podologue \u00e0 Amiens. Vous vous rendez compte ? Podologue \u00e0 Amiens ! Qu&rsquo;est-ce que j&rsquo;irais faire \u00e0 Amiens ? Chez un podologue en plus ? Et un sacr\u00e9 emmerdeur de surcroit. \u00ab\u00a0<em>Non<\/em>\u00ab\u00a0, je lui ai dit \u00ab\u00a0<em>pas d&rsquo;Amiens<\/em>\u00ab\u00a0. Bon, on est quand m\u00eame all\u00e9 \u00e0 Amiens, et aussi voir sa m\u00e8re \u00e0 Villetaneuse. Mais tout \u00e7a, \u00e7a prend du temps. Et entre la m\u00e8re int\u00e9griste et le fr\u00e8re podologue, moi je n&rsquo;arrive pas \u00e0 \u00e9crire. \u00c7a ne sort plus, plus du tout. Et puis, le comble : hier soir, voil\u00e0 qu&rsquo;elle me demande de lui faire un enfant. Moi, un enfant ? \u00a0\u00ab\u00a0<em>Quoi<\/em>, je lui dis, <em>un enfant ? Mais je suis bien trop jeune pour \u00e7a<\/em>\u00ab\u00a0. Alors, elle me dit : \u00ab\u00a0<em>Henri, tu vas avoir quarante ans dans un mois<\/em>\u00ab\u00a0. Alors \u00e7a, \u00e7a c&rsquo;est un coup bas ! Moi, je me suis mis en col\u00e8re, forc\u00e9ment. Alors, elle est partie se coucher en pleurant. J&rsquo;ai bu un coup et je me suis dit \u00ab\u00a0<em>demain, \u00e7a ira mieux<\/em>\u00ab\u00a0. Mais, le lendemain matin, elle a remis \u00e7a. Elle voulait un enfant. Moi, gentil, je lui ai dit d&rsquo;attendre un peu, qu&rsquo;un jour, plus tard dans deux ou trois ans, bient\u00f4t\u2026 Mais non ! Elle voulait un enfant, maintenant, tout de suite. J&rsquo;aurais peut-\u00eatre pas d\u00fb\u2026 mais je voulais juste d\u00e9tendre un peu l&rsquo;atmosph\u00e8re, moi ! Je lui ai dit : \u00ab\u00a0<em>Si tu veux un enfant tout de suite, c&rsquo;est simple, tu n&rsquo;as qu&rsquo;\u00e0 en adopter un ! Un petit Colombien, tiens, il parait qu&rsquo;il y \u00a0a un arrivage&#8230;<\/em>\u00a0\u00bb Alors elle s&rsquo;est mise vraiment en col\u00e8re. Elle m&rsquo;a trait\u00e9 de salaud, elle a pris sa petite valise, elle l&rsquo;a remplie de n&rsquo;importe quoi et elle a claqu\u00e9 la porte. Et voil\u00e0\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Henri se tait, hausse les \u00e9paules et se dirige encore une fois vers le bureau. Il s&rsquo;assied et se renverse dans le fauteuil transparent en s&rsquo;\u00e9tirant.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Aaah\u2026seul, enfin seul\u2026je vais enfin pouvoir \u00e9crire tranquille, quand je veux, comme je veux, au lit, dans la baignoire, dans la cuisine, habill\u00e9, ou tout nu. L\u00e0, je vais la finir ma pi\u00e8ce. Et pas plus tard que tout de suite, Mesdames et Messieurs ! Vous allez voir ce que vous allez voir : devant vous, l&rsquo;artiste au travail. \u00a0Vous allez assister \u00e0 un exercice de virtuosit\u00e9 hors du commun, du jamais vu, M&rsquo;sieurs-Dames ! Approchez, approchez\u2026 Allez, je commence !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Henri se penche en avant, redresse un peu l&rsquo;\u00e9cran du MacBook, relit quelques lignes en fron\u00e7ant les sourcils, r\u00e9fl\u00e9chit, tape quelques mots, r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 nouveau, se l\u00e8ve, sort vers la cuisine, revient avec une bi\u00e8re \u00e0 la main, s&rsquo;assied \u00e0 nouveau, se relit. Puis il tape fr\u00e9n\u00e9tiquement d&rsquo;un seul doigt sur le clavier. On comprend qu&rsquo;il efface ce qu&rsquo;il vient d&rsquo;\u00e9crire. Il r\u00e9fl\u00e9chit encore, tape trois ou quatre mots, s&rsquo;arr\u00eate et finit par replier l&rsquo;\u00e9cran sur le clavier. Puis il laisse pendre ses bras le long du corps. Son buste s&rsquo;incline en avant et son front vient heurter l&rsquo;ordinateur repli\u00e9. Il reste immobile.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Noir\u00ad<\/em><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">ET DEMAIN, LA BANDE ANNONCE DE HHH, NYC, USA<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avertissement Ce \u00ab\u00a0Vent sans les voiles\u00a0\u00bb est ma deuxi\u00e8me (et restera probablement ma seconde) exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale. La premi\u00e8re fut cette trag\u00e9die n\u00e9o-grecque dont le titre n&rsquo;est pas rest\u00e9 dans toutes les m\u00e9moires : \u00ab\u00a0Hom\u00e9ot\u00e9leute et Polyptote\u00a0\u00bb. Sans doute bien trop ambitieux et bien trop en avance sur son \u00e9poque, mon Hom\u00e9ot\u00e9leute n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=9106\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">LE VENT SANS LES VOILES<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[2,15],"tags":[21],"class_list":["post-9106","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes","category-themes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9106"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9106\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}