{"id":784,"date":"2014-03-02T06:03:25","date_gmt":"2014-03-02T05:03:25","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=784"},"modified":"2014-07-06T11:38:26","modified_gmt":"2014-07-06T09:38:26","slug":"critique-aisee-11-the-grand-budapest-hotel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=784","title":{"rendered":"The Grand Budapest Hotel. Critique ais\u00e9e 10"},"content":{"rendered":"<p><b>(Pas) Dr\u00f4le de Palace<\/b><\/p>\n<p><b>The Grand Budapest Hotel<\/b><br \/>\n<i>Film de Wes Anderson, avec Ralph Fienes, Tilda Swinton, Harvey Keitel, Mathieu Amalric, Lea Seydoux, Bill Murray, Ed Norton, Jude Law, Owen Wilson, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, etc, etc\u2026<\/i><\/p>\n<p>Vous avez vu la distribution, l\u00e0, juste au-dessus\u00a0? J\u2019aurais d\u00fb me m\u00e9fier.<br \/>\nDans l\u2019histoire du cin\u00e9ma, il est extr\u00eamement rare qu\u2019une superproduction dans laquelle on a r\u00e9uni un si grand nombre d\u2019acteurs de premier plan soit une r\u00e9ussite.<br \/>\nPourtant, Hollywood renouvelle l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 peu pr\u00e8s tous les cinq ans. Et souvent, \u00e7a marche, commercialement parlant s\u2019entend. Pourquoi\u00a0? Parce que chacun y met du sien.<br \/>\nDe leur c\u00f4t\u00e9, les com\u00e9diens importants y participent volontiers comme ils donneraient leur concours \u00e0 une f\u00eate de bienfaisance. Probablement peu pay\u00e9s, ils sont ravis de se grimer, d\u2019incarner de tout petits r\u00f4les \u00e0 contre-emploi, qui leur permettent d\u2019adresser des clins d\u2019\u0153il \u00e0 leur public habituel.<br \/>\nQuant au public, lui, il est attir\u00e9 par cette pl\u00e9iade d\u2019acteurs, conditionn\u00e9 par une campagne promotionnelle pas trop mal faite, \u00e9bloui par une bande annonce rythm\u00e9e et prometteuse et canalis\u00e9 par une critique unanime (mon professeur d\u2019\u00e9criture litt\u00e9raire dirait que <em>\u00ab\u00a0pl\u00e9iade d\u2019acteurs\u00a0\u00bb<\/em> et <em>\u00ab\u00a0critique unanime\u00a0\u00bb<\/em> sont deux syntagmes fig\u00e9s, forme \u00e0 \u00e9viter autant que possible\u00a0; bon, d\u2019accord, mais comment exprimer autrement et en si peu de mots que Pariscope, Daily telegraph, The Guardian, Ecran Large, Elle, Journal du Dimanche, Le Figaro, Le Monde, Les Inrocks, La Croix, Marianne, Nouvel Obs, Le Point, T\u00e9l\u00e9rama -ah\u00a0! l\u2019article de T\u00e9l\u00e9rama<b>(1)<\/b>\u00a0!-, Le canard Enchain\u00e9, ont donn\u00e9 d\u2019excellentes notes \u00e0 Grand H\u00f4tel Budapest)<\/p>\n<p>Pour moi,\u00a0J&rsquo;ai trouv\u00e9 ce film\u00a0tr\u00e8s d\u00e9cevant et plut\u00f4t\u00a0ennuyeux.<br \/>\nPourtant, je commencerai par le seul point positif que j\u2019ai pu y trouver\u00a0: les d\u00e9cors. Parfois reconstitution tr\u00e8s soign\u00e9e de ce qu\u2019on imagine avoir \u00e9t\u00e9 le grand luxe des ann\u00e9es folles, parfois pur carton-p\u00e2te totalement assum\u00e9, po\u00e9tique et rigolo, le m\u00e9lange des\u00a0 deux genres est surprenant et finalement plaisant, malgr\u00e9 une\u00a0volont\u00e9\u00a0 esth\u00e9tique souvent tr\u00e8s appuy\u00e9e.\u00a0Les costumes suivent. Dans la colonne de gauche (celle de l\u2019actif), on ajoutera donc les costumes aux d\u00e9cors.<br \/>\nMais on pourra \u00a0mettre tout le reste dans la colonne de droite.<br \/>\nEn tant que ressorts comiques, le film utilise le d\u00e9calage, le loufoque et la poursuite. Mais les d\u00e9calages sont\u00a0 r\u00e9p\u00e9titifs, le loufoque sans rythme, et les poursuites interminables.<br \/>\nCe pauvre Ralph Fienes, d\u2019habitude plus subtil, en est r\u00e9duit \u00e0 rejouer sans arr\u00eat les deux m\u00eames sc\u00e8nes\u00a0: celle de l\u2019homme \u00e9l\u00e9gant, distingu\u00e9 et coureur de vieilles femmes riches,\u00a0donnant des le\u00e7ons de vie et de tenue au jeune groom admiratif, et celle du m\u00eame homme, \u00e9l\u00e9gant, distingu\u00e9 et tout et tout, mais d\u00e9pass\u00e9, \u00e9perdu dans des situations dangereuses et burlesques.<br \/>\nBref, on s\u2019attendait \u00e0 une com\u00e9die brillante, sophistiqu\u00e9e, rapide et l\u00e9g\u00e8re et on se retrouve avec un film au montage laborieux, au comique r\u00e9p\u00e9titif, avec pour couronner le tout une intrigue sordide et confuse. Pendant quatre-vingt-dix minutes de film, dans cette salle \u00e0 moiti\u00e9 pleine, le lendemain de la sortie, on n\u2019a pas entendu un seul rire.<br \/>\nBon, il y a les d\u00e9cors, d\u2019accord. Et les costumes, d\u2019accord.<br \/>\nN\u2019emp\u00eache, j\u2019aurais d\u00fb me m\u00e9fier.<br \/>\nMaintenant, vous \u00eates pr\u00e9venus\u00a0; vous avez\u00a0d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le syntagme fig\u00e9 de la critique unanime et, de l\u2019autre, le spectateur fig\u00e9 du jeudi matin, moi, tout seul!<br \/>\nVous devriez vous m\u00e9fier.<\/p>\n<p><b>Note (1)<\/b><br \/>\nOn peut dire\u00a0de Wes Anderson qu&rsquo;il<em> a la carte<\/em>.<br \/>\nLouis Guichard, critique \u00e0 T\u00e9l\u00e9rama, dans sa chronique on ne peut plus \u00e9logieuse consacr\u00e9e au Budapest Hotel, \u00e9crit notamment ceci\u00a0:<br \/>\n<i>(\u2026) la vieille maitresse \u00e9namour\u00e9e et octog\u00e9naire jou\u00e9e avec g\u00e9nie par Tilda Swinton (\u2026)<\/i><br \/>\nPersonnellement, j\u2019appr\u00e9cie beaucoup cette actrice qui a jou\u00e9 \u00e0 la perfection plusieurs r\u00f4les difficiles. Mais il faut savoir que, dans le Budapest Hotel, elle apparait deux fois. La premi\u00e8re fois, c\u2019est pendant \u00e0 peu pr\u00e8s 2 minutes 30 secondes, dissimul\u00e9e derri\u00e8re un maquillage outrancier qui lui tient lieu d\u2019expression. Quand elle apparait pour la deuxi\u00e8me fois, elle est dans son cercueil, totalement morte, r\u00f4le qu\u2019elle joue effectivement \u00e0 la perfection, avec g\u00e9nie.\u00a0Mais jusqu\u2019o\u00f9 ira l\u2019enthousiasme de Monsieur Guichard\u00a0?<br \/>\nEh bien,\u00a0 jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9celer un clin d\u2019\u0153il <i>\u00e9vident <\/i>(sic) \u00e0 Max Oph\u00fcls dans le fait que le personnage que joue Tilda Swinton, la comtesse Desgoffe und Taxis, est appel\u00e9 famili\u00e8rement Madame D. par le personnel de l\u2019h\u00f4tel, ce qui constitue selon le critique une subtile r\u00e9f\u00e9rence au film \u00ab\u00a0Madame de\u2026\u00a0\u00bb, histoire d&rsquo;une ravissante aristocrate frivole\u00a0incarn\u00e9e par Danielle Darrieux en 1953. Allez plut\u00f4t revoir \u00ab\u00a0Madame de\u2026\u00a0\u00bb et goutez la diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><i>\u00a0<\/i><\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Pas) Dr\u00f4le de Palace The Grand Budapest Hotel Film de Wes Anderson, avec Ralph Fienes, Tilda Swinton, Harvey Keitel, Mathieu Amalric, Lea Seydoux, Bill Murray, Ed Norton, Jude Law, Owen Wilson, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, etc, etc\u2026 Vous avez vu la distribution, l\u00e0, juste au-dessus\u00a0? J\u2019aurais d\u00fb me m\u00e9fier. Dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=784\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">The Grand Budapest Hotel. 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