{"id":7491,"date":"2017-02-26T08:08:40","date_gmt":"2017-02-26T06:08:40","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=7491"},"modified":"2017-03-12T19:15:11","modified_gmt":"2017-03-12T17:15:11","slug":"incident-de-frontiere-chapitre-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7491","title":{"rendered":"Incident de fronti\u00e8re &#8211; Chapitre 11"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Tous les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents sont l\u00e0 . Il suffit de cliquer dessus :<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=7471\">Chapitre 1<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0<a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=7473\">Chapitre 2<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0<a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=7475\">Chapitre 3<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7477\">Chapitre 4<\/a>\u00a0 \u00a0 <a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7481\">Chapitre 5<\/a>\u00a0 \u00a0<a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7481\">Chapitre 6<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7483\">Chapitre 7<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0<a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7485\">Chapitre 8<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0 <a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7487\">Chapitre 9<\/a>\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7489\">Chapitre 10<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Mais vous avez aussi le r\u00e9sum\u00e9 des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents :<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<em style=\"color: #0000ff; font-weight: bold;\">Nous sommes \u00e0 la fin du long weekend de nos neuf voyageurs. Voici quelle est la situation :<\/em>\u00a0<em style=\"color: #0000ff; font-weight: bold;\">Dimanche 24 mai 1970 en fin d&rsquo;apr\u00e8s midi.<\/em>\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Les deux breaks Peugeot 207 ont \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9s au poste fronti\u00e8re d&rsquo;Addabousiyah, et deux de leurs occupantes, des jeunes femmes am\u00e9ricaines, ont pass\u00e9 plus d&rsquo;une heure prisonni\u00e8res des soldats syriens. Elles viennent d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9es, mais dans la voiture de Jean-Pierre, on ne sait pas ce qui a bien pu arriver aux filles dans le poste militaire. On craint le pire. La tension a in\u00e9vitablement \u00e9clat\u00e9 en une engueulade de Bill par Jean-Pierre. Mais un petit retour en arri\u00e8re va nous apprendre ce qui s&rsquo;est r\u00e9ellement pass\u00e9.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Chapitre 11<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Laissez-les ! Vous n&rsquo;avez pas le droit, a cri\u00e9 Christian.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Patricia s&rsquo;est retourn\u00e9e. Sans comprendre pourquoi, elle voit Christian s&rsquo;effondrer au milieu de la route. Elle veut se d\u00e9gager pour aller l&rsquo;aider, mais elle est entra\u00een\u00e9e par les deux soldats qui la tiennent fermement par les bras, fortement serr\u00e9s juste au-dessus du coude. Devant elle, Anne se retourne vers les voitures. Son regard \u00e9perdu affole Patricia qui commence \u00e0 r\u00e9aliser la situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Ce n&rsquo;est pas possible, se dit-elle. Ce qui arrive n&rsquo;est pas possible. Bill, Christian, John, Jean-Pierre sont l\u00e0. Ils vont faire quelque chose. Ils ne vont pas nous laisser emmener comme \u00e7a\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les jambes de la jeune am\u00e9ricaine faiblissent, elle a froid, elle tr\u00e9buche, elle refuse de continuer \u00e0 avancer vers cette casemate. Mais elle est trop faible, trop fatigu\u00e9e, la lumi\u00e8re est trop \u00e9blouissante. Anne semble avoir disparu. Alors elle se r\u00e9signe et se laisse entra\u00eener sans r\u00e9sistance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand elle arrive devant la porte ouverte du poste fronti\u00e8re, elle ne peut rien voir de l&rsquo;int\u00e9rieur de la pi\u00e8ce vers lequel les deux soldats la poussent doucement. Elle fait un pas dans l&rsquo;obscurit\u00e9 <!--more-->et ses yeux commencent \u00e0 s&rsquo;habituer \u00e0 la p\u00e9nombre. Bient\u00f4t, elle distingue la silhouette d&rsquo;Anne et des deux soldats qui la maintenaient. Sur le c\u00f4t\u00e9 gauche elle peut voir une table en bois devant une chaise d&rsquo;\u00e9colier. Sur la table, un vieux t\u00e9l\u00e9phone, une pile de papiers et un pr\u00e9sentoir \u00e0 tampons. A c\u00f4t\u00e9 du pr\u00e9sentoir, leurs appareils photo dont elle ne se souvient m\u00eame plus qu&rsquo;on les leur ait enlev\u00e9s. Derri\u00e8re la table, une armoire \u00e0 portes grillag\u00e9es contient quelques fusils, une mitraillette et une trousse de secours marqu\u00e9e d&rsquo;un croissant rouge. \u00a0A droite, il y a un vieux lit dont les montants m\u00e9talliques portent des boules dor\u00e9es, comme dans les petits h\u00f4tels de province qu&rsquo;elle a fr\u00e9quent\u00e9s en Europe. Elle remarque qu&rsquo;il manque une des quatre boules et que le matelas pos\u00e9 sur le lit est sale. En face, une porte close. Patricia vient se placer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Anne et lui prend la main. Une longue minute se passe dans un silence complet. Elle entend seulement les battements de son c\u0153ur et la respiration d&rsquo;Anne, bien trop rapide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La porte s&rsquo;ouvre sur une silhouette et Patricia croit reconna\u00eetre l&rsquo;officier qui avait ordonn\u00e9 leur arrestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019homme dit s\u00e8chement quelques mots en arabe aux deux gardiens qui sortent mollement de la pi\u00e8ce.\u00a0Patricia croit m\u00eame voir une sorte de grimace sur le visage de l&rsquo;un des soldats au moment o\u00f9 il tourne le dos \u00e0 son officier pour sortir du poste. La peur l&rsquo;envahit de plus en plus et elle n&rsquo;ose plus lever les yeux du sol de ciment poussi\u00e9reux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anne a peur, elle aussi. Mais elle regarde droit devant elle. Elle se refuse \u00e0 se laisser envahir par l&rsquo;angoisse. Elle se pr\u00e9pare \u00e0 affronter elle ne sait pas encore quoi. Maintenant, elle regarde ouvertement l&rsquo;officier. Contrairement aux soldats qui \u00e9taient en tenue de combat, il porte une sorte de culotte de cheval \u00e9crue et une vareuse vert fonc\u00e9 boutonn\u00e9e du haut en bas. Pas de cravate, mais quelques d\u00e9corations sur la poche de poitrine. Il a \u00f4t\u00e9 le k\u00e9pi qu&rsquo;il portait tout \u00e0 l&rsquo;heure. Anne s&rsquo;\u00e9tonne de voir que l&rsquo;homme est presque roux et de teint tr\u00e8s clair. Elle pense d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il est plut\u00f4t joli gar\u00e7on, \u00e0 peine plus petit qu&rsquo;elle et pas mal balanc\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Bonsoir Mesdames, dit l&rsquo;officier. Je suis le lieutenant Far\u00e9s el-Saleh, commandant du poste fronti\u00e8re d\u2019Addabousiyah.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a parl\u00e9 dans un anglais presque parfait avec une agr\u00e9able trace d&rsquo;accent britannique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Laissez-moi m&rsquo;excuser pour ce contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9 un peu plus brutal que je n&rsquo;aurais voulu, mais mes hommes sont des paysans et j&rsquo;ai parfois du mal \u00e0 les contr\u00f4ler. Veuillez leur pardonner, je vous prie. Voulez-vous quelque chose \u00e0 boire ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux jeunes femmes le regardent sans r\u00e9pondre, \u00e9tonn\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Je peux vous offrir du th\u00e9 ou de la limonade. Je vous pr\u00e9viens, la limonade est ti\u00e8de. Par contre, je fais du tr\u00e8s bon th\u00e9. Alors, du th\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-S&rsquo;il vous pla\u00eet&#8230; Oui, du th\u00e9, dit Anne, encore h\u00e9sitante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Et vous, Madame ? dit-il en souriant \u00e0 Patricia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Euh&#8230;Moi aussi, du th\u00e9&#8230; oui&#8230; \u00a0merci&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Je vous pr\u00e9pare \u00e7a. En attendant, pourriez-vous me remettre vos passeports pour quelques instants, s&rsquo;il vous pla\u00eet. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un contr\u00f4le de routine comme on dit chez vous. Ah ! J&rsquo;oubliais : veuillez-vous assoir, bien s\u00fbr, dit-il en d\u00e9signant\u00a0les deux chaises qui se trouvent devant son bureau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il leur tourne le dos pour remplir d&rsquo;un th\u00e9 tr\u00e8s sombre trois verres \u00e9pais qu&rsquo;il pose sur un petit plateau en bois damasquin\u00e9. Il pr\u00e9sente le plateau aux deux am\u00e9ricaines. En prenant sa tasse, Anne esquisse un sourire :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Merci, dit-elle timidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lieutenant s&rsquo;est assis d&rsquo;une fesse sur son bureau. Il a pris les passeports en main et les feuillette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Patricia Gallaghan&#8230;.Gallaghan\u2026 c&rsquo;est un nom irlandais, non ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Oui. Mon grand-p\u00e8re \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Cork, en Irlande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Et vous, Anne ! Bronsky, c&rsquo;est polonais, \u00e7a. Un peu juif, peut-\u00eatre ? dit-il en souriant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis il ajoute tout de suite :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Soyez tranquille ! Je n&rsquo;ai rien contre les juifs. Ma famille est chr\u00e9tienne et, en Syrie, nous acceptons toutes les religions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; C&rsquo;est bien, je vous f\u00e9licite, r\u00e9ponds Anne plus s\u00e8chement qu\u2019elle ne le voudrait vraiment. Mais je vous rassure, je suis catholique, pas juive. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9e \u00e0 Londres en 1940. Mes parents eux \u00e9taient juifs. Ils avaient fui la Pologne juste avant la d\u00e9claration de guerre. De l\u00e0, ils sont partis \u00e0 New-York. Apr\u00e8s la guerre, mon p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9 am\u00e9ricain. Il a travaill\u00e9 dix-huit ans comme simple policier dans un commissariat du Queens. C\u2019est un quartier de New-York, plut\u00f4t populaire\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Je sais, dit le lieutenant el-Saleh, tout heureux d\u2019avoir pu engager le dialogue. J\u2019ai de la famille l\u00e0-bas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux am\u00e9ricaines n\u2019en reviennent \u00a0pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Vous avez de la famille \u00e0 New-York\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Mon cousin Elie\u2026Il est parti de Wadi al-Nasara en 1965. Il y a un an, il a ouvert un restaurant syrien \u00e0 New York, dans le quartier de Hell\u2019s Kitchen, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la gare routi\u00e8re. Il parait que c\u2019est tr\u00e8s bien comme quartier. Vous connaissez ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anne ne lui dit pas que c&rsquo;est l\u2019un des pires de Manhattan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Vous savez, je ne suis pas all\u00e9e \u00e0 New York depuis des ann\u00e9es et puis les choses vont tellement vite l\u00e0-bas &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le militaire a parfaitement compris la finesse de l&rsquo;am\u00e9ricaine. Il semble un peu d\u00e9\u00e7u, mais il continue :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Mon cousin m&rsquo;a \u00e9crit le mois dernier que son restaurant commence \u00e0 bien marcher. Il l&rsquo;a appel\u00e9 Heaven&rsquo;s Kitchen, c&rsquo;est amusant, non ? En tout cas, il m&rsquo;a demand\u00e9 de venir l&rsquo;aider. Je crois que je vais y aller. Dans deux ans et trois mois, j&rsquo;aurai termin\u00e9 mon service militaire et je partirai. Si Dieu le veut, dans moins de trois ans, vous pourrez venir d\u00e9jeuner au Heaven&rsquo;s Kitchen. Vous serez mes invit\u00e9s. Vous verrez une bonne partie de ma famille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Far\u00e9s a tellement de charme, il a l&rsquo;air tellement sinc\u00e8re et heureux de partir un jour aux USA que les deux am\u00e9ricaines se sentent maintenant presque en confiance. Elles sourient :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Oui, bien s\u00fbr, on viendra vous voir, se lance Patricia. J&rsquo;habite Washington DC, mais ce n&rsquo;est pas tr\u00e8s loin de New York. N&rsquo;est-pas, Anne, qu&rsquo;on viendra ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Far\u00e9s est aux anges.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Quel pays extraordinaire que les \u00c9tats Unis d&rsquo;Am\u00e9rique ! Une Irlandaise de Washington, une Juive polonaise et un chr\u00e9tien de Syrie qui vont se retrouver bient\u00f4t dans la plus grande ville du monde ! C&rsquo;est pour \u00e7a que je veux partir l\u00e0-bas. Parce que tout est possible ! Ici, tout est bloqu\u00e9, fichu, fini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ambiance est maintenant totalement d\u00e9tendue. Ils parlent de New York, de Times Square, de Steve McQueen, de Chicago et de San Francisco.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anne est compl\u00e9tement rassur\u00e9e. Elle demande\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Mais pourquoi nous avez-vous arr\u00eat\u00e9es\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-C\u2019est vis-\u00e0-vis des hommes. Je ne pouvais pas faire autrement. On leur dit depuis leur naissance que les am\u00e9ricains sont les ennemis des arabes, que les am\u00e9ricaines sont des prostitu\u00e9es, que les \u00e9trangers sont des espions. Alors ils le croient.\u00a0 Je sais que ce n\u2019\u00e9tait pas votre intention, mais vous avez photographi\u00e9 le poste militaire. C\u2019est grave. Il fallait que je r\u00e9agisse, ils n\u2019auraient pas compris. Ils m\u2019auraient peut-\u00eatre m\u00eame d\u00e9nonc\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral commandant la r\u00e9gion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Je comprends, dit Anne. Mais est-ce que c\u2019\u00e9tait vraiment n\u00e9cessaire qu\u2019ils soient aussi violents avec notre ami\u00a0? Un Fran\u00e7ais en plus\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-C\u2019est dans leur nature, ce sont des paysans, ils sont brutaux. Je regrette pour votre ami, mais je ne peux rien faire. Bon, maintenant, il va falloir que vous partiez. Il y a des \u00e9v\u00e8nements en cours qui pourraient encore vous compliquer les choses. Vous voyez cette enveloppe brune, l\u00e0, sur mon bureau\u00a0? Elle est arriv\u00e9e du commandement il y a moins d\u2019une heure. C\u2019est l\u2019ordre de fermer la fronti\u00e8re. Mais je ne le sais pas, car je n\u2019ai pas encore ouvert l\u2019enveloppe. Il y a aussi probablement l\u2019ordre de retenir prisonniers tous les \u00e9trangers qui voudraient passer au Liban. Mais je ne le sais pas non plus car je n\u2019ai pas encore ouvert l\u2019enveloppe. Alors, vous allez partir, maintenant. Quand vous sortirez de cette pi\u00e8ce, ne parlez pas, ne souriez pas, ne me regardez pas. Prenez un air contrit, coupable m\u00eame. N\u2019ayez pas peur d\u2019en rajouter. Moi, je vous parlerai s\u00e9v\u00e8rement en montrant les appareils photo que je garderai. Je ne peux pas faire autrement, pour la vraisemblance. Il y a deux ou trois de mes hommes qui comprennent quelques mots d\u2019anglais. Et puis \u00e7a me fera un souvenir de notre rencontre. N\u2019oubliez pas\u00a0: Far\u00e9s el-Saleh, de Wadi al-Nasara, futur associ\u00e9 du c\u00e9l\u00e8bre restaurant Heaven&rsquo;s Kitchen \u00e0 Hell\u2019s Kitchen, un jour \u00e0 New York\u00a0! Que Dieu le veuille !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a copi\u00e9 le nom et l\u2019adresse des deux jeunes femmes sur un carnet, puis il leur a tendu leur passeport. Il a ouvert la porte et cri\u00e9 quelque chose en arabe. Trois soldats sont entr\u00e9s dans le poste. Devant eux, l\u2019officier a saisi les cam\u00e9ras sur la table en disant d\u2019une voix forte\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Vous avez de la chance que je ne vous retienne pas pour espionnage\u00a0! Et maintenant partez\u00a0! J\u2019ai d\u2019autres choses \u00e0 faire plus importantes. Il faut que je lise ces nouveaux ordres que je viens de recevoir. \u00a0Partez et ne revenez jamais plus en R\u00e9publique Arabe syrienne\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anne trouva que c\u2019\u00e9tait vraiment tr\u00e8s th\u00e9\u00e2tral, mais Far\u00e9s savait sans doute ce qu\u2019il faisait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, t\u00eates baiss\u00e9es, les deux Am\u00e9ricaines, ont march\u00e9 c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te vers les deux petites voitures blanches qui les attendaient dans le soleil couchant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>LA SUITE&#8230;.DIMANCHE PROCHAIN<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents sont l\u00e0 . Il suffit de cliquer dessus : \u00a0Chapitre 1\u00a0 \u00a0 \u00a0Chapitre 2\u00a0 \u00a0 \u00a0Chapitre 3\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0Chapitre 4\u00a0 \u00a0 Chapitre 5\u00a0 \u00a0Chapitre 6\u00a0 \u00a0 \u00a0 Chapitre 7\u00a0 \u00a0 \u00a0Chapitre 8\u00a0 \u00a0 \u00a0 Chapitre 9\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0Chapitre 10 Mais vous avez aussi le r\u00e9sum\u00e9 des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents : Nous sommes &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7491\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Incident de fronti\u00e8re &#8211; Chapitre 11<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[13,2],"tags":[21],"class_list":["post-7491","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7491","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7491"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7491\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7491"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7491"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7491"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}