{"id":6522,"date":"2017-03-29T07:55:56","date_gmt":"2017-03-29T05:55:56","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=6522"},"modified":"2017-03-29T07:54:50","modified_gmt":"2017-03-29T05:54:50","slug":"une-autre-traversee-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=6522","title":{"rendered":"Une autre travers\u00e9e de Paris"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Le 15 mai dernier, j&rsquo;avais diffus\u00e9 ici un texte intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Une travers\u00e9e de Paris<\/em>\u00a0\u00bb . Je voulais ce texte extr\u00eamement descriptif et pr\u00e9cis, propre \u00e0 d\u00e9clencher chez le lecteur l&rsquo;apparition d&rsquo;images, sortes d&rsquo;instantan\u00e9s que l&rsquo;on a tous vus un jour ou l&rsquo;autre quand on habite en ville. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Quelqu&rsquo;un m&rsquo;a dit que cette avalanche d&rsquo;\u00e9pith\u00e8tes lui donnait un peu mal au c\u0153ur, et qu&rsquo;il aurait davantage appr\u00e9ci\u00e9 un texte moins fourni qui aurait laiss\u00e9 davantage de place \u00e0 l&rsquo;imagination. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">J&rsquo;ai donc\u00a0modifi\u00e9 le\u00a0texte original de \u00ab\u00a0<em>Une travers\u00e9e de Paris<\/em>\u00a0\u00bb en ne conservant que le minimum d&rsquo;adjectifs. Cela a donn\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Une autre travers\u00e9e de Paris<\/em>\u00ab\u00a0.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Vous pourrez comparer les deux versions, car je reproduis \u00e0 la suite le texte avec adjectifs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Alors, vous pr\u00e9f\u00e9rez avec ou sans ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est cinq heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jour se l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Bomby\u2019s caf\u00e9 de la Place d\u2019Italie, un homme noir en bleu de travail est accoud\u00e9 au comptoir devant une tasse de caf\u00e9. Son corps est enti\u00e8rement rel\u00e2ch\u00e9 et sa silhouette forme une sorte de S. Son regard est ailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un chien remonte en trottinant <!--more-->le boulevard Auguste Blanqui. Il conna\u00eet les jours et les heures du march\u00e9 Corvisart. Un camion s\u2019arr\u00eate pour le laisser passer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est huit heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue Gay-Lussac, une femme cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment la rue d\u2019U.L.M. Elle entre au caf\u00e9 pour demander son chemin. Ici, on ne conna\u00eet que la rue d\u2019Ulm. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue Saint-Jacques, il y a cette jeune femme qui pleure dans son iPhone. Devant l\u2019\u00e9glise Saint Jacques du Haut Pas, elle croise sans le voir un enfant qui rit parce que les pav\u00e9s du parvis font tressauter sa patinette et trembler ses joues. Devant l\u2019\u00e9cole communale, il attache sa machine \u00e0 une grille et franchit en courant le porche sous le drapeau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est en retard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme en habit vert descend lentement la rue Soufflot. Un t\u00e9l\u00e9phone coll\u00e9 \u00e0 la joue, il pousse devant lui une poubelle \u00e0 roulettes dans laquelle est plant\u00e9 un balai. A la terrasse du Comptoir du Panth\u00e9on, un gar\u00e7on de caf\u00e9, les pouces dans les poches de son gilet, plateau et serviette sous le bras, le regarde passer. Il \u00e9change une plaisanterie avec un client et ricane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un car cellulaire remonte le boulevard Saint-Michel \u00e0 vive allure. Il vient du Palais de Justice et file vers la Sant\u00e9. Des doigts apparaissent aux grilles qui prot\u00e8gent ses fen\u00eatres. Devant l\u2019entr\u00e9e du Luxembourg, une jeune fille s\u2019arr\u00eate et regarde les doigts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est midi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le bassin, les voiliers du Luxembourg virent ensemble sous une ris\u00e9e et s\u2019emm\u00ealent sous le jet d\u2019eau, entour\u00e9s de canards, d\u2019enfants et de m\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme et une femme se sont donn\u00e9 rendez-vous place Saint Sulpice. Arriv\u00e9e en avance, et sans pouvoir d\u00e9cider de quel c\u00f4t\u00e9 attendre, elle commence \u00e0 tourner autour de la fontaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Saint-Germain des Pr\u00e9s, devant l\u2019\u00e9glise, un minibus noir est arr\u00eat\u00e9, entour\u00e9 de lentes silhouettes. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la place, trois am\u00e9ricaines boivent du chardonnay \u00e0 la terrasse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est trois heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la Passerelle des Arts, des hommes en bleu arrivent en groupe. Ils commencent \u00e0 cisailler les garde-corps pour lib\u00e9rer les dizaines de milliers de cadenas d\u2019amour que des vingtaines de milliers d\u2019amoureux y ont accroch\u00e9s. \u00ab Comme c\u2019est dommage ! \u00bb dit un passant. Un autre demande : \u00ab Mais que vont-ils en faire sans les cl\u00e9s ? \u00bb Plus loin, un touriste argentin regarde couler la Seine. Il est seul et s\u2019ennuie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux Tuileries, un groupe d\u2019asiatiques entoure un guide \u00e0 parapluie. Un moment, ils observent la vo\u00fbte de l\u2019arc de triomphe du Carrousel, puis chacun se prend en selfie. Une femme Rom s\u2019approche et tente de leur vendre une bague qu\u2019elle pr\u00e9tend avoir trouv\u00e9e \u00e0 leurs pieds. Ils s\u2019\u00e9parpillent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la place de la Concorde, du haut de la nacelle n\u00b012 de la grande roue, un couple avec enfants observe en dessous de lui la circulation prise en masse. Un autobus \u00e0 imp\u00e9riale lutte avec une camionnette couverte d\u2019\u00e9chelles et de tuyaux pour atteindre le passage qui leur permettra de franchir la zone de travaux. Une procession de gyrophares pi\u00e9tine avec fureur pour franchir le pont.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir et la pluie se mettent \u00e0 tomber.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est cinq heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9, sur le bitume, les feux des voitures se m\u00e9langent aux lumi\u00e8res des magasins. Deux femmes descendent d\u2019une limousine sous le parapluie que brandit leur chauffeur. Elles entrent en riant chez Louboutin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Place de l\u2019Op\u00e9ra, sous la verri\u00e8re du Grand H\u00f4tel, quelques am\u00e9ricains commencent \u00e0 d\u00eener. A moins qu\u2019ils ne soient anglais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus loin, Old England a d\u00e9finitivement ferm\u00e9. Les palissades annoncent pour bient\u00f4t la plus grande boutique de montres de luxe de Paris et au-del\u00e0. Un militaire entre dans un restaurant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est huit heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pluie cesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fleuve qui roule sur le trottoir des Capucines se divise entre la file d\u2019attente pour les adieux d\u2019une vedette de la chanson, l\u2019attroupement devant la fa\u00e7ade du th\u00e9\u00e2tre \u00c9douard VII, et les derniers instants de solde d\u2019un magasin de v\u00eatements pour jeunes gens \u00e0 tendance am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gare Saint-Lazare, l\u2019heure de l\u2019affluence est pass\u00e9e. Pourtant, devant les fausses valises empil\u00e9es, une dizaine de personnes, hommes et femmes, attendent. Elles ont rendez-vous, mais pas les unes avec les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue Jean-Baptiste Pigalle, un autocar d\u00e9charge sa cargaison devant le Paris-Follies. Le Comit\u00e9 d\u2019Entreprise des Transports Bricard de Sarreguemines passe sous l\u2019enseigne en se poussant du coude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est dix heures pass\u00e9es. Il va s\u00fbrement pleuvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Place du Tertre, les clients de La Cr\u00e9maill\u00e8re sortent par groupes. Ils chantent la Complainte de la Butte en finissant d\u2019enfiler leur manteau. Ils vont bient\u00f4t descendre les escaliers du Sacr\u00e9 C\u0153ur jusqu\u2019au square d\u2019Anvers. Peut-\u00eatre y a-t-il encore un bistrot ouvert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il pleut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est deux heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Tabac Le Clignancourt, un chauffeur routier a gar\u00e9 son semi-remorque devant l\u2019arr\u00eat d\u2019autobus pour un caf\u00e9 croissant. Le moteur tourne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jour se l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est cinq heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paris s\u2019\u00e9veille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Comme promis ci-dessus, voici ci-dessous le texte d&rsquo;origine :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>Une travers\u00e9e de Paris<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est cinq heures. Le jour se l\u00e8ve.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Au Bomby&rsquo;s caf\u00e9 de la Place d&rsquo;Italie, un homme noir en bleu de travail immacul\u00e9 est accoud\u00e9 au comptoir devant une tasse de caf\u00e9 vide. Son grand corps mince est enti\u00e8rement rel\u00e2ch\u00e9 et sa silhouette forme une sorte d&rsquo;immense S. Son regard est ailleurs.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Un chien affair\u00e9 remonte en trottinant le boulevard Auguste Blanqui. Il conna\u00eet les jours et les heures du march\u00e9 Corvisart. Un camion s&rsquo;arr\u00eate pour le laisser passer.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est huit heures.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Rue Gay-Lussac, une femme noire, inqui\u00e8te et fatigu\u00e9e cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment la rue d&rsquo;U.L.M. Elle entre au caf\u00e9 pour demander son chemin. Ici, on ne conna\u00eet que la rue d&rsquo;Ulm. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Rue Saint-Jacques, il y a cette jeune femme qui pleure dans son iPhone blanc. \u00a0Devant l&rsquo;\u00e9glise Saint Jacques du haut pas, elle croise sans le voir un enfant qui rit parce que les pav\u00e9s du parvis font tressauter sa patinette et trembler ses joues. Devant l&rsquo;\u00e9cole communale, il attache sa machine \u00e0 une grille et franchit en courant le porche sous le drapeau.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est en retard.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Un homme en habit vert \u00e0 gilet jaune ray\u00e9 d&rsquo;argent descend lentement la rue Soufflot. Un t\u00e9l\u00e9phone coll\u00e9 \u00e0 la joue, il pousse devant lui une petite poubelle m\u00e9tallique \u00e0 roulettes dans laquelle est plant\u00e9 un balai \u00e0 poils verts.\u00a0A la terrasse du Comptoir du Panth\u00e9on, un gar\u00e7on de caf\u00e9, pantalon noir, tablier noir sur chemise blanche et gilet noir, pouces dans les poches du gilet, plateau argent et serviette blanche sous le bras, le regarde passer. Il \u00e9change une plaisanterie avec un client et ricane.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Un car cellulaire remonte le boulevard Saint-Michel \u00e0 vive allure. Il vient du Palais de Justice et file vers la Sant\u00e9. Des doigts crisp\u00e9s apparaissent aux grilles qui prot\u00e8gent ses fen\u00eatres ouvertes. Devant l&rsquo;entr\u00e9e du Luxembourg, une jeune fille s&rsquo;arr\u00eate et regarde les doigts.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est midi.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Sur le grand bassin, les voiliers du Luxembourg virent ensemble sous une ris\u00e9e soudaine et s&#8217;emm\u00ealent sous le jet d&rsquo;eau, entour\u00e9s de canards indiff\u00e9rents, d&rsquo;enfants pench\u00e9s sur l&rsquo;eau et de m\u00e8res inqui\u00e8tes.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Un homme et une femme se sont donn\u00e9 rendez-vous place Saint Sulpice. Arriv\u00e9e en avance, et sans pouvoir d\u00e9cider de quel c\u00f4t\u00e9 attendre, elle commence \u00e0 tourner autour de la fontaine.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00c0 Saint-Germain des Pr\u00e9s, devant l&rsquo;\u00e9glise, un minibus noir est arr\u00eat\u00e9, entour\u00e9 de lentes silhouettes sombres. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la place, trois jeunes am\u00e9ricaines boivent du chardonnay \u00e0 la terrasse. \u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est trois heures.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Sur la Passerelle des Arts, des hommes en bleu arrivent en groupe. Ils commencent \u00e0 cisailler les garde-corps pour lib\u00e9rer les dizaines de milliers de cadenas d&rsquo;amour que des vingtaines de milliers d&rsquo;amoureux cr\u00e9dules ou menteurs y ont accroch\u00e9. \u00ab\u00a0Comme c&rsquo;est dommage !\u00a0\u00bb dit un passant. Un autre demande\u00a0: \u00ab\u00a0Mais que vont-ils en faire sans les cl\u00e9s\u00a0? \u00a0\u00bb\u00a0 Plus loin, un touriste argentin regarde couler la Seine. Il est seul et s&rsquo;ennuie.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Aux Tuileries, un groupe d&rsquo;asiatiques entoure un guide \u00e0 parapluie rouge. Un moment, ils observent la vo\u00fbte de l&rsquo;arc de triomphe du Carrousel, puis chacun se prend en selfie. Une femme Rom s&rsquo;approche et tente de leur vendre une bague qu&rsquo;elle pr\u00e9tend avoir trouv\u00e9e \u00e0 leurs pieds. Ils s&rsquo;\u00e9parpillent, offusqu\u00e9s.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Sur la place de la Concorde, du haut de la nacelle n\u00b012 de la grande roue, un couple avec enfants observe en dessous de lui la circulation prise en masse. Un autobus rouge \u00e0 imp\u00e9riale d\u00e9couverte lutte avec une camionnette blanche couverte d&rsquo;\u00e9chelles et de tuyaux pour atteindre l&rsquo;\u00e9troit passage qui leur permettra de franchir la zone de travaux. Une procession bruyante de gyrophares bleus pi\u00e9tine avec fureur pour franchir le pont.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Le soir et la pluie se mettent \u00e0 tomber.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9, sur le bitume luisant, les feux des voitures se m\u00e9langent aux lumi\u00e8res des magasins. Deux femmes descendent d&rsquo;une limousine noire sous le parapluie vert et rouge que brandit leur chauffeur. Elles entrent en riant chez Louboutin.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Place de l&rsquo;Op\u00e9ra, sous la verri\u00e8re du Grand H\u00f4tel, quelques am\u00e9ricains commencent \u00e0 d\u00eener. A moins qu&rsquo;ils ne soient anglais.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Un peu plus loin, Old England a d\u00e9finitivement ferm\u00e9. Les palissades annoncent pour bient\u00f4t la plus grande boutique de montres de luxe de Paris et au-del\u00e0. Un beau militaire entre dans un restaurant chinois.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est huit heures. La pluie cesse.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Le fleuve qui roule sur le trottoir des Capucines se divise entre la file d&rsquo;attente pour les nouveaux adieux d&rsquo;une vedette de la chanson populaire, l&rsquo;attroupement devant la belle fa\u00e7ade du th\u00e9\u00e2tre \u00c9douard VII, et les derniers instants de solde d&rsquo;un magasin de v\u00eatements pour jeunes gens d\u00e9contract\u00e9s \u00e0 tendance am\u00e9ricaine.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Gare Saint-Lazare, l&rsquo;heure de l\u2019affluence est pass\u00e9e. Pourtant, devant les fausses valises empil\u00e9es, une dizaine de personnes, hommes et femmes, attendent, inqui\u00e8tes. Elles ont rendez-vous, mais pas les unes avec les autres.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Rue Jean-Baptiste Pigalle, un autocar rutilant d\u00e9charge sa cargaison devant le Paris-Follies. Le Comit\u00e9 d&rsquo;Entreprise des Transports Bricard de Sarreguemines passe sous l\u2019enseigne \u00e9clatante en se poussant du coude.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est dix heures pass\u00e9. Il va s\u00fbrement pleuvoir.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Place du Tertre, les derniers clients de La Cr\u00e9maill\u00e8re sortent par groupes. Ils chantent la Complainte de la Butte en finissant d&rsquo;enfiler leur manteau. Ils vont bient\u00f4t descendre les escaliers du Sacr\u00e9 C\u0153ur jusqu&rsquo;au square d&rsquo;Anvers. Peut-\u00eatre y a-t-il encore un bistrot ouvert.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il pleut. Il est deux heures.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Au Tabac Le Clignancourt, un chauffeur routier a gar\u00e9 son\u00a0semi-remorque\u00a0devant l&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;autobus\u00a0pour un caf\u00e9 croissant. Le moteur tourne.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Le jour se l\u00e8ve.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est cinq heures. Paris s&rsquo;\u00e9veille.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 15 mai dernier, j&rsquo;avais diffus\u00e9 ici un texte intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Une travers\u00e9e de Paris\u00a0\u00bb . Je voulais ce texte extr\u00eamement descriptif et pr\u00e9cis, propre \u00e0 d\u00e9clencher chez le lecteur l&rsquo;apparition d&rsquo;images, sortes d&rsquo;instantan\u00e9s que l&rsquo;on a tous vus un jour ou l&rsquo;autre quand on habite en ville. Quelqu&rsquo;un m&rsquo;a dit que cette avalanche d&rsquo;\u00e9pith\u00e8tes lui &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=6522\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Une autre travers\u00e9e de Paris<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"Une autre travers\u00e9e de Paris","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12,2],"tags":[1062,1063,21],"class_list":["post-6522","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","category-textes","tag-adjectif","tag-epithete","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6522","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6522"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6522\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6522"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6522"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6522"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}