{"id":56745,"date":"2026-05-06T08:47:58","date_gmt":"2026-05-06T06:47:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=56745"},"modified":"2026-05-06T08:48:25","modified_gmt":"2026-05-06T06:48:25","slug":"merci-pour-le-petit-dejeuner-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=56745","title":{"rendered":"Merci pour le petit d\u00e9jeuner \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>par Lorenzo dell&rsquo;Acqua<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce matin, vers cinq heures trente quand je me suis r\u00e9veill\u00e9, il faisait mauvais temps, le ciel \u00e9tait d\u2019un gris ni clair, ni fonc\u00e9 mais uniform\u00e9ment moyen sans le moindre espoir d\u2019\u00e9claircie. Pour un mois de mai, j\u2019ai trouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait un peu dur. Il aurait pu pleuvoir, cela aurait rempli la nappe phr\u00e9atique et arros\u00e9 les fleurs du jardin, mais non, la m\u00e9t\u00e9o ne pr\u00e9voyait pas le moindre risque d\u2019averses pour la journ\u00e9e enti\u00e8re. Il allait donc falloir faire avec.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Vous avez d\u00fb remarquer comme moi que quand il fait mauvais temps, cela retentit sur le moral, en tout cas le mien. C\u2019est tr\u00e8s ennuyeux parce qu\u2019\u00e0 mon \u00e2ge, ce moral n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas fameux quand il fait beau. Rien que le lever est une grande man\u0153uvre en raison des douleurs articulaires diffuses qui obligent \u00e0 d\u00e9multiplier tous ces mouvements que nous faisions jadis sans m\u00eame y r\u00e9fl\u00e9chir. Maintenant il faut les activer volontairement l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre avec prudence. Au bout d\u2019un laps de temps variable suivant les jours, vous voil\u00e0 enfin debout. La temp\u00e9rature ambiante \u00e9tant ce qu\u2019elle est, il est prudent de trouver des chaussons et une robe de chambre dans l\u2019obscurit\u00e9 sans r\u00e9veiller votre \u00e9pouse. A l\u2019aide de l\u2019\u00e9clairage de votre i-phone, vous d\u00e9nichez le premier soulier mais pas le second. Pas grave du moment que vous pouvez vous r\u00e9chauffer si vous parvenez \u00e0 atteindre le porte-manteau pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019un obstacle au sol impr\u00e9vu dans lequel vous vous prenez les pieds parce qu\u2019il se d\u00e9place chaque jour. Mais pourquoi ce sac est-il \u00e0 cet endroit de fort passage\u00a0\u00e0 cette heure matinale ? Cette question pourtant fondamentale restera sans r\u00e9ponse. Je passe les d\u00e9tails fastidieux d\u2019une progression si possible silencieuse dans une obscurit\u00e9 quasi-totale qui vous permet de gagner au propre comme au figur\u00e9 la cuisine. Man\u0153uvrer une cafeti\u00e8re \u00e9lectrique en 2026 n\u2019est pas un exploit mais demande tout de m\u00eame quelques pr\u00e9paratifs en \u00e9vitant de renverser du caf\u00e9 par terre. A l\u2019issue de cette performance, il vous restera \u00e0 peu pr\u00e8s trois minutes pour sortir du tiroir votre bo\u00eete de m\u00e9dicaments qui commence \u00e0 craquer de tous les c\u00f4t\u00e9s. Non seulement il y en a de plus en plus mais ils sont aussi de plus en plus gros. C\u2019est normal, m\u2019a dit le docteur bienveillant, parce que vos soucis de sant\u00e9 ne peuvent que s\u2019aggraver avec le temps (celui qui passe, pas celui qu\u2019il fait ce matin). Les voil\u00e0 enfin r\u00e9unis sur la nappe \u00e0 motifs bariol\u00e9s de la table de la cuisine o\u00f9 il n\u2019est jamais facile pour un myope de les distinguer de ses motifs multicolores d\u2019une part et, d\u2019autre part, \u00a0parce qu\u2019il y en a un, le tout petit marron de cinq millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, qui ne s\u2019immobilise jamais exactement l\u00e0 o\u00f9 vous l\u2019aviez extrait du blister et qui roule parfois \u00e0 une distance impressionnante parce qu\u2019il est rond. C\u2019est regrettable parce que si les m\u00e9dicaments \u00e9taient carr\u00e9s, ils ne pourraient pas rouler par terre o\u00f9 l\u00e0, honn\u00eatement, il est impossible de les retrouver avant que le caf\u00e9 n\u2019ait compl\u00e9tement refroidi. Ce matin, ils ont eu la d\u00e9licatesse pour une fois de ne pas trop s\u2019\u00e9loigner les uns des autres et de rester \u00e0 une distance raisonnable de leur point de chute. Votre joie n\u2019est que de courte dur\u00e9e car vous constatez bient\u00f4t que votre caf\u00e9 est d\u2019une couleur brun clair qui ne laisse rien pr\u00e9sager de bon. Et en effet, v\u00e9rification faite, la filtre n\u2019\u00e9tait pas bien positionn\u00e9 et n\u2019a donc pas pu remplir correctement sa fonction. Le r\u00e9sultat est un liquide pastel plus proche de l\u2019eau sale que du noir habituel. D\u00e9cid\u00e9ment, le temps inf\u00e2me plus un caf\u00e9 inf\u00e2me, vous vous dites que la journ\u00e9e commence mal. Vous vous rappelez aussi, ce qui n\u2019am\u00e9liore pas votre moral, que les emmerdements chez vous volent toujours en escadrille par trois. Donc, fataliste, vous vous demandez quelle sera la troisi\u00e8me contrari\u00e9t\u00e9 de la journ\u00e9e d\u2019autant qu\u2019il n\u2019est que six heures du matin et que cette r\u00e8gle des trois risque d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9e. La purge aval\u00e9e, vous jetez un \u0153il sur les d\u00e9p\u00eaches arriv\u00e9es pendant la nuit sur le site d\u2019informations d\u2019Internet parce que c\u2019est pratique, gratuit et suffisant pour se faire une id\u00e9e d\u00e9primante. \u00a0Ce matin, reconnaissons-le, les nouvelles ne sont pas pires que la veille, elles sont dans une moyenne sinistre ce qui vous enl\u00e8ve tout scrupule de passer \u00e0 autre chose. Aurais-je re\u00e7u un mail hilarant d\u2019un de mes vieux copains\u00a0? En fait, cet espoir est vite d\u00e9\u00e7u car les uns sont de plus en plus paresseux et les autres de plus en plus pr\u00e9occup\u00e9s par des soucis qui leur font oublier de distraire leurs amis de cinquante ans comme la cafeti\u00e8re \u00e9lectrique. Il faut dire qu\u2019ils ont en g\u00e9n\u00e9ral des excuses valables\u00a0: deux sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, je me suis f\u00e2ch\u00e9 avec une bonne demi-douzaine et trois autres ont de longues maladies qui ne laissent rien pr\u00e9sager de bon. Et ce matin encore, force est de constater que vous n\u2019avez re\u00e7u aucun mail de personne. Des publicit\u00e9s, oui, beaucoup, mais c\u2019est in\u00e9vitable d\u2019apr\u00e8s mes enfants et malgr\u00e9 le filtre efficace de mon op\u00e9rateur internet\u00a0: Leroy-Merlin, la FNAC, VeePee, TF1, Vistaprint, La Redoute, Panajou, LCL, BNP, La Banque Postale, Gazette Drouot, Les Amis du Louvre, Ircantec, CARMF, Les Grappes, Booking, Ulys, Allianz, Le Petit Ballon, Darty, Doctolib, EDF et j\u2019en passe.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Avec tout \u00e7a, vous avez oubli\u00e9 de rallumer la cafeti\u00e8re et, quand votre \u00e9pouse vient prendre son petit d\u00e9jeuner, elle s\u2019en plaint \u00e0 juste titre mais \u00e7a ne compte pas comme le troisi\u00e8me emmerdement de la journ\u00e9e puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9primande quotidienne qui ne vous affecte plus depuis longtemps. Privil\u00e8ge des retrait\u00e9s, pendant ce temps-l\u00e0, la pendule a tourn\u00e9 et frise d\u00e9sormais les neuf heures, autrement dit une heure raisonnable pour envisager de faire encore une fois votre toilette dont vous reculez chaque jour un peu plus l\u2019\u00e9ch\u00e9ance pour ne pas voir votre visage dans le miroir du cabinet de toilette et y d\u00e9couvrir un signe anormal dont je ne vous ferai pas liste par charit\u00e9 chr\u00e9tienne et dont le pronostic ne vous trompera pas parce que vous avez \u00e9t\u00e9 jadis m\u00e9decin. Et \u00e0 cet instant, heureusement, vous vous souvenez que vous n\u2019avez pas encore \u00e9puis\u00e9 toutes les possibilit\u00e9s de distraction culturelle susceptibles d\u2019adoucir la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la m\u00e9t\u00e9o printani\u00e8re\u00a0: il vous reste la lecture du JdC qui d\u00e9livre quotidiennement des textes toujours int\u00e9ressants et parfois m\u00eame amusants voire d\u00e9sopilants\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce jour-l\u00e0, une fois n\u2019est pas coutume, l\u2019article intitul\u00e9 <em>Breakfast in Paris<\/em> est franchement sinistre ce qui m\u2019afflige dans un premier temps mais va me procurer rapidement une joie indescriptible. Ce qu\u2019il a d\u2019inhabituel, c\u2019est une vision non pas grise comme le ciel mais noire comme le caf\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re symbolis\u00e9e par un jeune couple pourtant charmant et interracial qui s\u2019aime \u00e0 n\u2019en plus finir sous le regard afflig\u00e9 du narrateur. Vous n\u2019imaginez pas ma joie\u00a0malgr\u00e9 ma d\u00e9ception ! Ma troisi\u00e8me contrari\u00e9t\u00e9 m\u2019\u00e9tait tomb\u00e9e dessus\u00a0avant dix heures du matin\u00a0! Me restait donc une formidable journ\u00e9e sans le moindre risque d\u2019emmerdements malgr\u00e9 une entame calamiteuse. Merci NRCB.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Lorenzo dell&rsquo;Acqua Ce matin, vers cinq heures trente quand je me suis r\u00e9veill\u00e9, il faisait mauvais temps, le ciel \u00e9tait d\u2019un gris ni clair, ni fonc\u00e9 mais uniform\u00e9ment moyen sans le moindre espoir d\u2019\u00e9claircie. 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