{"id":56437,"date":"2026-04-23T07:47:13","date_gmt":"2026-04-23T05:47:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=56437"},"modified":"2026-04-23T08:21:01","modified_gmt":"2026-04-23T06:21:01","slug":"la-chanson-pour-lorenzo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=56437","title":{"rendered":"La Chanson  pour Lorenzo (2\/2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><strong>LA CHANSON<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>par<br \/>\nLorenzo dell&rsquo;Acqua<br \/>\n(suite)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) je n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 comprendre les paroles des \u00ab\u00a0tub\u00a0\u00bb de langue anglaise. J&rsquo;imaginais donc des histoires qui n&rsquo;avaient aucun rapport avec le sens r\u00e9el de ces chansons mais qui \u00e9taient la traduction des r\u00eaves qu\u2019elles me sugg\u00e9raient. De tr\u00e8s belles chansons en fran\u00e7ais m&rsquo;ont elles aussi fait r\u00eaver bien au del\u00e0 de leur signification litt\u00e9rale &#8230;. :<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Ma m\u00f4me de Jean Ferrat<\/strong>. Ce sont deux prol\u00e9taires chers \u00e0 l\u2019auteur. Ils n\u2019ont pas un sou mais le bonheur les envahit. Le printemps et son soleil inondent la petite chambre de bonne sous les toits de Paris. Ils sont encore dans le lit aux draps d\u00e9faits, engourdis de caresses profondes et d\u2019ivresses interdites.\u00a0Ils se sont \u00e9veill\u00e9s au plaisir. C\u2019est un amour na\u00eff et vertigineux. Par la lucarne, on devine Paris qui rena\u00eet apr\u00e8s les ann\u00e9es noires de l\u2019occupation.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Coconut grove des Loving Spoonful<\/strong>. C\u2019est mon ami d\u2019enfance, Jean-Paul, qui me l\u2019a \u00e9voqu\u00e9e et je n\u2019ai jamais oubli\u00e9 cette sc\u00e8ne associ\u00e9e \u00e0 son premier amour, Dominique. Ils courent et s&rsquo;enlacent sur le sable blanc entre la mer turquoise et les cocotiers. Ils sont seuls au monde sur cette plage d\u00e9serte d\u2019un pays imaginaire. Le rythme de la chanson est comme une danse qu&rsquo;enveloppe le tourbillon de leur bonheur. La vie pourrait s\u2019arr\u00eater l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>La plage de Graeme Alwright<\/strong>. C\u2019est une chanson en noir et blanc associ\u00e9e dans mon esprit au film Remorques de Jean Gr\u00e9millon. Le sable blanc, les algues noires, l\u2019\u00e9cume des vagues, le chariot en bois, l\u2019ombre des nuages, ses yeux voil\u00e9s par sa main \u2026 Comment a-t-il pu laisser partir cette femme venue habiter ce monde min\u00e9ral vibrant de murmures ? Elle s&rsquo;en est all\u00e9e, il ne la reverra jamais. C\u2019est notre histoire \u00e0 tous.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Le deuxi\u00e8me mouvement du Concerto en sol de Ravel<\/strong> associ\u00e9 \u00e0 ce passage de Servitude humaine de Somerset Maugham. Le jeune m\u00e9decin est assis \u00e0 ses pieds et lui raconte sa vie. Elle est son a\u00een\u00e9e et ne r\u00eave d\u00e9j\u00e0 plus. Soudain, au d\u00e9cours d\u2019une phrase anodine, elle l&rsquo;interrompt et lui demande\u00a0: \u00ab\u00a0Mais, ne seriez-vous pas en train de ma faire la cour\u00a0?\u00a0\u00bb Merveilleux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>El rey qui tanto madruga<\/strong>\u00a0<strong>par Montserrat Figueras<\/strong> : cela se passe en Andalousie au Moyen-\u00c2ge. Elle est juive, brune et belle. Elle provoque ces princes chr\u00e9tiens et arabes qui oppriment son peuple. Sa beaut\u00e9 fascine les hommes et insupporte les femmes. Elle accentue le trait, chante avec insolence, danse \u00e0 l\u2019exc\u00e8s, mais personne ne s&rsquo;en offusque car la beaut\u00e9, la fiert\u00e9 et l\u2019intelligence habitent cette jeune fille qui n\u2019offrira ses charmes \u00e0 aucun d\u2019entre eux.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Comme \u00e0 Ostende de Caussimon: <\/strong>c\u2019est un vieil homme comme nous le deviendrons tous. Il ne cherche plus \u00e0 s\u00e9duire depuis longtemps mais la jeune serveuse aux yeux transparents crucifie son c\u0153ur et l\u2019embarque contre son gr\u00e9 vers des rivages impossibles. Il la remercie avec ses pleurs.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Il est cinq heures Paris s\u2019\u00e9veille\u00a0de Dutronc: <\/strong>j\u2019ai seize ans sur la plate-forme arri\u00e8re d\u2019un bus d\u2019alors. Le soleil par \u00e9clats aveuglants traverse les feuillages des marronniers. Les filles en jupes l\u00e9g\u00e8res me sourient. La vie est belle. Nous sommes en 1968 &#8230;!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Que serais-je sans toi\u00a0de Ferrat: <\/strong>Rien.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Septembre\u00a0de Barbara: <\/strong>la nostalgie ou la tristesse ou la peine. Les sanglots rentr\u00e9s en \u00e9coutant au loin les sir\u00e8nes des bateaux qui s&rsquo;en vont. C\u2019est le port sinistre de Blaye s&rsquo;endormant sous la pluie et le visage de mon p\u00e8re qui se tourne vers moi et m&rsquo;offre enfin un sourire complice<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Des ronds dans l\u2019eau<\/strong>\u00a0<strong>de Fran\u00e7oise Hardy :<\/strong> je le connais bien ce gar\u00e7on r\u00eaveur qui ne sait pas ce qu\u2019il veut. Ou plut\u00f4t si, il veut devenir lui-m\u00eame mais rester pour elle celui qui savait faire des ronds dans l\u2019eau.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>As tears go by<\/strong> <strong>des Rolling Stones <\/strong>: cette fois, c\u2019en est bien fini, l\u2019enfance est enfuie. Mes larmes vont \u00e0 la jeune fille en robe noire qui m\u2019a fait danser dans mon smoking de location. Je n\u2019ai rien compris \u00e0 ce qu\u2019elle murmurait \u00e0 mon oreille mais je me souviens encore du frisson inconnu qui me traversa alors. Elle \u00e9tait plus \u00e2g\u00e9e que moi. Quel \u00e9tait son nom\u00a0? Odile.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Album Rubber Soul des Beatles<\/strong>: le premier 33 tours pop que j&rsquo;ai achet\u00e9 dans le passage reliant l&rsquo;avenue du G\u00e9n\u00e9ral Leclerc au square Dumoncel et \u00e0 la piscine. Je l&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9 en boucle sur l&rsquo;\u00e9lectrophone \u00e0 Dreux. Je n&rsquo;y avais jamais pens\u00e9 mais \u00ab\u00a0<em>Mich\u00e8le, ma belle\u00a0\u00bb<\/em>, c&rsquo;\u00e9tait le pr\u00e9nom de ma tante que j&rsquo;ai toujours appel\u00e9 Tata. Y avait-elle pens\u00e9, elle ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Guinivere de Donovan\u00a0:<\/strong> C\u2019est une princesse du Moyen \u00c2ge dont est tomb\u00e9 amoureux le petit voyou de Londres. Il se souvient de la douceur de sa robe en velours caress\u00e9e en cachette. C&rsquo;est la m\u00eame histoire que celle du Bal des Laze de Polnareff plus facile d&rsquo;acc\u00e8s car en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Sunny afternoon des Kinks<\/strong> : mon premier 45 tours achet\u00e9 pendant mon unique s\u00e9jour linguistique (bien peu productif) en Angleterre \u00e0 Lowestoft et mon retour \u00e0 Paris, par un apr\u00e8s midi ensoleill\u00e9, cheveux longs et shetland vert sombre achet\u00e9 l\u00e0-bas \u00e0 la stupeur de mes parents. Le premier pull que ma m\u00e8re ne m&rsquo;avait pas tricot\u00e9. Mai 68 \u00e9tait proche &#8230;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>San Francisco Nights d&rsquo;Eric Burdon and the Animals<\/strong> : nous sommes aux sports d\u2019hiver dans une chambre d&rsquo;h\u00f4tel \u00e0 Zermatt autour d\u2019un petit magn\u00e9tophone \u00e0 cassettes. Le premier du genre. Nous \u00e9coutons cette chanson et il y a Christine, ma petite amie d&rsquo;enfance dont j&rsquo;\u00e9tais platoniquement amoureux sans savoir pourquoi. Elle \u00e9tait blonde et belle. Plus tard en dansant un slow \u00e0 Solden toujours aux vacances d&rsquo;hiver que nous passions ensemble et avec nos parents, elle r\u00e9sista avec raison \u00e0 mes avances maladroites. Plus tard encore, elle est morte sans que j&rsquo;aie eu le temps de la revoir. J&rsquo;ai accompagn\u00e9 ma m\u00e8re, qui \u00e9tait sa marraine, \u00e0 la mise en bi\u00e8re au milieu de sa famille, son mari et ses filles qui ne me connaissaient pas. J&rsquo;aurais mieux fait de ne pas y aller et de respecter l&rsquo;intimit\u00e9 de leur douleur.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>The letter des box tops : <\/strong>c&rsquo;est encore au temps de Dominique<strong>. <\/strong>J&rsquo;entends cette chanson dans la minuscule salle de bains de notre appartement familial rue Charles Divry et je pense \u00e0 elle, \u00e0 son pantalon rouge et sa chemise bleue ou l&rsquo;inverse, le soir de nos premi\u00e8res \u00e9treintes. Plus tard, je re\u00e7us un coup de t\u00e9l\u00e9phone de son p\u00e8re me demandant s&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 quelque chose de grave entre nous et je lui avais r\u00e9pondu que non. Et je lui avais menti. Dominique \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital et venait de faire une tentative de suicide. Nous nous \u00e9tions s\u00e9par\u00e9s le dimanche pr\u00e9c\u00e9dent. Sinc\u00e8rement, je ne sais pas si j&rsquo;en \u00e9tais vraiment la cause.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>La Montagne de Jean Ferrat : <\/strong>sur mon petit lit dans la chambre sans chauffage de Mektoub \u00e0 P\u00e2ques, je d\u00e9couvre ce chef d\u2019\u0153uvre alors en t\u00eate du hit parade d&rsquo;Europe 1. Cette chanson me bouleverse alors et me bouleverse encore aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ai pass\u00e9 ma vie \u00e0 en v\u00e9rifier les raisons. C&rsquo;est tout ce que j&rsquo;ai d\u00e9couvert et aim\u00e9 et que j&rsquo;ignorais quand je l&rsquo;\u00e9coutais pour la premi\u00e8re fois. Ma sensibilit\u00e9, ma po\u00e9sie.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>J&rsquo;en d\u00e9duis que je t&rsquo;aime d&rsquo;Aznavour : <\/strong>ce titre n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re \u00e9l\u00e9gant ni po\u00e9tique \u00e0 mes yeux d\u2019adolescent mais je l\u2019aimais bien cette chanson que m\u2019avait fait \u00e9couter M-H chez elle avenue de Breteuil. Sa maman est entr\u00e9e dans la chambre sans frapper alors que nous commencions \u00e0 peine \u00e0 nous embrasser. J\u2019en ai d\u00e9duit que c\u2019\u00e9tait dur d\u2019avoir une m\u00e8re juive. Et ainsi de suite.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Tous les gar\u00e7ons et les filles de Fran\u00e7oise Hardy<\/strong> : un dimanche apr\u00e8s midi d&rsquo;hiver sinistre \u00e0 Maisons Laffitte chez les Chaigneau. Une maison sinistre avec leur fille Martine, sinistre elle aussi. Ai-je r\u00eav\u00e9 d&rsquo;y avoir rencontr\u00e9 Michel Vassiliu ? En tout cas, c&rsquo;est bien l\u00e0 que nous avions entendu sa devenue c\u00e9l\u00e8bre chanson : \u00a0\u00bb C&rsquo;\u00e9tait un p\u00f4v&rsquo; gars qui s&rsquo;appelait Armand, l&rsquo;avait pas de papa, l&rsquo;avait pas de maman\u00a0\u00bb. Elle avait plu \u00e0 mon p\u00e8re, cette chanson. Peut-\u00eatre y avais-je vu ou revu Elisabeth ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>And then I kiss her<\/strong> <strong>des Beach boys<\/strong> : C&rsquo;est le souvenir culpabilis\u00e9 de Fran\u00e7oise dans le jardin de la maison des Chaigneau \u00e0 Tharon, Ciboulette, autour d&rsquo;une table de ping-pong et du traditionnel clafoutis. Comme j&rsquo;ai du la faire souffrir, elle qui ne le m\u00e9ritait pas ! Ma seule excuse est que je me d\u00e9battais, moi, avec mon propre d\u00e9sespoir. Et dans mon r\u00eave d&rsquo;alors, cela se terminait en conte de f\u00e9e : \u00ab\u00a0and then I kissed her\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Le Partisan de L\u00e9onard Cohen<\/strong>: A l&rsquo;oppos\u00e9 du souvenir \u00e9bloui de cette magnifique chanson qui a peut-\u00eatre le mieux illustr\u00e9 la R\u00e9sistance, j&rsquo;ai aussi en n\u00e9gatif le souvenir de Catherine F. dans le salon de mes parents rue Charles Divry, le visage fig\u00e9, riant \u00e0 contretemps et sentant surtout le pipi de chat. Non vraiment, I will never kiss her.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Le chasseur de Delpech : <\/strong>voil\u00e0 une chanson \u00e9crite sur mesure pour le parisien qui a d\u00e9couvert l&rsquo;enchantement de la Sologne. Et moi aussi, un jour, j&rsquo;ai entendu un dr\u00f4le de sifflement grave qui venait d&rsquo;au dessus de ma t\u00eate, un bruit inhabituel : elles \u00e9taient l\u00e0, tr\u00e8s haut, en triangle, battant l&rsquo;air de leurs grandes ailes, \u00a0les oies sauvages.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Album Blanc des Beatles<\/strong> : un apr\u00e8s midi pluvieux \u00e0 ne pas savoir quoi faire \u00e0 Anet chez Isabelle et Christine autour d&rsquo;une table en formica. Il y avait Jean-Michel H. qui p\u00e9rorait. Je me sentais inexistant et ne les comprenais pas. J&rsquo;\u00e9tais malheureux et mal \u00e0 l&rsquo;aise. J&rsquo;aurais aim\u00e9 \u00eatre ailleurs, mais o\u00f9 ? J&rsquo;avais envie de pleurer.<strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>I&rsquo;ve been loving you too long<\/strong> <strong>d&rsquo;Otis Redding<\/strong>: c&rsquo;est peut-\u00eatre le souvenir chez les Guilleux de mon premier slow avec Isabelle M\u00e9nager qui \u00e9tait glaciale et le mot est faible. Avec ses cheveux bruns coup\u00e9s court, elle avait un physique ambigu de gar\u00e7on manqu\u00e9 et ne souriait absolument jamais. Je me demande encore aujourd&rsquo;hui comment je pouvais \u00eatre attir\u00e9 par elle. Sa m\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s belle et je me souviens qu&rsquo;elle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e peu apr\u00e8s d&rsquo;une tumeur au cerveau.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>new york meannig disaster des Bee Gees : <\/strong>dans cette ville ravag\u00e9e en pleine nuit par l&rsquo;incendie, on ressent nous aussi l&rsquo;affolement de la population. Il cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment sa fianc\u00e9e et montre \u00e0 tous ces gens paniqu\u00e9s une photo d&rsquo;elle quand tout n&rsquo;\u00e9tait que bonheur. Personne ne lui pr\u00eatera attention<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Lalena de Donovan<\/strong> : dans ma chambre, allong\u00e9 sur mon petit lit trop \u00e9troit, je r\u00e9alisais en \u00e9coutant cette chanson triste qu&rsquo;elle me faisait penser \u00e0 M-H et je me demandais si je l&rsquo;aimais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Marie-Jeanne de Jo Dassin : <\/strong>le texte est pourtant en fran\u00e7ais mais demeure assez obscur. D&rsquo;apr\u00e8s moi le narrateur aimait Marie-Jeanne mais pour une raison que je n&rsquo;ai pas saisie, il ne le dira pas de toute la chanson. Quelqu&rsquo;un les a vus lui et Marie-Jeanne jeter quelque chose du pont de la Garonne. Une IVG probablement. La musique lancinante finit par vous ravager le c\u0153ur sans qu&rsquo;on en connaisse la vraie raison.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Suzanne de Leonard Cohen <\/strong>: c&rsquo;est <strong>La Lorelei<\/strong> de Heine : \u00ab\u00a0<em>Pourquoi suis-je si triste? Je ne peux oublier cette l\u00e9gende. Sur la rive du Rhin, au soleil couchant, l&rsquo;air fra\u00eechit. Une merveilleuse jeune fille est assise l\u00e0-haut sur le rocher, elle peigne ses cheveux d&rsquo;or et chante une \u00e9trange m\u00e9lodie. Le batelier dans sa barque est pris d&rsquo;une \u00e9trange douleur violente ; il ne voit plus les r\u00e9cifs. A la fin, je crois les flots l&rsquo;engloutissent. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;ont fait la Lorelei et son chant\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Il pleut sur paris d&rsquo;Anne Vanderlove <\/strong>est le souvenir de mes premi\u00e8res photos de Paris sous la pluie<strong>\u00a0: <\/strong>la premi\u00e8re fois que je l\u2019entends, je suis dans la salle de bains en train de d\u00e9velopper mes premi\u00e8res photos en noir et blanc. Je d\u00e9couvre un Paris merveilleux luisant sous la pluie de novembre et la chanson accompagne charnellement ces images.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La musique a \u00ab\u00a0berc\u00e9\u00a0\u00bb toute ma vie et c&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e0 lui que je le dois. J&rsquo;ai aim\u00e9 la musique, je l&rsquo;ai trouv\u00e9e belle, lumineuse et apaisante. Elle m&rsquo;a accompagn\u00e9 depuis ma jeunesse tourment\u00e9e, elle m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 surmonter les \u00e9preuves de la vie, elle a att\u00e9nu\u00e9 mes souffrances. Savait-il qu&rsquo;elle aurait cette importance ? Et moi qui suis pr\u00e9voyant, j&rsquo;ai accumul\u00e9 des quantit\u00e9s ph\u00e9nom\u00e9nales de morceaux de musique classique, de jazz et de chansons en disques puis sur mon i-pod. J&rsquo;ai aussi achet\u00e9 bien plus de livres que je ne pouvais en lire parfois simplement \u00e0 cause de leur couverture qui me s\u00e9duisait. Et je me disais que le jour o\u00f9 je serai vieux, ou infirme, ou grabataire, j&rsquo;aurais au moins \u00e7a pour m&rsquo;aider \u00e0 survivre avec la photographie si je pouvais encore me d\u00e9placer. Ce pari \u00ab\u00a0audacieux\u00a0\u00bb \u00e9tait logique mais il s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 inefficace contrairement \u00e0 mes pr\u00e9visions. Quand j&rsquo;ai eu mon (grave) accident de v\u00e9lo, je me suis r\u00e9veill\u00e9 de quelques heures de coma avec : 1) une diplopie qui m&#8217;emp\u00eachait de lire, d&rsquo;\u00e9crire et d&rsquo;utiliser l&rsquo;ordinateur, 2) une surdit\u00e9, des acouph\u00e8nes et une amplification des bruits de fond qui m&#8217;emp\u00eachaient d&rsquo;\u00e9couter de la musique et 3) la diplopie rendait la photographie p\u00e9rilleuse ou surprenante car je ne parvenais plus \u00e0 mettre l&rsquo;horizon horizontal. Comme l&rsquo;a dit Mauriac, \u00a0<em>\u00a0\u00bb L&rsquo;\u00e9preuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions. \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-56441\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Triplopie.png\" alt=\"\" width=\"502\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Triplopie.png 502w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Triplopie-300x227.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 502px) 100vw, 502px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Souvenirs de Triplopie<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA CHANSON par Lorenzo dell&rsquo;Acqua (suite) (&#8230;) je n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 comprendre les paroles des \u00ab\u00a0tub\u00a0\u00bb de langue anglaise. J&rsquo;imaginais donc des histoires qui n&rsquo;avaient aucun rapport avec le sens r\u00e9el de ces chansons mais qui \u00e9taient la traduction des r\u00eaves qu\u2019elles me sugg\u00e9raient. De tr\u00e8s belles chansons en fran\u00e7ais m&rsquo;ont elles aussi fait &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=56437\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">La Chanson  pour Lorenzo (2\/2)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[12],"tags":[1563],"class_list":["post-56437","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","tag-lorenzo-dellacqua"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56437","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=56437"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56437\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56634,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56437\/revisions\/56634"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=56437"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=56437"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=56437"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}