{"id":55114,"date":"2025-12-11T07:46:20","date_gmt":"2025-12-11T06:46:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=55114"},"modified":"2025-12-12T10:39:24","modified_gmt":"2025-12-12T09:39:24","slug":"go-west-116","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=55114","title":{"rendered":"Go West ! (116)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"171\" height=\"116\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 171px) 100vw, 171px\" \/>(&#8230;) Et, ce qu\u2019il y a de formidable, c\u2019est que Patricia non plus ne souffrira pas. Elle te l\u2019a expliqu\u00e9 elle-m\u00eame et en d\u00e9tail : elle va changer sa vie de fond en comble. Ce sera un peu gr\u00e2ce \u00e0 toi, mais ce sera sans toi. Regarde-la, elle respire le bonheur.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Alors, tout est pour le mieux, pas vrai\u00a0? Et la vie va continuer, sans drame, sans souffrance. C\u2019est ce que tu voulais, non\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Elle avait raison, la petite voix ; c\u2019\u00e9tait \u00e7a la v\u00e9rit\u00e9, un sc\u00e9nario, sans engagement personnel. Et je l\u2019avais toujours su.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je n\u2019avais plus mal, je n\u2019\u00e9tais ni heureux ni malheureux. Patricia ne m\u2019aimait pas, je ne l\u2019aimais pas. Nous nous aimions bien. Dans quatre jours, nous serions s\u00e9par\u00e9s. \u00c7a m\u2019\u00e9tait \u00e9gal.<br \/>\nPatricia est enfin sortie de la salle de bain. Elle s\u2019\u00e9tait envelopp\u00e9e d\u2019une serviette serr\u00e9e sous les bras. Ses cheveux encore mouill\u00e9s plaqu\u00e9s sur son cr\u00e2ne lui faisaient une sorte de casque blond stri\u00e9 de raies plus sombres et, contrairement \u00e0 ce que m\u2019avaient fait croire les bruits de salle de bain, elle n\u2019\u00e9tait pas maquill\u00e9e. Elle souriait.<br \/>\nCe matin, je la voyais d\u2019un \u0153il diff\u00e9rent. \u00c9tait-ce \u00e0 cause sa tenue ou de ma toute nouvelle indiff\u00e9rence ? Depuis le lit o\u00f9 j\u2019\u00e9tais encore allong\u00e9, quand je la regardais se d\u00e9placer dans la chambre, ouvrir sa valise, s\u2019asseoir \u00e0 la coiffeuse, se relever, ouvrir les rideaux, aller, venir, je lui trouvais l\u2019air d\u2019une enfant, une petite fille affair\u00e9e, sans souci, passant d\u2019un jouet \u00e0 l\u2019autre, d\u2019une trousse \u00e0 une poup\u00e9e. Le spectacle \u00e9tait charmant, touchant m\u00eame, mais je la trouvais \u00e0 peine jolie, cette nouvelle Patricia, et \u00e0 ma grande surprise, elle ne provoquait chez moi aucun d\u00e9sir.<br \/>\nPourtant, \u00e0 un moment, alors qu\u2019elle passait pr\u00e8s du lit, je ne pus <!--more-->m\u2019emp\u00eacher de l\u2019attraper par le bras pour la forcer \u00e0 venir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Sans r\u00e9sister, elle s\u2019assit sur le lit, se pencha vers moi pour d\u00e9poser sur mes l\u00e8vres un rapide baiser et se redresser aussit\u00f4t. Je passai une main sous la serviette et tentai de l\u2019attirer vers moi, mais elle r\u00e9sista gentiment :<br \/>\n\u2014 Pas maintenant, s\u2019il te pla\u00eet, pas maintenant. J\u2019ai rendez-vous au salon de coiffure de l\u2019h\u00f4tel dans 20 minutes. Il faut que je m\u2019habille.<br \/>\nSans amertume aucune, je la laissais se relever. Nous \u00e9tions des amis \u00e0 pr\u00e9sent, son refus n\u2019avait pas d\u2019importance, \u00e7a m\u2019\u00e9tait \u00e9gal. Pour lui montrer mon absence de rancune, je d\u00e9posai un chaste baiser sur son front.<br \/>\n\u2014 Tu en as bien pour une heure, non ?<br \/>\n\u2014 Au moins, peut \u00eatre deux.<br \/>\n\u2014 Alors, je vais en profiter aller \u00e0 la Flying Tigers.\u00a0 Il faut que je confirme mon vol de vendredi. C\u2019est dans Chambers street, tout en bas. On se retrouve ici tout \u00e0 l\u2019heure ?<br \/>\nElle a dit oui. J\u2019ai pris une douche rapide et me suis habill\u00e9. Au moment de quitter la chambre, je me suis retourn\u00e9 pour lui faire un petit signe. Elle a souri, elle a fait un petit geste, une sorte d\u2019acquiescement et je suis sorti. C\u2019\u00e9tait la derni\u00e8re fois que je voyais Patricia.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les bureaux de la Flying Tigers sont situ\u00e9s au premier \u00e9tage d\u2019un petit immeuble de quatre \u00e9tages, au 98 Chambers Street. Sa fa\u00e7ade est blanche et propre, h\u00e9riss\u00e9e des grands Zigs-Zags m\u00e9talliques des escaliers de secours. C\u2019est l\u2019un de ces petits immeubles du Financial District construits \u00e0 l\u2019\u00e9conomie dans les ann\u00e9es 30. Il est enti\u00e8rement occup\u00e9 par des bureaux. Il y en a presque autant que de fen\u00eatres sur rue. On y acc\u00e8de par un escalier en bois qui dessert un large couloir. De chaque c\u00f4t\u00e9, s\u2019alignent des portes brunes marqu\u00e9es du nom du locataire. Au premier \u00e9tage, sur la deuxi\u00e8me porte \u00e0 gauche, la face rugissante d\u2019un tigre a \u00e9t\u00e9 stylis\u00e9e au pochoir en blanc sur fond bleu. Derri\u00e8re la porte, il n\u2019y a qu\u2019une pi\u00e8ce, \u00e0 peine plus grande que la chambre du Biltmore. Elle est s\u00e9par\u00e9e en deux parties par un comptoir en bois clair. Au-del\u00e0 de la s\u00e9paration, deux bureaux du m\u00eame bois, encombr\u00e9s de t\u00e9l\u00e9phones, de dossiers, de r\u00e9pertoires tournants, de tasses de caf\u00e9, de mugs \u00e0 crayons. Derri\u00e8re le bureau de gauche, une jeune femme, trente ans, jolie, jupe bleu ciel, chemisier blanc et broche \u00e0 son nom, Ewa. Je reconnais l\u2019uniforme des h\u00f4tesses de l\u2019air de la Flying. Au fond, deux fen\u00eatres \u00e9troites aux vitres grises de poussi\u00e8re. Sur les deux murs lat\u00e9raux, un tableau noir couvert d\u2019inscriptions \u00e0 la craie, un calendrier, des plannings, un planisph\u00e8re, des affiches touristiques et des photographies d\u2019hommes en tenue de vol posant devant des quadrimoteurs sur fond de montagnes enneig\u00e9es. \u00a0Du c\u00f4t\u00e9 des visiteurs, le mien, dans un coin, une table basse recouvertes de revues, de prospectus, de gobelets en carton et de bouteilles de bi\u00e8re et de coca et deux vieux fauteuils club en cuir craquel\u00e9. Enfonc\u00e9 dans l\u2019un d\u2019entre eux, les pieds sur la table basse, un homme somnole. C\u2019est le bureau local des Flying Tigers.<br \/>\nL\u2019h\u00f4tesse est famili\u00e8re et efficace comme c\u2019est toujours le cas \u00e0 New York. Mon nom est bien enregistr\u00e9 sur le manifeste des passagers, tout a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9, tout est OK. Est-ce qu\u2019elle peut m\u2019offrir une tasse de caf\u00e9\u00a0? Il lui faut seulement v\u00e9rifier un point avec Idlewild, l\u2019a\u00e9roport de d\u00e9part de mon vol.<br \/>\n\u2014 \u00c7a ne sera pas long, Philippe, me dit-elle. Vous pouvez vous asseoir l\u00e0-bas, si vous voulez. Ah ! Autre chose ! J\u2019ai failli oublier : il y a un message pour vous. Tenez !<br \/>\nElle me tend une feuille jaune pli\u00e9e en quatre. Je fais deux pas vers la table, d\u00e9plie la feuille et, sous la surprise, me laisse tomber dans le fauteuil rest\u00e9 libre. C\u2019est JP ! Bon sang ! JP ! \u00c7a fait combien de temps que je n\u2019ai pas pens\u00e9 \u00e0 lui ? \u00c0 Herv\u00e9, aux autres, \u00e0 l\u2019Hudson 51 ? Trois semaines, un mois, une \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Salut. Puisque tu lis cette note c\u2019est que tu es bien arriv\u00e9 \u00e0 New York. Tant mieux. Quand on t\u2019a vu partir dans cette voiture de flic, on s\u2019est fait un peu de souci. Le lendemain on est revenu au m\u00eame endroit et on t\u2019a attendu toute la journ\u00e9e mais rien. Moi j\u2019\u00e9tais pour aller voir la police pour savoir ce que tu \u00e9tais devenu mais ces salauds de Pied-Noirs n\u2019ont pas voulu. On a vot\u00e9 et j\u2019ai perdu. Alors on est parti vers le nord. On t\u2019a laiss\u00e9 un mot au pavillon fran\u00e7ais de l\u2019expo de Seattle, mais rien. On esp\u00e9rait aussi que tu serais repass\u00e9 par Flagstaff, mais rien non plus chez Bill. On a revendu l\u2019Hudson \u00e0 Flagstaff pour 60 dollars. C\u2019est moi qui ai pris ta part. Je te dois 10 dollars. Tu as le bonjour de Meg et de toute la bande. On ne leur a pas dit que tu avais \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9 par la police de L.A. Pas vu Tavia. Les pieds noirs ont d\u00e9cid\u00e9 de partir au Mexique en bus. Ils sont vraiment plein de fric. Herv\u00e9 et moi, on est rest\u00e9 chez Bill une dizaine de jours. J\u2019ai gagn\u00e9 un peu d\u2019argent en faisant le garde malade pour un alcoolique de la famille de Meg. \u00c7a m\u2019a permis de rentrer en bus \u00e0 New-York, parce que ras-le bol l\u2019autostop.<br \/>\n<\/em><em>Je suis \u00e0 New-York chez un cousin bulgare qui tient un drugstore 7\/11, angle 105\u00e8me \/ Broadway. Je l\u2019aide \u00e0 la boutique et il me loge \u00e0 l\u2019\u00e9tage au-dessus. J\u2019y serai jusqu\u2019au 7 septembre. Si tu veux m\u2019y rejoindre il y a de la place. Je ne sais pas o\u00f9 est Herv\u00e9 mais je ne me fais pas de souci pour lui. Pas trop de souci non plus pour toi parce que je suis s\u00fbr que tu es all\u00e9 chez ton am\u00e9ricaine de Zermatt, vieux cochon. J\u2019esp\u00e8re te voir bient\u00f4t au 7\/11.<br \/>\n<\/em><em>A propos j\u2019ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 mes parents. Les tiens les ont appel\u00e9s pour avoir de tes nouvelles. Ils sont inquiets. Faut dire. Pas un coup de fil ni une carte postale en deux mois, il y a de quoi. Tu charries un peu, mec !!! <\/em>\u00a0<em>JP<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Et, ce qu\u2019il y a de formidable, c\u2019est que Patricia non plus ne souffrira pas. Elle te l\u2019a expliqu\u00e9 elle-m\u00eame et en d\u00e9tail : elle va changer sa vie de fond en comble. Ce sera un peu gr\u00e2ce \u00e0 toi, mais ce sera sans toi. Regarde-la, elle respire le bonheur. Alors, tout est pour &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=55114\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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