{"id":54906,"date":"2025-11-16T07:47:12","date_gmt":"2025-11-16T06:47:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54906"},"modified":"2025-11-16T16:20:41","modified_gmt":"2025-11-16T15:20:41","slug":"critique-aisee-n-265-le-roman-des-regards","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54906","title":{"rendered":"Le Roman des regards &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0 266"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Le Roman des regards<\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #333333;\">Daniel Pennac-Laurent Mallet<\/span><br \/>\n<em><span style=\"color: #0000ff;\">\u00c9ditions Philippe Rey &#8211; 25\u20ac<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Moi, je ne suis pas comme Daniel Pennac. Je n\u2019ai pas eu la chance de rencontrer Lorenzo dell\u2019Acqua pour la premi\u00e8re fois dans un mus\u00e9e. La premi\u00e8re fois que je l\u2019ai vu, c\u2019est dans le cabinet m\u00e9dical qu\u2019il exploitait sous le nom de guerre de Laurent Mallet. Ce m\u00e9decin avait-il pour habitude de discuter avec tous ses patients d&rsquo;autre chose que de leurs int\u00e9rieurs, ou m\u2019avait-il trouv\u00e9 particuli\u00e8rement sympathique, on ne sait ; toujours est-il qu\u2019il me demanda ce que je faisais pour m\u2019occuper pendant ma retraite car, depuis quelques temps, celle-ci \u00e9tait devenue \u00e9vidente. Quand je lui eu expliqu\u00e9 mon cas, il me pr\u00e9cisa que cette question le pr\u00e9occupait beaucoup car lui-m\u00eame allait bient\u00f4t prendre la sienne et se demandait si son hobby de toujours, photographier, suffirait \u00e0 remplir son futur. Je lui dit que le mien, l\u2019\u00e9criture dans les bistrots, y parvenait ais\u00e9ment. Ainsi rassur\u00e9, il me laissa repartir sans plus barguiner.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Quelques mois plus tard, Lorenzo me contacta. Sa retraite \u00e9tait prise, et il aurait bien pris aussi un caf\u00e9, une bi\u00e8re<!--more--> ou un d\u00e9jeuner avec moi. C\u2019est ainsi que nous li\u00e2mes connaissance et commen\u00e7\u00e2mes \u00e0 nous fr\u00e9quenter r\u00e9guli\u00e8rement, sans compter ses remarquables et remarqu\u00e9es interventions dans le Journal des Coutheillas. Quelques ann\u00e9es pass\u00e8rent au cours desquelles je pus voir, admirer et discuter quantit\u00e9s des produits du hobby de Lorenzo pass\u00e9 d\u00e9sormais au niveau sup\u00e9rieur de la passion, \u00e0 savoir prendre des photographies, et essentiellement des photos de co\u00efncidences remarquables entre visiteurs, disons plut\u00f4t visiteuses, de mus\u00e9e et \u0153uvres contempl\u00e9es. Plusieurs d\u2019entre elles ont d\u2019ailleurs fait l\u2019objet de publications dans le JdC. Apr\u00e8s un certain temps de fr\u00e9quentation, Lorenzo commen\u00e7a \u00e0 \u00e9voquer tr\u00e8s prudemment et \u00e0 mots couverts une possible collaboration avec Daniel Pennac pour la r\u00e9alisation d\u2019un livre regroupant textes de l\u2019\u00e9crivain et photographies du retrait\u00e9. Quand je demandais comment cette collaboration serait concr\u00e9tis\u00e9e, par exemple sous forme de l\u00e9gendes \u00e9crites par Pennac sous les photos de Lorenzo, je n\u2019arrivais \u00e0 rien obtenir de plus qu\u2019un vague \u00ab non, pas vraiment ; tu verras bien \u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Maintenant, le bouquin est sorti : Le Roman des regards.<br \/>\nBelle r\u00e9alisation.<br \/>\nLorenzo m\u2019en a d\u00e9dicac\u00e9 un exemplaire.<br \/>\nJe l\u2019ai lu.<br \/>\nAlors voil\u00e0 :<br \/>\nsur une centaine de pages, dans une pr\u00e9sentation tr\u00e8s a\u00e9r\u00e9e, Daniel Pennac raconte d\u2019abord sa premi\u00e8re rencontre avec Lorenzo, dans un mus\u00e9e \u00e0 partir duquel, intrigu\u00e9 par l\u2019\u00e9trange comportement du photographe, il le suit dans un autre de galerie en galerie. La chose est louche mais amusante, il en parle en ville, et puis c\u2019est tout. Sa deuxi\u00e8me rencontre, c\u2019est dans le cabinet m\u00e9dical auquel Pennac se rend sans savoir o\u00f9 il met les pieds et le reste de son corps. L&rsquo;\u00e9crivain et le m\u00e9decin se reconnaissent, tombent dans les bras l\u2019un de l\u2019autre et conviennent de collaborer ; enfin c&rsquo;est plus long que \u00e7a, mais je r\u00e9sume. La narration est entrecoup\u00e9e de consid\u00e9rations de Pennac et parfois de Lorenzo rapport\u00e9es par Pennac sur l\u2019Art en g\u00e9n\u00e9ral, la peinture et la photographie ainsi que, et surtout, sur le th\u00e8me, la marotte ou l\u2019obsession, appelez \u00e7a comme vous voudrez, de Lorenzo de ne photographier que des femmes de dos en train de contempler des tableaux, le plus souvent des portraits. Probablement comme moi, aurez vous cette impression que c\u2019est plut\u00f4t le portrait qui regarde la femme, d\u2019un air souvent moqueur, s\u00e9v\u00e8re ou m\u00eame r\u00e9probateur et vous demanderez vous si par hasard le portrait ne r\u00e9agirait pas \u00e0 ce que nous, livre en main, ne voyons pas, le regard, la grimace, le maquillage de la visiteuse, ou plus simplement en protestation contre ce que les quelques si\u00e8cles qui s\u00e9parent la visiteuse du portrait ont fait \u00e0 la mode f\u00e9minine.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Tout cela se lit tr\u00e8s agr\u00e9ablement. On conna\u00eet Pennac.<br \/>\nSuit une centaine de photographies, belles et surprenantes mais, par les publications pr\u00e9c\u00e9dentes de quelques unes d\u2019entre elles, \u00a0les lecteurs du JdC s\u2019en doutaient d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pour conclure cette critique, j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9finir d\u2019un mot ce que c\u2019\u00e9tait que ce livre, qui n\u2019est ni un roman ni un livre d\u2019art, en tout cas pas seulement. Je crois avoir trouv\u00e9 : en r\u00e9alit\u00e9, Lorenzo a obtenu de Daniel Pennac qu\u2019il lui \u00e9crive le plus long, le plus original et le plus r\u00e9ussi des cartels pour la pr\u00e9sentation de son \u0153uvre photographique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-54413\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Couverture-Mallet-Pennac-243x300.png\" alt=\"\" width=\"243\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Couverture-Mallet-Pennac-243x300.png 243w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Couverture-Mallet-Pennac.png 649w\" sizes=\"auto, (max-width: 243px) 100vw, 243px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Roman des regards Daniel Pennac-Laurent Mallet \u00c9ditions Philippe Rey &#8211; 25\u20ac Moi, je ne suis pas comme Daniel Pennac. 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