{"id":54750,"date":"2025-11-09T07:47:59","date_gmt":"2025-11-09T06:47:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54750"},"modified":"2025-11-09T16:42:11","modified_gmt":"2025-11-09T15:42:11","slug":"go-west-110","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54750","title":{"rendered":"Go West ! (110)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"231\" height=\"156\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/>(&#8230;) Alors, oui, il y avait des bas, de la frustration, du d\u00e9pit, mais j\u2019avais toujours peur de la brusquer. Je me disais que notre flirt, notre bonne entente de faux cousins ne pouvait pas ne pas \u00e9voluer vers quelque chose de plus fort. Alors, j\u2019\u00e9tais doux, gentil, gai et, de temps en temps, je faisais une tentative&#8230; enfin, tu vois, j\u2019esp\u00e9rais. Et finalement, j\u2019ai eu raison&#8230;<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">\u2014 Oui, je sais&#8230; encore une fois, tu vas me parler de la nuit du <em>Marvin\u2019tavern. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La soir\u00e9e du <em>Marvin\u2019s tavern<\/em> a tout chang\u00e9. Je ne sais plus du tout ce que Patricia et moi y avions mang\u00e9, mais je me rappelle tr\u00e8s bien que nous avions bu du vin et que la soir\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 merveilleuse. Je me sentais inspir\u00e9, confiant, dr\u00f4le, oserai-je dire brillant, et s\u00e9duisant m\u00eame. Patricia \u00e9tait ravissante, gaie et attentive. Ce soir-l\u00e0, face \u00e0 face dans notre petit box pr\u00e8s de la fen\u00eatre, nous avions flirt\u00e9, je veux dire flirt\u00e9 verbalement, en nous tenant la main \u00e0 travers la table, en nous disant des choses&#8230; pas des \u00ab\u00a0je t\u2019aime\u00a0\u00bb bien entendu, mais des choses&#8230; Une fois dans la voiture, Patricia \u00e9tait devenue tendre\u00a0et nous nous \u00e9tions embrass\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Comme il \u00e9tait encore t\u00f4t, elle m\u2019avait propos\u00e9 d\u2019aller prendre un verre dans une boite de jazz. \u00c0 cet instant, moi, je ne r\u00eavais que de rentrer tout droit \u00e0 la maison, mais je ne voulais pas avoir l\u2019air d\u2019un barbare, alors j\u2019avais dit <!--more-->oui, bonne id\u00e9e, du jazz, j\u2019adore \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La boite s\u2019appelait le <em>Showboat lounge<\/em>. Un type s\u2019y produisait depuis des\u00a0mois, un guitariste, Charlie Byrd, m\u2019expliquait Patricia en conduisant.\u00a0 C\u2019\u00e9tait lui qui avait import\u00e9 la Bossa Nova du Br\u00e9sil aux USA et qui l\u2019avait adapt\u00e9e en jazz avec Stan Getz. Moi, je n\u2019avais jamais entendu parler de la Bossa Nova ni de Charlie Byrd, mais je connaissais bien Stan Getz. Il \u00e9tait l\u2019un des rares saxophonistes blancs et il avait jou\u00e9 avec les plus grands, Benny Goodman, Lionel Hampton, Gerry Mulligan, Sonny Stitt, et j\u2019avais dans ma chambre un disque de lui en concert avec Oscar Peterson\u00a0! En roulant vers le <em>Showboat<\/em>, j\u2019avais du mal \u00e0 imaginer qu\u2019on puisse entrer tranquillement dans une boite de nuit pour y entendre un guitariste de ce niveau jouer, seul en sc\u00e8ne, pendant plus d\u2019une heure d\u2019affil\u00e9e. Je crois avoir d\u00e9j\u00e0 dit au cours de ce r\u00e9cit, peut-\u00eatre m\u00eame plusieurs fois, qu\u2019aux USA, les endroits ressemblent furieusement \u00e0 ce que l\u2019on a vu d\u2019eux dans les films am\u00e9ricains. Les stations-services, les <em>diners<\/em>, les motels, les <em>drive-in theaters<\/em>, les <em>bowling alleys<\/em> sont des d\u00e9cors d\u2019Hollywood. Eh bien c\u2019\u00e9tait encore le cas pour le <em>Showboat<\/em> : une petite salle couleur bleu nuit dans une p\u00e9nombre enfum\u00e9e, une douzaine de tables rondes en bois pour quatre personnes, un bar, trois tabourets, un barman et cent bouteilles \u00e9clair\u00e9es par derri\u00e8re, bruit de fond discret fait de tintements de verres et de murmures, et, sur une estrade \u00e0 peine sur\u00e9lev\u00e9e, entre un piano au couvercle ferm\u00e9, une contrebasse sur son support et une batterie sans batteur, assis sur une chaise, un homme en costume et n\u0153ud papillon qui se courbe sur une guitare classique. Le faisceau \u00e9troit d\u2019un projecteur tombe du ciel et fait briller son cr\u00e2ne chauve, ses verres de lunettes et la table d\u2019harmonie de son instrument. Il joue. Du jazz surtout, mais il jouera aussi un classique de la musique espagnole, quelques morceaux de Bossa Nova et une improvisation autour de l\u2019hymne national. L\u2019atmosph\u00e8re n\u2019est pas recueillie, ce n\u2019est pas un concert, pas davantage un r\u00e9cital, seulement quelqu\u2019un qui joue pour des amis, qui fument, qui boivent, qui r\u00e9agissent parfois par un cri isol\u00e9 ou quelques sifflets approbateurs \u00e0 l\u2019introduction d\u2019un standard ou \u00e0 une performance particuli\u00e8re de l\u2019artiste. Je vous l\u2019ai dit : c\u2019est comme dans un film. Mais dans ce film-l\u00e0, j\u2019y suis. \u00c0 Paris, \u00e0 l\u2019Olympia, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 assist\u00e9 \u00e0 deux concerts de jazz \u2014 Louis Armstrong, Ella Fitzgerald \u2014 mais le Showboat est ma premi\u00e8re bo\u00eete de jazz, et \u00e7a n\u2019a rien \u00e0 voir : j\u2019ai l\u2019impression de faire partie de quelque chose, d\u2019un cercle d\u2019initi\u00e9s. J&rsquo;ai envie d&rsquo;\u00eatre ami avec tout le monde. Byrd annonce la fin du spectacle et, pendant les applaudissements, \u00e9mu par la musique, l\u2019alcool, le retour de tendresse de Patricia, en fait par tout ce qui a fait cette soir\u00e9e, je ne peux m\u2019emp\u00eacher de me tourner vers Patricia, de lui dire \u00ab C\u2019\u00e9tait magnifique ! \u00bb et de l\u2019embrasser passionn\u00e9ment. Elle se laisse faire puis me sourit comme on le fait \u00e0 un enfant qui bat des mains apr\u00e8s un tour de man\u00e8ge.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Quand nous sommes rentr\u00e9s dans la maison de Bethesda, je n\u2019osais pas encore croire \u00e0 notre nouvelle situation, et quand Patricia m\u2019a propos\u00e9 de prendre un dernier verre avant de nous coucher \u2014 <em>before going to bed<\/em> <em>!<\/em>\u2014 je suis rest\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 dans mes gestes et dans mes paroles. Sagement assis sur le canap\u00e9, j\u2019ai allum\u00e9 la t\u00e9l\u00e9vision et j\u2019ai attendu. Aux informations de minuit, De Gaulle avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un attentat dans une obscure banlieue parisienne. Patricia est revenue de la cuisine avec deux grands verres de vin. Les pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o pour le lendemain \u00e9taient bonnes, 78 degr\u00e9s, l\u2019id\u00e9al pour se balader. Elle m\u2019a rejoint sur le canap\u00e9 et nous avons bu encore un peu. Pendant les longues publicit\u00e9s pr\u00e9ludes au programme de la nuit, nous nous sommes embrass\u00e9s. Nous avons mont\u00e9 l\u2019escalier sur le g\u00e9n\u00e9rique de <em>Ma femme est une sorci\u00e8re<\/em> et puis, pour la premi\u00e8re fois de ma vie, j\u2019ai p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la chambre de Patricia.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le lendemain, nous avons repris nos promenades, mais tout avait chang\u00e9. D\u2019abord, quand je m\u2019\u00e9tais r\u00e9veill\u00e9, tard, j\u2019\u00e9tais bel et bien dans la chambre de Patricia. Elle n\u2019y \u00e9tait pas, mais c\u2019\u00e9tait bien sa chambre, c\u2019\u00e9tait bien son lit. En m\u00eame temps que de l\u00e9gers bruits de vaisselle, j\u2019entendais sa voix dans un murmure incompr\u00e9hensible coup\u00e9 de brefs silences. Elle t\u00e9l\u00e9phonait, sans doute \u00e0 sa meilleure amie, pour lui raconter les derniers d\u00e9veloppements dans notre relation. Sur l\u2019instant, je m\u2019aga\u00e7ai un peu que son amie soit tenue au courant de tout ce Patricia et moi faisions de nos journ\u00e9es et de nos nuits, mais on m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 dit que les filles, c\u2019\u00e9tait comme \u00e7a. Par ailleurs, j\u2019\u00e9prouvais quand m\u00eame une certaine fiert\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e que mes aventures amoureuses soient connues de quelqu\u2019un d\u2019autre. Et je n\u2019avais plus aucun doute : cette fois-ci, ce ne pouvait pas \u00eatre \u00e0 Carver qu\u2019elle t\u00e9l\u00e9phonait.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce qui avait chang\u00e9 aussi, c\u2019est que nous n\u2019avions plus visit\u00e9 de mus\u00e9es ni de quartiers de la ville. \u00a0\u00a0Apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, Patricia m\u2019avait conduit tout droit jusqu\u2019\u00e0 un grand parc le long du Potomac. Nous y avions pass\u00e9 une bonne partie de la journ\u00e9e \u00e0 marcher le long des sentiers, \u00e0 dormir dans l\u2019herbe, \u00e0 manger des hot-dogs achet\u00e9s \u00e0 des marchands ambulants. Et puis, vers la fin de l\u2019apr\u00e8s-midi, nous \u00e9tions all\u00e9s dans un cin\u00e9ma du centre qui donnait des films fran\u00e7ais. Nous y avions vu <em>A bout de souffle, <\/em>\u00e0 peu pr\u00e8s le seul film fran\u00e7ais qui int\u00e9ressait les am\u00e9ricains, peu nombreux \u00e0 en juger par le nombre de spectateurs dans la salle. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 vu le film deux fois et pendant la projection, je guettais les r\u00e9actions de Patricia. Contrairement \u00e0 ce que je craignais, elle n\u2019avait pas l\u2019air de s\u2019ennuyer. A la sortie, je lui dis qu\u2019\u00e0 part la coiffure, elle ressemblait \u00e0 Jean Seberg. Je ne suis pas s\u00fbr que \u00e7a lui ait fait plaisir. Elle me dit que je ressemblais \u00e0 Jean-Paul Belmondo, et \u00e7a, \u00e7a me fit vraiment plaisir.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Alors, oui, il y avait des bas, de la frustration, du d\u00e9pit, mais j\u2019avais toujours peur de la brusquer. Je me disais que notre flirt, notre bonne entente de faux cousins ne pouvait pas ne pas \u00e9voluer vers quelque chose de plus fort. Alors, j\u2019\u00e9tais doux, gentil, gai et, de temps en temps, je &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54750\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! (110)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[13,12],"tags":[2129,2037,21],"class_list":["post-54750","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-recit","tag-ai","tag-go-west","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54750","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=54750"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54750\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=54750"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=54750"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=54750"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}