{"id":54647,"date":"2025-11-03T07:47:39","date_gmt":"2025-11-03T06:47:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54647"},"modified":"2025-11-03T14:30:38","modified_gmt":"2025-11-03T13:30:38","slug":"la-planche-et-les-deux-canards-fable-luxembourgeoise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54647","title":{"rendered":"La planche et les deux canards, fable luxembourgeoise"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Rediffusion<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Bonjour !<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il est 8h49 et, ce matin, mon bureau, c\u2019est la Fontaine M\u00e9dicis du Jardin du Luxembourg. C\u2019est assez rare que je vienne m\u2019installer en cet endroit, souvent humide et froid. Mais en cette matin\u00e9e du 14 juin, \u00e0 cette heure, la temp\u00e9rature est id\u00e9ale pour \u00e9crire une fable. Vous allez voir.<br \/>\nJ\u2019aime bien cette eau en pente qui semble glisser vers <em>Polyph\u00e8me surprenant Galat\u00e9e dans les bras d&rsquo;Acis<\/em>. Ce matin, l\u2019eau de la fontaine est noire, un effet de l\u2019\u00e9clairage sans doute, et mis \u00e0 part les imperceptibles ondes concentriques qui entourent trois canards endormis, elle est sans ride. Et la fable ? J&rsquo;y viens.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Contrairement aux canards de Sologne dont on sait qu\u2019ils s\u2019envolent \u00e0 l\u2019aube par-dessus les ajoncs dans le soleil levant, le canard parisien n\u2019est pas matinal. Ils sont trois \u00e0 flotter comme des \u00e9paves, comme \u00e7a, le bec sous l\u2019aile. Ils dorment. H\u00e9sitante, une planche remonte lentement \u00e0 la surface. D\u2019o\u00f9 vient-elle ? Que faisait-elle au fond ? Pourquoi a-t-elle d\u00e9cid\u00e9<!--more--> de remonter prendre l\u2019air \u00e0 cet endroit, \u00e0 ce moment ? Je ne trouve aucune r\u00e9ponse scientifique ou m\u00eame seulement rationnelle \u00e0 ces questions. Je renonce \u00e0 m\u2019expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne. Mais le canard qui dormait l\u00e0 o\u00f9 le myst\u00e9rieux sous-marin vient de faire surface a ouvert un \u0153il. \u00c7a l\u2019int\u00e9resse, lui, cette \u00eele flottante. Il en a marre de faire le bouchon sur cette eau glauque. Marre, la flottaison ! Ras le bol, l&rsquo;humidit\u00e9 ! Il aimerait bien dormir un peu les fesses au sec. Alors, maladroitement, le voil\u00e0 qui se met \u00e0 se dandiner dans l\u2019eau pour se glisser sur l\u2019\u00e9pave providentielle. Apr\u00e8s plusieurs \u00e9checs \u2014 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du radeau qui supporte le poids de l\u2019oiseau a tendance \u00e0 s\u2019enfoncer, le rejetant ainsi dans l\u2019onde obscure \u2014 il finit par y parvenir et s\u2019installer confortablement en se tr\u00e9moussant du croupion. Apr\u00e8s cette interminable et ridicule agitation, il se pose dignement sur ses pattes repli\u00e9es, tel un bronze de Rosa Bonheur sur un manteau de chemin\u00e9e.\u00a0 Mais, comme l\u2019aurait tout aussi bien dit Archim\u00e8de, \u00ab\u00a0le poids du canard \u00e9tant sup\u00e9rieur \u00e0 celui du volume d\u2019eau d\u00e9plac\u00e9 par la planche\u00a0\u00bb, cette derni\u00e8re s\u2019enfonce de quelques centim\u00e8tres pour parvenir, par principe, \u00e0 un nouvel \u00e9quilibre. Cet \u00e9quilibre est instable, certes, et le bas de l\u2019oiseau est toujours mouill\u00e9 \u2014 quoique moins \u2014 mais il semble soupirer d\u2019aise, l\u2019oiseau, tant cette situation de yachtman \u2014 faute de vagues, je dis <em>yachtman<\/em>, sinon j\u2019aurais dit <em>surfeur<\/em> \u2014 lui para\u00eet pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 celle de simple <em>baigneur<\/em>. Cette histoire palpitante aurait pu s\u2019achever sur ce tableau reposant d\u2019un canard satisfait. Mais un autre canard allait la rendre plus palpitante encore, la transformant m\u00eame en fable avec morale et tout. Je vais vous dire comment.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Jaloux de la position avantageuse que s\u2019\u00e9tait arrog\u00e9e son confr\u00e8re, cet autre canard, que nous appellerons Knut, voudrait la partager. Il approche le fr\u00eale esquif et, sans m\u00eame demander permission de monter \u00e0 bord, il entreprend de s\u2019y hisser. Il se tr\u00e9mousse et se dandine comme il l\u2019a vu faire au premier canard, dont le nom complet est Jean-G\u00e9rald, mais que nous appellerons JanG\u00e9, comme tout le monde ici, parce que Jean-G\u00e9rald, quand m\u00eame&#8230; Quand Knut a r\u00e9ussi \u00e0 hisser la moiti\u00e9 de son fuselage \u2014 apr\u00e8s tout c\u2019est un oiseau \u2014 sur la planche, celle-ci, fid\u00e8le \u00e0 Archim\u00e8de, s\u2019enfonce sous le poids du nouvel arrivant vers un nouvel \u00e9quilibre. Mais ce faisant, sans aller jusqu\u2019\u00e0 chavirer, elle se met \u00e0 osciller autour de ses deux axes de sym\u00e9trie, le transversal et le longitudinal. A pr\u00e9sent, inclin\u00e9e et mouill\u00e9e comme elle l\u2019est, elle ressemble moins \u00e0 une planche de salut qu&rsquo;\u00e0 une planche savonneuse. Et voil\u00e0 Knut et Jang\u00e9, d\u00e9sormais dans l\u2019eau tous les deux, qui s\u2019efforcent de remonter sur l\u2019\u00e9pave. Les conditions de l\u2019exp\u00e9rience, y compris celles de temp\u00e9rature et de pression, \u00e9tant les m\u00eames que pr\u00e9c\u00e9demment, le r\u00e9sultat est in\u00e9vitablement le m\u00eame : Knut et Jang\u00e9, \u00e0 tour de r\u00f4le, montent puis glissent.<br \/>\nVous connaissez les canards ! Ils ne disent jamais un mot et ils ne vous regardent jamais en face ! Et c\u2019est bien ce que fait Knut vis-\u00e0-vis de Jang\u00e9 et que Jang\u00e9 fait vis-\u00e0-vis de Knut. Mais puisque vous connaissez les canards, vous savez aussi que la race est susceptible et peu pers\u00e9v\u00e9rante. Au bout de quatre minutes du man\u00e8ge pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crit, Knut et Jang\u00e9, vex\u00e9s comme deux canards boiteux, s\u2019\u00e9loignent l\u2019un de l\u2019autre, sans un regard, sans un couac. De son c\u00f4t\u00e9, la planche s&rsquo;\u00e9loigne en ballottant sur l&rsquo;onde et en marmonnant \u00a0\u00ab\u00a0Quand il y a de la place pour un, y a de la place pour un !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Moralit\u00e9 : Un canard avec un pr\u00e9nom, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s con. Mais deux !<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-45792 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Canard-960x579.jpeg\" alt=\"\" width=\"604\" height=\"364\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Canard-960x579.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Canard-300x181.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Canard-768x463.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Canard-1536x926.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Canard-2048x1234.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 604px) 100vw, 604px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rediffusion Bonjour ! 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