{"id":54529,"date":"2025-11-05T07:47:41","date_gmt":"2025-11-05T06:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54529"},"modified":"2025-11-28T16:15:44","modified_gmt":"2025-11-28T15:15:44","slug":"go-west-109","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54529","title":{"rendered":"Go West ! (109)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"208\" height=\"141\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 208px) 100vw, 208px\" \/>(&#8230;) Veulerie, paresse, facilit\u00e9 ? Je ne sais pas, mais j\u2019ai fini par laisser mes questions en plan. L\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que Patricia \u00e9tait redevenue gentille et gaie, peut-\u00eatre m\u00eame amoureuse. En tout cas, elle ne me demandait pas de partir. L\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que j\u2019allais rester pr\u00e8s d\u2019elle. Bien s\u00fbr, je gardais en moi cette blessure d\u2019amour ou d\u2019amour-propre, cette image de ce salopard de Carver couchant avec Patricia pendant que moi, tout feu tout flamme, je pr\u00e9parais mon voyage pour la rejoindre. Mais l\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que celui qui \u00e9tait pr\u00e8s de Patricia aujourd\u2019hui, c\u2019\u00e9tait moi.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les parents de Patricia ne devaient rentrer de voyage que le 1<sup>er<\/sup>septembre pour aller le lendemain chercher Walter \u00e0 son camp de voile. La maison \u00e9tait donc toute \u00e0 nous pour une douzaine de jours. De plus, comme le cabinet de Carver \u00e9tait ferm\u00e9 jusqu\u2019au 3, Patricia \u00e9tait enti\u00e8rement libre de son temps et elle me le consacra enti\u00e8rement. Elle fit m\u00eame preuve de grandes qualit\u00e9s d\u2019organisatrice, de guide et d\u2019animatrice. Chaque jour, au milieu de la matin\u00e9e, nous partions en voiture vers le centre de Washington et nous visitions mus\u00e9es, monuments, b\u00e2timents f\u00e9d\u00e9raux, quartiers de la ville, tout ce qui \u00e9tait \u00e0 voir de la capitale des \u00c9tats-Unis. Avec les ann\u00e9es, les images que j\u2019en avais gard\u00e9es, statues gigantesques, palais somptueux, perspectives majestueuses, se sont peu \u00e0 peu flout\u00e9s. Pourtant, quelques-unes demeurent encore bien nettes : la salle inoccup\u00e9e des s\u00e9ances du S\u00e9nat, \u00e9vocation de la toute-puissance de ce nouvel empire romain, sobres pupitres s\u00e9natoriaux, moquette \u00e9toil\u00e9e, silence de cath\u00e9drale ; le vilain petit b\u00e2timent rouge brique de la Philips Collection avec, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, Auguste Renoir, le <em>D\u00e9jeuner des Canotiers<\/em> devant lequel nous \u00e9tions rest\u00e9s longtemps assis \u00e0 imaginer les vies, les amours et les destins de chacun des personnages et m\u00eame du petit chien\u00a0; l\u2019irr\u00e9pressible \u00e9motion devant la simplicit\u00e9 splendide du cimeti\u00e8re militaire d\u2019Arlington\u00a0; l\u2019\u00e9nergie des conqu\u00e9rants d\u2019Iwo Jima incarn\u00e9e dans le Memorial du Corps des Marines\u00a0; l\u2019\u00e9lan et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du terminal de Dulles Airport&#8230;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En fin de journ\u00e9e, nous rentrions \u00e0 Bethesda pour y diner sur<!--more--> la table basse du salon en regardant la t\u00e9l\u00e9vision, tranquillement, comme tous les couples am\u00e9ricains. Parfois, le soir, Patricia s\u2019habillait et nous partions au restaurant.<br \/>\nJe me souviens plus particuli\u00e8rement de l\u2019un d\u2019eux\u00a0; il \u00e9tait situ\u00e9 dans le faubourg historique de Washington, \u00e0 Georgetown, et s\u2019appelait le <em>Marvin\u2019s tavern<\/em>. Le Pr\u00e9sident Kennedy l\u2019avait fr\u00e9quent\u00e9 un temps quand il n\u2019\u00e9tait que s\u00e9nateur. L\u2019endroit \u00e9tait c\u00e9l\u00e8bre, tr\u00e8s couru, mais les prix demeuraient encore abordables. Comment Patricia avait-elle r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9server une table au <em>Marvin\u2019s tavern<\/em> ? Peut-\u00eatre y venait-elle souvent ?\u00a0 Avec Carter sans doute ? Je ne lui ai pas demand\u00e9. Elle ne me l\u2019a pas dit.<br \/>\n\u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019\u00e9tablissement ressemblait \u00e0 ceux que l\u2019on trouve dans les petites villes d\u2019Angleterre : lanterne et enseigne en fer forg\u00e9 se balan\u00e7ant en fa\u00e7ade, boiseries et fen\u00eatres \u00e0 l\u2019ancienne avec petits carreaux de couleur et bacs \u00e0 fleurs, charme discret de la tradition britannique. Mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t la chaleur dans les tons bruns d\u2019une demi clart\u00e9, la simplicit\u00e9 du mobilier de bois, les nappes \u00e0 carreaux rouges et bancs, les verres ballons, et le brouhaha supportable d\u2019un restaurant de quartier qui, s\u2019il n\u2019avait offert quelques box, aurait pu tout aussi bien \u00eatre parisien ou lyonnais. Malgr\u00e9 la simplicit\u00e9 du cadre bistro, le port de la cravate \u00e9tait obligatoire. Le maitre d\u2019h\u00f4tel m\u2019en pr\u00eata une et nous installa dans un tout petit box contre une fen\u00eatre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Depuis une semaine que nous \u00e9tions revenus \u00e0 Bethesda, s\u2019il est vrai que nous nous promenions la main dans la main \u00e0 travers la ville et que nous passions le reste de notre temps tous les deux seuls dans la maison de Patricia, nous maintenions une certaine distance. Notre coexistence \u00e9tait amicale, et m\u00eame intime, nous nous efforcions d\u2019\u00eatre gai, l\u00e9ger, pr\u00e9venant l\u2019un envers l\u2019autre, mais nous nous comportions davantage comme des cousins que comme des amoureux. Entre nous, ce n\u2019\u00e9tait pas vraiment un mur de froideur qui s\u2019\u00e9tait dress\u00e9, mais une sorte de g\u00eane, une r\u00e9serve. Bien s\u00fbr, de temps en temps, nous nous embrassions, au cin\u00e9ma ou dans la voiture, nous flirtions sur le canap\u00e9 du salon, et m\u00eame, le deuxi\u00e8me soir, j\u2019avais entrain\u00e9 Patricia dans la chambre de Walter qui \u00e9tait devenue la mienne et nous avions fini par faire l\u2019amour. Mais un peu plus tard, sans rien dire, Patricia \u00e9tait retourn\u00e9e dans sa chambre me laissant seul dans le lit. Le lendemain matin, tout aussi jolie et gaie que les jours pr\u00e9c\u00e9dents, elle n\u2019avait pas dit un mot de notre nuit et m\u2019avait emmen\u00e9 visiter l\u2019Universit\u00e9 de Georgetown. Les nuits suivantes, j\u2019avais couch\u00e9 seul dans ma chambre. Mais la soir\u00e9e du Marvin\u2019s a tout chang\u00e9. C\u2019\u00e9tait le 28 ao\u00fbt, un mardi&#8230;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014Dis-moi, mon vieux, pardon de t\u2019interrompre, mais tu ne les trouvais pas bizarres ces montagnes russes sentimentales ? Un jour, c\u2019est le motel au bord de la mer ; on mange, on boit, on se baigne, on couche&#8230; Formidable, merveilleux ! Tout ce tu voulais, en quelque sorte. Et puis, c\u2019est la nuit&#8230; Pas chouette, la nuit, la fin en tout cas ! Tu r\u00e9agis comme un imb\u00e9cile et tu fais ta crise. Le lendemain matin dans la voiture, c\u2019est encore pire : tu fais la gueule pendant deux heures d\u2019affil\u00e9e. Pour elle, \u00e7a veut dire quoi, tu crois ?\u00a0 \u00c7a veut dire que tu la consid\u00e8re comme une garce, pour \u00eatre poli, et que tu ne veux plus d\u2019elle. Alors, elle le prend mal, forc\u00e9ment. D\u2019o\u00f9 ton joyeux dimanche de retrait\u00e9 devant la t\u00e9l\u00e9vision.<br \/>\n\u2014 C\u2019est normal, \u00e7a. Je l\u2019avais vex\u00e9e. \u00c7a se comprend, non\u00a0?<br \/>\n\u2014 Ouais, si on veut, mais ce qui est bizarre, c\u2019est la suite, la douche \u00e9cossaise\u00a0: le tourisme sentimental et les s\u00e9ances de flirt furtif d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et de l\u2019autre, les nuits d\u2019abstinence. Ensuite, une petite coucherie vite fait suivie d\u2019une nuit solitaire, et puis le lendemain, \u00e7a repart pour la visite des merveilles de Washington la main dans la main, mais pas plus. Et tu trouvais \u00e7a normal, toi\u00a0? Et tu supportais \u00e7a, comme \u00e7a, sans rien dire, sans demander pourquoi, sans r\u00e2ler\u00a0!<br \/>\n\u2014 C\u2019est vrai. Je ne comprenais rien \u00e0 ce qui se passait. Moi, apr\u00e8s ce p\u00e9nible voyage de retour \u00e0 Bethesda, je ne dirai pas que j\u2019avais oubli\u00e9 que Patricia couchait avec Carver encore quelques jours avant que je ne la rejoigne, mais je l\u2019avais assimil\u00e9, presque accept\u00e9. Je comprends maintenant que tout ce que je voulais, c\u2019\u00e9tait \u00eatre avec elle, reprendre jour apr\u00e8s jour ce que nous avions commenc\u00e9 au <em>Candlewood<\/em>, jusqu\u2019au moment que je n\u2019arrivais pas \u00e0 envisager, celui o\u00f9 je devrai repartir en France. Alors, oui, il y avait des bas, de la frustration, du d\u00e9pit, mais j\u2019avais toujours peur de la brusquer. Je me disais que notre flirt, notre bonne entente de faux cousins ne pouvait pas ne pas \u00e9voluer vers quelque chose de plus fort. Alors, j\u2019\u00e9tais doux, gentil, gai et, de temps en temps, je faisais une tentative&#8230; enfin, tu vois, j\u2019esp\u00e9rais. Et finalement, j\u2019ai eu raison&#8230;<br \/>\n\u2014 Oui, je sais&#8230; encore une fois, tu vas me parler de la nuit du <em>Marvin\u2019tavern.<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Veulerie, paresse, facilit\u00e9 ? Je ne sais pas, mais j\u2019ai fini par laisser mes questions en plan. L\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que Patricia \u00e9tait redevenue gentille et gaie, peut-\u00eatre m\u00eame amoureuse. En tout cas, elle ne me demandait pas de partir. L\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que j\u2019allais rester pr\u00e8s d\u2019elle. Bien s\u00fbr, je gardais en moi cette blessure &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54529\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! (109)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,12],"tags":[2037,21],"class_list":["post-54529","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-recit","tag-go-west","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54529","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=54529"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54529\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=54529"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=54529"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=54529"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}