{"id":54527,"date":"2025-10-30T07:47:03","date_gmt":"2025-10-30T06:47:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54527"},"modified":"2025-10-30T16:56:38","modified_gmt":"2025-10-30T15:56:38","slug":"go-west-108","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54527","title":{"rendered":"Go West ! (108)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"157\" height=\"106\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 157px) 100vw, 157px\" \/>(&#8230;) Je me suis laiss\u00e9 tomber, assis sur le lit. Elle s\u2019est assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi et nous sommes rest\u00e9s un moment comme \u00e7a, moi, la t\u00eate entre les mains, elle, me caressant le dos. Et puis elle m\u2019a pouss\u00e9 doucement sur le c\u00f4t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que je m\u2019allonge ; je n\u2019ai pas r\u00e9sist\u00e9 et, tout de suite, je me suis couch\u00e9 en chien de fusil, ramass\u00e9 sur moi-m\u00eame ; elle en a fait autant, son corps coll\u00e9 au mien, imbriqu\u00e9. J\u2019ai d\u00fb m\u2019endormir avant elle.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les derniers jours qui me restaient \u00e0 vivre avec Patricia, seize exactement, d\u2019abord \u00e0 Washington puis, pour finir, \u00e0 New-York, ne se sont pas pass\u00e9s comme je l\u2019avais esp\u00e9r\u00e9. Et pourtant, tous ces jours, toutes les nuits qui les ont suivies, nous les avons v\u00e9cus c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, tous les deux, dans la m\u00eame maison ou dans la m\u00eame chambre d\u2019h\u00f4tel, sans que personne ne nous d\u00e9range ni m\u00eame ne nous observe. Nous avons dormi ensemble, nous avons pris des petits d\u00e9jeuners ensemble, nous sommes all\u00e9s au cin\u00e9ma et au th\u00e9\u00e2tre, nous avons pris l\u2019avion ensemble, roul\u00e9 en voiture, pris le m\u00e9tro, visit\u00e9 des mus\u00e9es et des grands magasins, fl\u00e2n\u00e9 dans des rues et dans des jardins&#8230; Presque tout ce qu\u2019on doit faire ou voir \u00e0 Washington et \u00e0 New-York, nous l\u2019avons fait, nous l\u2019avons vu. Pendant ces quelques jours, notre vie a ressembl\u00e9 \u00e0 celle d\u2019un couple en vacances. C\u2019\u00e9tait un peu comme si, Patricia et moi, nous \u00e9tions en voyage de noces. Seize jours dont je n\u2019aurais jamais os\u00e9 r\u00eaver. Mais le c\u0153ur n\u2019y \u00e9tait pas&#8230; pas vraiment.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au retour de la baie de Chesapeake, quand nous \u00e9tions arriv\u00e9s devant sa maison, je n\u2019avais pas la moindre id\u00e9e de ce que Patricia allait faire. La fin de la nuit avait \u00e9t\u00e9 difficile tant pour elle que pour moi et, depuis que nous avions quitt\u00e9 le <em>Candlewood Motel<\/em>, nous n\u2019avions pas \u00e9chang\u00e9 trois mots. Rester <!--more-->de marbre dans la voiture pendant le temps du voyage n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 difficile, mais maintenant que nous \u00e9tions dans sa maison, seuls, au pied de l\u2019escalier qui menait \u00e0 sa chambre, je ne savais plus quel comportement adopter. Fallait-il d\u00e9clarer qu\u2019il valait mieux que nous nous s\u00e9parions et partir dignement\u00a0? Mais est-ce que je pouvais envisager seulement de partir\u00a0? Est-ce qu\u2019\u00e0 cette seule id\u00e9e, je ne sentais pas un grand vide se cr\u00e9er devant moi\u00a0? Est-ce que je n\u2019esp\u00e9rais pas secr\u00e8tement qu\u2019elle me retiendrait\u00a0? Alors, fallait-il lui dire que je lui pardonnais son infid\u00e9lit\u00e9 et rester, en esp\u00e9rant qu\u2019elle se jette dans mes bras ? Mais arriverais-je \u00e0 effacer l\u2019image de ce vieux cochon couch\u00e9 sur elle\u00a0? Rester\u00a0? Partir\u00a0? En fait, je ne savais pas ce que je voulais. Alors, comme souvent, j\u2019avais choisi de ne rien dire, d\u2019attendre et de voir venir.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Arriv\u00e9s en haut de l\u2019escalier, imp\u00e9n\u00e9trable, Patricia m\u2019avait d\u00e9sign\u00e9 une porte\u00a0en me disant\u00a0:<br \/>\n\u2014 Tu peux prendre la chambre de Walter, si tu veux. Je vais te donner des draps&#8230; Je suis fatigu\u00e9e&#8230; Je vais me coucher.<br \/>\nIl n\u2019\u00e9tait pas encore midi.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Patricia s\u2019\u00e9tait enferm\u00e9e dans sa chambre et je l\u2019entendais t\u00e9l\u00e9phoner. Pourquoi faut-il toujours qu\u2019une fille t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 une autre fille d\u00e8s qu\u2019il se passe quelque chose dans sa vie ? \u00c0 moins que ce ne soit \u00e0 Carver qu\u2019elle t\u00e9l\u00e9phone&#8230; Moi non plus, je n\u2019avais pas beaucoup dormi, mais je n\u2019avais pas sommeil. Alors, j\u2019ai train\u00e9 longtemps \u00e0 l\u2019\u00e9tage. J\u2019ai commenc\u00e9 par faire mon lit dans la chambre de Walter. Ensuite, j\u2019ai tourn\u00e9 dans la pi\u00e8ce, examinant les photos fix\u00e9es aux murs, ouvrant les placards, les tiroirs du bureau, fouillant sans vergogne dans les boites et les cahiers d\u2019un gamin de douze ans ! Puis je suis pass\u00e9 \u00e0 la chambre des parents ; j\u2019ai recommenc\u00e9 \u00e0 fouiller, lentement, avec soin, \u00e0 la recherche de je ne savais encore quoi. C\u2019est un peu plus tard, en parcourant le rez-de-chauss\u00e9e en tous sens, que j\u2019ai compris ce que je cherchais : une photographie. Patricia m\u2019avait dit que John Carver et son p\u00e8re \u00e9taient amis et que les deux familles se fr\u00e9quentaient. Il y avait donc forc\u00e9ment quelque part une photo sur laquelle Carver figurerait. Je l\u2019imaginais, cette photo, complaisante, prise par un serveur du restaurant du Country Club, montrant de face les deux familles, \u00e9clatantes de sant\u00e9, avec au centre, Carver, la quarantaine avantageuse, le sourire rectangulaire, bronz\u00e9 comme il se doit, athl\u00e9tique mais pas trop, la main, d\u00e9j\u00e0 possessive, affectueusement pos\u00e9e sur l\u2019\u00e9paule d\u2019une jeune fille de seize ans \u00e0 peine, dans laquelle je n\u2019aurais aucun mal \u00e0 reconnaitre la Patricia d\u2019aujourd\u2019hui. Mais si une telle photo existait, il y avait plus de chances qu\u2019elle soit dans la chambre de Patricia que dans le reste de la maison. Je ne l\u2019ai pas trouv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Plus tard, je me suis install\u00e9 devant la t\u00e9l\u00e9vision. J\u2019y ai vu en entier un interminable match de football puis les informations de 7 heures, en entier aussi. Hier, \u00e0 Berlin, un type de dix-huit ans s\u2019\u00e9tait fait tuer par un garde-fronti\u00e8re Est-allemand alors qu\u2019il tentait de passer \u00e0 l\u2019Ouest. Plus tard encore, c\u2019\u00e9tait le trenti\u00e8me \u00e9pisode de la troisi\u00e8me saison de <em>Bonanza<\/em>. Je me suis endormi sur le canap\u00e9. Quand je me suis r\u00e9veill\u00e9, perch\u00e9 sur une \u00e9chelle, Gene Kelly chantait son amour \u00e0 Debbie Reynolds&#8230; <em>Chantons sous la pluie<\/em>. Pass\u00e9 le baiser final, je suis mont\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tage gratter \u00e0 la porte de Patricia. Elle n\u2019a pas r\u00e9pondu. Je suis redescendu m\u2019affaler devant la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Patricia avait rejoint Gene Kelly en haut de son \u00e9chelle et tandis que, d\u2019en bas, je filmais la sc\u00e8ne, elle le regardait amoureusement. Puis elle lui nouait autour du cou un long foulard de tulle bleu ciel flottant au vent. Ensuite, elle l\u2019embrassait, longuement, passionn\u00e9ment, puis elle redescendait et, \u00e0 mi-hauteur de l\u2019\u00e9chelle, se penchait vers moi et me caressait la joue.<br \/>\n\u2014 Bonjour, Philippe. \u00c7a va mieux\u00a0?<br \/>\nJ\u2019ai ouvert les yeux, hagard. Elle \u00e9tait debout pr\u00e8s du canap\u00e9.<br \/>\n\u2014 Sais pas&#8230; Je r\u00eavais.<br \/>\nJ\u2019ai pris sa main et je l\u2019ai ramen\u00e9e contre ma joue. Patricia \u00e9tait habill\u00e9e, coiff\u00e9e, maquill\u00e9e, fraiche, pimpante. Je me sentais sale, fatigu\u00e9, de mauvaise humeur. Elle a dit\u00a0:<br \/>\n\u2014 Tu te rends compte\u00a0? Il est presque onze heures et le soleil brille\u00a0! Allez, tu as assez dormi\u00a0! L\u00e8ve-toi\u00a0!<br \/>\n\u2014 Tu ne travailles pas\u00a0?<br \/>\n\u2014 Non. Aujourd\u2019hui, c\u2019est vacances\u00a0! Je t\u2019emm\u00e8ne visiter la capitale des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Patricia m\u2019avait accord\u00e9 une demi-heure pour me pr\u00e9parer avant que nous ne partions pour le Capitole et c\u2019est sous la douche que je tournais et retournais dans ma t\u00eate tout un tas de questions\u00a0: pourquoi, tout \u00e0 l\u2019heure, apr\u00e8s cette horrible nuit au motel et ce lugubre dimanche immobile, Patricia avait-elle chang\u00e9 aussi vite et aussi radicalement\u00a0d\u2019attitude ? Pourtant hier, dans la voiture, je m\u2019\u00e9tais conduit comme un imb\u00e9cile, comme un gamin, comme Walter, \u00e0 faire la gueule en regardant dehors. Elle devait m\u2019en vouloir, penser que, pour moi, tout \u00e9tait fini, par fiert\u00e9, par orgueil, par b\u00eatise. Alors pourquoi ne me demandait-elle pas de partir\u00a0? Est-ce que, finalement, elle avait choisi entre Carver et moi\u00a0? Et si elle avait choisi, pourquoi ne le disait-elle pas\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Veulerie, paresse, facilit\u00e9\u00a0? Je ne sais pas, mais j\u2019ai fini par laisser mes questions en plan. L\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que Patricia \u00e9tait redevenue gentille et gaie, peut-\u00eatre m\u00eame amoureuse. En tout cas, elle ne me demandait pas de partir. L\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que j\u2019allais rester pr\u00e8s d\u2019elle. Bien s\u00fbr, je gardais en moi cette blessure d\u2019amour ou d\u2019amour-propre, cette image de ce salopard de Carver couchant avec Patricia pendant que moi, tout feu tout flamme, je pr\u00e9parais mon voyage pour la rejoindre. Mais l\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait que celui qui \u00e9tait pr\u00e8s de Patricia aujourd\u2019hui, c\u2019\u00e9tait moi.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Je me suis laiss\u00e9 tomber, assis sur le lit. Elle s\u2019est assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi et nous sommes rest\u00e9s un moment comme \u00e7a, moi, la t\u00eate entre les mains, elle, me caressant le dos. Et puis elle m\u2019a pouss\u00e9 doucement sur le c\u00f4t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que je m\u2019allonge ; je n\u2019ai pas r\u00e9sist\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54527\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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