{"id":54375,"date":"2025-10-11T07:47:48","date_gmt":"2025-10-11T05:47:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54375"},"modified":"2025-10-11T20:06:57","modified_gmt":"2025-10-11T18:06:57","slug":"go-west-104","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54375","title":{"rendered":"Go West ! (104)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"173\" height=\"117\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 173px) 100vw, 173px\" \/>\u2014 Et l\u00e0, tu vois, tout s\u2019\u00e9clairait, tout s\u2019arrangeait. Patricia \u00e9tait redevenue tendre, on allait d\u00e9poser Walter dans son summer camp et on allait \u00eatre tranquilles, tous les deux, pendant des jours et des jours\u2026 et des nuits.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014 Et \u00e7a ne s\u2019est pas pass\u00e9 comme \u00e7a, bien s\u00fbr\u00a0!<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014 Ben non&#8230; Pas tout \u00e0 fait&#8230; Mais quand m\u00eame un peu&#8230;<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014 Pauvre cloche, va\u00a0!<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Nous sommes partis dans la petite Coccinelle bleu m\u00e9tallis\u00e9 de Patricia, elle au volant et moi \u00e0 c\u00f4t\u00e9. A l\u2019arri\u00e8re, Walter partageait la banquette avec une glaci\u00e8re que Patricia avait pr\u00e9par\u00e9e pour notre pique-nique. Juste avant que nous quittions la maison, je l\u2019avais entendue se disputer avec son fr\u00e8re et depuis, Walter n\u2019avait plus dit un mot. Il faisait la gueule en regardant fixement dehors \u00e0 travers la vitre. Au d\u00e9but du voyage, Patricia avait tent\u00e9 de r\u00e9tablir la communication en vantant le <em>Sparrows sailing summer<\/em> <em>camp <\/em>o\u00f9 il allait passer les deux prochaines semaines, la plage sur la baie de Chesapeake, les d\u00e9riveurs, les soir\u00e9es feu de camp, les chahuts dans les chalets, le spectacle de fin de s\u00e9jour. Elle m\u00eame y \u00e9tait rest\u00e9e tout un mois l\u2019\u00e9t\u00e9 de ses quatorze ans et elle en avait gard\u00e9 un formidable souvenir. Bien s\u00fbr, le camp des gar\u00e7ons \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de celui des filles, mais elle se souvenait de deux ou trois endroits pas tr\u00e8s bien surveill\u00e9s qui permettaient de passer d\u2019un camp \u00e0 l\u2019autre\u2026 \u00c0 tous les avantages qu\u2019\u00e9num\u00e9rait Patricia, son fr\u00e8re se contentait de r\u00e9pondre \u00ab M\u2019en fous !\u00bb avant de <!--more-->retomber dans sa contemplation du paysage. Patricia a fini par abandonner l\u2019espoir de le r\u00e9conforter.\u00a0 Ensuite elle m\u2019a demand\u00e9 de \u00a0raconter mon voyage et j\u2019ai entrepris de lui en livrer une version expurg\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Apr\u00e8s Annapolis, Patricia a suivi la route c\u00f4ti\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 ce que nous tombions sur l\u2019entr\u00e9e du camp. Nous \u00e9tions en retard et il y avait d\u00e9j\u00e0 une foule de parents et d\u2019enfants qui se faisaient leurs adieux, tragiques, inquiets ou joyeux. Compte tenu de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de Walter, Patricia fit tout pour abr\u00e9ger les pr\u00e9sentations et les formalit\u00e9s. Au bout d\u2019un quart d\u2019heure, elle \u00e9tait revenue \u00e0 la voiture aupr\u00e8s de laquelle je l\u2019attendais. Elle s\u2019est assise au volant et s\u2019est immobilis\u00e9e un instant, puis elle a pouss\u00e9 un grand soupir et elle a d\u00e9marr\u00e9 la voiture. Enfin, tout en dirigeant la Coccinelle vers la sortie du camp, \u00e0 mi-voix, comme pour elle-m\u00eame, elle a prononc\u00e9 ces mots :<br \/>\n\u2014 Et maintenant, allons-y !<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 \u00c0 partir de l\u00e0, mon vieux, la journ\u00e9e est devenue formidable. Tout en roulant, Patricia me racontait la baie de Chesapeake, le paysage autour de nous, les merveilleuses vacances qu\u2019elle avait pass\u00e9es au <em>Sparrows summer camp<\/em> ; elle me d\u00e9crivait ce qu\u2019elle avait pr\u00e9par\u00e9 comme piquenique \u2014 past\u00e8que, poulet grill\u00e9, ice-cream \u2014 me demandait si j\u2019aimais \u00e7a. Elle avait m\u00eame pris deux bouteilles de vin ros\u00e9. Elle \u00e9tait souriante, douce, joyeuse m\u00eame, tu ne peux pas savoir !<br \/>\n\u2014 Mais si, mon vieux, je sais. J\u2019\u00e9tais l\u00e0.<br \/>\n\u2014 On a pris un grand pont sur la baie, on a roul\u00e9 encore un peu vers le sud et puis elle a pris un chemin de sable sur la droite. On s\u2019est arr\u00eat\u00e9 au pied des dunes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de trois ou quatre voitures qui \u00e9taient gar\u00e9es l\u00e0. Chastement, chacun de notre c\u00f4t\u00e9 de la voiture, on s\u2019est mis en maillot de bain et on a travers\u00e9 la dune en portant la glaci\u00e8re et nos serviettes de bain.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mar\u00e9e basse, grand beau. La plage est infinie, splendide. De loin en loin, il y a des cerfs-volants, des parasols, des ballons, des gens allong\u00e9s sur des serviettes, des enfants \u00e0 genoux dans les flaques, des chiens. Je suis assis sur le sable. Patricia a ouvert la glaci\u00e8re et j\u2019ai d\u00e9bouch\u00e9 la premi\u00e8re bouteille de vin. Elle coupe la past\u00e8que et m\u2019en sert une tranche. Nous mangeons, nous buvons. Je verse le vin dans son gobelet et ma main fr\u00f4le son genou. Je pense \u00e0 ce qui va se passer tout \u00e0 l\u2019heure et surement elle y pense aussi. Embarrass\u00e9e par cette r\u00eaverie, notre conversation s\u2019\u00e9teint et meurt. C\u2019est elle qui parle en premier :<br \/>\n\u2014 Tu viens te baigner\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Doucement balanc\u00e9s par les premi\u00e8res vagues de la mar\u00e9e montante, nos corps se rapprochent et enfin se touchent. Nous flirtons dans l\u2019eau froide.<br \/>\nNotre retour sur le sable est silencieux, un peu emprunt\u00e9. Nous nous allongeons sur nos serviettes, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Chacun de nous fait semblant de reprendre son souffle. Silence.<br \/>\n\u2014 Ouf ! C\u2019\u00e9tait agr\u00e9able, non ?<br \/>\n\u2014 Oui. Tr\u00e8s.<br \/>\nNouveau silence.<br \/>\nJe me tourne vers elle, je passe mon bras sous son dos, je l\u2019embrasse. Elle me rend mon baiser. Bient\u00f4t, et pour la premi\u00e8re fois depuis hier soir, je la retrouve comme au premier instant dans notre chambre d&rsquo;h\u00f4tel du Quartier Latin. Et puis, doucement :<br \/>\n\u2014 Non&#8230; Il y a du monde\u2026 Non, vraiment, non\u2026 Arr\u00eate\u2026<br \/>\nUn peu frustr\u00e9, je me redresse brusquement et verse ce qui reste de ros\u00e9 dans nos gobelets.<br \/>\n\u2014 Ne fais pas l\u2019enfant, Philippe. Il y a du monde partout.<br \/>\n\u2014 Et alors ? On peut bien s&#8217;embrasser un peu, non ?<br \/>\n\u2014 Pas comme \u00e7a, allong\u00e9s sur une plage, en maillots de bain&#8230; ce n\u2019est pas tr\u00e8s bien vu. C\u2019est le Maryland, ici. Des gens pourraient se plaindre. Nous pourrions avoir des ennuis.<br \/>\nLong silence tendu, et puis :<br \/>\n\u2014 Parle-moi. Raconte-moi des choses\u2026 ce que tu as fait en Arizona\u2026 je ne suis jamais all\u00e9e en Arizona\u2026 il para\u00eet que c\u2019est tr\u00e8s beau l\u00e0-bas\u2026 raconte-moi.<br \/>\nAlors je raconte, d\u2019abord de mauvaise gr\u00e2ce : Flagstaff, Bill, le Museum Club, les indiens Hopi, Oak creek, et puis plus vivement l\u2019Hudson 1951, le Grand Canyon, Los Angeles\u2026 Bien s\u00fbr, je ne dis pas un mot de Tavia ni, \u00e0 part le fait de m\u2019\u00eatre fait voler, de ma nuit du 4 ao\u00fbt \u00e0 Santa Monica. Quand Patricia me demande pourquoi j\u2019ai quitt\u00e9 mes compagnons de voyage, je dis que nous n\u2019\u00e9tions pas d\u2019accord sur la suite : ils voulaient suivre la route c\u00f4ti\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 Seattle tandis que moi, je voulais qu\u2019on reparte vers l\u2019est, autrement dit vers Bethesda. On s\u2019\u00e9tait disput\u00e9, je les avais plant\u00e9s l\u00e0 et j\u2019\u00e9tais reparti \u00a0en stop pour la rejoindre. Je continue \u00e0 raconter, j\u2019att\u00e9nue, je transforme, j\u2019invente, je mens. Sans probl\u00e8me, je m\u2019\u00e9tends sur Julius, sujet confortable, puis sur Elisabeth Sherman-Vance, sa grosse voiture, ses propositions ind\u00e9centes et mon refus plein de dignit\u00e9. Patricia m\u2019\u00e9coute, allong\u00e9e, les yeux ferm\u00e9s, sans m\u2019interrompre, sans poser de question. On dirait que la tension entre nous est retomb\u00e9e. Tout va bien&#8230; Soudain, elle se l\u00e8ve et dit :<br \/>\n\u2014 J\u2019ai froid. Viens&#8230;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Nous avons rejoint la route et Patricia a tourn\u00e9 \u00e0 droite vers le sud. Nous vous roul\u00e9 quelques minutes encore et sur notre droite a surgi un modeste panneau de bois \u00e0 la peinture blanche \u00e9caill\u00e9e. En lettres bleu p\u00e2le \u00e0 peine lisibles, il disait : <em>Candlewood Motel &#8211; 5 miles<\/em>. Patricia a frein\u00e9 brusquement et pris le chemin que le panneau indiquait.<\/p>\n<p><em><span style=\"color: #0000ff;\">A SUIVRE<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2014 Et l\u00e0, tu vois, tout s\u2019\u00e9clairait, tout s\u2019arrangeait. Patricia \u00e9tait redevenue tendre, on allait d\u00e9poser Walter dans son summer camp et on allait \u00eatre tranquilles, tous les deux, pendant des jours et des jours\u2026 et des nuits. \u2014 Et \u00e7a ne s\u2019est pas pass\u00e9 comme \u00e7a, bien s\u00fbr\u00a0! \u2014 Ben non&#8230; Pas tout \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54375\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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