{"id":54303,"date":"2025-10-17T07:47:35","date_gmt":"2025-10-17T05:47:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54303"},"modified":"2025-10-18T07:58:18","modified_gmt":"2025-10-18T05:58:18","slug":"chandler-thompson-et-williams","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54303","title":{"rendered":"Chandler, Thompson, Williams et Westlake"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #0000ff;\">J&rsquo;aime la S\u00e9rie Noire depuis longtemps et je dis pourquoi dans le texte ci-dessous. Ce texte, publi\u00e9 une premi\u00e8re fois le 5 mai 2016, c&rsquo;est ma Critique Ais\u00e9e, la 75\u00e8me, de cette collection qui fit les beaux jours de mes nuits d&rsquo;adolescent et d&rsquo;adulte. Dans les S\u00e9ries Noires, comme le dit la citation de Marcel Duhamel que je reproduis ci-dessous, il y a \u00ab\u00a0de l\u2019action, de l\u2019angoisse, de la violence, du tabassage et du massacre\u00a0\u00bb, mais s&rsquo;il n&rsquo;y avait que \u00e7a, autant lire du Fleuve Noir, cette laborieuse copie de la S\u00e9rie Noire. Non, dans la S\u00e9rie Noire, il y a, presque toujours en tout cas, du style, du style dans l&rsquo;\u00e9criture et dans les personnages, \u00a0Raymond Chandler avec son Philipp Marlowe, Jim Thompson et son Nick Corey, Charles Williams et son Oncle Sagamore Noonan, Donald Westlake et son John <span style=\"caret-color: #0000ff;\">Dortmunder\u2026<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"caret-color: #0000ff; color: #0000ff;\">Plusieurs<\/span><span style=\"color: #0000ff;\"> fois je me suis inspir\u00e9 de la S\u00e9rie Noire pour \u00e9crire des histoires plut\u00f4t courtes, sortes de pastiches, ou plut\u00f4t d&rsquo;hommages \u00e0 ces \u00e9crivains v\u00e9ritables et mal connus. Demain, je rediffuserai ici une aventure de Sassy Manoon.\u00a0<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S\u00e9rie Noire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La S\u00e9rie Noire a soixante-dix ans. Une gamine. Voici ce que Marcel Duhamel disait en 1948 de la collection qu&rsquo;il avait cr\u00e9\u00e9e :<!--more--><br \/>\n\u00ab\u00a0&#8230;<i>les volumes de la \u201cS\u00e9rie noire\u201d ne peuvent pas sans danger \u00eatre mis entre toutes les mains. L\u2019amateur d\u2019\u00e9nigmes \u00e0 la Sherlock Holmes n\u2019y trouvera pas souvent son compte. L\u2019optimiste syst\u00e9matique non plus\u2026.L\u2019esprit en est rarement conformiste. On y voit des policiers plus corrompus que les malfaiteurs qu\u2019ils poursuivent. Le d\u00e9tective sympathique ne r\u00e9sout pas toujours le myst\u00e8re. Parfois il n\u2019y a pas de myst\u00e8re. Et quelquefois m\u00eame, pas de d\u00e9tective du tout. Mais alors ?\u2026 Alors il reste de l\u2019action, de l\u2019angoisse, de la violence \u2014 sous toutes ses formes et particuli\u00e8rement les plus honnies \u2014 du tabassage et du massacre, etc\u2026\u00a0\u00bb<\/i> (1)<br \/>\nJuste au moment o\u00f9, vers l&rsquo;\u00e2ge de 13 ou 14 ans, apr\u00e8s avoir d\u00e9laiss\u00e9 les histoires du Grand Nord et du Grand Meaulnes, je n&rsquo;en pouvais plus des petites cellules grises moustachues de l&rsquo;horripilant Hercule Poirot, ni des d\u00e9ductions embrum\u00e9es et m\u00e9prisantes du suffisant Sherlock Holmes, je suis tomb\u00e9 sur un livre cartonn\u00e9 noir encadr\u00e9 de jaune. Il \u00e9tait debout sur le manteau de la chemin\u00e9e de notre maison de Touffreville. Sa tranche disait : \u00ab\u00a0<i>Sur un air de navaja<\/i>\u00ab\u00a0. Il \u00e9tait encadr\u00e9 de livres semblables dont les titres : \u00ab\u00a0<i>La m\u00f4me vert de gris<\/i>\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0<i>A tombeau ouvert<\/i>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<i>Cet homme est dangereux<\/i>\u00a0\u00bb \u00e9taient assez \u00e9vocateurs pour attirer un adolescent qui s&rsquo;ennuyait sous la pluie normande de Juillet. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c&rsquo;est la navaja qui m&rsquo;attira en premier. <a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/image3.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-5694\" src=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/image3-150x150.jpeg\" alt=\"image\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a>Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce parce que j&rsquo;avais appris le nom de ce couteau dans une aventure de Tintin ou \u00e0 cause du jeu de mots inclus dans le titre? Toujours est-il que c&rsquo;est avec ce bouquin que j&rsquo;entrai du m\u00eame coup et pour la premi\u00e8re fois dans la S\u00e9rie Noire et dans l&rsquo;intimit\u00e9 de Philip Marlowe.<br \/>\nCe fut une vraie d\u00e9couverte, comme plus tard Steinbeck et Maupassant ou, beaucoup plus tard, Proust et Houellebecq. (Car, j&rsquo;ose le dire, on trouve parfois de purs chefs d&rsquo;\u0153uvre dans la S\u00e9rie Noire) Je ne pouvais plus quitter les d\u00e9tectives d\u00e9sabus\u00e9s mais honn\u00eates, amateurs de whisky et de jolies filles, ni les policiers corrompus, ni les hommes d&rsquo;affaires honteux, ni les cr\u00e9puscules dor\u00e9s de Los Angeles, ni la chaleur poussi\u00e9reuse de Caruso, Texas, ni le vent glac\u00e9 de Chicago. Je d\u00e9couvrais Raymond Chandler, Chester Himes, Jim Thompson, Charles Williams.<br \/>\nDepuis quelques temps, la S\u00e9rie Noire a \u00e9volu\u00e9, ou bien est-ce moi ? Les st\u00e9r\u00e9otypes ont chang\u00e9 et je ne m&rsquo;y reconnais plus. Alors je suis pass\u00e9 \u00e0 autre chose. Mais l&rsquo;exemplaire cartonn\u00e9 noir entour\u00e9 de jaune de \u00ab\u00a0<i>Sur un air de navaja<\/i>\u00a0\u00bb (2) tr\u00f4ne toujours sur ma chemin\u00e9e de Champ de Faye entre \u00ab\u00a0<i>Pas d&rsquo;orchid\u00e9es pour Miss Blandish<\/i>\u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb <i>La reine des pommes<\/i>\u00ab\u00a0. J&rsquo;envisage de le relire un de ces jours, mais cela risque d&rsquo;\u00eatre fatal \u00e0 sa reliure qui se d\u00e9colle dans l&rsquo;humidit\u00e9 de cette maison de campagne.<br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><i><u> Note 1<\/u><br \/>\nCette citation de Duhamel a \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9e dans Causeur, un magazine qu&rsquo;en passant, je vous recommande.<br \/>\n<u> Note 2<\/u><br \/>\nLe titre original de \u00ab\u00a0Sur un air de navaja\u00a0\u00bb est \u00ab\u00a0The long goodbye\u00a0\u00bb. En 1973, Robert Altman en avait tir\u00e9 un excellent film, \u00ab\u00a0Le Priv\u00e9\u00a0\u00bb. Pour interpr\u00e9ter le r\u00f4le principal, il avait choisi Elliot Gould, qui fut \u00e0 cette occasion le meilleur Philip Marlowe que l&rsquo;on ait jamais vu, bien meilleur m\u00eame que Humphrey Bogart.<\/i><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;aime la S\u00e9rie Noire depuis longtemps et je dis pourquoi dans le texte ci-dessous. Ce texte, publi\u00e9 une premi\u00e8re fois le 5 mai 2016, c&rsquo;est ma Critique Ais\u00e9e, la 75\u00e8me, de cette collection qui fit les beaux jours de mes nuits d&rsquo;adolescent et d&rsquo;adulte. 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