{"id":54286,"date":"2025-10-01T07:47:43","date_gmt":"2025-10-01T05:47:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54286"},"modified":"2025-10-03T09:57:57","modified_gmt":"2025-10-03T07:57:57","slug":"go-west-102-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54286","title":{"rendered":"Go West ! (102)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"170\" height=\"115\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 170px) 100vw, 170px\" \/>(&#8230;) Une lumi\u00e8re s\u2019allume au-dessus de la porte, trois verrous se d\u00e9nouent bruyamment et la porte s\u2019ouvre, vite bloqu\u00e9e par un entreb\u00e2illeur. C\u2019est Walter. Il me regarde du genre \u00ab\u00a0Alors, comme \u00e7a, c\u2019est toi, Philippe !\u00a0\u00bb et referme la porte sans dire un mot. Il la rouvre largement et me fait entrer.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Walter est brun, les cheveux lisses coup\u00e9s au bol. Il doit avoir une douzaine d\u2019ann\u00e9es mais il est d\u00e9j\u00e0 grand, un peu fort, un peu envelopp\u00e9. Le contraste avec sa s\u0153ur est frappant. Je pense qu\u2019il faudra bient\u00f4t qu\u2019il fasse attention. Il porte un large bermuda vert militaire et un sweat-shirt presque de la m\u00eame couleur. Il est pieds nus.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014 Alors, comme \u00e7a, c\u2019est toi, Philippe ? (&#8230;)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Walter parle clairement, il me regarde droit dans les yeux, sans sourire. Je lui r\u00e9ponds n\u00e9gligemment :<br \/>\n\u2014 Oui. Patricia est l\u00e0 ?<br \/>\n\u2014 C\u2019est toi qui as appel\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure ?<br \/>\n\u2014 Oui. Patricia est l\u00e0 ?<br \/>\n\u2014 Le type qu\u2019elle a rencontr\u00e9 en Suisse ?<br \/>\n\u2014 C\u2019est \u00e7a. Patricia n\u2019est pas l\u00e0 ?<br \/>\n\u2014 Tu couches avec, mec ?<br \/>\n\u2014 Tu es fou ! Nous sommes juste amis !<br \/>\n\u2014 T\u2019es s\u00fbr, mec ?<br \/>\n\u2014 Bien s\u00fbr que je suis s\u00fbr ! Elle n\u2019est pas l\u00e0 ?<br \/>\n\u2014 Mouais\u2026<br \/>\n\u2014 \u00c9coute-moi juste une seconde, Walter. <!--more-->Est-ce que Patricia \u00e0 la maison, oui ou non ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Eh bien non ! Elle n\u2019y est pas, Patricia. Oui, il lui a bien transmis le message comme quoi j\u2019allais arriver vers sept ou huit heures. M\u00eame qu\u2019elle est rentr\u00e9e \u00e0 la maison pour \u00e7a, mais comme je n\u2019arrivais pas, elle est ressortie. Non, il ne sait pas quand elle va revenir. Elle a dit qu\u2019en attendant, je m\u2019installe dans la v\u00e9randa, qu\u2019elle rentrera tard.<br \/>\n\u2014 Voil\u00e0, mec ! a conclu Walter. La v\u00e9randa, c\u2019est l\u00e0. Moi, je vais me coucher. Fallait pas \u00eatre en retard !<br \/>\n\u2014 Tes parents ne sont pas l\u00e0 ?<br \/>\nIl a disparu dans l\u2019escalier sans r\u00e9pondre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La v\u00e9randa est adoss\u00e9e au salon. Le mur oppos\u00e9 est enti\u00e8rement constitu\u00e9 d\u2019un grillage anti-moustique. Dehors, des millions d\u2019insectes volants se disputent pour entrer. Dedans il y a une table basse, deux fauteuils et un canap\u00e9 tout en rotin et deux ou trois coussins plats recouverts de mati\u00e8re plastique. Ce n\u2019est pas l\u00e0-dessus que je vais pouvoir dormir. Pourtant, je suis crev\u00e9. La dispute avec Ms Sherman-Vance, sans doute. J\u2019\u00e9teins le plafonnier, j\u2019attrape deux coussins plats et je m\u2019allonge au sol en les posant sous ma t\u00eate. Par terre, malgr\u00e9 la moquette en faux gazon, c\u2019est dur comme du b\u00e9ton. En plus, il fait une de ces chaleurs. J\u2019\u00f4te chemise et blue-jean en me contorsionnant et je me rallonge sur le dos.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et voil\u00e0 ! Je traverse les \u00c9tats-Unis de part en part, des milliers de kilom\u00e8tres de chaleur, de poussi\u00e8re, de mauvaises nuits, sans parler des mauvaises rencontres, je me donne un mal de chien, je prends des risques&#8230; et tout \u00e7a pour \u00eatre accueilli par un adolescent laconique, qui me dit que mademoiselle est sortie, que je n\u2019ai qu\u2019\u00e0 dormir par terre, sous la v\u00e9randa, et que je n\u2019avais qu\u2019\u00e0 ne pas \u00eatre en retard. Mademoiselle est sortie ! Mademoiselle ne pouvait pas attendre davantage ! Mademoiselle ne supporte pas les gens en retard ! Alors Mademoiselle se venge et plut\u00f4t que d\u2019attendre une heure ou deux, gentiment, dans sa chambre, ou en jouant au Scrabble avec son fr\u00e8re, elle sort ! Et pour quoi faire ? Surement pour aller piapiater avec sa meilleure amie sur la mauvaise \u00e9ducation des gar\u00e7ons.<br \/>\nAllong\u00e9 sur le dos, crisp\u00e9, respiration haletante, les yeux au plafond, je me laisse aller \u00e0 une col\u00e8re silencieuse, une sorte de crise de jalousie pu\u00e9rile. Mentalement, je tr\u00e9pigne.<br \/>\nTu parles d\u2019un accueil ! Quand je pense que tout \u00e0 l\u2019heure, pendant que je marchais sur Exeter vers sa maison, j\u2019imaginais notre toute prochaine rencontre ! La fa\u00e7ade de sa maison luirait sous la lune. Il n\u2019y aurait pas une seule lumi\u00e8re mais, dans ma t\u00eate, la musique d\u2019<em>Autant en emporte de vent<\/em>. Deux coups au heurtoir. Tout de suite, au-dessus de la porte, la lumi\u00e8re s\u2019allumerait et, tout de suite : \u00ab C\u2019est toi ? \u00bb. Elle ouvrirait en grand sans attendre la r\u00e9ponse. Elle serait devant moi, en chemise de nuit, toute fr\u00eale, timide. Je resterais devant elle, fig\u00e9, presque tremblant. Alors, exactement comme elle l\u2019avait fait quelques mois auparavant Place de F\u00fcrstenberg, elle prendrait ma main et m\u2019entra\u00eenerait jusque dans sa chambre\u2026<br \/>\nMais \u00e7a ne va pas se passer comme \u00e7a ! Elle va voir, quand elle rentrera tout \u00e0 l\u2019heure ! Elle va voir ! Je vais lui dire ce que j\u2019en pense de sa fa\u00e7on de me recevoir. Non mais sans blague !<br \/>\nOu alors\u2026 Ou alors, c\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019elle ne veut plus me voir et qu\u2019elle me le fait comprendre par les instructions qu\u2019elle a donn\u00e9es \u00e0 son fr\u00e8re. Peut-\u00eatre qu\u2019elle ne m\u2019aime plus\u2026 C\u2019est \u00e7a, c\u2019est s\u00fbrement \u00e7a. Elle ne m\u2019aime plus. Elle ne m\u2019aime plus et elle n\u2019a pas os\u00e9 me l\u2019\u00e9crire. Elle devait penser que je ne viendrais jamais la voir. Et puis, j\u2019\u00e9tais tellement insistant, tellement amoureux dans mes lettres, sans doute m\u00eame au-del\u00e0 de ce que je ressentais vraiment, qu\u2019elle n\u2019a pas eu le courage de me dire la v\u00e9rit\u00e9, de me dissuader de venir. Et maintenant, je suis l\u00e0. Et elle ne veut pas me voir. Et elle esp\u00e8re sans doute que je vais comprendre, comprendre et m\u2019en aller, sans faire d\u2019histoire, sans m\u00eame la rencontrer. Eh bien non, pas question. Il va falloir qu\u2019elle s\u2019explique, la petite garce !<br \/>\nEt je repars en boucle dans ma rumination des \u00e9preuves que j\u2019ai d\u00fb traverser pour finalement me retrouver l\u00e0, en chaussettes et cale\u00e7on, snob\u00e9 par une fille qui m\u2019a racont\u00e9 des histoires pendant des mois d\u2019\u00e9changes de lettres.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je ne sais pas \u00e0 quel moment de quelle boucle j\u2019en \u00e9tais quand je me suis endormi. C\u2019est le bruit de la cl\u00e9 dans la serrure qui m\u2019a r\u00e9veill\u00e9. Le temps que je r\u00e9alise o\u00f9 je suis, que je me l\u00e8ve, que je fasse deux pas vers l\u2019entr\u00e9e de la maison et que je trouve l\u2019interrupteur, Patricia est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mi escalier.<br \/>\n\u2014 Patricia, je suis l\u00e0 !<br \/>\nC\u2019est l\u2019heure, c\u2019est le moment o\u00f9 elle doit descendre les quatre marches qu\u2019elle vient de gravir et, submerg\u00e9e par l\u2019\u00e9motion, se jeter dans mes bras. Mais :<br \/>\n\u2014 Ah ! Philippe ! Tu es d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 ? Je pensais que tu n\u2019arriverais jamais. Tu n&rsquo;as pas eu d&rsquo;ennuis, j&rsquo;esp\u00e8re ?<br \/>\nMon c\u0153ur cogne tellement fort que je ne m\u2019aper\u00e7ois m\u00eame pas de la froideur de son accueil. Les bras ballants, je la regarde intens\u00e9ment. Tenant la rampe d\u2019une main, ses ballerines de l\u2019autre, tourn\u00e9e vers moi, elle insiste :<br \/>\n\u2014 Tu as eu des ennuis sur la route ? Tu vas bien ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Elle est encore plus jolie que dans mon souvenir. Elle a pris des formes, de la maturit\u00e9, mais son visage, son regard sont toujours aussi doux.\u00a0 Debbie Reynolds regardant Gene Kelly dans<em> Chantons sous la pluie<\/em>. Sa voix\u2026<br \/>\nLa gorge nou\u00e9e, je suis incapable de prononcer un mot. Alors je monte trois marches et je la saisis par la taille. Nos deux visages sont \u00e0 la m\u00eame hauteur. Je l\u2019embrasse.<br \/>\n\u2014 Patricia\u2026 \u00c7a fait si longtemps\u2026<br \/>\nJe la serre plus fort contre moi. Je l\u2019embrasse.<br \/>\n\u2014 Ta chambre\u2026 emm\u00e8ne-moi dans ta chambre\u2026<br \/>\n\u2014 Impossible\u2026 Walter\u2026<br \/>\n\u2014 S\u2019il te pla\u00eet !<br \/>\n\u2014 Impossible !<br \/>\n\u2014 Alors, viens\u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">J\u2019ai resserr\u00e9 mes bras autour de sa taille, je l\u2019ai soulev\u00e9e, je l\u2019ai d\u00e9pos\u00e9e au bas de l\u2019escalier. Mais quand je lui ai pris la main pour l\u2019entra\u00eener vers la v\u00e9randa, elle a dit non. Elle a dit non, qu\u2019il \u00e9tait tard, qu\u2019elle \u00e9tait fatigu\u00e9e, qu\u2019elle devait se lever de bonne heure demain matin, qu\u2019on allait r\u00e9veiller son fr\u00e8re et que la v\u00e9randa\u2026 que non, vraiment, la v\u00e9randa, ce n\u2019\u00e9tait pas possible. J\u2019ai insist\u00e9 un peu, mais elle m\u2019a regard\u00e9 avec ce sourire si doux, un peu triste, mais aussi un peu prometteur. Alors, j\u2019ai l\u00e2ch\u00e9 sa main. Elle s\u2019est dress\u00e9e sur la pointe des pieds pour d\u00e9poser sur mon font un baiser a\u00e9rien et je l\u2019ai regard\u00e9e grimper l\u2019escalier, l\u00e9g\u00e8re, et dispara\u00eetre vers sa chambre. Debbie Reynolds sortant de sc\u00e8ne&#8230;<br \/>\nC\u2019est l\u00e0 que j\u2019aurais d\u00fb comprendre.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Une lumi\u00e8re s\u2019allume au-dessus de la porte, trois verrous se d\u00e9nouent bruyamment et la porte s\u2019ouvre, vite bloqu\u00e9e par un entreb\u00e2illeur. C\u2019est Walter. Il me regarde du genre \u00ab\u00a0Alors, comme \u00e7a, c\u2019est toi, Philippe !\u00a0\u00bb et referme la porte sans dire un mot. Il la rouvre largement et me fait entrer. Walter est brun, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54286\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! (102)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,12],"tags":[2037,21],"class_list":["post-54286","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-recit","tag-go-west","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54286","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=54286"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54286\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=54286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=54286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=54286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}