{"id":54144,"date":"2025-09-23T07:47:36","date_gmt":"2025-09-23T05:47:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54144"},"modified":"2025-09-23T16:50:07","modified_gmt":"2025-09-23T14:50:07","slug":"lapple-intelligence-et-la-madeleine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54144","title":{"rendered":"L&rsquo;Apple Intelligence et la Madeleine"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>J&rsquo;ai un nouvel iPad. \u00c0 bord, il y a maintenant une sorte d&rsquo;Intelligence Artificielle embarqu\u00e9e. Elle s&rsquo;appelle Apple Intelligence. Quand on l&rsquo;utilise, elle travaille en interne sans \u00e9changer avec de myst\u00e9rieux centres californiens ou chinois. De ce fait, bien s\u00fbr, elle n&rsquo;a pas les capacit\u00e9s de la vraie A.I., celle qui fait peur, qui se trompe, et bouffe des milliards de kilowatts-heures. Pourtant, elle peut rendre des services, notamment en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9criture. J&rsquo;ai exp\u00e9riment\u00e9 ses possibilit\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en lui soumettant le passage le plus c\u00e9l\u00e8bre de \u00c0 la Recherche du Temps Perdu, celui de \u00a0la madeleine. Lisez d&rsquo;abord le passage tel que l&rsquo;a \u00e9crit Marcel Proust. C&rsquo;est long, mais admirable et facile \u00e0 lire.\u00a0<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9590\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/images-3.jpg\" alt=\"\" width=\"120\" height=\"179\" \/><\/em><em>\u00a0(Notre pass\u00e9)<\/em> est cach\u00e9 hors de son domaine et de sa port\u00e9e, en quelque objet mat\u00e9riel (en la sensation que nous donnerait cet objet mat\u00e9riel), que nous ne soup\u00e7onnons pas. Cet objet, il d\u00e9pend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y avait d\u00e9j\u00e0 bien des ann\u00e9es que, de Combray, <!--more-->tout ce qui n\u2019\u00e9tait pas le th\u00e9\u00e2tre et le drame de mon coucher, n\u2019existait plus pour moi, quand un jour d\u2019hiver, comme je rentrais \u00e0 la maison, ma m\u00e8re, voyant que j\u2019avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de th\u00e9. Je refusai d\u2019abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces g\u00e2teaux courts et dodus appel\u00e9s Petites Madeleines qui semblaient avoir \u00e9t\u00e9 moul\u00e9s dans la valve rainur\u00e9e d\u2019une coquille de Saint-Jacques. Et bient\u00f4t, machinalement, accabl\u00e9 par la morne journ\u00e9e et la perspective d\u2019un triste lendemain, je portai \u00e0 mes l\u00e8vres une cuiller\u00e9e du th\u00e9 o\u00f9 j\u2019avais laiss\u00e9 s\u2019amollir un morceau de madeleine. Mais \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 la gorg\u00e9e m\u00eal\u00e9e des miettes du g\u00e2teau toucha mon palais, je tressaillis, attentif \u00e0 ce qui se passait d\u2019extraordinaire en moi. Un plaisir d\u00e9licieux m\u2019avait envahi, isol\u00e9, sans la notion de sa cause. Il m\u2019avait aussit\u00f4t rendu les vicissitudes de la vie indiff\u00e9rentes, ses d\u00e9sastres inoffensifs, sa bri\u00e8vet\u00e9 illusoire, de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019op\u00e8re l\u2019amour, en me remplissant d\u2019une essence pr\u00e9cieuse : ou plut\u00f4t cette essence n\u2019\u00e9tait pas en moi, elle \u00e9tait moi. J\u2019avais cess\u00e9 de me sentir m\u00e9diocre, contingent, mortel. D\u2019o\u00f9 avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu\u2019elle \u00e9tait li\u00e9e au go\u00fbt du th\u00e9 et du g\u00e2teau, mais qu\u2019elle le d\u00e9passait infiniment, ne devait pas \u00eatre de m\u00eame nature. D\u2019o\u00f9 venait-elle ? \u00a0Que signifiait-elle ? \u00a0O\u00f9 l\u2019appr\u00e9hender ? \u00a0 Je bois une seconde gorg\u00e9e o\u00f9 je ne trouve rien de plus que dans la premi\u00e8re, une troisi\u00e8me qui m\u2019apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m\u2019arr\u00eate, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la v\u00e9rit\u00e9 que je cherche n\u2019est pas en lui, mais en moi. Il l\u2019y a \u00e9veill\u00e9e, mais ne la conna\u00eet pas, et ne peut que r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment, avec de moins en moins de force, ce m\u00eame t\u00e9moignage que je ne sais pas interpr\u00e9ter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, \u00e0 ma disposition, tout \u00e0 l\u2019heure, pour un \u00e9claircissement d\u00e9cisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C\u2019est \u00e0 lui de trouver la v\u00e9rit\u00e9. \u00a0Mais comment ?Grave incertitude, toutes les fois que l\u2019esprit se sent d\u00e9pass\u00e9 par lui-m\u00eame ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur o\u00f9 il doit chercher et o\u00f9 tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? \u00a0Pas seulement : cr\u00e9er. Il est en face de quelque chose qui n\u2019est pas encore et que seul il peut r\u00e9aliser, puis faire entrer dans sa lumi\u00e8re.<span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-16160\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/download-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/em><\/span><br \/>\nEt je recommence \u00e0 me demander quel pouvait \u00eatre cet \u00e9tat inconnu, qui n\u2019apportait aucune preuve logique, mais l\u2019\u00e9vidence de sa f\u00e9licit\u00e9, de sa r\u00e9alit\u00e9 devant laquelle les autres s\u2019\u00e9vanouissaient. Je veux essayer de le faire r\u00e9appara\u00eetre. Je r\u00e9trograde par la pens\u00e9e au moment o\u00f9 je pris la premi\u00e8re cuiller\u00e9e de th\u00e9. Je retrouve le m\u00eame \u00e9tat, sans une clart\u00e9 nouvelle. Je demande \u00e0 mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s\u2019enfuit. Et pour que rien ne brise l\u2019\u00e9lan dont il va t\u00e2cher de la ressaisir, j\u2019\u00e9carte tout obstacle, toute id\u00e9e \u00e9trang\u00e8re, j\u2019abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans r\u00e9ussir, je le force au contraire \u00e0 prendre cette distraction que je lui refusais, \u00e0 penser \u00e0 autre chose, \u00e0 se refaire avant une tentative supr\u00eame. Puis une deuxi\u00e8me fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore r\u00e9cente de cette premi\u00e8re gorg\u00e9e et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se d\u00e9place, voudrait s\u2019\u00e9lever, quelque chose qu\u2019on aurait d\u00e9sancr\u00e9, \u00e0 une grande profondeur ; je ne sais ce que c\u2019est, mais cela monte lentement ; j\u2019\u00e9prouve la r\u00e9sistance et j\u2019entends la rumeur des distances travers\u00e9es.<br \/>\nCertes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit \u00eatre l\u2019image, le souvenir visuel, qui, li\u00e9 \u00e0 cette saveur, tente de la suivre jusqu\u2019\u00e0 moi. Mais il se d\u00e9bat trop loin, trop confus\u00e9ment ; \u00e0 peine si je per\u00e7ois le reflet neutre o\u00f9 se confond\u00a0l\u2019insaisissable tourbillon des couleurs remu\u00e9es ; mais je ne puis distinguer la forme, lui demander comme au seul interpr\u00e8te possible, de me traduire le t\u00e9moignage de sa contemporaine, de son ins\u00e9parable compagne, la saveur, lui demander de m\u2019apprendre de quelle circonstance particuli\u00e8re, de quelle \u00e9poque du pass\u00e9 il s\u2019agit.<br \/>\nArrivera-t-il jusqu\u2019\u00e0 la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l\u2019instant ancien que l\u2019attraction d\u2019un instant identique est venue de\u00a0si loin solliciter, \u00e9mouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arr\u00eat\u00e9, redescendu peut-\u00eatre ; qui sait s\u2019il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la l\u00e2chet\u00e9 qui nous d\u00e9tourne de toute t\u00e2che difficile, de toute \u0153uvre important, m\u2019a conseill\u00e9 de laisser cela, de boire mon th\u00e9 en pensant simplement \u00e0 mes ennuis d\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 mes d\u00e9sirs de demain qui se laissent rem\u00e2cher sans peine.<br \/>\nEt tout d\u2019un coup le souvenir m\u2019est apparu. Ce go\u00fbt celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin \u00e0 Combray (parce que ce jour-l\u00e0 je ne sortais pas avant l\u2019heure de la messe), quand j\u2019allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante L\u00e9onie m\u2019offrait apr\u00e8s l\u2019avoir tremp\u00e9 dans son infusion de th\u00e9 ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m\u2019avait rien rappel\u00e9 avant que je n\u2019y eusse go\u00fbt\u00e9; peut-\u00eatre parce que, en ayant souvent aper\u00e7u depuis, sans en manger, sur les tablettes des p\u00e2tissiers, leur image avait quitt\u00e9 ces jours de Combray pour se lier \u00e0 d\u2019autres plus r\u00e9cents; peut-\u00eatre parce que de ces souvenirs abandonn\u00e9s si longtemps hors de la m\u00e9moire, rien ne survivait, tout s\u2019\u00e9tait d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9; les formes,\u2014et celle aussi du petit coquillage de p\u00e2tisserie, si grassement sensuel, sous son plissage s\u00e9v\u00e8re et d\u00e9vot\u2014s\u2019\u00e9taient abolies, ou, ensommeill\u00e9es, avaient perdu la force d\u2019expansion qui leur e\u00fbt permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d\u2019un pass\u00e9 ancien rien ne subsiste, apr\u00e8s la mort des \u00eatres, apr\u00e8s la destruction des choses, seules, plus fr\u00eales mais plus vivaces, plus immat\u00e9rielles, plus persistantes, plus fid\u00e8les, l\u2019odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des \u00e2mes, \u00e0 se rappeler, \u00e0 attendre, \u00e0 esp\u00e9rer, sur la ruine de tout le reste, \u00e0 porter sans fl\u00e9chir, sur leur gouttelette presque impalpable, l\u2019\u00e9difice immense du souvenir.<br \/>\nEt d\u00e8s que j\u2019eus reconnu le go\u00fbt du morceau de madeleine tremp\u00e9\u00a0dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre \u00e0 bien plus tard de d\u00e9couvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussit\u00f4t la vieille maison grise sur la rue, o\u00f9 \u00e9tait sa chambre, vint comme un d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre s\u2019appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu\u2019on avait construit pour mes parents sur ses derri\u00e8res (ce pan tronqu\u00e9 que seul j\u2019avais revu jusque-l\u00e0); et avec la maison, la ville, la Place o\u00f9 on m\u2019envoyait avant d\u00e9jeuner, les rues o\u00f9 j\u2019allais faire des courses depuis le matin jusqu\u2019au soir et par tous les temps, les chemins qu\u2019on prenait si le temps \u00e9tait beau. Et comme dans ce jeu o\u00f9 les Japonais s\u2019amusent \u00e0 tremper dans un bol de porcelaine rempli d\u2019eau, de petits morceaux de papier jusque-l\u00e0 indistincts qui, \u00e0 peine y sont-ils plong\u00e9s s\u2019\u00e9tirent, se contournent, se colorent, se diff\u00e9rencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de m\u00eame maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M.Swann, et les nymph\u00e9as de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l\u2019\u00e9glise et tout Combray et ses environs, tout cela que prend forme et solidit\u00e9, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de th\u00e9<sup>1<\/sup>.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Dans cet incroyable et magnifique texte, probablement le plus connu de toute l\u2019\u0153uvre de Proust, qui d\u00e9crit par le menu et au scalpel l\u2019exp\u00e9rience de m\u00e9moire involontaire que subit le Narrateur \u00e0 l\u2019absorption d\u2019une gorg\u00e9e de th\u00e9 m\u00eal\u00e9e de miettes de ce g\u00e2teau court et dodu que l\u2019on nomme Petite Madeleine, Apple Intelligence a d\u00e9tect\u00e9 les 21 points cl\u00e9s que voici : \u00a0<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Nature du pass\u00e9\u00a0: Cach\u00e9 dans un objet mat\u00e9riel inconnu.<\/li>\n<li>D\u00e9couverte du pass\u00e9\u00a0: D\u00e9pend du hasard de rencontrer l\u2019objet.<\/li>\n<li>Impact du pass\u00e9\u00a0: La sensation de l\u2019objet mat\u00e9riel d\u00e9clenche des souvenirs du pass\u00e9.<\/li>\n<li>D\u00e9clencheur du souvenir\u00a0: Une gorg\u00e9e de th\u00e9 avec un morceau de madeleine a d\u00e9clench\u00e9 un souvenir involontaire.<\/li>\n<li>Impact du souvenir\u00a0: Le souvenir a apport\u00e9 une joie intense et a transcend\u00e9 les pr\u00e9occupations quotidiennes de la vie.<\/li>\n<li>Origine et signification du souvenir\u00a0: L\u2019origine et la signification du souvenir \u00e9taient inconnues, mais il \u00e9tait clair qu\u2019il \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 quelque chose de plus profond que le simple go\u00fbt du th\u00e9 et du g\u00e2teau.<\/li>\n<li>Recherche de la v\u00e9rit\u00e9\u00a0: Le narrateur cherche la v\u00e9rit\u00e9, mais r\u00e9alise qu\u2019elle ne se trouve pas dans le th\u00e9 qu\u2019il boit, mais en lui-m\u00eame.<\/li>\n<li>R\u00f4le de l\u2019esprit\u00a0: Le narrateur se tourne vers son esprit pour trouver la v\u00e9rit\u00e9, mais est incertain de la fa\u00e7on de proc\u00e9der.<\/li>\n<li>Cr\u00e9ation de la v\u00e9rit\u00e9\u00a0: Le narrateur comprend que la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019existe pas encore et qu\u2019il doit la cr\u00e9er lui-m\u00eame.<\/li>\n<li>Recherche d\u2019un \u00e9tat inconnu\u00a0: Le narrateur tente de retrouver un \u00e9tat de bonheur inexplicable v\u00e9cu lors de la premi\u00e8re gorg\u00e9e de th\u00e9.<\/li>\n<li>M\u00e9thodes employ\u00e9es\u00a0: Il tente de recr\u00e9er l\u2019\u00e9tat en se rem\u00e9morant le moment, en isolant ses sens et en for\u00e7ant son esprit \u00e0 se distraire.<\/li>\n<li>R\u00e9sultat de l\u2019effort\u00a0: Une sensation vague et profonde semble remonter, mais son identit\u00e9 reste inconnue.<\/li>\n<li>Souvenir insaisissable\u00a0: Un souvenir visuel li\u00e9 \u00e0 une saveur tente d\u2019affleurer \u00e0 la conscience, mais reste confus et indistinct.<\/li>\n<li>Recherche de sens\u00a0: Le narrateur cherche \u00e0 d\u00e9chiffrer le souvenir pour comprendre l\u2019\u00e9poque ou la circonstance particuli\u00e8re du pass\u00e9 qu\u2019il repr\u00e9sente.<\/li>\n<li>Lutte int\u00e9rieure\u00a0: La paresse emp\u00eache le narrateur de pers\u00e9v\u00e9rer dans sa qu\u00eate de souvenir, le poussant \u00e0 se concentrer sur le pr\u00e9sent.<\/li>\n<li>Souvenir involontaire\u00a0: Le go\u00fbt d\u2019une madeleine tremp\u00e9e dans du th\u00e9 ou du tilleul \u00e9voque un souvenir d\u2019enfance \u00e0 Combray.<\/li>\n<li>Souvenir oubli\u00e9\u00a0: La vue de la madeleine n\u2019a pas d\u00e9clench\u00e9 le souvenir avant qu\u2019elle ne soit go\u00fbt\u00e9e, car son image s\u2019\u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 des souvenirs plus r\u00e9cents.<\/li>\n<li>Odeur et saveur\u00a0: L\u2019odeur et la saveur sont les seules choses qui persistent du pass\u00e9, \u00e9voquant des souvenirs longtemps apr\u00e8s que les images et les sons se soient estomp\u00e9s.<\/li>\n<li>Souvenir involontaire\u00a0: Le go\u00fbt d\u2019une madeleine tremp\u00e9e dans du th\u00e9 de tilleul \u00e9voque un souvenir vif de la maison de la tante du narrateur.<\/li>\n<li>Souvenir d\u00e9taill\u00e9\u00a0: Le souvenir comprend la maison, la ville, les rues, les chemins et les jardins, tous vividement rappel\u00e9s.<\/li>\n<li>Exp\u00e9rience transformatrice\u00a0: Le souvenir se d\u00e9ploie comme des fleurs dans l\u2019eau, donnant forme et substance \u00e0 Combray et \u00e0 ses environs.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Apr\u00e8s cet exercice, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Apple Intelligence de r\u00e9\u00e9crire de mani\u00e8re concise ce texte qui compte pr\u00e8s de 1400 mots,. Voici comment AI l\u2019a r\u00e9duit de moiti\u00e9.<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Notre pass\u00e9 est cach\u00e9 dans un objet mat\u00e9riel inconnu, que nous pourrions ou non rencontrer avant de mourir.<br \/>\nIl y a longtemps, \u00e0 Combray, rien d\u2019autre que mon coucher ne comptait pour moi. Un jour d\u2019hiver, ma m\u00e8re, voyant que j\u2019avais froid, me proposa du th\u00e9, ce que j\u2019acceptai \u00e0 contrec\u0153ur. Elle apporta des Petites Madeleines, des g\u00e2teaux en forme de coquille de Saint-Jacques. En trempant une madeleine dans le th\u00e9, un plaisir intense me submergea, me rendant indiff\u00e9rent aux soucis de la vie. Cette joie, li\u00e9e au go\u00fbt mais bien plus profonde, me fit sentir vivant et pr\u00e9cieux. Je me demandai d\u2019o\u00f9 elle venait et ce qu\u2019elle signifiait. \u00a0 Je bois une seconde gorg\u00e9e, puis une troisi\u00e8me, mais je ne trouve rien de plus. La vertu du breuvage diminue, et je r\u00e9alise que la v\u00e9rit\u00e9 que je cherche est en moi. Il l\u2019a \u00e9veill\u00e9e, mais ne la conna\u00eet pas, et ne peut que r\u00e9p\u00e9ter un t\u00e9moignage que je ne comprends pas. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit pour trouver la v\u00e9rit\u00e9. Comment ? C\u2019est une grave incertitude lorsque l\u2019esprit se sent d\u00e9pass\u00e9. Chercher n\u2019est pas suffisant : il faut cr\u00e9er. Il doit r\u00e9aliser quelque chose qui n\u2019existe pas encore et le faire entrer dans sa lumi\u00e8re.<span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-16160\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/download-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"94\" height=\"94\" \/><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je me demande encore quel est cet \u00e9tat inconnu, sans preuve logique, mais \u00e9vident dans sa f\u00e9licit\u00e9 et sa r\u00e9alit\u00e9, devant lequel les autres s\u2019\u00e9vanouissent. Je veux le retrouver. Je pense au moment o\u00f9 j\u2019ai pris la premi\u00e8re cuiller\u00e9e de th\u00e9. Je ressens le m\u00eame \u00e9tat, sans nouvelle clart\u00e9. Je demande \u00e0 mon esprit de faire un effort pour retrouver cette sensation qui s\u2019enfuit. Pour ne rien interrompre, j\u2019\u00e9carte tout obstacle et tout bruit. Mais voyant mon esprit se fatiguer sans succ\u00e8s, je le laisse se distraire pour se ressourcer avant une derni\u00e8re tentative. Puis, je fais le vide devant lui, je lui rappelle la saveur de cette premi\u00e8re gorg\u00e9e, et je sens quelque chose en moi qui bouge, veut s\u2019\u00e9lever, quelque chose de profond\u00e9ment ancr\u00e9 qui monte lentement, avec r\u00e9sistance et le bruit des distances travers\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce qui vibre en moi est probablement une image ou un souvenir visuel li\u00e9 \u00e0 une saveur, essayant de me rejoindre. Mais il est trop lointain et flou ; je ne vois qu\u2019un reflet neutre o\u00f9 se m\u00ealent des couleurs indistinctes. Je ne peux pas distinguer la forme ni lui demander de m\u2019expliquer la saveur ou de me dire de quel moment du pass\u00e9 il s\u2019agit.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce souvenir, cet instant ancien, viendra-t-il \u00e0 la surface de ma conscience, attir\u00e9 par un moment similaire ? Je ne sais pas. Maintenant, je ne sens plus rien, il s\u2019est arr\u00eat\u00e9, peut-\u00eatre redescendu ; qui sait s\u2019il remontera un jour ? Je dois essayer dix fois, me pencher vers lui. Et chaque fois, la paresse me conseille de laisser tomber, de boire mon th\u00e9 en pensant simplement \u00e0 mes soucis d\u2019aujourd\u2019hui et \u00e0 mes d\u00e9sirs de demain.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Soudain, un souvenir m\u2019est revenu. C\u2019\u00e9tait le go\u00fbt d\u2019une madeleine tremp\u00e9e dans du th\u00e9 ou du tilleul que ma tante L\u00e9onie me donnait le dimanche matin \u00e0 Combray avant la messe. La vue de la madeleine ne m\u2019avait rien rappel\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que je la go\u00fbte. Peut-\u00eatre que son image s\u2019\u00e9tait li\u00e9e \u00e0 des souvenirs plus r\u00e9cents, ou que ces souvenirs anciens s\u2019\u00e9taient d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9s. Mais l\u2019odeur et la saveur, plus fragiles mais plus persistantes, restent longtemps, comme des \u00e2mes, pour rappeler et porter le souvenir.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">D\u00e8s que j\u2019ai go\u00fbt\u00e9 la madeleine tremp\u00e9e dans le tilleul de ma tante, la vieille maison grise o\u00f9 elle vivait est apparue comme un d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre. Avec elle, la ville, la Place o\u00f9 j\u2019allais avant le d\u00e9jeuner, les rues o\u00f9 je faisais des courses, et les chemins que nous empruntions par beau temps ont \u00e9merg\u00e9. Comme des morceaux de papier qui prennent forme dans l\u2019eau, les fleurs du jardin, le parc de M. Swann, les nymph\u00e9as de la Vivonne, les villageois, leurs maisons, l\u2019\u00e9glise, et tout Combray ont pris forme et solidit\u00e9 de ma tasse de th\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong><em><span style=\"color: #0000ff;\">Mais le mieux, c\u2019est encore ce qui suit, je veux dire le r\u00e9sum\u00e9 de la madeleine de Proust en <span style=\"caret-color: #0000ff;\">soixante-quatre mots !<\/span><\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-16160 alignleft\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/download-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"41\" height=\"41\" \/><\/em><\/span>Un souvenir d\u2019enfance, d\u00e9clench\u00e9 par le go\u00fbt d\u2019une madeleine tremp\u00e9e dans du th\u00e9, refait surface. Ce souvenir, li\u00e9 \u00e0 la tante L\u00e9onie et \u00e0 Combray, ravive toute une \u00e9poque de la vie de l\u2019auteur, illustrant la puissance des souvenirs olfactifs et gustatifs. L\u2019auteur r\u00e9alise que, m\u00eame apr\u00e8s la disparition des \u00eatres et des choses, les odeurs et les saveurs persistent, gardant vivaces les souvenirs.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Comme \u00e7a, au moins, on sait de quoi \u00e7a parle.<br \/>\n<\/em><em>\u00c7a me rappelle une anecdote que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e quelque part dans ce journal sans pouvoir la retrouver\u00a0:<br \/>\n<\/em><em>Quelqu\u2019un demandait \u00e0 un \u00e9diteur (ou un critique d\u2019art) de lui r\u00e9sumer<sup>2<\/sup> A la Recherche du Temps Perdu. Au lieu de lancer \u00e0 ce quidam le <span style=\"text-decoration: underline;\">Gen Z stare<\/span><sup>3<\/sup> qu\u2019il aurait amplement m\u00e9rit\u00e9, l\u2019\u00e9diteur (ou le critique d\u2019art) a donn\u00e9 cette r\u00e9ponse : \u00ab Le petit Marcel veut devenir \u00e9crivain \u00bb.<br \/>\nPlus subtil, plus spirituel, plus chic, tu meurs\u00a0!<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Note 1<\/span>\u00a0: Extrait de \u00ab\u00a0Du C\u00f4t\u00e9 de chez Swann\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0A la Recherche du temps perdu\u00a0\u00bb &#8211; Marcel Proust (1365 MOTS)<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Note 2<\/span>\u00a0: Puis-je rappeler au passage que l\u2019\u0153uvre comporte trois mille pages\u00a0?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Note 3<\/span> : Gen Z stare : Merci de vous reporter \u00e0 l\u2019article r\u00e9cemment paru ici-m\u00eame sur le sujet.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai un nouvel iPad. \u00c0 bord, il y a maintenant une sorte d&rsquo;Intelligence Artificielle embarqu\u00e9e. Elle s&rsquo;appelle Apple Intelligence. Quand on l&rsquo;utilise, elle travaille en interne sans \u00e9changer avec de myst\u00e9rieux centres californiens ou chinois. De ce fait, bien s\u00fbr, elle n&rsquo;a pas les capacit\u00e9s de la vraie A.I., celle qui fait peur, qui se &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54144\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">L&rsquo;Apple Intelligence et la Madeleine<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[4,15],"tags":[990,21,111],"class_list":["post-54144","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-citations","category-themes","tag-apple","tag-philippe","tag-proust"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54144","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=54144"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54144\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=54144"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=54144"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=54144"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}