{"id":54119,"date":"2025-09-27T07:47:47","date_gmt":"2025-09-27T05:47:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54119"},"modified":"2025-12-08T14:15:38","modified_gmt":"2025-12-08T13:15:38","slug":"go-west-101","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54119","title":{"rendered":"Go West ! (101)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"299\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 299px) 100vw, 299px\" \/>(&#8230;) Ms Sherman-Vance reste de marbre. Robert et Alice regardent devant eux. Ils ne se sont m\u00eame pas retourn\u00e9s quand j\u2019ai ouvert la porti\u00e8re. Harry Belafonte vient d\u2019entamer Jamaica Farewell. Je suis dehors, les pieds sur le bitume, pench\u00e9 vers l&rsquo;int\u00e9rieur de la voiture ; les camions me passent au ras des fesses en hurlant ; je me penche un peu plus pour attraper mon sac et, par-dessus le dossier du si\u00e8ge avant, je vois, pos\u00e9es tranquillement sur la banquette, les mains d\u2019Alice et de Robert, leurs doigts entrelac\u00e9s.<br \/>\n<\/em><\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Je referme la porti\u00e8re. Dans la seconde qui suit, le doux ronronnement des huit cylindres de la voiture semble pousser la Lincoln vers l\u2019avant et, tandis que je la regarde s\u2019\u00e9loigner, je pense que pour Alice, tout n&rsquo;est pas perdu.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et me voil\u00e0 de retour dans le Super-Constellation des Flying Tigers. En montant dans l\u2019avion tout \u00e0 l\u2019heure, j\u2019esp\u00e9rais un peu que Carol serait parmi les h\u00f4tesses, mais non. Le quadrimoteur a d\u00e9coll\u00e9 en milieu d\u2019apr\u00e8s-midi face au soleil, puis il a amorc\u00e9 un large virage sur la gauche, nous laissant admirer les tours de Manhattan qui se d\u00e9coupaient au loin dans une sorte de halo marron au-del\u00e0 du miroir \u00e9tincelant de l\u2019East River. Et puis il a mis le cap vers Terre-Neuve. Demain apr\u00e8s-midi, nous serons \u00e0 Paris.<br \/>\nJe suis assis, serr\u00e9, entre Herv\u00e9 et Jean-Louis. Les quelques jours que nous venons de passer ensemble \u00e0 New-York ont \u00e9puis\u00e9 les histoires que nous avions \u00e0 nous raconter. C\u2019est ainsi que j\u2019ai appris que, lors de mon arrestation sur la plage de Santa Monica, mes <!--more-->petits camarades de voyage ne s\u2019\u00e9taient souci\u00e9s que pendant quelques heures de ma situation et que, tr\u00e8s vite, ils avaient convenu qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas opportun de se rendre au Commissariat de police pour s\u2019inqui\u00e9ter de mon sort. Compte tenu des menaces prof\u00e9r\u00e9es \u00e0 leur encontre par le sergent Clemmons, demander des comptes aux flics de son commissariat sur ce qu\u2019ils allaient faire de moi ne leur avait pas sembl\u00e9 une bonne id\u00e9e. Et puis, ils ne connaissaient pas la raison de cette arrestation\u2026 c\u2019\u00e9tait probablement une broutille dont je me sortirais facilement tout seul. C\u2019est donc le c\u0153ur l\u00e9ger que, d\u00e8s le petit matin, ils avaient quitt\u00e9 Los Angeles par la route c\u00f4ti\u00e8re. San Francisco, Salt Lake, Yellowstone, Seattle\u2026<br \/>\n\u00ab Dommage que tu n\u2019aies pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0 ! \u00bb m\u2019a dit Jean Louis. Amer, j\u2019ai retenu le m\u00e9chant sarcasme qui m\u2019\u00e9tait venu aux l\u00e8vres parce que moi, j\u2019avais des choses autrement plus passionnantes que les ours de Yellowstone, les jaillissements de <em>l\u2019Old Faithfull Geyser<\/em> ou le pavillon fran\u00e7ais de l\u2019exposition universelle de Seattle \u00e0 leur raconter. Si je leur ai tout dit, et plut\u00f4t deux fois qu\u2019une, je ne leur pas souffl\u00e9 mot du dictaphone de Marilyn ni de mon s\u00e9jour \u00e0 Barstow.<br \/>\n\u00c0 ma gauche, Herv\u00e9 s\u2019est mis un pull sur la t\u00eate. En chien de fusil, appuy\u00e9 contre le hublot, il dort. \u00c0 ma droite, Jean-Louis s\u2019est plong\u00e9 dans le <em>Catcher in the Rye<\/em> que je lui ai pr\u00eat\u00e9. Et moi, je somnole en pensant aux semaines qui viennent de s\u2019\u00e9couler. L\u2019h\u00f4tesse des Flying Tigers, la cingl\u00e9e du motel, la fille du canyon, la fausse veuve de Barstow viennent se bousculer dans ma t\u00eate. Je ne veux pas penser \u00e0 Patricia. Alors, forc\u00e9ment, j\u2019y pense.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">7102 Exeter Road, Bethesda, Maryland.<br \/>\nLe van du meilleur plombier de Bethesda m\u2019a d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 l\u2019angle d\u2019Exeter et de Old Georgetown road. J\u2019ai fait le dernier mile \u00e0 pied, une demi-heure de marche pour rejoindre le 7102 dans la nuit. Pratiquement pas de vu voiture. Forc\u00e9ment, il est dix heures et \u00e0 cette heure, les habitants de Bethesda sont chez eux et s\u2019ils n\u2019y sont pas, ce n\u2019est que dans une heure ou deux qu\u2019ils rentreront de chez les amis o\u00f9 ils passent la soir\u00e9e. Pour le moment, ils doivent \u00eatre tranquillement au salon en train de discuter d\u2019investissement boursier \u00e0 r\u00e9aliser, d\u2019universit\u00e9s \u00e0 visiter pour leur fils, de country club auquel s\u2019inscrire, de voiture \u00e0 acheter pour leur fille. Ici, personne n\u2019aurait l\u2019id\u00e9e de surveiller par la fen\u00eatre d\u2019\u00e9ventuels r\u00f4deurs en qu\u00eate de mauvais coup. Ici, la police s\u2019en charge. Ici le quartier est s\u00fbr. Mais ce soir, j\u2019ai de la chance : pas vu une seule patrouille de police en maraude ; crois\u00e9 deux pi\u00e9tons ; ils promenaient leur chien dans l\u2019obscurit\u00e9 ; ils m\u2019ont murmur\u00e9 un salut prudent.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Bethesda\u2026Une petite ville am\u00e9ricaine situ\u00e9e dans l\u2019\u00c9tat du Maryland. Coll\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re Nord-Ouest de la capitale f\u00e9d\u00e9rale, elle constitue une des banlieues r\u00e9sidentielles les plus chics de Washington. \u00c0 Bethesda, les habitants viennent de la haute fonction publique, des m\u00e9dias et des professions lib\u00e9rales. Ils sont blancs, et s\u2019ils ne le sont pas c\u2019est qu\u2019ils sont diplomates ; ils sont discrets, bien \u00e9lev\u00e9s, respectueux du code de la route et des bons usages entre voisins et si tous ne sont pas riches \u00e0 millions \u2014 car on n\u2019y compte pas de stars du show-business \u2014 on peut \u00eatre s\u00fbr qu\u2019ils sont \u00e0 l\u2019aise, ne serait-ce qu\u2019en raison du co\u00fbt des maisons qu\u2019ils habitent. Les rues sont larges, propres et calmes, leur bitume est silencieux et leur trac\u00e9 soigneusement dessin\u00e9 se coule entre les \u00e9rables, les ormes et les magnolias. Personne n\u2019aurait l\u2019id\u00e9e d\u2019y rouler \u00e0 plus de vingt miles a l\u2019heure Elles sont bord\u00e9es de maisons, grandes ou petites, mais toutes impeccablement soign\u00e9es, comme leur pelouse, leur bo\u00eete au lettre, leur cl\u00f4tures basses.<br \/>\nEt c\u2019est dans l\u2019une de ces rues, l\u2019une de ces maisons, au 7102 Exeter road, qu\u2019habite Patricia.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">7102 Exeter road&#8230; De la rue, au bout de sa pelouse, la maison ne para\u00eet pas tr\u00e8s grande. Elle n\u2019a qu\u2019un \u00e9tage sur rez-de-chauss\u00e9e. Et encore, cet \u00e9tage est-il mansard\u00e9. La fa\u00e7ade en bois est peinte en blanc tirant l\u00e9g\u00e8rement sur le jaune. Les volets sont gris fonc\u00e9. Le toit, tr\u00e8s pentu, est en shingle de couleur rose pass\u00e9. Il est surmont\u00e9 d\u2019une haute chemin\u00e9e de briques. Le terrain est \u00e0 peine plus large que la maison et les grands arbres des deux terrains voisins se penchent sur sa toiture jusqu\u2019\u00e0 la fr\u00f4ler. Contrairement \u00e0 la plupart des maisons du voisinage, on ne voit ni garage ni all\u00e9e de ciment permettant d\u2019y acc\u00e9der ou de garer une voiture. En deux courbes, une all\u00e9e de fausses pierres m\u00e8ne du trottoir au pied d\u2019un large escalier de quatre marches en haut duquel on trouve la porte d\u2019entr\u00e9e. Elle est massive, en bois brun, \u00e9quip\u00e9e d\u2019un marteau \u00e0 t\u00eate de lion. Sur sa droite, \u00e0 mi-hauteur, un drapeau am\u00e9ricain est fich\u00e9 dans la fa\u00e7ade.<br \/>\nQuand j\u2019arrive devant le 7102, la fa\u00e7ade luit sous la lune, mais aucune lumi\u00e8re n\u2019est visible aux fen\u00eatres. Pourtant, j\u2019avais t\u00e9l\u00e9phon\u00e9\u2026 Il y a bien le marteau au centre de la porte, mais aussi une sonnette. Je d\u00e9laisse la t\u00eate de lion et je sonne. Rien. Je sonne encore. J\u2019entends une voix :<br \/>\n\u2014 C\u2019est qui ?<br \/>\nCe doit \u00eatre Walter, le petit fr\u00e8re de Patricia.<br \/>\n\u2014 Philippe ! L\u2019ami de Patricia ! Philippe\u2026 J&rsquo;ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 tout \u00e0 l&rsquo;heure&#8230;<br \/>\nUne lumi\u00e8re s\u2019allume au-dessus de la porte, trois verrous se d\u00e9nouent bruyamment et la porte s\u2019ouvre, vite bloqu\u00e9e par un entreb\u00e2illeur. C\u2019est Walter. Il me regarde du genre \u00ab\u00a0<em>Alors, comme \u00e7a, c\u2019est toi, Philippe !<\/em>\u00a0\u00bb et referme la porte sans dire un mot. Il la rouvre largement et me fait entrer.<br \/>\nWalter est brun, les cheveux lisses coup\u00e9s au bol. Il doit avoir une douzaine d\u2019ann\u00e9es mais il est d\u00e9j\u00e0 grand, un peu fort, un peu envelopp\u00e9. Le contraste avec sa s\u0153ur est frappant. Je pense qu\u2019il faudra bient\u00f4t qu\u2019il fasse attention. Il porte un large bermuda vert militaire et un sweat-shirt presque de la m\u00eame couleur. Il est pieds nus.<br \/>\n\u2014 Alors, comme \u00e7a, c\u2019est toi, Philippe ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Ms Sherman-Vance reste de marbre. Robert et Alice regardent devant eux. Ils ne se sont m\u00eame pas retourn\u00e9s quand j\u2019ai ouvert la porti\u00e8re. Harry Belafonte vient d\u2019entamer Jamaica Farewell. Je suis dehors, les pieds sur le bitume, pench\u00e9 vers l&rsquo;int\u00e9rieur de la voiture ; les camions me passent au ras des fesses en hurlant &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=54119\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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