{"id":52921,"date":"2025-04-26T07:47:33","date_gmt":"2025-04-26T05:47:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=52921"},"modified":"2025-04-27T09:56:00","modified_gmt":"2025-04-27T07:56:00","slug":"go-west-85","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=52921","title":{"rendered":"Go West ! (85)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"201\" height=\"136\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 201px) 100vw, 201px\" \/>(&#8230;) Quand les roseaux divulgu\u00e8rent \u00e0 tout vent le secret du roi Midas, Mansi \u00e9clata de rire. Elle se pencha vers moi \u00e0 travers le lit pour m\u2019embrasser sur la joue. J\u2019\u00e9tais content de la voir gaie \u00e0 nouveau. J\u2019en \u00e9tais tout attendri.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Nous \u00e9tions en train de devenir vraiment intimes, tellement intimes que nous nous sommes endormis, chastement, dans les bras l\u2019un de l\u2019autre.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">J\u2019ouvre les yeux et regarde autour de moi. Mansi dort encore. Elle a d\u00fb se lever dans la nuit car la baie vitr\u00e9e de la chambre est \u00e0 moiti\u00e9 ouverte ; le rideau aussi. La lumi\u00e8re et la fra\u00eecheur du petit jour entrent dans la pi\u00e8ce. Mansi est \u00e9tendue sur le ventre ; ses deux avant-bras sont repli\u00e9s sous sa t\u00eate qui est tourn\u00e9e vers l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 ; ses cheveux bruns \u00e9pars me cachent son visage ; ils tranchent sur la blancheur du drap. Avec pr\u00e9caution, je me redresse sur un coude pour mieux la regarder. Sur sa peau mate et brune, entre ses omoplates, sa tache de naissance appara\u00eet dans une nuance de brun \u00e0 peine plus fonc\u00e9e ; de m\u00e9moire, j\u2019essaie d\u2019y placer Sidney et Melbourne, puis mon regard quitte l\u2019Oc\u00e9an Pacifique pour descendre plein sud le long des courbes de son corps jusqu\u2019\u00e0 sa taille o\u00f9 appara\u00eet le tropique de la bordure du drap. Entre le pouce et l\u2019index, je soul\u00e8ve d\u00e9licatement la toile et la fait glisser jusqu\u2019\u00e0 ses chevilles. Mansi n\u2019a pas boug\u00e9 ; c\u2019est \u00e0 peine <!--more-->si le rythme de sa respiration a chang\u00e9. Elle est belle. Je n\u2019ose plus un mouvement, plus un souffle, je suis fig\u00e9 dans ma contemplation. Je sens monter en moi un trouble qui me serre la gorge, une \u00e9motion m\u00eal\u00e9e d\u2019affection et de d\u00e9sir charnel. Je voudrais la r\u00e9veiller doucement, d\u2019un souffle, d\u2019un fr\u00f4lement, je voudrais qu\u2019elle se tourne vers moi, qu\u2019elle me sourie, qu\u2019elle me dise encore une fois \u00ab embrasse-moi \u00bb comme l\u2019autre matin, peut-\u00eatre avec tendresse cette fois-ci, je voudrais juste la toucher du dos de ma main. Mais son sommeil me semble si parfait, si confiant que je n\u2019ose pas l\u2019interrompre avec un d\u00e9sir qui pourrait l\u2019importuner ou m\u00eame seulement l\u2019agacer. Et puis je me sens bien, repos\u00e9, tranquille\u2026 install\u00e9. C\u2019est cela, je me sens install\u00e9. Je n\u2019\u00e9prouve plus cette sourde inqui\u00e9tude, cette tension permanente qui n\u2019a pas cess\u00e9 de m\u2019habiter depuis cette nuit du 4 ao\u00fbt. Je me sens \u00e0 l\u2019abri de mon pass\u00e9 r\u00e9cent, je n\u2019ai plus d\u2019angoisse pour les jours qui vont venir. En r\u00e9alit\u00e9, je me refuse \u00e0 penser au-del\u00e0 de la journ\u00e9e qui commence. Ce que je veux, c\u2019est ne rien faire qui puisse \u00e9courter ce moment.<br \/>\nC\u2019est bient\u00f4t l\u2019aube, le moment le plus frais de la nuit. Je m\u2019allonge sur le dos et tire le drap sur nous jusqu\u2019\u00e0 la hauteur de nos tailles. Je pousse un soupir d\u2019aise, heureux. Un instant passe et je m\u2019endors, en paix.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Lorsque je me suis r\u00e9veill\u00e9 un peu plus tard, Mansi n\u2019\u00e9tait plus dans le lit. La chambre \u00e9tait plong\u00e9e dans la p\u00e9nombre, la baie avait \u00e9t\u00e9 referm\u00e9e et le rideau tir\u00e9. Par la porte rest\u00e9e ouverte, j\u2019entendais des bruits devenus familiers : gr\u00e9sillements de friture et vaisselles entrechoqu\u00e9es d\u2019un breakfast en cours de pr\u00e9paration, cacophonie musicale d\u2019un dessin anim\u00e9 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, ronronnement de l\u2019air conditionn\u00e9. Tout \u00e9tait calme, d\u00e9j\u00e0 presque habituel. Je m\u2019\u00e9tirai longuement et d\u00e9cidai de ne pas bouger. C\u2019est ainsi que, parfaitement r\u00e9veill\u00e9, les yeux grand ouverts, le regard fix\u00e9 au plafond, les doigts crois\u00e9s derri\u00e8re la nuque, je jouais un instant \u00e0 celui qui attend que sa ma\u00eetresse vienne lui demander de partager le petit-d\u00e9jeuner qu\u2019elle est en train de pr\u00e9parer. Peut-\u00eatre allait-elle m\u00eame me l\u2019apporter au lit ? Mais je savais bien que cette attitude de m\u00e2le satisfait n\u2019\u00e9tait qu\u2019une pose, un nouveau r\u00f4le que je me donnais pour flatter mon amour-propre pendant un court instant, mais dont je me doutais qu\u2019il ne tiendrait pas longtemps devant une personnalit\u00e9 comme celle de Mansi.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">J\u2019essayais d\u2019analyser mes sentiments. Je n\u2019avais pas oubli\u00e9 mes r\u00e9centes vell\u00e9it\u00e9s de refroidissement de mes relations avec Mansi, mais \u00e0 pr\u00e9sent, je me demandais si j\u2019en avais vraiment envie. Pourquoi ne pas rester encore un peu ? Quelques jours, une semaine, deux ? Bien s\u00fbr, plus je resterais \u00e0 Barstow, moins je serais avec Patricia ; et Patricia, c\u2019\u00e9tait quand m\u00eame la fille dont j\u2019\u00e9tais amoureux depuis notre premier soir \u00e0 Zermatt, celle qui m\u2019avait accueilli dans son lit si naturellement, celle \u00e0 qui depuis j\u2019avais \u00e9crit presque chaque semaine, Patricia que j\u2019esp\u00e9rais depuis des mois et pour qui j\u2019avais fait ce voyage, Patricia qui m\u2019attendait chez elle \u00e0 Washington ; oui, Patricia, bien s\u00fbr\u2026 une jolie jeune fille r\u00e9serv\u00e9e dont les parents habitaient une banlieue chic de Washington, fr\u00e9quentaient un Country Club dont seuls les <em>WASP<\/em> pouvaient \u00eatre membres et envoyaient leur fille unique faire du ski en Suisse\u2026 mais Patricia, mis \u00e0 part l\u2019exotisme de sa nationalit\u00e9, pas si diff\u00e9rente des filles du XVI\u00e8me arrondissement qu\u2019il m\u2019arrivait de fr\u00e9quenter \u00e0 Paris &#8230; Patricia, un flirt plus pouss\u00e9 que d\u2019habitude, un amour digne d\u2019un adolescent.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au contraire, Mansi\u2026 Mansi, c\u2019\u00e9tait autre chose, une personnalit\u00e9, une femme, \u00e0 moiti\u00e9 indienne, veuve de guerre, seule, ind\u00e9pendante, volontaire, sans barri\u00e8res apparentes et, je venais de m\u2019en rendre compte, capable de tendresse. En \u00e0 peine plus de deux jours et deux nuits, Mansi m\u2019avait fait d\u00e9couvrir tant de choses si \u00e9trang\u00e8res \u00e0 mon univers habituel, l\u2019exc\u00e8s d\u2019alcool, la marijuana, le <em>Hopi Sedona Special<\/em>, sans parler des exp\u00e9riences sexuelles. Pendant cette p\u00e9riode, qu\u2019on pourrait dire d\u2019apprentissage, je m\u2019\u00e9tais laiss\u00e9 porter, mener, j\u2019avais subi, plut\u00f4t timide, souvent passif. J\u2019avais dissimul\u00e9 mon ignorance sous des dehors blas\u00e9s qui, sans doute, n\u2019avaient tromp\u00e9 personne. De son c\u00f4t\u00e9, la plupart du temps, elle s\u2019\u00e9tait comport\u00e9e avec moi non pas avec froideur, mais comme si ce que nous faisions \u00e9tait parfaitement normal, habituel, comme on fait poliment la conversation \u00e0 quelqu\u2019un que l\u2019on re\u00e7oit chez soi. Mais maintenant, je sentais que c\u2019\u00e9tait diff\u00e9rent. Cette derni\u00e8re nuit, intime, avec ses f\u00e2cheries et ses r\u00e9conciliations, avait fait naitre chez elle, j\u2019\u00e9tais en train de m\u2019en rendre compte, un sentiment de tendresse et d\u2019affection \u2013 je n\u2019osais pas dire d\u2019amour \u2013 que je n\u2019\u00e9tais pas loin de partager.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et puis, il faut bien le dire, Patricia \u00e9tait \u00e0 des jours et des <em>miles<\/em> d\u2019ici. Mansi, elle, \u00e9tait l\u00e0, dans la pi\u00e8ce voisine, nous avions dormi ensemble et elle \u00e9tait en train de me pr\u00e9parer un petit-d\u00e9jeuner. La lointaine jeune fille ne pesait plus grand chose devant la femme qui \u00e9tait \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Je d\u00e9cidai de rester.\u00a0 Combien de temps ? Une semaine, deux semaines, un mois\u2026 un mois\u00a0? Pourquoi pas\u00a0? Je n\u2019aurai pas le temps devoir Patricia\u00a0? Et alors ? Non, un mois, ce n\u2019\u00e9tait pas possible. Mon avion pour Paris d\u00e9collait le 16 septembre, et il me faudrait bien une semaine pour rallier New-York. Mais trois semaines\u2026 m\u00eame quatre\u2026 j\u2019avais tout le temps. Je pourrai m\u00eame passer un jour ou deux \u00e0 Washington. Ou pas.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il fallait encore que Mansi soit d\u2019accord et il n\u2019\u00e9tait pas question que je le lui demande. \u00ab Euh, dis-moi, Mansi\u2026 \u00c7a ne t\u2019ennuierait pas que je reste encore un petit mois chez toi ? \u00bb Non, je ne me voyais pas dire \u00e7a. Il fallait que ce soit elle qui demande. \u00c7a, \u00e9videmment, ce serait l\u2019id\u00e9al : \u00ab Tu sais, Phil, j\u2019aimerais que tu restes encore\u2026 \u00bb Non, le mieux, ce serait un non-dit, une prolongation de la situation, jour apr\u00e8s jour, sans demande, sans parole que je puisse regretter plus tard, sans engagement, une reconduction tacite en quelque sorte. Ensuite, on verrait bien\u2026<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Quand les roseaux divulgu\u00e8rent \u00e0 tout vent le secret du roi Midas, Mansi \u00e9clata de rire. Elle se pencha vers moi \u00e0 travers le lit pour m\u2019embrasser sur la joue. J\u2019\u00e9tais content de la voir gaie \u00e0 nouveau. J\u2019en \u00e9tais tout attendri. Nous \u00e9tions en train de devenir vraiment intimes, tellement intimes que nous &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=52921\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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