{"id":52699,"date":"2025-03-28T07:47:23","date_gmt":"2025-03-28T06:47:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=52699"},"modified":"2025-03-28T18:53:38","modified_gmt":"2025-03-28T17:53:38","slug":"go-west-80","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=52699","title":{"rendered":"Go West ! (80)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"160\" height=\"108\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 160px) 100vw, 160px\" \/>(&#8230;)Rafraichi et repos\u00e9, v\u00eatu de v\u00eatements propres, rassasi\u00e9 de caf\u00e9, j\u2019ai allum\u00e9 une cigarette et j\u2019ai entrepris d\u2019inspecter la maison de Mansi. J\u2019ai commenc\u00e9 par le placard o\u00f9 elle avait rang\u00e9 mon sac. Il \u00e9tait toujours l\u00e0, sous mon \u00e9ternelle veste en daim, pendue \u00e0 un cintre. Dans le sac, j\u2019ai retrouv\u00e9 toutes mes affaires, mes v\u00eatements, mon revolver, mes cartouches, le dictaphone et m\u00eame mon passeport. Rassur\u00e9 sur ce point, j\u2019ai poursuivi mon exploration.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Dans le placard d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, les v\u00eatements d\u2019homme qui m\u2019avaient perturb\u00e9 la veille \u00e9taient toujours l\u00e0. Quelques sobres chemises, bleu ciel ou blanches, deux T-shirts kaki, une tenue militaire de couleur beige, compl\u00e8te, pantalon, veste et calot, plus un treillis et un blouson de combat en toile camoufl\u00e9e, le tout impeccablement propre, sur cintres en fil de fer et sous housses en papier l\u00e9ger \u00e0 la marque d\u2019une blanchisserie de Barstow. Je remarquai quelques v\u00eatements civils, un blouson l\u00e9ger rutilant en rayonne rouge marqu\u00e9 aux armes argent\u00e9es d\u2019une \u00e9quipe de bowling de Junction City, et une veste en daim \u00e0 frange comme on en trouve dans les boutiques d\u2019artisanat indien en Arizona. Debout c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans un coin du placard, il y avait aussi deux de ces gros sacs cylindriques militaires en \u00e9paisse toile kaki et, sur un des deux sacs, un k\u00e9pi \u00e0 galon dor\u00e9 et, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, un \u00e9tui pour deux boules de bowling et une petite malle m\u00e9tallique noire ferm\u00e9e par <!--more-->deux sangles de chanvre tress\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je me mets \u00e0 genoux devant la malle et l\u2019ouvre. A l\u2019int\u00e9rieur, il y a un objet lourd, compact, envelopp\u00e9 dans un chiffon noirci de taches d\u2019huile ; c&rsquo;est visiblement une arme ; \u00e0 la forme, c&rsquo;est plut\u00f4t un revolver. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, deux bo\u00eetes de munitions, quelques insignes, une m\u00e9daille militaire, une demi-douzaine de photographies repr\u00e9sentant des hommes en uniforme, posant sur fond de montagnes. Ce qui m\u2019attire l\u00e0-dedans, c\u2019est l\u2019arme, bien s\u00fbr ; je vais pour la d\u00e9gager de son chiffon quand un souffle, un bruit ou une sensation me font comprendre qu\u2019il y a quelqu\u2019un derri\u00e8re moi.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019est Mansi. Elle n\u2019a pas l\u2019air content.<br \/>\n\u2014 Qu\u2019est que tu fais dans ce placard ? Tu fouilles ? Tu es en train de voler ? Referme \u00e7a tout de suite, salopard !<br \/>\nJ\u2019ai laiss\u00e9 retomber le revolver dans son chiffon sale et j&rsquo;ai claqu\u00e9 le couvercle de la malle. Je suis plut\u00f4t embarrass\u00e9 pour lui r\u00e9pondre parce que, si je n\u2019avais pas du tout l\u2019intention de voler quoi que ce soit, j\u2019\u00e9tais bel et bien en train de fouiller dans des affaires plut\u00f4t personnelles. Devant sa fureur, je me rappelle que la meilleure d\u00e9fense, c\u2019est souvent l\u2019attaque. Plut\u00f4t que de m\u2019excuser, il faut que je me mette moi-m\u00eame en col\u00e8re et j\u2019arrive assez bien, je crois, \u00a0\u00e0 feindre une col\u00e8re froide que je ne ressens pas du tout.<br \/>\n\u2014 \u00c9coute-moi bien, Mansi. Si tu me crois capable de te voler, c\u2019est que tu n\u2019as rien compris. Je ferais aussi bien de m&rsquo;en aller tout de suite.<br \/>\nJ\u2019ai pris un risque, parce qu\u2019un instant, je crois qu\u2019elle va dire \u00ab <em>Eh bien, c\u2019est \u00e7a ! Fous-moi le camp !<\/em> \u00bb Mais, comme elle reste silencieuse, je continue sur la m\u00eame lanc\u00e9e :<br \/>\n\u2014 D\u2019abord, je n\u2019\u00e9tais pas en train de fouiller, en tout cas pas dans tes affaires. J\u2019\u00e9tais \u00e0 la recherche des miennes et de mon passeport que tu as cach\u00e9 quelque part. Ce n\u2019est pas de ma faute si c\u2019est ce placard l\u00e0 que j\u2019ai ouvert en premier et si je suis tomb\u00e9 sur tout \u00e7a.<br \/>\nMansi ne dit toujours rien, mais son regard semble s\u2019adoucir. C\u2019est le moment de prendre encore un petit risque en poussant mon faible d\u2019avantage un peu plus avant.<br \/>\n\u2014 \u00c9coute, Mansi. Je n\u2019aime pas beaucoup me faire traiter de voleur ou de fouineur. Alors, je crois que je vais m\u2019en aller d\u00e8s que tu m\u2019auras rendu mes affaires. Mais avant, tu vas me dire ce que c\u2019est que tous ces v\u00eatements d\u2019homme qui pendent dans le placard. \u00c7a fait quand m\u00eame beaucoup pour une femme qui dit vivre seule et qui est veuve depuis des ann\u00e9es !<br \/>\nJ\u2019ai prononc\u00e9 tout \u00e7a en montant progressivement la voix, commen\u00e7ant d\u2019un ton calme, professoral, pour finir dans la simulation d\u2019une col\u00e8re \u00e0 peine rentr\u00e9e. C\u2019est souvent une bonne technique que de renverser l\u2019attaque qu\u2019on subit en attaquant l\u2019autre sur un autre plan. Jules C\u00e9sar, Clausewitz, Bonaparte ont d\u00fb \u00e9crire des pages et des pages l\u00e0-dessus. Mais il n\u2019y a pas que dans l\u2019art militaire que cette tactique est efficace. Elle fonctionne aussi tr\u00e8s bien dans l\u2019art de la dispute. Et de fait, cette fois-ci, elle semble faire \u00e0 nouveau ses preuves. Mansi s\u2019approche de moi et me prends gentiment la main.<br \/>\n\u2014 Calme-toi, mon petit Fran\u00e7ais. Je ne voulais pas de traiter de voleur, mais tu dois comprends que ce n\u2019est pas tr\u00e8s agr\u00e9able de voir quelqu\u2019un qu\u2019on a accueilli chez soi en train de fouiller dans un placard. Je n\u2019aurais pas d\u00fb te parler comme \u00e7a. Je m\u2019excuse. Ton sac et ton passeport, je les ai rang\u00e9s dans le placard d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. \u00c7a va ?<br \/>\nJe bougonne quelque chose qui n\u2019engage \u00e0 rien :<br \/>\n\u2014 Ben, quand m\u00eame&#8230;<br \/>\nElle choisit de prendre mon \u00ab\u00a0quand m\u00eame\u00a0\u00bb du bon c\u00f4t\u00e9 et elle reprend :<br \/>\n\u2014 Bon\u2026 Les chemises, les tenues, la bo\u00eete en fer, tout \u00e7a, c\u2019\u00e9tait \u00e0 Bo. Il a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 l\u00e0-bas, mais l\u2019arm\u00e9e m\u2019a renvoy\u00e9 ses affaires six mois plus tard, avec sa Purple Heart\u2026<br \/>\nElle prend un temps et ajoute :<br \/>\n\u2014 Je n\u2019ai jamais eu le courage de m\u2019en d\u00e9barrasser.<br \/>\nSa voix a trembl\u00e9 un peu et ses yeux se sont embu\u00e9s. Quel imb\u00e9cile j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ! C\u2019\u00e9tait les affaires de son mari, mort en Cor\u00e9e ! C\u2019\u00e9tait pourtant logique ! \u00c9mu, je la tire vers moi et l\u2019enlace. Son visage serr\u00e9 contre mon \u00e9paule, dans un murmure, elle r\u00e9p\u00e8te :<br \/>\n\u2014 Je n&rsquo;aurais pas d\u00fb te parler comme \u00e7a. Pardonne-moi.<br \/>\nAu bout d&rsquo;un temps, elle rel\u00e8ve la t\u00eate \u00a0et, timidement, demande:<br \/>\n\u2014 Nous sommes bons, maintenant ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Nous sommes bons\u00a0\u00bb, c\u2019est la traduction litt\u00e9rale de \u00ab\u00a0<em>We are good<\/em>\u00ab\u00a0. Au cours de mon voyage, il m\u2019a fallu du temps pour comprendre que cette expression signifie que tout va bien entre deux personnes, qu\u2019il n\u2019y a plus de d\u00e9saccord.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le visage dans ses cheveux, j\u2019ai r\u00e9pondu :<br \/>\n\u2014 Oui, Mansi. Nous sommes bons\u2026<br \/>\nEffectivement, nous \u00e9tions bons. Alors, j\u2019ai senti se d\u00e9tendre son corps et monter mon d\u00e9sir.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;)Rafraichi et repos\u00e9, v\u00eatu de v\u00eatements propres, rassasi\u00e9 de caf\u00e9, j\u2019ai allum\u00e9 une cigarette et j\u2019ai entrepris d\u2019inspecter la maison de Mansi. J\u2019ai commenc\u00e9 par le placard o\u00f9 elle avait rang\u00e9 mon sac. Il \u00e9tait toujours l\u00e0, sous mon \u00e9ternelle veste en daim, pendue \u00e0 un cintre. Dans le sac, j\u2019ai retrouv\u00e9 toutes mes affaires, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=52699\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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