{"id":51020,"date":"2024-11-17T07:47:07","date_gmt":"2024-11-17T06:47:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=51020"},"modified":"2024-11-17T17:43:59","modified_gmt":"2024-11-17T16:43:59","slug":"go-west-59","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=51020","title":{"rendered":"Go West ! (59)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"202\" height=\"137\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 202px) 100vw, 202px\" \/>(&#8230;) <span style=\"color: #0000ff;\"><em> Sit\u00f4t le bitume quitt\u00e9, le pick-up se mit \u00e0 tanguer et \u00e0 rouler. L\u2019enfer s\u2019\u00e9tait d\u00e9cha\u00een\u00e9 : \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, quelque chose de lourd et de m\u00e9tallique se mit \u00e0 cogner sur le plancher et sur les bords du plateau ; dans les passages de roue et sous la carrosserie, des milliers de cailloux venaient mitrailler la t\u00f4le tandis qu\u2019une temp\u00eate de sable s\u2019installait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cabine. Vers l\u2019avant, la voiture poussait la lueur de ses phares de part et d\u2019autre de doubles traces zig-zaguantes qui se chevauchaient, se coupaient et se recoupaient les unes les autres avant de disparaitre sous la voiture. J\u2019\u00e9tais aux anges. J\u2019\u00e9tais m\u00eame tellement heureux que je poussai un long cri de cow-boy : Yahooo\u00a0!<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Surexcit\u00e9, je braquai l\u00e9g\u00e8rement sur la gauche pour quitter la piste dans un long virage. Sous moi, il n\u2019y avait plus de traces mais un immense terrain vierge, fait de cailloux, de sable et de petites plantes dess\u00e9ch\u00e9es, un espace o\u00f9 l\u2019homme n\u2019avait probablement jamais mis une roue. Tout \u00e0 coup, sur toute la largeur de mon champ de vision, apparurent comme de larges marges irr\u00e9guli\u00e8res et incurv\u00e9es. Elles descendaient vers une partie plus plate et plus large encombr\u00e9e de cailloux et de petits rochers. En un \u00e9clair, je devinai que je fon\u00e7ais vers un arroyo \u00e0 sec, un de ces torrents du d\u00e9sert qui se forment en quelques instants \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un orage et se creusent un lit dans le sable pour y disparaitre en quelques jours. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019arroyo, une petite falaise abrupte <!--more-->de moins d\u2019un m\u00e8tre de hauteur en limitait le lit. J\u2019allais beaucoup trop vite pour pouvoir m\u2019arr\u00eater avant les marches et je r\u00e9alisai que j\u2019allais traverser le lit du torrent et percuter la berge d\u2019en face. A cette vitesse, ni le pick-up ni moi n\u2019en sortirions indemnes. Sans r\u00e9fl\u00e9chir, instinctivement, je braquai brutalement sur la droite tout en freinant. In\u00e9vitablement, le pick-up se mit en d\u00e9rapage en crabe et commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9gringoler les marches de l\u2019arroyo. La cabine penchait fortement sur la gauche et, crisp\u00e9 sur mon volant, je me disais qu\u2019elle allait verser d\u2019un moment \u00e0 l\u2019autre. Mais \u00e0 chaque fois, la camionnette rebondissait pour repartir dans son interminable glissade vers l\u2019autre rive du torrent, vers la falaise. Tout \u00e0 coup, sans doute sous l\u2019effet d\u2019un coup de volant involontaire, l\u2019arri\u00e8re commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9raper plus vite que l\u2019avant et le pick-up amor\u00e7a ce qui allait in\u00e9luctablement finir par un t\u00eate-\u00e0-queue. Secou\u00e9 comme un sac de pommes de noix par les soubresauts de la voiture, projet\u00e9 contre la porti\u00e8re par la force centrifuge, aveugl\u00e9 par la poussi\u00e8re, je ne savais plus quoi faire \u2014 de toute fa\u00e7on, je ne contr\u00f4lais plus rien depuis longtemps \u2014 quand le pick-up s\u2019arr\u00eata brutalement, se mit sur ses deux roues gauche, sembla h\u00e9siter un instant et retomba sur ses quatre roues. Tout s\u2019arr\u00eata d\u2019un coup. La derni\u00e8re secousse m\u2019avait projet\u00e9 sur le plancher. J\u2019y restai un instant affal\u00e9 \u00e0 tenter de reprendre ma respiration. J\u2019avais \u00e9t\u00e9 brinquebal\u00e9 dans tous les coins de la cabine et j\u2019avais mal un peu partout. Je saignais l\u00e9g\u00e8rement du cr\u00e2ne et j\u2019avais plut\u00f4t mal aux c\u00f4tes du c\u00f4t\u00e9 gauche mais, grosso modo, j\u2019allais plut\u00f4t bien. Dans la lueur des phares qui \u00e9clairaient le lit de l\u2019arroyo, la poussi\u00e8re achevait de retomber. Dehors, sous la lune, c\u2019\u00e9tait le grand silence. Je tentai de sortir du pick-up, mais la porti\u00e8re \u00e9tait bloqu\u00e9e par la berge. Je passai de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 en glissant sur la banquette. L\u2019autre porti\u00e8re \u00e9tait bloqu\u00e9e, elle aussi. C\u2019est alors que je per\u00e7us le doux ronronnement du moteur : il tournait encore ! De sacr\u00e9s engins, ces pick-up am\u00e9ricains ! Je repassai du c\u00f4t\u00e9 du conducteur, braquai \u00e0 droite et enclenchai la marche avant. La voiture bondit en avant sur un demi-m\u00e8tre et s\u2019arr\u00eata, tandis qu\u2019un hurlement de pneu et un nouveau nuage de poussi\u00e8re montait de l\u2019arri\u00e8re et que la voiture s\u2019enfon\u00e7ait l\u00e9g\u00e8rement. Je compris que j\u2019\u00e9tais dans du sable mou. C\u2019\u00e9tait sans doute ce qui avait arr\u00eat\u00e9 ma glissade. Je rel\u00e2chai l\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur, passai au point mort et m\u2019affaissai sur la banquette. J\u2019\u00e9tais plant\u00e9 dans le sable, seul, dans une camionnette qui devait peser plus de deux tonnes. La grand\u2019 route devait \u00eatre au moins \u00e0 trois kilom\u00e8tres derri\u00e8re moi. J\u2019allai devoir rester l\u00e0 jusqu\u2019au jour, marcher jusqu\u2019\u00e0 la route et compter sur la bonne volont\u00e9 d\u2019un conducteur pour venir m\u2019aider \u00e0 sortir de l\u00e0. Dans ce coin, tout le monde devait connaitre les voitures de la Belridge et Tom ne tarderait pas \u00e0 apprendre mon escapade\u2026 J\u2019\u00e9tais compl\u00e8tement d\u00e9gris\u00e9.<br \/>\nJe fis une nouvelle tentative en marche avant. La voiture avan\u00e7a \u00e0 nouveau d\u2019un demi-m\u00e8tre, sembla monter un peu \u2014 \u00e7a va aller, \u00e7a va aller ! \u2014\u00a0 puis se remit \u00e0 patiner. Je l\u00e2chai l\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur ; elle retomba vers l\u2019arri\u00e8re, d\u00e9passa le fond de l\u2019orni\u00e8re, remonta un peu pour retomber vers l\u2019avant et s\u2019avachir au fond du trou. J\u2019\u00e9tais bloqu\u00e9, coinc\u00e9, fichu ! Mais le mouvement de balancier que la voiture venait d\u2019ex\u00e9cuter m\u2019avait rappel\u00e9 une man\u0153uvre que j\u2019avais vu faire dans la neige fraiche : imprimer \u00e0 une voiture bloqu\u00e9e un mouvement de balancement avant-arri\u00e8re pour tasser la neige devant les roues et leur permettre de sortir de l\u2019orni\u00e8re. \u00c7a pourrait peut-\u00eatre marcher avec du sable&#8230; j\u2019essayai\u00a0: marche avant, la voiture monte un peu, point mort, elle redescend, marche arri\u00e8re, elle d\u00e9passe le fond, monte un peu vers l\u2019arri\u00e8re, point mort, elle redescend vers l\u2019avant, d\u00e9passe le fond, marche avant, elle monte et avance un peu plus loin que la fois pr\u00e9c\u00e9dente, point mort, elle redescend, marche arri\u00e8re\u2026<br \/>\nAu troisi\u00e8me balancement, j\u2019avais tass\u00e9 suffisamment de sable, et le pick-up sortit de son trou. Je pris peu \u00e0 peu de la vitesse et dans un tr\u00e8s long virage, je r\u00e9ussis \u00e0 retrouver mes traces et \u00e0 repartir vers la route goudronn\u00e9e.<br \/>\nUne fois en s\u00e9curit\u00e9, je m\u2019arr\u00eatai pour examiner le pick-up. La carrosserie paraissait intacte, mais elle \u00e9tait couverte de poussi\u00e8re. Il faudrait juste que je la passe au jet d\u2019eau et tout irait bien. Je l\u2019avais \u00e9chapp\u00e9 belle. Content de moi, je me disais que c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre de sacr\u00e9es bagnoles que ces am\u00e9ricaines, mais que finalement, c\u2019\u00e9tait bien gr\u00e2ce \u00e0 mon habilet\u00e9 au volant que je m\u2019en \u00e9tais sorti.<br \/>\nJ\u2019arrivai sans encombre \u00e0 McKittrick, m\u2019arr\u00eatai devant l\u2019atelier pour laver la voiture et rentrai me coucher.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le lendemain matin, je retrouvai Tom \u00e0 la cantine.<br \/>\n\u00ab Bien rentr\u00e9, hier soir, me demanda-t-il ? Pas de probl\u00e8me ? Dis-donc, c\u2019est gentil d\u2019avoir lav\u00e9 le pick-up, mais ce n\u2019\u00e9tait vraiment pas la peine. Ici, toutes les voitures sont toujours couvertes de poussi\u00e8re. Alors, la Corvette, je la lave souvent, mais le pick-up, pratiquement jamais ! On s\u2019en fout. Mais merci quand m\u00eame. Par contre, quelqu\u2019un nous a piqu\u00e9 l\u2019\u00e9quipement topo qui \u00e9tait sur le plateau. \u00c7a a d\u00fb arriver sur le parking de mon motel ou alors ici, cette nuit. Hier soir, quand tu as pris le pick-up, tu l\u2019avais vu, toi, l\u2019\u00e9quipement topo ? Il \u00e9tait dans une grosse malle en fer&#8230; \u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je savais bien o\u00f9 il \u00e9tait, moi, l\u2019\u00e9quipement topo ! Ce ne pouvait \u00eatre que lui qui faisait ce bruit d\u2019enfer dans les chaos de la piste. Il avait d\u00fb passer par-dessus bord du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019arroyo. Mais si j\u2019allais le rechercher la nuit prochaine, comment pourrai-je expliquer \u00e0 Tom sa soudaine r\u00e9apparition ? J\u2019y renon\u00e7ai. De toute fa\u00e7on, je ne pourrais s\u00fbrement pas retrouver l\u2019endroit.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 Je n\u2019ai pas fait attention, Tom. Il faisait noir, tu sais&#8230;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 &#8230; Pas grave. Je vais en commander un autre. Le seul probl\u00e8me, c\u2019est que \u00e7a vient de Suisse. On n\u2019aura pas le nouveau avant une bonne quinzaine de jours.\u00a0Bon\u00a0! Maintenant, il faut que j\u2019aille \u00e0 la Centrale\u00a0; Ken m\u2019a dit qu\u2019ils avaient peut-\u00eatre trouv\u00e9 quelque chose. Tu viens\u00a0avec moi ? \u00bb<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">A SUIVRE<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Sit\u00f4t le bitume quitt\u00e9, le pick-up se mit \u00e0 tanguer et \u00e0 rouler. 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