{"id":50894,"date":"2024-09-19T07:47:00","date_gmt":"2024-09-19T05:47:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50894"},"modified":"2024-09-21T09:02:29","modified_gmt":"2024-09-21T07:02:29","slug":"a-illiers-combray","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50894","title":{"rendered":"\u00c0 Illiers-Combray"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-50836\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Plaque-Illiers-Combray.png\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"105\" \/>C\u2019est en revenant de vacances que nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Illiers-Combray.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Illiers-Combray \u2014 \u00ab Illiers \u00bb tout court \u00a0jusqu\u2019en 1971, ann\u00e9e du centenaire de la naissance de Marcel Proust o\u00f9 le conseil municipal vota l\u2019augmentation du nom du village \u2014 se situe \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au sud-ouest de Chartres au bord de l\u2019autoroute Oc\u00e9ane et jouit depuis quelques ann\u00e9es d\u2019un bel \u00e9changeur \u00e0 son nom, avec p\u00e9age, parking et tout.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis longtemps, ou plut\u00f4t, depuis le temps o\u00f9 je suis tomb\u00e9 dans la Recherche du Temps Perdu, peut-\u00eatre une petite quinzaine d\u2019ann\u00e9es \u2014 je sais, c\u2019est tardif, mais on ne peut pas \u00eatre pr\u00e9coce en tout \u2014 depuis ce temps donc, j\u2019avais le vague d\u00e9sir de m\u2019arr\u00eater un jour \u00e0 Illiers-Combray, ou m\u00eame de m\u2019y rendre sp\u00e9cialement en un aller-retour sp\u00e9cifique. Mais ce d\u00e9sir \u00e9tait toujours contrari\u00e9 par le manque de temps, le manque de volont\u00e9, et surtout par cette tendance presque irr\u00e9sistible que l\u2019homme a \u2014 et la femme, oui, oui, et la femme \u2014 que l\u2019homme et la femme ont de c\u00e9der \u00e0 la procrastination, tendance qui nuit grandement \u00e0 l\u2019accomplissement de l\u2019individu mais qui offre l\u2019immense avantage de lui conserver l\u2019illusion que rien ne sera jamais fini.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Or, par ce milieu de matin\u00e9e <!--more-->d\u2019un beau jour d\u2019\u00e9t\u00e9 finissant, nous avions enfin \u00a0simultan\u00e9ment et le temps et l\u2019envie de nous arr\u00eater \u00e0 Illiers-Combray. Nous commen\u00e7\u00e2mes par en visiter l\u2019\u00e9glise, sa tour-clocher, sa vo\u00fbte peinte lambriss\u00e9e et ses box \u00e0 prie-Dieu, puis, incit\u00e9s par une page internet fallacieuse, nous all\u00e2mes jusqu\u2019\u00e0 un pr\u00e9tendu \u00ab Chateau de Swann \u00bb, car nous souhaitions garder la \u00ab Maison de Tante L\u00e9onie \u00bb pour la bonne bouche.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous savions parfaitement qu\u2019\u00e0 aucun moment, dans toute la Recherche, Marcel Proust ne mentionne de \u00abChateau de Swann \u00bb, \u00e9voquant seulement et assez vaguement un \u00ab c\u00f4t\u00e9 de chez Swann \u00bb, et qu\u2019en cons\u00e9quence, et au contraire de la maison de Tante L\u00e9onie, il ne pouvait exister un tel ch\u00e2teau. On nous y promettait pourtant quelques souvenirs rassembl\u00e9s dont nous savions aussi qu\u2019ils seraient faux, Charles Swann n\u2019\u00e9tant qu\u2019un personnage de fiction dont aucun des mod\u00e8les n\u2019a eu de propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019Illiers-Combray.<br \/>\nMais le touriste \u00e9l\u00e9gant doit savoir se laisser prendre de temps en temps, parfois m\u00eame sciemment, aux pi\u00e8ges que lui tendent des individus peu scrupuleux qui profitent ind\u00fbment \u00e0 la fois de la renomm\u00e9e d\u2019un lieu ou de celle d\u2019un homme \u2014 ou d\u2019une femme, oui, oui, ou d\u2019une femme \u2014 c\u00e9l\u00e8bre et de la connaissance confuse que les gens ont de ce lieu ou de cette homme \u2014 ou de cette femme.<br \/>\nBref, nous all\u00e2mes au \u00ab Ch\u00e2teau de Swann \u00bb. C\u2019\u00e9tait une grosse maison bourgeoise avec tourelles comme on en voit un peu partout dans les bourgs de France, et que je d\u00e9signe souvent et ironiquement sous le vocable de \u00ab\u00a0Maison du notaire\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 ce que pouvait annoncer une plaque de cuivre mal fix\u00e9e sur la grille cadenass\u00e9e, le \u00ab\u00a0Chateau de Swann\u00a0\u00bb ne semblait pas avoir accueilli \u00a0de touristes, \u00e9l\u00e9gants ou ordinaires, depuis longtemps.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, refusant de retarder plus longtemps notre plaisir, nous nous rend\u00eemes \u00e0 la Maison de Tante L\u00e9onie.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les lignes qui suivent, vous chercherez vainement une description de cette maison-mus\u00e9e o\u00f9 le petit Marcel se couchait de bonne heure, o\u00f9 Charles Swann venait sonner le soir \u00e0 la grille du jardin et o\u00f9 Tante L\u00e9onie s&rsquo;\u00e9tonnait de voir passer sous sa fen\u00eatre un chien qu&rsquo;elle ne connaissait pas. N\u2019y cherchez pas non plus une quelconque admonestation de ma part \u00e0 venir la visiter de toute urgence.<br \/>\nAu contraire, si, d\u2019\u00c0 la Recherche du temps perdu, vous n\u2019avez lu que les cinquante premi\u00e8res pages, ou si, en ayant lu davantage, vous n\u2019\u00eates pas tomb\u00e9 en passion d\u00e9finitive pour cette oeuvre \u00e0 la fois colossale, intelligente et sensible, si vous trouvez ridicule, ou pr\u00e9cieux, ou trop faible, ou trop m\u00e9chant, ou trop \u00e9go\u00efste son Narrateur, si vous clamez que la soci\u00e9t\u00e9 qui y est d\u00e9crite n\u2019est pas la v\u00f4tre et que, par cons\u00e9quent, elle ne vous int\u00e9resse pas, si vous pr\u00e9f\u00e9rez lire les malheurs d\u2019Annie Ernaux, les constructions s\u00e8ches d\u2019Am\u00e9lie Nothomb ou les clich\u00e9s de Joel Dicker, j&rsquo;irai m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 vous conseiller de ne pas rendre visite \u00e0 Tante L\u00e9onie et, pourquoi pas, d\u2019\u00e9viter Illiers-Combray. Vous n\u2019y trouveriez qu\u2019une maison d\u00e9su\u00e8te, bien tenue et plut\u00f4t modeste, autrement dit rien qui puisse vous titiller ni l\u2019esprit ni le coeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si vous n\u2019appartenez \u00e0 aucune des cat\u00e9gories ci-dessus, apprenez que la visite de la maison de Tante L\u00e9onie nous a int\u00e9ress\u00e9s, ravis et \u00e9mus. Je n\u2019en dirai pas davantage.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sachez \u00e9galement que faute de dresser un compte-rendu touristique enthousiaste mais ennuyeux de notre visite, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e9crire le pastiche intitul\u00e9 assez finement, je dois dire, <em>Trou de m\u00e9moire<\/em>, que j\u2019ai publi\u00e9 ces jours\u00a0derniers \u00a0en quatre parties. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est en revenant de vacances que nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Illiers-Combray.\u00a0 Illiers-Combray \u2014 \u00ab Illiers \u00bb tout court \u00a0jusqu\u2019en 1971, ann\u00e9e du centenaire de la naissance de Marcel Proust o\u00f9 le conseil municipal vota l\u2019augmentation du nom du village \u2014 se situe \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au sud-ouest de Chartres au bord de l\u2019autoroute Oc\u00e9ane &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50894\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">\u00c0 Illiers-Combray<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12],"tags":[21],"class_list":["post-50894","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50894","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=50894"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50894\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=50894"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=50894"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=50894"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}