{"id":50807,"date":"2024-09-26T07:47:29","date_gmt":"2024-09-26T05:47:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50807"},"modified":"2024-09-28T07:56:25","modified_gmt":"2024-09-28T05:56:25","slug":"les-copains-dalors","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50807","title":{"rendered":"LES COPAINS D\u2019ALORS"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><strong>Conte psychanalytique<br \/>\n<\/strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>par Lorenzo dell&rsquo;Acqua<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Nous \u00e9tions plusieurs \u00e0 nous interroger sur l\u2019origine de l\u2019immense fortune de notre bienaim\u00e9 R\u00e9dacteur en Chef qui lui avait permis de se consacrer \u00e0 son \u0152uvre Litt\u00e9raire sans avoir \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de continuer \u00e0 travailler comme tout le monde. Paddy et moi avons donc men\u00e9 une enqu\u00eat\u00e9 pendant plusieurs mois et nous vous en livrons aujourd\u2019hui les conclusions.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Lors d\u2019une absence de Philippe, nous sommes all\u00e9s interroger sa douce et charmante \u00e9pouse afin de savoir o\u00f9 en \u00e9taient les recettes que lui procurait la vente de ses ouvrages litt\u00e9raires. Sophie, pas rancuni\u00e8re pour un sou, nous apprit que la totalit\u00e9 de son propre h\u00e9ritage \u00e9tait pass\u00e9e dans l\u2019achat des \u0153uvres compl\u00e8tes de son mari sur Amazon, soit 712 kilos de pages recto-verso. A cela s\u2019\u00e9tait ajout\u00e9e pour la ma\u00eetresse de maison l\u2019obligation de faire entrer l\u2019ensemble dans leur modeste cinq cents m\u00e8tres carr\u00e9s de l\u2019avenue Foch. Aujourd\u2019hui, comme nous avons pu le constater, \u00e0 part la cuisine et la salle de bains, les autres pi\u00e8ces de leur appartement ne sont accessibles qu\u2019\u00e0 des acrobates. Les voisins, inquiets de la colonisation du palier puis de l\u2019escalier de l\u2019immeuble, ont port\u00e9 plainte sans succ\u00e8s car les multiples connaissances de Philippe dans le milieu politico-affairiste de la cinqui\u00e8me r\u00e9publique ont coup\u00e9 court \u00e0 ces r\u00e9criminations partisanes, mesquines et \u00e9go\u00efstes (selon lui).<!--more--><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Sophie eut la gentillesse de nous offrir non seulement l\u2019ap\u00e9ritif mais aussi des informations sur le pass\u00e9 de son mari ce qui \u00e9tait le but inavou\u00e9 de notre visite. Dans sa petite enfance, cette p\u00e9riode si d\u00e9terminante pour la libido, Philippe fut rackett\u00e9 par son meilleur copain dont il avait fait exploser le ch\u00e2teau de sable sur la plage de Saint Br\u00e9vin dans l\u2019espoir de gagner le concours du club Mickey. Il s\u2019en \u00e9tait excus\u00e9 aupr\u00e8s des parents de Ren\u00e9-Jean en pr\u00e9tendant que les b\u00e2tons d\u2019explosif ressemblaient \u00e0 de gros sucres d\u2019orge dont il avait confondu la m\u00e8che souple avec la tige pourtant rigide de la sucrerie ce qui ne pr\u00e9jugeait rien de bon pour sa sexualit\u00e9 future. Par quel prodige cette m\u00e8che avait-elle pu s\u2019enflammer, il n\u2019en savait rien mais il \u00e9voqua l\u2019intervention occulte d\u2019un esprit malfaisant dont il ignorait l\u2019identit\u00e9. Aupr\u00e8s des parents tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s de Ren\u00e9-Jean, il pensa s\u2019en tirer \u00e0 bon compte avec ces explications discutables mais c\u2019\u00e9tait sans compter sur la malice de ce dernier qui d\u00e9cela tout de suite les avantages qu\u2019il pourrait tirer de la situation. Il eut l\u2019id\u00e9e de cet ignoble chantage\u00a0qu\u2019il imposa \u00e0 sa victime : \u00ab\u00a0<em>C\u2019est 10 centimes par jour ou une d\u00e9nonciation anonyme \u00e0 T\u00e9l\u00e9rama<\/em>\u00a0\u00bb. Philippe, qui connaissait alors une ascension fulgurante chez les scouts de France, devina aussit\u00f4t les cons\u00e9quences calamiteuses que cette r\u00e9v\u00e9lation aurait sur la suite de sa carri\u00e8re prometteuse. Avec un tel fil \u00e0 la patte, finies les escapades professionnelles aux antipodes onze mois par an (dixit Sophie), finis les honneurs et fini l\u2019espoir du Prix Nobel. On n\u2019a beau n\u2019avoir que dix ans (pour les puristes, <em>n\u2019a beau<\/em> est l\u2019homophone mais pas le synonyme de <em>n<\/em><em>abot<\/em>) on n\u2019en est pas moins pr\u00e9voyant. Toujours est-il qu\u2019il r\u00e9gla d\u2019embl\u00e9e les dix centimes par jour exig\u00e9s par le ma\u00eetre chanteur.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais comment s\u2019\u00e9tait-il d\u00e9brouill\u00e9 pour se procurer cet argent\u00a0? \u00a0C\u2019est encore Sophie qui nous r\u00e9v\u00e9la l\u2019origine des fonds qui permirent \u00e0 Philippe de satisfaire au chantage \u00e9hont\u00e9 de Ren\u00e9-Jean. Son p\u00e8re, un homme courtois au charme surann\u00e9 d\u2019un autre temps, vivait de ses rentes dans sa propri\u00e9t\u00e9 de Chants de F\u00e9es. Comme son fils, il \u00e9tait intelligent, progressiste et surtout pragmatique. C\u2019est lui qui, le premier de cette famille illustre, renon\u00e7a \u00e0 porter la particule pour ne conserver que la partie t\u00eate. D\u00e9sormais, il ne se nommerait plus Jules-C\u00e9sar\u00e9-Rosalie Sautet de La Coutheillas, mais simplement Coutheillas comme son voisin Minette, le marchand de b\u0153ufs. Il est possible que cette d\u00e9cision d\u00e9magogique ait d\u00e9plu au jeune Philippe qui, malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, ambitionnait d\u00e9j\u00e0 de faire carri\u00e8re dans la litt\u00e9rature. Il consid\u00e9rait non sans raison qu\u2019un patronyme vulgaire risquait d\u2019entraver sa marche vers l\u2019Acad\u00e9mie. Son p\u00e8re poss\u00e9dait des centaines d\u2019hectares autour de sa demeure dont le pont-levis r\u00e9calcitrant lui donnait des insomnies. Il y avait sur sa propri\u00e9t\u00e9 d\u2019immenses ch\u00e2taigneraies qui alimentaient jadis la population mis\u00e9rable de cette r\u00e9gion d\u00e9favoris\u00e9e. Fort heureusement, les temps avaient chang\u00e9 et, aujourd\u2019hui, les subsides g\u00e9n\u00e9reux de la municipalit\u00e9 socialiste permettaient \u00e0 toute une jeunesse d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e, pour ne pas dire analphab\u00e8te, d\u2019arrondir ses fins de mois fam\u00e9liques.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Monsieur Coutheillas p\u00e8re se retrouva donc \u00e0 la t\u00eate de tonnes de ch\u00e2taignes dont il ne savait que faire. Lors d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 Paris, il d\u00e9couvrit le commerce de ces fruits que de mis\u00e9rables h\u00e8res en guenilles faisaient griller sur de larges po\u00eales \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Jardin du Luxembourg. L\u2019odeur \u00e9tait fort agr\u00e9able et, en cet hiver rigoureux, leur absorption r\u00e9chauffait le c\u0153ur des Parisiens. Les ch\u00e2taignes se vendaient 50 centimes le cornet comme les glaces \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s qu\u2019elles \u00e9taient br\u00fblantes et que le dit cornet en papier journal n\u2019\u00e9tait pas mangeable. Monsieur Coutheillas fit ses calculs, car c\u2019\u00e9tait lui aussi un scientifique, et le r\u00e9sultat d\u2019une op\u00e9ration assez simple lui laissa entrevoir des revenus que l\u2019ampleur de ses rentes rendait cependant superflus. Lui qui s\u2019ennuyait dans sa campagne d\u00e9cida d\u2019aller vendre ses ch\u00e2taignes grill\u00e9es \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Jardin du Luxembourg. Il rev\u00eatit les oripeaux de ses anc\u00eatres qu\u2019il avait trouv\u00e9s dans les greniers et d\u00e9buta son activit\u00e9 commerciale peu de temps apr\u00e8s. Les r\u00e9sultats financiers de l\u2019entreprise d\u00e9pass\u00e8rent ses espoirs les plus insens\u00e9s mais la station debout prolong\u00e9e \u00e9tait trop inconfortable \u00e0 son \u00e2ge. Il demanda alors \u00e0 son fils Philippe, demi-pensionnaire dans un \u00e9tablissement \u00e9litiste du quartier, de le remplacer de temps en temps car, \u00e0 cette \u00e9poque, les coll\u00e8ges et lyc\u00e9es faisaient rel\u00e2che tous les jeudis apr\u00e8s midis en plus du week-end. Sa formation pratique exp\u00e9di\u00e9e en quelques minutes, le jeune Philippe se lan\u00e7a dans l\u2019aventure quelques jours plus tard. Le prix du cornet \u00e9tait de 50 centimes. Philippe d\u00e9cida sans en r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 son g\u00e9niteur de le porter \u00e0 60 centimes. La diff\u00e9rence, soit dix centimes par cornet, lui reviendrait et son p\u00e8re n\u2019en saurait jamais rien. Aussit\u00f4t dit, aussit\u00f4t fait. En un apr\u00e8s midi, Philippe gagnait non seulement de quoi payer le chantage de Ren\u00e9-Jean mais il faisait en plus un b\u00e9n\u00e9fice substantiel de 8 \u00e0 10 francs dont il se r\u00e9servait l\u2019usage comme bon lui semblerait. La morale nous interdit de d\u00e9voiler la diversit\u00e9 de ses activit\u00e9s lucratives qu\u2019il g\u00e9rait depuis la terrasse ensoleill\u00e9e du Cyrano, un bar-tabac situ\u00e9 devant l\u2019entr\u00e9e du Luxembourg. Il d\u00e9cida n\u00e9anmoins de poursuivre ses \u00e9tudes au cas o\u00f9 un revers de fortune viendrait contrarier ses projets qui ne se limitaient plus, on l\u2019aura compris, \u00e0 la vente des ch\u00e2taignes grill\u00e9es. Sur une carte postale de l\u2019\u00e9poque, on reconna\u00eet le petit Philippe, coiff\u00e9 de son b\u00e9ret, aupr\u00e8s de la patronne du Cujas qu\u2019il courtisait assid\u00fbment bien qu\u2019elle fut de tr\u00e8s loin son a\u00een\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En fin strat\u00e8ge, Philippe comprit la menace que repr\u00e9sentait l\u2019arriv\u00e9e des beaux jours. A l\u2019\u00e9vidence, ceux-ci risquaient de ne pas l\u2019\u00eatre pour son porte-monnaie. D\u00e8s le printemps, il constata que l\u2019attrait des Parisiens pour les ch\u00e2taignes grill\u00e9es faiblissait. Il envisagea un temps de se reconvertir dans le commerce des glaces sur une petite carriole ambulante mais, pr\u00e9textant une allergie, son papa refusa d\u2019investir dans ce projet.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Tel Robin des Bois qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait \u00e0 Ivanho\u00e9 pour cette raison, Guillaume (il se faisait appeler Guillaume Tell au Quartier Latin par respect pour sa maman n\u00e9e Emma de La Roche-Truffaut qui ignorait tout des activit\u00e9s commerciales et vulgaires de son fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9) avait d\u2019autres cordes \u00e0 son arc. Sur les conseils de Jim, un camarade scout toujours, il d\u00e9posa ses \u00e9conomies sur un Livret de Caisse d\u2019Epargne dont le rendement minimal \u00e9tait alors (on est en 1950) de 5% par an. Bien lui en prit\u00a0! Gr\u00e2ce aux dividendes, il put ainsi reverser \u00e0 Ren\u00e9-Jean le montant du chantage pendant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 qui s\u2019av\u00e9r\u00e8rent comme pr\u00e9vu des mois de vache maigre pour le commerce des ch\u00e2taignes grill\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pendant la belle saison, Philippe passait toutes ses fins d\u2019apr\u00e8s-midi \u00a0\u00e0 la terrasse ensoleill\u00e9e du Cyrano o\u00f9 il r\u00e9digea son premier roman, Les Quatre Mousquetaires, dont les deux mille pages en alexandrins n\u2019int\u00e9ress\u00e8rent aucune maison d\u2019\u00e9dition. Ses amis qu\u2019il retrouvait chaque jour au Jardin du Luxembourg\u00a0lui servirent de mod\u00e8les pour ses personnages principaux : Jim (Athos) avec lequel il avait investi dans un trafic de billes dont le si\u00e8ge social \u00e9tait situ\u00e9 derri\u00e8re le petit b\u00e2timent de la dame pipi pr\u00e8s du Mus\u00e9e, Bruno (Porthos) qui passait tous ses jeudis apr\u00e8s midi de treize heures \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit au spectacle de guignol, ne quittant sa place attitr\u00e9e \u00e0 l\u2019ann\u00e9e que pour aller manger des gaufres, Paddy (Aramis) dont la vedette U25 de couleur kaki \u00e0 moteur renversait les fragiles voiliers voguant sur le bassin central, Lari\u00e9geoise (Milady) qui faisait semblant de r\u00e9viser ses cours autour de la Fontaine M\u00e9dicis alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 elle ne faisait qu\u2019entretenir son bronzage, et lui (d\u2019Artagnan). Ainsi, comme vous l\u2019avez remarqu\u00e9, ses futurs abonn\u00e9s et admirateurs du JdC \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s soixante ans plus t\u00f4t (sauf Lorenzo qui n\u2019\u00e9tait pas encore n\u00e9, NDLR).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mises \u00e0 part ces digressions, il faut garder \u00e0 l\u2019esprit que la soif de vengeance de Philippe restait inextinguible. Malgr\u00e9 les sourires enj\u00f4leurs de sa victime, Ren\u00e9-Jean se doutait bien de quelque chose et, quand Philippe atteignit vers l\u2019\u00e2ge de douze ans la taille de deux m\u00e8tres et d\u00e9passa le quintal, il jugea plus prudent de s\u2019exiler au Canada.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Apr\u00e8s le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 de Ren\u00e9-Jean, Philippe se retrouva dans l\u2019impossibilit\u00e9 de se venger\u00a0ce qui, selon les psychanalystes, est bien pire que le mal. En toute logique selon eux, il reporta inconsciemment sa ranc\u0153ur sur les innocents lecteurs du JdC qu\u2019il exhortait tous les jours \u00e0 acheter ses \u0153uvres. Pourquoi\u00a0? Eh bien parce que ce groupe d\u2019amis de soixante ans, dont faisait initialement partie Ren\u00e9-Jean, lui rappelait l\u2019odieux chantage dont il avait \u00e9t\u00e9 victime pendant son enfance. En plus, ce dernier adressait au JdC des commentaires acerbes et malveillants qui remuaient la cendre incandescente de sa frustration.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cela dit, pour en revenir \u00e0 l\u2019objet de notre enqu\u00eate, des esprits hostiles aux th\u00e9ories psychanalytiques object\u00e8rent que ce chantage n\u2019avait pas eu que des effets n\u00e9gatifs puisque Philippe en tira des b\u00e9n\u00e9fices secondaires cons\u00e9quents, au propre comme au figur\u00e9. En effet, la fortune colossale qu\u2019il amassa pour le rembourser le mit d\u00e9finitivement \u00e0 l\u2019abri du besoin et, malgr\u00e9 la baisse significative de rendement due aux crises p\u00e9troli\u00e8res successives, ses placements \u00e0 la Caisse d\u2019Epargne lui permirent de cesser ses activit\u00e9s professionnelles bien avant la retraite et de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 plein-temps.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Devant l\u2019insatisfaction croissante de Philippe jugeant honteuse l\u2019ingratitude financi\u00e8re de ses lecteurs et malgr\u00e9 l\u2019ampleur de sa fortune personnelle confirm\u00e9e par notre enqu\u00eate, Paddy et moi avons pens\u00e9 que nous pourrions lui t\u00e9moigner notre reconnaissance en lui achetant sur Amazon un exemplaire de chacune de ses \u0153uvres tous les jours pendant un mois. D\u2019apr\u00e8s nos calculs, cela reviendrait \u00e0 environ 120 euros chacun, somme d\u00e9risoire au vu de nos confortables retraites. Alors, pourquoi ne l\u2019avons-nous pas fait\u00a0? En voici la raison\u00a0: un \u00e9minent psychanalyste nous a affirm\u00e9 que notre id\u00e9e pav\u00e9e de bonnes intentions aurait des cons\u00e9quences psychologiques d\u00e9sastreuses sur l\u2019int\u00e9ress\u00e9 car, selon lui, ce geste quotidien lui rappellerait le chantage lui aussi quotidien que lui avait inflig\u00e9 Ren\u00e9-Jean pendant son enfance.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conte psychanalytique par Lorenzo dell&rsquo;Acqua Nous \u00e9tions plusieurs \u00e0 nous interroger sur l\u2019origine de l\u2019immense fortune de notre bienaim\u00e9 R\u00e9dacteur en Chef qui lui avait permis de se consacrer \u00e0 son \u0152uvre Litt\u00e9raire sans avoir \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de continuer \u00e0 travailler comme tout le monde. 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