{"id":50386,"date":"2024-07-19T07:47:09","date_gmt":"2024-07-19T05:47:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50386"},"modified":"2024-07-20T16:33:32","modified_gmt":"2024-07-20T14:33:32","slug":"une-autre-traversee-de-paris-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=50386","title":{"rendered":"Une autre travers\u00e9e de Paris"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Le moral n&rsquo;est pas au plus haut, c&rsquo;est la saison des soldes, mais \u00e0 la campagne, y&rsquo;en n&rsquo;a pas, le temps tourne \u00e0 l&rsquo;orage et la flemme r\u00e8gne en maitre. Alors voici un texte, auquel je ne mettrai qu&rsquo;un 10\/20, mais qui vous rappellera un peu Paris.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-27898\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1223-UN-MOINEAU-DE-PARIS-copie-300x109.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"81\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1223-UN-MOINEAU-DE-PARIS-copie-300x109.jpg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1223-UN-MOINEAU-DE-PARIS-copie-960x350.jpg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1223-UN-MOINEAU-DE-PARIS-copie-768x280.jpg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1223-UN-MOINEAU-DE-PARIS-copie.jpg 995w\" sizes=\"auto, (max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/>Il est cinq heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jour se l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Bomby\u2019s caf\u00e9 de la Place d\u2019Italie, un homme noir en bleu de travail est accoud\u00e9 au comptoir devant une tasse de caf\u00e9. Son corps est enti\u00e8rement rel\u00e2ch\u00e9 et sa silhouette forme une sorte de S. Son regard est ailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un chien remonte en trottinant le boulevard Auguste Blanqui. Il conna\u00eet les jours et les heures du march\u00e9 Corvisart. Un camion s\u2019arr\u00eate pour le laisser passer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est huit heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue Gay-Lussac, une femme cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment la rue d\u2019Uh\u00e9l\u00e8me. Elle entre au caf\u00e9 pour demander son chemin. Ici, on ne conna\u00eet que la rue d\u2019Ulm. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue Saint-Jacques, il y a cette jeune femme qui pleure dans son iPhone. Devant l\u2019\u00e9glise Saint Jacques du Haut Pas, elle croise sans le voir un enfant qui rit parce que les pav\u00e9s <!--more-->du parvis font tressauter sa patinette et trembler ses joues. Devant l\u2019\u00e9cole communale, il attache sa machine \u00e0 une grille et franchit en courant le porche sous le drapeau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est en retard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme en habit vert descend lentement la rue Soufflot. Un t\u00e9l\u00e9phone coll\u00e9 \u00e0 la joue, il pousse devant lui une poubelle \u00e0 roulettes dans laquelle est plant\u00e9 un balai. A la terrasse du Comptoir du Panth\u00e9on, un gar\u00e7on de caf\u00e9, les pouces dans les poches de son gilet, plateau et serviette sous le bras, le regarde passer. Il \u00e9change une plaisanterie avec un client et ricane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un car cellulaire remonte le boulevard Saint-Michel \u00e0 vive allure. Il vient du Palais de Justice et file vers la Sant\u00e9. Des doigts apparaissent aux grilles qui prot\u00e8gent ses fen\u00eatres. Devant l\u2019entr\u00e9e du Luxembourg, une jeune fille s\u2019arr\u00eate et regarde les doigts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est midi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le bassin, les voiliers du Luxembourg virent ensemble sous une ris\u00e9e et s\u2019emm\u00ealent sous le jet d\u2019eau, entour\u00e9s de canards, d\u2019enfants et de m\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme et une femme se sont donn\u00e9 rendez-vous place Saint Sulpice. Arriv\u00e9e en avance, et sans pouvoir d\u00e9cider de quel c\u00f4t\u00e9 attendre, elle commence \u00e0 tourner autour de la fontaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Saint-Germain des Pr\u00e9s, devant l\u2019\u00e9glise, un minibus noir est arr\u00eat\u00e9, entour\u00e9 de lentes silhouettes. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la place, trois am\u00e9ricaines boivent du chardonnay \u00e0 la terrasse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est trois heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la Passerelle des Arts, des hommes en bleu arrivent en groupe. Ils commencent \u00e0 cisailler les garde-corps pour lib\u00e9rer les dizaines de milliers de cadenas d\u2019amour que des vingtaines de milliers d\u2019amoureux y ont accroch\u00e9s. \u00ab Comme c\u2019est dommage ! \u00bb dit un passant. Un autre demande : \u00ab Mais que vont-ils en faire sans les cl\u00e9s ? \u00bb Plus loin, un touriste argentin regarde couler la Seine. Il est seul et s\u2019ennuie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux Tuileries, un groupe d\u2019asiatiques entoure un guide \u00e0 parapluie. Un moment, ils observent la vo\u00fbte de l\u2019arc de triomphe du Carrousel, puis chacun se prend en selfie. Une femme Rom s\u2019approche et tente de leur vendre une bague qu\u2019elle pr\u00e9tend avoir trouv\u00e9e \u00e0 leurs pieds. Ils s\u2019\u00e9parpillent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la place de la Concorde, du haut de la nacelle n\u00b012 de la grande roue, un couple avec enfants observe en dessous de lui la circulation prise en masse. Un autobus \u00e0 imp\u00e9riale lutte avec une camionnette couverte d\u2019\u00e9chelles et de tuyaux pour atteindre le passage qui leur permettra de franchir la zone de travaux. Une procession de gyrophares pi\u00e9tine avec fureur pour franchir le pont.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir et la pluie se mettent \u00e0 tomber.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est cinq heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9, sur le bitume, les feux des voitures se m\u00e9langent aux lumi\u00e8res des magasins. Deux femmes descendent d\u2019une limousine sous le parapluie que brandit leur chauffeur. Elles entrent en riant chez Louboutin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Place de l\u2019Op\u00e9ra, sous la verri\u00e8re du Grand H\u00f4tel, quelques am\u00e9ricains commencent \u00e0 d\u00eener. A moins qu\u2019ils ne soient anglais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus loin, Old England a d\u00e9finitivement ferm\u00e9. Les palissades annoncent pour bient\u00f4t la plus grande boutique de montres de luxe de Paris et au-del\u00e0. Un militaire entre dans un restaurant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est huit heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pluie cesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fleuve qui roule sur le trottoir des Capucines se divise entre la file d\u2019attente pour les adieux d\u2019une vedette de la chanson, l\u2019attroupement devant la fa\u00e7ade du th\u00e9\u00e2tre \u00c9douard VII, et les derniers instants de solde d\u2019un magasin de v\u00eatements pour jeunes gens \u00e0 tendance am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gare Saint-Lazare, l\u2019heure de l\u2019affluence est pass\u00e9e. Pourtant, devant les fausses valises empil\u00e9es, une dizaine de personnes, hommes et femmes, attendent. Elles ont rendez-vous, mais pas les unes avec les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rue Jean-Baptiste Pigalle, un autocar d\u00e9charge sa cargaison devant le Paris-Follies. Le Comit\u00e9 d\u2019Entreprise des Transports Bricard de Sarreguemines passe sous l\u2019enseigne en se poussant du coude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est dix heures pass\u00e9es. Il va s\u00fbrement pleuvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Place du Tertre, les clients de La Cr\u00e9maill\u00e8re sortent par groupes. Ils chantent la Complainte de la Butte en finissant d\u2019enfiler leur manteau. Ils vont bient\u00f4t descendre les escaliers du Sacr\u00e9 C\u0153ur jusqu\u2019au square d\u2019Anvers. Peut-\u00eatre y a-t-il encore un bistrot ouvert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il pleut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est deux heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Tabac Le Clignancourt, un chauffeur routier a gar\u00e9 son semi-remorque devant l\u2019arr\u00eat d\u2019autobus pour un caf\u00e9 croissant. Le moteur tourne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jour se l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est cinq heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paris s\u2019\u00e9veille.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le moral n&rsquo;est pas au plus haut, c&rsquo;est la saison des soldes, mais \u00e0 la campagne, y&rsquo;en n&rsquo;a pas, le temps tourne \u00e0 l&rsquo;orage et la flemme r\u00e8gne en maitre. Alors voici un texte, auquel je ne mettrai qu&rsquo;un 10\/20, mais qui vous rappellera un peu Paris.\u00a0 Il est cinq heures. 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