{"id":49768,"date":"2024-05-13T07:47:02","date_gmt":"2024-05-13T05:47:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49768"},"modified":"2025-12-27T16:58:58","modified_gmt":"2025-12-27T15:58:58","slug":"go-west-43","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49768","title":{"rendered":"Go West ! (43)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-47974\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"121\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-300x203.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-960x650.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-768x520.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-1536x1041.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Go-West-2048x1388.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 179px) 100vw, 179px\" \/>(&#8230;) J\u2019ai confirm\u00e9 que j\u2019avais bien compris : Marylin s\u2019\u00e9tait suicid\u00e9e. Sur place, il faudrait jouer mon r\u00f4le de flic normal, sanctuariser les lieux, faire les constatations, interroger les t\u00e9moins tout en faisant mon boulot d\u2019agent double en cherchant un Dictaphone. Pour quoi il faudrait faire tout \u00e7a, je n\u2019en avais aucune id\u00e9e. Je me disais que je ne le saurais probablement jamais, mais qu\u2019avec Marylin et tous les pontes qui tournaient autour ce devait \u00eatre dr\u00f4lement important. Deux minutes plus tard, j\u2019entrai dans 5th Helena drive. Il \u00e9tait 10:34 p.m.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>C\u2019est un cul de sac. La maison de Marylin est tout au fond, portail ouvert. Deux voitures gar\u00e9es c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te font face \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e, un cabriolet T\u2019Bird et une Rolls Royce d\u00e9capot\u00e9e. Sous le porche il y a un type en bermuda qui s\u2019avance vers moi entre les deux voitures. Je le reconnais tout de suite, c\u2019est Peter Lawford, l\u2019acteur. Je ne suis pas surpris, tout le monde sait que c\u2019est un ami intime de Marylin. Je me pr\u00e9sente. Lawford a l\u2019air boulevers\u00e9.\u00a0 Dans le d\u00e9sordre, il me dit que Marylin est dans sa chambre, qu\u2019elle est morte, sur son lit, que c\u2019est la nurse qui l\u2019a appel\u00e9, qu\u2019il est venu tout de suite, que c\u2019est terrible, qu\u2019il a cass\u00e9 un carreau pour entrer dans la chambre, qu\u2019elle a fait une overdose, qu\u2019elle est morte, qu\u2019il a appel\u00e9 le m\u00e9decin de Marylin, que la nurse a appel\u00e9 la police, que c\u2019est bien d\u2019\u00eatre venu si vite, qu\u2019elle est morte\u2026 Je finis par l\u2019interrompre et lui demander<!--more--><\/em><\/p>\n<p><em> de m\u2019accompagner \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Nous passons entre les deux voitures pour entrer dans la maison l\u2019un derri\u00e8re l\u2019autre. Il me guide jusqu\u2019\u00e0 la chambre. Je lui demande de me laisser seul faire mon travail. Je referme la porte \u00e0 cl\u00e9 derri\u00e8re moi et je sors mon carnet de notes. La pi\u00e8ce est faiblement \u00e9clair\u00e9e par une lampe de chevet et par le plafonnier d\u2019un dressing-room rest\u00e9 ouvert.\u00a0 Marylin est l\u00e0, en peignoir, \u00e9tendue sur le lit, morte. Elle est couch\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 droit. Son bras gauche repose sur sa hanche. Son bras droit est repli\u00e9 sous son corps et sa joue est pos\u00e9e au creux de sa main droite. Sous le peignoir, elle porte un maillot de bain deux pi\u00e8ces. Ses jambes d\u00e9couvertes sont l\u00e9g\u00e8rement fl\u00e9chies. Son visage est \u00e0 demi cach\u00e9 par ses cheveux \u00e0 peine en d\u00e9sordre. Il exprime l\u2019abandon d\u2019un enfant endormi. Elle n\u2019a pas d\u00fb souffrir et la mort l\u2019a trouv\u00e9e belle. Je reste un instant, \u00e9mu et triste, \u00e0 contempler cette beaut\u00e9 parfaite puis je secoue les \u00e9paules et je reprends mon petit carnet et mon boulot de flic.<\/em><br \/>\n<em>10 :40. La porte-fen\u00eatre est ferm\u00e9e. Un de ses carreaux est cass\u00e9 et des d\u00e9bris de verre sont incrust\u00e9s dans un \u00e9pais tapis blanc. La chambre est dans un d\u00e9sordre ordinaire mais pas boulevers\u00e9e. Il y a des pi\u00e8ces de v\u00eatements f\u00e9minins dispers\u00e9es sur des chaises et des fauteuils, au pied du lit et dessous : slip, soutien-gorge, short, chemisier, sandales, veste de marin, serviette de plage. Sur une table basse, une bouteille de champagne dans un seau \u00e0 glace. La bouteille est \u00e0 demi pleine et la glace a fondu. Autour du seau, il y a cinq verres, trois pour le champagne et deux verres \u00e0 whisky. Deux bouteilles de champagne vides ont roul\u00e9 sous la table. Sur une coiffeuse blanche au style alambiqu\u00e9, des produits de beaut\u00e9, des peignes, des brosses, des limes, des pots de cr\u00e8me, des flacons de parfum, mais aussi beaucoup de m\u00e9dicaments en tubes, en sachets, en bouteilles, en ampoules. Je reconnais quelques somnif\u00e8res et tranquillisants courants, mais il y a aussi des pilules en vrac, des flacons sans marque, des boites anonymes. Dans un coin, il y a un bar en bois des iles. Ses \u00e9tag\u00e8res sont couvertes d\u2019une panoplie de verres et de lourds flacons de cristal emplis de liquides dor\u00e9s ou transparents. Le lit est encadr\u00e9 par deux tables de chevet. Sur celle vers laquelle Marylin est tourn\u00e9e, il y a un annuaire de L.A. sous un t\u00e9l\u00e9phone blanc. Sur l\u2019autre, une bouteille de vodka, une carafe d\u2019eau, un verre \u00e0 whisky vide, et deux tubes de comprim\u00e9s Nembutal, vides eux aussi. Mais il n\u2019y a pas de dictaphone.<br \/>\nUn \u00e0 un, je soul\u00e8ve tous les v\u00eatements dispers\u00e9s, je visite la salle de bain attenante et le dressing, je fouille les tiroirs des tables basses, de la coiffeuse et d\u2019une commode. Pas de dictaphone. Je reviens au lit. Je soul\u00e8ve les oreillers, je passe la main sous le corps raidi et froid de Marylin, je cherche dans les poches de son peignoir, sous le matelas, dans les draps, sous le lit. Pas de dictaphone, seulement des comprim\u00e9s de formes et de couleurs diverses enfouis dans les plis des draps. Je repasse la chambre, la salle de bain et le dressing au peigne fin. Pas de dictaphone. Merde !<br \/>\n<\/em><em>Je ressors de la chambre, verrouille la porte et glisse la cl\u00e9 dans ma poche. La nurse et Lawford sont dans la cuisine autour de tasses de caf\u00e9. Ils m\u2019en proposent un. Je leur dis que je dois faire d\u2019abord un premier rapport par radio depuis ma voiture et qu\u2019en attendant, personne ne doit rentrer dans la chambre. Au moment de sortir, j\u2019ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Dites, vous n\u2019avez touch\u00e9 \u00e0 rien avant que j\u2019arrive, hein\u00a0? Vous n\u2019avez rien ramass\u00e9, vous avez tout laiss\u00e9 en place\u00a0?\u00a0Vous, Mrs Murray\u00a0? Et vous, Mr Lawford\u00a0? Non\u00a0? Vous \u00eates surs\u00a0? \u00bb Ils sont surs.<br \/>\n<\/em><em>Ils sont surs mais pas moi. L\u2019un des deux a forc\u00e9ment ramass\u00e9 le dictaphone. Je ne crois pas que ce soit Murray. Elle a l\u2019air trop abasourdie, compl\u00e8tement effondr\u00e9e. Lawford, lui, parait plut\u00f4t agit\u00e9. Je comprends que la mort de son amie puisse l\u2019affecter \u00e0 ce point, mais pas de cette fa\u00e7on. Il agit comme un gamin qui a fait une b\u00eatise. Il parle trop et trop vite, il est trop pr\u00e9venant avec moi, il ne reste pas en place. Si c\u2019est lui qui a trouv\u00e9 le dictaphone, il n\u2019a pas l\u2019air de le porter sur lui : son bermuda lui colle \u00e0 la peau comme une couche de peinture et les lunettes de soleil qui gonflent sa poche de chemise ne permettraient pas d\u2019y loger un paquet de cigarettes. C\u2019est qu\u2019il a d\u00fb le cacher quelque part, dans la maison, dans le jardin, ou dans sa voiture. Sa voiture, c\u2019est surement la Rolls. Il n\u2019est pas anglais pour rien ! Mais je n\u2019ai pas le temps de fouiller tout \u00e7a. Il faut d\u2019abord que j\u2019appelle Marietta. <\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>J\u2019ai rejoint ma voiture. En m\u00eame temps que je saisissais le micro, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que le Fran\u00e7ais n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0. Merde, je l\u2019avais compl\u00e8tement oubli\u00e9 celui-l\u00e0\u00a0! Il avait fichu le camp, le salaud\u00a0! Avec son sac et son portefeuille\u00a0! Une seconde, j\u2019ai h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 me mettre \u00e0 sa recherche. \u00c0 pied, il ne pouvait pas \u00eatre bien loin. Mais je ne pouvais \u00e9videmment pas laisser derri\u00e8re moi Lawford et Murray avec le cadavre de Marylin. Lancer par radio aux coll\u00e8gues un avis de recherche avec signalement\u00a0? Avec \u00e7a, j\u2019aurais vraiment l\u2019air d\u2019un cr\u00e9tin pour avoir laiss\u00e9 un trafiquant de drogue seul dans ma voiture sans au moins le menotter. Alors, autant le laisser courir.<br \/>\n<\/em><em>Je passai sur le canal 8 et j\u2019appelai Marietta\u00a0:<br \/>\n<\/em><em>\u00ab\u00a0\u2014 Ici Marietta. OK Victor. Quelle heure est-il chez vous\u00a0? Qu\u2019est-ce que vous avez foutu\u00a0? \u00c7a fait une heure qu\u2019on vous attend\u00a0! Allez, bon Dieu, racontez\u00a0!\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><em>Il a l\u2019air dr\u00f4lement nerveux, Marietta\u00a0! Un moment, j\u2019ai envie de l\u2019envoyer balader, mais je reste professionnel\u00a0:<br \/>\n<\/em><em>\u00ab\u2014 Ici Victor. Il est 10:47 mais ici il ne pleut pas.\u00a0 Je suis \u00e0 Brentwood. L\u2019acteur Peter Lawford et Mrs Murray, gouvernante, ont d\u00e9couvert le corps. Ils sont toujours sur place. Miss Monroe est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. J\u2019ai fait les constats suivants : la porte fen\u00eatre a \u00e9t\u00e9 fractur\u00e9e par Mr Lawford pour&#8230;<br \/>\n<\/em><em>\u2014 On s\u2019en fout, Victor, de vos salades. Est-ce que vous avez le dictaphone ? Le dictaphone, nom de Dieu !<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Ok Marietta. N\u00e9gatif. Je n\u2019ai pas trouv\u00e9 l\u2019objet. N\u00e9gatif.\u00bb<br \/>\n<\/em><em>Et juste pour le chambrer un peu, je fais l&rsquo;andouille :<br \/>\n\u00ab Euh&#8230; vous \u00eates vraiment s\u00fbr qu\u2019il y avait un dictaphone ?<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Est-ce que vous vous foutez de nous, par hasard ? Trouvez-moi cet appareil ! Retournez-l\u00e0-bas et trouvez-moi ce foutu machin !<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Pas la peine\u00a0! Le machin n\u2019est ni dans la chambre, ni dans la salle de bain, j\u2019en suis certain. Par contre, j\u2019ai ma petite id\u00e9e&#8230;<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Allez\u00a0! Vas-y, g\u00e9nie\u00a0! D\u00e9balle-la, ton id\u00e9e\u00a0!<br \/>\n<\/em><em>\u2014 OK Marietta. Lawford n\u2019est pas clair. Il est tr\u00e8s nerveux. Je pense que c\u2019est lui qui l\u2019a trouv\u00e9. Il \u00e9tait sur place bien avant moi et il a eu tout le temps de le planquer quelque part. C\u2019est pas les endroits qui manquent.<br \/>\n<\/em><em>\u2014 OK Victor. Retournez dans la maison et d\u00e9brouillez-vous pour r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019appareil.<br \/>\n<\/em><em>\u2014 OK Marietta. Je peux le secouer un peu, l\u2019acteur\u00a0?<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Faites ce qu\u2019il faut\u00a0!<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Hey\u00a0! C\u2019est quand m\u00eame le beau-fr\u00e8re du Pr\u00e9sident et de l\u2019Attorney General\u00a0! Vous me couvrez s\u2019il r\u00e2le aupr\u00e8s des Kennedy\u00a0?<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Faites ce qu\u2019il faut, on vous dit. Apr\u00e8s, on verra.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) J\u2019ai confirm\u00e9 que j\u2019avais bien compris : Marylin s\u2019\u00e9tait suicid\u00e9e. Sur place, il faudrait jouer mon r\u00f4le de flic normal, sanctuariser les lieux, faire les constatations, interroger les t\u00e9moins tout en faisant mon boulot d\u2019agent double en cherchant un Dictaphone. Pour quoi il faudrait faire tout \u00e7a, je n\u2019en avais aucune id\u00e9e. Je me &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49768\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Go West ! 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