{"id":49670,"date":"2024-05-06T07:47:13","date_gmt":"2024-05-06T05:47:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49670"},"modified":"2024-05-07T16:15:01","modified_gmt":"2024-05-07T14:15:01","slug":"un-duel-au-bois-de-boulogne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49670","title":{"rendered":"Un duel au Bois de Boulogne"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il est rare que je reproduise d\u2019aussi longs extraits que celui-ci. Mais je n\u2019ai pas su o\u00f9 le couper sans le d\u00e9naturer compl\u00e8tement. C\u2019est pour moi le passage le plus dr\u00f4le, je veux dire le plus ironique de l\u2019\u00c9ducation sentimentale. \u00c7a ne devrait pas vous prendre plus de 6 minutes pour le lire. Et \u00e7a vaut vraiment le coup, croyez-moi.<br \/>\n<\/em><em>Pour les faveurs d\u2019une demi-mondaine, Rosanette, Frederic Moreau va se battre en duel contre le vicomte de Cisy. \u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">(&#8230;)<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Je vais me battre. Tiens, je vais me battre\u00a0! C\u2019est dr\u00f4le\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et, comme il marchait dans sa chambre, en passant devant sa glace, il s\u2019aper\u00e7ut qu\u2019il \u00e9tait p\u00e2le.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Est-ce que j\u2019aurais peur\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Une angoisse abominable le saisit \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019avoir peur sur le terrain.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Si j\u2019\u00e9tais tu\u00e9, cependant\u00a0? Mon p\u00e8re est mort de la m\u00eame fa\u00e7on. Oui, je serai tu\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et, tout \u00e0 coup, il aper\u00e7ut sa m\u00e8re, en robe noire\u00a0; des images incoh\u00e9rentes se d\u00e9roul\u00e8rent dans sa t\u00eate. Sa propre l\u00e2chet\u00e9 l\u2019exasp\u00e9ra. Il fut pris d\u2019un paroxysme de bravoure, d\u2019une soif carnassi\u00e8re. Un bataillon ne l\u2019e\u00fbt pas fait reculer. Cette fi\u00e8vre calm\u00e9e, il se sentit, avec joie, in\u00e9branlable. Pour se distraire, il se rendit \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra, o\u00f9 l\u2019on donnait un ballet. Il \u00e9couta la musique, lorgna les danseuses, et but un verre de punch, pendant l\u2019entracte. Mais, en rentrant chez lui, la vue de son cabinet, de ses meubles, o\u00f9 il se retrouvait peut-\u00eatre pour la derni\u00e8re fois, lui causa une faiblesse.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il descendit dans son jardin. Les \u00e9toiles brillaient\u00a0; il les contempla. L\u2019id\u00e9e de se battre pour une femme le grandissait \u00e0 ses yeux, l\u2019ennoblissait. Puis il alla se coucher tranquillement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il n\u2019en fut pas de m\u00eame de Cisy. Apr\u00e8s le d\u00e9part du baron, <!--more-->Joseph avait t\u00e2ch\u00e9 de remonter son moral, et, comme le vicomte demeurait froid\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Pourtant, mon brave, si tu pr\u00e9f\u00e8res en rester l\u00e0, j\u2019irai le dire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cisy n\u2019osa r\u00e9pondre \u00ab\u00a0certainement\u00a0\u00bb, mais il en voulut \u00e0 son cousin de ne pas lui rendre ce service sans en parler.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il souhaita que Fr\u00e9d\u00e9ric, pendant la nuit, mour\u00fbt d\u2019une attaque d\u2019apoplexie, ou qu\u2019une \u00e9meute survenant, il y e\u00fbt le lendemain assez de barricades pour fermer tous les abords du bois de Boulogne, ou qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement emp\u00each\u00e2t un des t\u00e9moins de s\u2019y rendre\u00a0; car le duel faute de t\u00e9moins manquerait. Il avait envie de se sauver par un train express n\u2019importe o\u00f9. Il regretta de ne pas savoir la m\u00e9decine pour prendre quelque chose qui, sans exposer ses jours, ferait croire \u00e0 sa mort.\u00a0Il en arriva jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9sirer \u00eatre malade, gravement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Afin d\u2019avoir un conseil, un secours, il envoya chercher M. des Aulnays. L\u2019excellent homme \u00e9tait retourn\u00e9 en Saintonge, sur une d\u00e9p\u00eache lui apprenant l\u2019indisposition d\u2019une de ses filles. Cela parut de mauvais augure \u00e0 Cisy. Heureusement que M. Vezou, son pr\u00e9cepteur, vint le voir. Alors il s\u2019\u00e9pancha.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Comment faire, mon Dieu\u00a0! comment faire\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Moi, \u00e0 votre place, monsieur le Comte, je paierais un fort de la halle pour lui flanquer une racl\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Il saurait toujours de qui \u00e7a vient\u00a0! reprit Cisy.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et, de temps \u00e0 autre, il poussait un g\u00e9missement, puis\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Mais est-ce qu\u2019on a le droit de se battre en duel\u00a0?\u00a0C\u2019est un reste de barbarie\u00a0! Que voulez-vous\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Par complaisance, le p\u00e9dagogue s\u2019invita lui-m\u00eame \u00e0 d\u00eener. Son \u00e9l\u00e8ve ne mangea rien, et, apr\u00e8s le repas, sentit le besoin de faire un tour.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il dit en passant devant une \u00e9glise\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Si nous entrions un peu\u2026 pour voir\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Vezou ne demanda pas mieux, et m\u00eame lui pr\u00e9senta de l\u2019eau b\u00e9nite.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait le mois de Marie, des fleurs couvraient l\u2019autel, des voix chantaient, l\u2019orgue r\u00e9sonnait. Mais il lui fut impossible de prier, les pompes de la religion lui inspirant des id\u00e9es de fun\u00e9railles\u00a0; il entendait comme des bourdonnements de De profundis.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Allons-nous-en\u00a0! Je ne me sens pas bien\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ils employ\u00e8rent toute la nuit \u00e0 jouer aux cartes. Le vicomte s\u2019effor\u00e7a de perdre, afin de conjurer la mauvaise chance, ce dont M. Vezou profita. Enfin, au petit jour, Cisy, qui n\u2019en pouvait plus, s\u2019affaissa sur le tapis vert, et eut un sommeil plein de songes d\u00e9sagr\u00e9ables.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Si le courage, pourtant, consiste \u00e0 vouloir dominer sa faiblesse, le vicomte fut courageux, car, \u00e0 la vue de ses t\u00e9moins qui venaient le chercher, il se roidit de toutes ses forces, la vanit\u00e9 lui faisant comprendre qu\u2019une reculade le perdrait. M. de Comaing le complimenta sur sa bonne mine.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais, en route, le bercement du fiacre et la chaleur du soleil matinal l\u2019\u00e9nerv\u00e8rent. Son \u00e9nergie \u00e9tait retomb\u00e9e. Il ne distinguait m\u00eame plus o\u00f9 l\u2019on \u00e9tait.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le baron se divertit \u00e0 augmenter sa frayeur, en parlant du \u00ab\u00a0cadavre\u00a0\u00bb,\u00a0et de la mani\u00e8re de le rentrer en ville, clandestinement. Joseph donnait la r\u00e9plique\u00a0; tous deux, jugeant l\u2019affaire ridicule, \u00e9taient persuad\u00e9s qu\u2019elle s\u2019arrangerait.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cisy gardait sa t\u00eate sur sa poitrine\u00a0; il la releva doucement et fit observer qu\u2019on n\u2019avait pas pris de m\u00e9decin.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0C\u2019est inutile, dit le baron.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Il n\u2019y a pas de danger, alors\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Joseph r\u00e9pliqua d\u2019un ton grave\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Esp\u00e9rons-le\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et personne dans la voiture ne parla plus.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00c0 sept heures dix minutes, on arriva devant la porte Maillot. Fr\u00e9d\u00e9ric et ses t\u00e9moins s\u2019y trouvaient, habill\u00e9s de noir tous les trois. Regimbart, au lieu de cravate, avait un col de crin comme un troupier\u00a0; et il portait une esp\u00e8ce de longue bo\u00eete \u00e0 violon, sp\u00e9ciale pour ce genre\u00a0d\u2019aventures. On \u00e9changea froidement un salut. Puis tous s\u2019enfonc\u00e8rent dans le bois de Boulogne, par la route de Madrid, afin d\u2019y trouver une place convenable.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Regimbart dit \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric, qui marchait entre lui et Dussardier\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Eh bien, et cette venette, qu\u2019en fait-on\u00a0? Si vous avez besoin de quelque chose, ne vous g\u00eanez pas, je connais \u00e7a\u00a0! La crainte est naturelle \u00e0 l\u2019homme.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Puis, \u00e0 voix basse\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Ne fumez plus, \u00e7a amollit\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Fr\u00e9d\u00e9ric jeta son cigare qui le g\u00eanait, et continua d\u2019un pied ferme. Le vicomte avan\u00e7ait par derri\u00e8re, appuy\u00e9 sur le bras de ses deux t\u00e9moins.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">De rares passants les croisaient. Le ciel \u00e9tait bleu, et on entendait, par moments, des lapins bondir. Au d\u00e9tour d\u2019un sentier, une femme en\u00a0madras causait avec un homme en blouse, et, dans la grande avenue sous les marronniers, des domestiques en veste de toile promenaient leurs chevaux. Cisy se rappelait les jours heureux o\u00f9, mont\u00e9 sur son alezan et le lorgnon dans l\u2019\u0153il, il chevauchait \u00e0 la porti\u00e8re des cal\u00e8ches\u00a0; ces souvenirs renfor\u00e7aient son angoisse\u00a0; une soif intol\u00e9rable le br\u00fblait\u00a0; la susurration des mouches se confondait avec le battement de ses art\u00e8res\u00a0; ses pieds enfon\u00e7aient dans le sable\u00a0; il lui semblait qu\u2019il \u00e9tait en train de marcher depuis un temps infini.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les t\u00e9moins, sans s\u2019arr\u00eater, fouillaient de l\u2019\u0153il les deux bords de la route. On d\u00e9lib\u00e9ra si l\u2019on irait \u00e0 la croix Catelan ou sous les murs de Bagatelle. Enfin, on prit \u00e0 droite\u00a0; et on s\u2019arr\u00eata dans une esp\u00e8ce de quinconce, entre des pins.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019endroit fut choisi de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9partir \u00e9galement le niveau du terrain. On marqua les deux places o\u00f9 les adversaires devaient se poser. Puis Regimbart ouvrit sa bo\u00eete. Elle contenait, sur un capitonnage de basane rouge, quatre \u00e9p\u00e9es charmantes, creuses au milieu, avec des poign\u00e9es garnies de filigrane. Un rayon lumineux, traversant les feuilles, tomba dessus\u00a0; et elles parurent \u00e0 Cisy briller comme des vip\u00e8res d\u2019argent sur une mare de sang.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le Citoyen fit voir qu\u2019elles \u00e9taient de longueur pareille\u00a0; il prit la troisi\u00e8me pour lui-m\u00eame, afin de s\u00e9parer les combattants, en cas de besoin. M. de Comaing tenait une canne. Il y eut un silence. On se regarda. Toutes les figures avaient quelque chose d\u2019effar\u00e9 ou de cruel.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Fr\u00e9d\u00e9ric avait mis bas sa redingote et son gilet. Joseph aida Cisy \u00e0\u00a0faire de m\u00eame\u00a0; sa cravate \u00e9tant retir\u00e9e, on aper\u00e7ut \u00e0 son cou, une m\u00e9daille b\u00e9nite. Cela fit sourire de piti\u00e9 Regimbart.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Alors, M. de Comaing (pour laisser \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric encore un moment de r\u00e9flexion) t\u00e2cha d\u2019\u00e9lever des chicanes. Il r\u00e9clama le droit de mettre un gant, celui de saisir l\u2019\u00e9p\u00e9e de son adversaire avec la main gauche\u00a0; Regimbart, qui \u00e9tait press\u00e9, ne s\u2019y refusa pas. Enfin le baron, s\u2019adressant \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Tout d\u00e9pend de vous, monsieur\u00a0! Il n\u2019y a jamais de d\u00e9shonneur \u00e0 reconna\u00eetre ses fautes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Dussardier l\u2019approuvait du geste. Le Citoyen s\u2019indigna.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Croyez-vous que nous sommes ici pour plumer les canards, fichtre\u00a0?\u2026 En garde\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les adversaires \u00e9taient l\u2019un devant l\u2019autre, leurs t\u00e9moins de chaque c\u00f4t\u00e9. Il cria le signal\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014\u00a0Allons\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cisy devint effroyablement p\u00e2le. Sa lame tremblait par le bout, comme une cravache. Sa t\u00eate se renversait, ses bras s\u2019\u00e9cart\u00e8rent, il tomba sur le dos, \u00e9vanoui.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">(&#8230;)<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Extrait de L\u2019\u00c9ducation sentimentale &#8211; Gustave Flaubert<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est rare que je reproduise d\u2019aussi longs extraits que celui-ci. Mais je n\u2019ai pas su o\u00f9 le couper sans le d\u00e9naturer compl\u00e8tement. C\u2019est pour moi le passage le plus dr\u00f4le, je veux dire le plus ironique de l\u2019\u00c9ducation sentimentale. \u00c7a ne devrait pas vous prendre plus de 6 minutes pour le lire. 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