{"id":49169,"date":"2024-03-06T07:47:11","date_gmt":"2024-03-06T06:47:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49169"},"modified":"2024-03-06T17:08:01","modified_gmt":"2024-03-06T16:08:01","slug":"la-deux-chevaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=49169","title":{"rendered":"La Deux-Chevaux"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chronique des ann\u00e9es cinquante<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a08 &#8211; La Deux-Chevaux <\/strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(rediffusion)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le monde vous le dira : c&rsquo;\u00e9tait une voiture extraordinaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le toit de notre premi\u00e8re Deux-Chevaux \u00e9tait fait d&rsquo;une toile grise qui commen\u00e7ait sur le haut du pare-brise et s&rsquo;achevait \u00e0 la hauteur du pare-chocs arri\u00e8re. On l&rsquo;enroulait sur elle-m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 la vitre arri\u00e8re pour d\u00e9capoter la voiture. On la relevait depuis le pare-chocs arri\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 la custode pour acc\u00e9der au coffre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle avait quatre portes si souple qu&rsquo;on aurait pu se les claquer sur les doigts sans se faire de mal. <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-7025\" src=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2CV-300x214.jpg\" alt=\"2cv\" width=\"300\" height=\"214\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2CV-300x214.jpg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2CV-768x549.jpg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2CV-960x686.jpg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2CV.jpg 1243w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>La partie sup\u00e9rieure des vitres des porti\u00e8res avant \u00e9tait fixe tandis que la partie inf\u00e9rieure pouvait se relever. \u00c7a permettait de passer n\u00e9gligemment le bras <!--more--><\/p>\n<p>\u00e0 la porti\u00e8re de cette superbe d\u00e9capotable et, de temps en temps, de prendre, juste sur la pointe du coude, le choc de la vitre qui se rabattait violemment quand le clip qui la maintenait d\u00e9cidait de se d\u00e9tendre un peu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y avait des tas d&rsquo;innovations amusantes : les si\u00e8ges \u00e9taient faits d&rsquo;un entrelac de sandows recouverts <!--more-->d&rsquo;une toile l\u00e9g\u00e8rement molletonn\u00e9e ; la jauge d&rsquo;essence \u00e9tait une grande tige orange que l&rsquo;on plongeait dans le trou du r\u00e9servoir ; le balayage des essuie-glaces d\u00e9pendait de la vitesse de la voiture. Mais le plus chouette c&rsquo;\u00e9tait le balancement mou de la suspension et le bruit du moteur. La deux chevaux a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9e pendant quarante-deux ans, et bien des am\u00e9liorations lui ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9es au cours du temps, lissant peu \u00e0 peu le caract\u00e8re exceptionnel de cette bizarrerie. Mais une chose a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e, une chose qui fait se retourner avec \u00e9motion une bonne moiti\u00e9 des fran\u00e7ais : le bruit du moteur. On a dit qu&rsquo;Alfa-Romeo \u00e9tait attentif \u00e0 retrouver pour chaque nouveau mod\u00e8le le son sp\u00e9cifique de la marque. Je ne sais pas si Citroen a eu le m\u00eame souci mais, volontairement ou non, pour la Deux-Chevaux, ils ont r\u00e9ussi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons eu plusieurs Deux-Chevaux successives, qui passaient de main en main dans la famille. Jamais nous ne les avons appel\u00e9es cavali\u00e8rement \u00ab\u00a0la deuche\u00a0\u00bb ni de mani\u00e8re affect\u00e9e par un pr\u00e9nom f\u00e9minin du genre de \u00ab\u00a0Rosalie\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Ginette\u00a0\u00bb. Nous disions seulement \u00a0\u00bb la Deux-Chevaux\u00a0\u00bb : <em>\u00ab\u00a0Est-ce que tu as besoin de la Deux-Chevaux ?\u00a0\u00bb<\/em> ou bien <em>\u00ab\u00a0Tu as fait le plein de la Deux-Chevaux ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est sur cette voiture que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 conduire, vers douze ou treize ans, d&rsquo;abord accompagn\u00e9 sur les chemins de la for\u00eat de Lyons, puis seul dans le grand pr\u00e9 aux pommiers. Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que j&rsquo;atteigne l&rsquo;\u00e2ge l\u00e9gal pour conduire, je me suis bien s\u00fbr perfectionn\u00e9 sur d&rsquo;autres voitures, dont je parlerai peut-\u00eatre un autre jour, mais \u00e0 partir de l&rsquo;obtention de mon permis, la deux chevaux de l&rsquo;\u00e9poque me fut r\u00e9serv\u00e9e. Elle \u00e9tait belle, elle \u00e9tait verte et elle avait deux carburateurs, ce qui lui permettait de \u00ab\u00a0taper le 110\u00a0\u00bb. Son num\u00e9ro d&rsquo;immatriculation est l&rsquo;une des derni\u00e8res choses que j&rsquo;oublierai : <em><strong>3610 BT 75<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique des ann\u00e9es cinquante \u00a08 &#8211; La Deux-Chevaux (rediffusion) Tout le monde vous le dira : c&rsquo;\u00e9tait une voiture extraordinaire. 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